Version texte de ce daf : original et traduction

Mé'ila 13a (יג.) — le Talmud en français

Mé'ila 13a (מעילה יג.): Comment ? Il a consacré un puits plein d'eau et l'eau est apte pour bedek habayit et non pour l'autel , un dépotoir plein d'ordures n'est apte ni pour l'autel ni pour bedek…

Texte original — Mé'ila 13a (יג.)

כיצד?

הקדיש בור מלא מים

, והמים ראויים לבדק הבית ולא למזבח ,

אשפה מלאה

זבל

, אינו ראוי לא למזבח ולא לבדק הבית ,

שובך מלא יונים

, היונים ראויים למזבח, ואילו השובך אינו ראוי אפילו לא לבדק הבית ,

אילן מלא פירות

, אינם ראויין לא למזבח ולא לבדק הבית ,

שדה מלאה עשבים

, אינם ראויים לא למזבח ולא לבדק הבית. בכל אלו והדומה להם,

מועלין בהם

ובמה שבתוכן

, מי שאכל אותם או נהנה מהן.

אבל, אם הקדיש בור, ואחר כך נתמלא מים

,

אשפה, ואחר כך נתמלא זבל, שובך, ואחר כך נתמלא יונים, אילן, ואחר

כך נתמלא פירות, שדה, ואחר כך נתמלאה עשבים,

מועלין בהם, ואין מועלין במה שבתוכן

, מפני שאין מועלין במה שהשביח הקדש, וכן אין מועלין בגידולי הקדש .

רבי יוסי אומר: המקדיש את השדה והאילן

, בשני אלו,

מועלין בהן ובגידוליהם

מפני שהן גידולי הקדש

.

המשנה ממשיכה בדין מעילה.

ולד המעושרת

, של מעשר בהמה, כלומר שנולד קודם שנכנסה אמו לדיר להתעשר והקדיש גם את הולד, נמצא, שגם האם וגם הולד הם מוקדשין, ובכל זאת,

לא ינוק מן המעושרת

, והטעם יבואר בגמרא .

ואחרים מתנדבים כן

, בעלי בתים נדיבי לב היו מתנדבים להניק אותן הולדות, מבהמותיהן שהן חולין .

וכן

ולד המוקדשין

, וגם האם וגם הולד הם מוקדשין, ובכל זאת,

לא ינוק מן המוקדשין

.

ואחרים מתנדבים כן

.

מבואר במסכת בבא מציעא [פז א] שמן התורה, פועל אוכל ממה שעובד בין במחובר ובין בתלוש, כמו שאמרה התורה [דברים כג]. וכן בהמה אוכלת בשעת עבודתה בתלוש, ואסור לחסום פיה, כמו שאמרה התורה [דברים כה].

ואומרת המשנה: במה דברים אמורים? בשל הדיוט, אבל בשל הקדש, אין הפועלים אוכלים. וחוסמים את פי הבהמה.

והטעם יבואר בגמרא .

הפועלים

, העושין מלאכה בשל הקדש,

לא יאכלו מן גרוגרות

של

הקדש

.

וכן, פרה

, הדשה בשל הקדש,

לא תאכל

מכרשיני

[מין מאכל בהמה]

הקדש

.

גמרא:

קתני

, שנינו:

ולד המעושרת לא ינק מן המעושרת

. ועוד שנינו: ולד המוקדשין לא ינק מן המוקדשין.

הגמרא מבררת:

מנהני מילי

, מנין נלמד דברים אלו? שאפילו כשהולד הוא גם של מקודשין, אסור לינוק מאמו.

והרי נאמר במוקדשין [ויקרא כב] "והיה שבעת ימים תחת אמו", ומשמע בפשטות שאפילו היתה אמו קדושה, מכל מקום, יונק ממנה ?

אמ

ר רב אחדבוי בר אמי

: איסור היניקה נלמד מגזירה שוה מבכור, כמו שיבואר.

בכור הנולד מאמו, ודאי אין אמו קדושה. שהרי לא יתכן שאמו תהיה קדושה, מאחר שהבכור הנולד למעשר בהמה או לשאר מוקדשין, אינו קדוש בקדושת בכורה, כמבואר במסכת חולין [קל א].

לפיכך, דרשינן: מה בכור, "מועלין בו", פירוש : אסור להניק את הבכור מבהמת מעשר וקדשים, אלא מאמו כשהיא חולין, או משאר מיניקות חולין,

כן מעשר בהמה ושאר מוקדשין לא ינקו מאמם כשהן מוקדשות, אלא מאמם חולין, או משאר חולין.

אתיא

, נלמד בגזירה שוה "

העברה

" "

העברה

"

מבכור

. נאמר בבכור [שמות יג] "והעברת כל פטר רחם", ונאמר במעשר בהמה [ויקרא כז] "כל אשר יעבור תחת השבט".

