Version texte de ce daf : original et traduction
Mé'ila 7a (ז.) — le Talmud en français
Mé'ila 7a (מעילה ז.): On considère, la pensée de pégoul, au sujet de l'abîmé et du brûlé. la chair d'un sacrifice si sa graisse a été perdue ou brûlée, et le cohen jette le sang et pense à un kezait…
Texte original — Mé'ila 7a (ז.)
מחשבין
, מחשבת פיגול,
על האבוד ועל השרוף
. בשר זבח שחציה נאבד או נשרף, והכהן זורק את הדם וחושב על כזית מאותו בשר שנאבד או נשרף שיאכלנו חוץ לזמנו, מחשבתו [הדמיונית שאינה מציאותית!] קובעת דין פיגול לשאר הבשר שנשאר .
ומקשינן :
והא אבוד ושרוף לא איתינון
, לא נמצאים
בעולם, ואפילו הכי קתני
[לימדוני חבירי שבגולה]
מחשבין
עליהן.
ו
על כן , קשה:
מי אמר רב אסי הכי? הא בעא מיניה רב אסי מרבי יוחנן: חישב
בשעת הולכה
לנשפכין למחר
, שיזרוק מחר ["חוץ לזמנו"] מן הדם שנשפך מן הכוס [כלי קבלת הדם] על רצפת העזרה,
מהו?
האם הוי פיגול או לא? וצדדי ספק הם: היות ודם זה כשר לזריקה, לכן מועילה עליו מחשבת פיגול, ומאידך, הואיל ואין מצוה לאספו, והולך לאיבוד, לא הוי מחשבת זריקתו מחשבת פיגול.
[ולצד זה מוכח שרב אסי סובר שאין מחשבין על האבוד].
אמר ליה רב זירא
לרב אסי:
כבר שנית
לנו "אלל"!
"אלל" הוא גיד צואר הבהמה, ודינו מבואר במשנה במסכת חולין, [קכא א] שמאחר שהוא קשה ואינו ראוי לאכילה, אינו מצטרף להבשר לשיעור כזית לגבי טומאת נבילות.
ומאותו הטעם אמרה הגמרא במסכת זבחים [לה א], כיון שהוא דבר שאין הדרך לאכלו, לכן, אם חשב עליו מחשבת פיגול, השוחט את הזבח על מנת לאכול את ה"אלל" חוץ לזמנו, אינו פיגול.
ופושט רבי זירא:
אלמא
, מוכח,
האי "אלל" כיון דלית ביה מששא
, אינו חשוב, והוא דבר ההולך לאיבוד,
לא מהני ביה מחשבה
, ואין הזבח פיגול. אף על גב שאם רצה לאכלו אוכלו כבשר,
הני נשפכין נמי, כיון דלאיבוד אזלי
, ליסוד המזבח,
לא מהניא בהו מחשבה
של פיגול.
ורב אסי קיבל הוכחת רבי זירא מ"אלל", ונפשט לו ספיקו, ואין מחשבין לנשפכין, משום שהולכין לאיבוד.
אלא
, אם כן
דקתני
רב אסי: מחשבין
על האבוד ועל השרוף, קשיא
, הרי רב אסי עצמו סובר שאין מחשבין על דבר ההולך לאיבוד?
אמר רבא
: אכן, אין מחשבין על דבר האבוד, ומה ששנה רב אסי: מחשבין על האבוד ועל השרוף, אין הכוונה שכבר אבד ונשרף, אלא
אימא
, פרש!
על העומד לאיבוד ועל העומד לישרף
, ועדיין לא נאבד ולא נשרף. כגון: זרק חתיכת בשר או חתיכת אימורים בפי כלב ובפי כבשן אש , וטרם שהגיע לפי הכלב או הכבשן זרק את הדם במחשבת פיגול.
וכיון שבשעת המחשבה, עדיין לא היה אבוד, לכן הוי מחשבת פיגול . ואינו דומה לחישב לנשפכין.
הגמרא ממשיכה לבאר דברי רבי עקיבא.
אמר רב פפא: לא אמר רבי עקיבא "זריקה מועלת ליוצא", אלא שיצא בשר. אבל יצא
דם
ונפסל, וחזר והכניסו וזרקו,
אין
זריקה מועלת ליוצא
, כיון שהדם עצמו פסול. מפני שאין שום "הרצאה" בפסולי הדם, אלא לגבי פיגול בלבד, מגזירת הכתוב, שנאמר גבי פיגול "לא ירצה", ודרשינן "כהרצאת כשר כן הרצאת פיגול".
תניא נמי הכי
, וכן שנינו ברייתא :
שחט בשתיקה
, בלי מחשבה הפוסלת,
ויצא דם
מחוץ לעזרה,
אף על פי ש
הכניסו ו
חזר וזרקו, לא עשה ולא כלום!
הילכך:
בקדשי קדשים, מועלין בו, בקדשים קלים, אין מועלין בו
, כלפני זריקה.
שנינו במשנתנו:
אמר רבי עקיבא: והרי המפריש חטאתו וכו'
.
הגמרא מבארת את דברי רבי עקיבא במפריש חטאתו.
אמר רבי אלעזר
[האמורא רבי אלעזר בן פדת]:
לא אמר רבי עקיבא
, שרצה מזה זורק ורצה מזה זורק,
אלא
כששחט שתיהן, שתי החטאות
בבת אחת
,
אבל
כששחט
בזה אחר זה
, כגון, ששחט אחת וזרק דמה לפני שישחט השניה,
לא אמר רבי עקיבא
, ומודה שזריקת דם הראשונה אינה מוציאה בשר השניה מן המעילה.
ובהמשך יבואר טעם ההבדל.
הגמרא מביאה ברייתא, ונאמר בה באריכות ראיית רבי עקיבא.
תניא
, שנינו:
אמר רבי שמעון: כשהלכתי לכפר פאני, מצאני זקן אחד. ואמר לי: אומר היה רבי עקיבא
"
זריקה מועלת ליוצא"?! אמרתי לו: "הן"!
וכשבאתי
והרציתי דברים
אלו, והם תמיהת הזקן,
לפני רבי עקיבא, אמר לי
רבי עקיבא: כשאתה מספר לי דברי הזקן, נדמה שאתה מסכים להם ומפקפק על דברי,
ואתה אי אתה אומר כן?!
והרי המפריש חטאתו ואבדה, והפריש אחרת תחתיה, ואחר כך נמצאת הראשונה
והרי שתיהן עומדות, מועלין בשתיהן. שחטן והרי דמן מונח בכוסות, מועלין בשתיהן
, כל זמן שלא נזרק הדם ,
Traduction française
On considère,
la pensée de pégoul,
au sujet de l'abîmé et du brûlé.
la chair d'un sacrifice si sa graisse a été perdue ou brûlée, et le cohen jette le sang et pense à un kezait de cette même chair perdue ou brûlée qu'il mangerait en dehors de son temps, sa pensée [imaginée, non réalisée!] établit la loi de pégoul pour le reste de la chair qui demeure.
Et nous objectons :
Or l'abîmé et le brûlé ne sont pas présents
dans le monde,
dans le monde, et pourtant il enseigne
"Mes compagnons de la diaspora m'ont enseigné"
on calcule
sur eux.
Et
par conséquent, difficile :
Qui a dit que Rav Assi dit ainsi ? Or Rav Assi demanda de lui, Rav Assi de Rabbi Yochanan : il a pensé
au moment du trajet
de jeter demain
qu'il jetterait demain ["en dehors de son temps"] une partie du sang répandu du calice [récipient recevant le sang] sur le sol de l'azara.
Quelle est la question ?
Est-ce que c'est pégoul ou non ? Il y a des côtés d'incertitude : étant donné que ce sang est apte au jet, donc la pensée de pégoul peut atteindre celui-ci ; d'autre part, puisqu'il n'y a pas de commandement d'en recueillir, et qu'il va se perdre, la pensée de son jet ne serait pas pensée de pégoul.
Et à cet égard il est prouvé que Rav Assi pense qu'on ne calcule pas sur l'abîmé.
Rav Zira lui dit
à Rav Assi :
Tu l'as déjà dit
à nous "ellal" ! "
" est le tendon du cou de la bête, et sa loi est expliquée dans la Mishna dans Masekhet Chullin [109a] : comme il est dur et impropre à la nourriture, il ne s'ajoute pas à la viande pour le volume d'un kezait quant à l'impureté des navelot.
Et pour la même raison la Guemara dans Zevachim [35a] dit : puisque c'est chose qu'on ne mange généralement pas, donc si on pensa à son sujet une pensée de pégoul, le sacrificateur qui égorge le sacrifice afin de manger l'"ellal" en dehors de son temps n'est pas pégoul.
Et Rav Zira développe :
Ainsi,
il est prouvé que
cette "ellal", puisque l'on n'en a pas l'usage
n'est pas estimée, et c'est chose qui se perd
n'apporte pas de pensée qui compte,
et le sacrifice n'est pas pégoul. Et malgré que, s'il voulait le manger, il le mangerait comme chair,
même ces résidus se versent, puisqu'ils vont se perdre
au fond de l'autel,
la pensée ne les disqualifie pas
de pégoul.
Et Rav Assi accepta la preuve de Rabbi Zira à partir de "ellal", et sa difficulté s'éclaircit : on ne calcule pas sur les résidus, parce qu'ils vont à la perte.