ובא ללמדנו:

מה בכור, מועלין בו

, כמבואר,

אף חלב המעושרת, מועלין בו

.

חלב המוקדשין, נמי אתיא

, גם נלמד גזירה שוה "

אמו

" "

אמו

"

מבכור

. נאמר בבכור [שמות כב] "שבעת ימים יהיה עם אמו", ונאמר במוקדשין [ויקרא כב] "והיה שבעת ימים תחת אמו", ללמדנו, כנ"ל, מה בכור מועלין בו, אף חלב מוקדשין מועלין בו .

שנינו במשנה:

הפועלין לא יאכלו מן גרוגרות הקדש, וכן פרה לא תאכל מכרשיני הקדש

.

הגמרא מבררת:

מאי טעמא

, מה הטעם שהפועלים לא יאכלו מהקדש, כלומר, מנין דרשינן שמצות התורה לתת לפועלים לאכול מן התלוש ומן המחובר, היא דווקא בהדיוט ולא בהקדש?

אמר רב אחדבוי בר אמי: דאמר קרא

[דברים כה] "

לא תחסום שור בדישו

", ודרשינן:

דישו שלך

, של הדיוט,

ולא דישו של הקדש

, ומכאן דרשינן לחסימת בהמה, וממנו נלמד אכילת פועל, כמו שאמרה הגמרא במסכת בבא מציעא [פט א] שהוקש פועל לבהמה.

הגמרא מביאה ברייתא [או מאמר אמוראים ראשונים]:

הדש גלעינין

[מין קטניות]

בשדה הקדש

, ונהנה מהשתמשות בשדה הקדש,

מעל

.

ומקשינן: ולמה מעל,

והא בתלוש בעינן

, הלא אין מועלין במחובר לקרקע וכל שכן בקרקע ? [כמו שמבואר לקמן יח ב].

ומתרצינן:

אמר רבינא: שמע מינה

, אפשר לשמוע מהלכה זו, ש

אבקה מעלי לה

, האבק של הקרקע, מועיל ומשביח את הקטניות כאשר נידוש בקרקע של הקדש. והיות והאבק הוא תלוש, לפיכך: מועלין.

Traduction française

Comment ?

Il a consacré un puits plein d'eau

et l'eau est apte pour bedek habayit et non pour l'autel ,

un dépotoir plein

d'ordures

n'est apte ni pour l'autel ni pour bedek habayit ,

un colombier plein de pigeons

les pigeons sont aptes pour l'autel, tandis que le colombier n'est même pas apte pour bedek habayit ,

un arbre chargé de fruits

les fruits ne sont aptes ni pour l'autel ni pour bedek habayit ,

un champ couvert d'herbes

ne sont aptes ni pour l'autel ni pour bedek habayit. Dans tous ces cas et les semblables,

on commet meila sur eux

et sur ce qui est en leur intérieur ,

celui qui les a mangés ou en a profité.

Mais si l'on a consacré un puits, et ensuite il s'est rempli d'eau ,

un dépotoir, et ensuite il s'est rempli d'ordures, un colombier, et ensuite il s'est rempli de pigeons, un arbre, et ensuite

Ainsi se remplirent des fruits, un champ, et ensuite il se couvrit d'herbes,

on commet meila sur eux, et on ne commet pas meila sur ce qui est en leur intérieur ,

car on ne commet pas meila sur ce que le sanctuaire a fait croître, et de même on ne commet pas meila sur les récoltes du sanctuaire .

Rabbi Yossi dit : celui qui sanctifie le champ et l'arbre

en ces deux cas

on commet meila sur eux et sur leurs productions

parce qu'il s'agit de productions du sanctuaire .

La Michna poursuit l'enseignement relatif à la meila.

Le petit de l'animal assujetti au maaser,

du maaser d'une bête, c'est‑à‑dire né avant que sa mère ne fût entrée dans l'étable pour être assujettie au maaser et qu'il eût aussi consacré le petit, il s'ensuit que tant la mère que le petit sont consacrés, et cependant

le petit ne têtera pas de la bête assujettie;

et la raison sera expliquée dans la Guemara.

Et d'autres se portent ainsi volontaires ,

des maîtres de maison, de cœur généreux, se portaient volontaires pour allaiter ces petits, de leurs bêtes qui étaient chulin.

De même

le petit des choses consacrées

et la mère et le petit sont consacrés, et cependant

le petit ne têtera pas des objets consacrés.

Et d'autres se portent ainsi volontaires.

Il est expliqué dans la masekhet Bava Metzia [p. 80a] que, d'après la Torah, un travailleur peut manger de ce qui est fauché, que ce soit attaché ou détaché, comme la Torah l'a dit [Deutéronome 23]. Et de même la bête mange au temps de son travail des choses détachées, et il est interdit de lui boucher la bouche, comme la Torah l'a dit [Deutéronome 25…].