Cependant,
si donc
si la Mishna enseigne Rav Assi :
on calcule
sur l'abîmé et sur le brûlé, quelle difficulté !
Car Rav Assi lui‑même soutient qu'on ne calcule pas sur ce qui va à la perte ?
Rava dit :
en vérité, on ne calcule pas sur ce qui est perdu, et ce que Rav Assi a modifié : "on calcule sur l'abîmé et le brûlé", l'intention n'est pas que c'est déjà perdu et brûlé, mais
je dis
il expliquait !
sur ce qui est en voie de perte et sur ce qui est sur le point d'être brûlé
et qui n'est pas encore perdu ni brûlé. Par exemple : il jeta un morceau de chair ou un morceau d'imourim dans la gueule d'un chien ou dans la gueule d'un four ardent, et avant qu'il atteigne la gueule du chien ou du four, il jeta le sang avec une pensée de pégoul. Et puisque, au moment de la pensée, il n'était pas encore perdu, donc c'est une pensée de pégoul. Et ce n'est pas semblable à penser aux résidus.
La Guemara continue d'expliquer les paroles de Rabbi Akiva.
Rav Pappa dit : Rabbi Akiva n'a pas dit "le jet profite au sortant", mais qu'il sortit de la chair. Mais il sortit
du sang
et il fut disqualifié, et ils le remirent à l'intérieur et le jetèrent,
il n'
y a pas que le jet profite au sortant,
parce que le sang lui‑même est disqualifié. Car il n'y a aucune "ratzia" (effet permissif) pour les morts de sang, mais seulement pour pégoul, par l'implication du verset, car à propos de pégoul il est dit "lo yirtze" et nous interprétons "comme la ratzia du cas licite ainsi la ratzia du pégoul". Shitta mekoubets. Dans les Hagahot Maharsham il explique, d'après les paroles des Tossafot dans Menahot [6b s.v. "she'arei"], là la baraïta dit que la raison pour laquelle si la chair sortit et on le remit et il monta, elle ne descend pas, c'est : puisque le "sortant" est kasher à la Bamah. Et les Tossafot objetèrent : si tel est le cas, pourquoi quand le sang sortit et qu'on le remit et le jeta, il descend selon Rabbi Yehuda ? Et ils résolurent, selon la version de la Birkat HaZevach : comme les membres de la chair sont brûlés et qu'il ne reste pas l'impur, ils ne descendent pas, alors que pour le sang ce n'est pas le cas, il ne s'entasse pas contre les parois de l'autel.
Ainsi est aussi enseigné dans une baraita,
et nous avons appris dans une baraïta :
s'il égorgea en silence,
sans une pensée disqualifiante,
et que du sang sortit
à l'extérieur de l'azara,
même si
on le remit et
il retourna et on le jeta, cela ne fit rien du tout !
Par conséquent :
dans les Kaddashim Kdoshim on en profite, dans les kaddashim légers on n'en profite pas
en ce qui concerne le jet.
Nous avons appris dans notre Mishna :
Rabbi Akiva dit : et voici celui qui sépare son chatat etc..
La Guemara explique les paroles de Rabbi Akiva au sujet du séparant son chatat.
Dit Rabbi Elazar
(l'amora Rabbi Elazar ben Pedat) :
Rabbi Akiva n'a pas dit
qu'il voulait de l'un jeter et de l'autre vouloir jeter,
mais
lorsqu'il égorgea les deux, les deux chatot
en une seule fois,
mais
lorsqu'il égorgea
l'un après l'autre, par exemple, qu'il égorgea l'un et jeta son sang avant d'égorger le second,
Rabbi Akiva n'a pas dit et il reconnaît que le jet du premier sang ne retire pas la chair du second de l'interdit de me'ilah.
La raison de la différence sera ensuite expliquée.
La Guemara rapporte une baraïta, et il y est racontée longuement la vision de Rabbi Akiva.
Il a aussi été enseigné,
nous avons appris :
Rabbi Shimon dit : lorsque j'allai au village de Fani, je trouvai là un vieil homme. Et il me dit : Rabbi Akiva disait "<
"Le jet profite au sortant" ? Je lui dis : "Vraiment !"
Et quand je vins
et j'exposai ces propos
—et ce sont les étonnements du vieil homme—
devant Rabbi Akiva, il me dit
Rabbi Akiva : "Quand tu me rapportes les paroles du vieil homme, il me semble que tu es d'accord avec elles et que tu doutes des paroles de"
et tu ne dis pas : n'est‑il pas ainsi ?!
Et voici : il a mis à part sa chatat et elle s'est perdue, et il a mis à part une autre à sa place, puis la première fut retrouvée
Et voici que toutes deux tiennent, on élève au titre des deux. Qu'il ait égorgé, et que son sang soit posé dans des coupes, on élève au titre des deux ,
tant que le sang n'a pas été jeté.