Et la Michna dit : de quoi s'agit‑il ? Pour des gens ordinaires ; mais pour le sanctuaire, les travailleurs ne mangent pas. Et on bouche la bouche de l'animal.

Et la raison sera expliquée dans la Guemara.

Les ouvriers ,

ceux qui accomplissent un travail pour le sanctuaire,

ne mangeront pas des grugrot

du

sanctuaire.

De même, la vache ,

qui broutte pour le sanctuaire,

ne mangera pas

des karchinin

(espèce d'aliment pour bêtes) du

sanctuaire.

Guemara :

Il est enseigné ,

nous avons appris :

le petit de l'animal assujetti ne tétera pas de l'animal assujetti.

Et encore nous avons appris : le petit des choses consacrées ne tétera pas des choses consacrées.

La Guemara examine :

menahei mili , d'où dérivons‑nous ces choses ? que même lorsque le petit est aussi des choses consacrées, il est interdit de téter de sa mère.

Et pourtant il est dit pour les choses consacrées [Levitique 22] «et il sera sept jours sous sa mère», et il ressort au sens simple que même si sa mère était consacrée, néanmoins il tète d'elle ?

Dit

Rav Ahandbwai bar Ami :

l'interdiction de la tétée est apprise par une gzéra shava depuis le premier‑né, comme il sera dit.

Le premier‑né né d'une mère, certainement sa mère n'est pas consacrée. Car il n'est pas possible que sa mère soit consacrée, puisque le premier‑né qui naît pour le maaser de la bête ou pour autres choses consacrées, n'est pas saint dans la sainteté du bekhor , comme cela est expliqué dans la masekhet Choulin [130a].

Par conséquent, nous déduisons : de quoi le premier‑né «on en abuse», explication : il est interdit de donner la tétée au premier‑né d'une bête as­sujettie et de choses consacrées, sauf de sa mère quand elle est choulin, ou d'autres nourrices profanes,

Ainsi le maaser de la bête et autres choses consacrées ne téteront pas de leur mère lorsqu'elles sont consacrées, mais seulement de leur mère profane, ou d'autres nourrices profanes.

Atia ,

nous apprenons par gzéra shava «le passage» «le passage»

du premier‑né.

Il est dit au sujet du premier‑né [Exode 13] «et tu passeras tout ce qui ouvre les entrailles», et il est dit au sujet du maaser des bêtes [Lévitique 27] «tout ce qui passera sous la garde du troupeau».

Et cela vient nous enseigner :

de ce qui est du premier‑né, on en abuse , comme expliqué ;

ainsi le lait de la femelle assujettie, on en abuse.

Le lait des choses consacrées aussi vient ,

également appris par gzéra shava «sa mère» «sa mère»

du premier‑né.

Il est dit au sujet du premier‑né [Exode 22] «il sera sept jours auprès de sa mère», et il est dit au sujet des choses consacrées [Lévitique 22] «et il sera sept jours sous sa mère», pour nous enseigner, comme ci‑dessus, que de ce qui est du premier‑né on en abuse, ainsi aussi le lait des choses consacrées on en abuse.

Nous avons appris dans la Michna :

les ouvriers ne mangeront pas des grugrot du sanctuaire, et de même la vache ne mangera pas des karchinin du sanctuaire.

La Guemara examine :

mai tama , quel est le motif que les ouvriers ne mangent pas du sanctuaire, c'est‑à‑dire, d'où apprenons‑nous que l'obligation de la Torah de donner aux ouvriers à manger de ce qui est détaché et de ce qui est lié, est précisément pour le profane et non pour le sanctuaire ?

Rav Ahandbwai bar Ami dit : le verset a dit

[Deutéronome 25] «

Tu ne boucheras pas la bouche d'un boeuf à l'aire» ,

et nous en drashons :

ton aire ,

du profane,

et non l'aire du sanctuaire ,

et de là nous déduisons la question de boucher la bouche de la bête, et de là nous apprenons la nourriture de l'ouvrier, comme la Guemara dit dans Bava Metzia [p. 86a] où l'on a rapproché l'ouvrier de la bête.

]Guemara rapporte une baraïta [ou une déclaration des premiers amoraïm] :

hadash gile'inan

une sorte de légumineuses

dans un champ consacré,

et il a tiré profit de l'usage du champ consacré

ma'al.

et nous élevons une objection : pourquoi «ma'al»

Mais nous exigeons qu'il soit détaché

n'est-il pas que l'on ne considère pas comme mualin ce qui est attaché au sol, et a fortiori ce qui est dans le sol? [comme il est expliqué ci-après 18b].

et nous répondons :

Ravina dit : "on peut en déduire"

on peut inférer de cette halakha que

sa poussière en est détachée

La poussière du sol est utile et améliore les légumineuses lorsqu'on les foulait dans le sol du sanctuaire. Et puisque la poussière est détachée, par conséquent : on la considère comme ma'al.

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