Version texte de ce daf : original et traduction
Makkot 18a (יח.) — le Talmud en français
Makkot 18a (מכות יח.): Et nous répondons : Mais la raison pour laquelle on apprend de « l’offrande de ta main » qu’il y a obligation de flagellation pour celui qui mange des prémices avant leur…
Texte original — Makkot 18a (יח.)
ומתרצינן:
אלא
הטעם שלומדים "מתרומת ידך" שיש חיוב מלקות באוכל ביכורים קודם קרייה, אינו משום שלומדים איסור אכילת ביכורים חוץ לחומה בקל וחומר ממעשר, אלא משום שהפרטים בפסוק יז
קרא יתירא הוא,
[עיין לעיל יז א בתחילת הברייתא של רבי שמעון שהבאנו את כל הפסוקים במלואם]
מכדי, כתיב
[שהרי כתוב קודם לכן, בפסוק ו]
"והבאתם שמה
עולותיכם וזבחיכם ואת מעשרתיכם ואת תרומת ידכם ונדריכם ונדבתיכם ובכרת בקרכם וצאנכם.
ואכלתם שם לפני ה' אלהיכם" וגומר
[
דברים יב ו
-
ז
]
אם כן, אחר כך כשכותבת התורה את איסור אכילה חוץ לחומה, דיינו
לכתוב רחמנא "לא תוכל לאוכלם"!
שהרי הפסוק מוסב על הפרטים שפירטה התורה קודם לכן, ולא צריך לפרט שוב את כל הדברים האסורים ,
אז מדוע
מיהדר מפרש בהו רחמנא,
זה שחזרה התורה לפרט: מעשר דגנך ותירושך ויצהרך ובכרת בקרך וצאנך וכל נדריך אשר תדר ונדבתיך ותרומת ידך - למה לי?
אלא
מיותרים הם לענין איסור אכילה חוץ לחומה, ולא מחמת הקל וחומר, אלא מחמת שנתפרשו כבר בפסוק הקודם.
ולכן, תנהו
ליחודי להו
איסורי
לאוי
חדשים, שיש בהם מלקות. הלכך בביכורים תנהו לענין אכילה קודם קרייה שחייב מלקות, וכן
לכל חד וחד
תנהו לאיסור חדש שחייב בו מלקות .
גופא
: שנינו לעיל
אמר רבא: זר, שאכל מן העולה, לפני זריקה, חוץ לחומה, לרבי שמעון לוקה חמש.
א. משום אוכל קדש חוץ לחומה, ונלמד בקל וחומר ממעשר. ב. משום אוכל חוץ לקלעים, ונלמד בקל וחומר מחטאת ואשם. ג. משום אוכל לפני זריקת דמים, ונלמד בקל וחומר מתודה ושלמים. ד. משום זר גמור שאוכל אפילו לאחר זריקה, ונלמד בקל וחומר מבכור. ה. משום אוכל עולה אפילו לאחר זריקה ואפילו לפנים מן הקלעים.
ומקשינן על רבא:
ולילקי נמי משום "וזר לא יאכל כי קדש הם"
[שמות כט], שנאמר גבי קרבנות המילואים, שהיות וכתוב "כי קדש הם", ונתן הכתוב טעם לדבר לפי שהם קדשי קדשים, אם כן, בא להזהיר את הזר בלאו על כל קדשי קדשים, שלוקה הזר על אכילתם. ומדוע לא החשיב רבא לאו זה?
ומתרצינן:
הני מילי
שעובר בלאו זה, רק
היכא דלכהנים חזי.
[ראוי] להם לאכול מהקרבן כשהוא בפנים, שהרי מדובר שם בקרבנות המילואים הנאכלים, שהם חטאת ושלמים, וכתוב שם בתחילת הפסוק "ואכלו אותם אשר כופר בהם".
מה שאין כן
הכא,
בקרבן עולה,
דלכהנים נמי לא חזי
בשרם לאכילה גם כשהוא בפנים המחיצות, היות שכל בשר העולה נשרף כליל על המזבח, אין הם בכלל הלאו הזה, ולכן אינו לוקה משום לאו זה.
ומקשינן:
ולילקי נמי משום
[שמות כט]
"ובשר בשדה טרפה לא תאכלו".
שלמדנו מהמילה המיותרת "בשדה", שמדבר הכתוב בבשר קדשים שיצא חוץ למחיצות, כמו "שדה" שאין בו מחיצות,
כיון שיצא בשר חוץ למחיצתו, נאסר.
[וכמו כן עובר, שהוציא את ידו [חוץ למחיצת אמו] בשעת שחיטת אמו, לא עלתה לו ליד העובר שחיטה של אמו, ונאסר].
ואם כן, גם במקרה של רבא, צריך ללקות משום לאו זה, ומדוע לא החשיבו רבא?
ומתרצינן:
הני מילי
שעובר בלאו זה, רק
היכא דבפנים
המחיצות
חזי
לאכילה, דומיא ד"בשר בשדה".
מה שאין כן
הכא,
בבשר קרבן עולה
דבפנים נמי לא חזי.
לכן אינו עובר בלאו זה .
ומקשינן:
ולילקי נמי כדרבי אליעזר. דאמר רבי אליעזר,
מזה שכתוב גבי נותר [שמות כט]
"לא יאכל כי קדש
[
הוא
] [
הם
]
".
וכיון שנתן הכתוב טעם לדבר שנפסל "כי קודש הוא", לומדים מכך,
Traduction française
Et nous répondons :
Mais
la raison pour laquelle on apprend de « l’offrande de ta main » qu’il y a obligation de flagellation pour celui qui mange des prémices avant leur lecture n’est pas qu’on apprend l’interdit de manger des prémices hors de l’enceinte par un kal va’homer à partir de la dîme, mais parce que les détails du verset 17
constituent un verset superflu, [
Voir plus haut, 17a, au début de la baraïta de Rabbi Chim‘on, où nous avons rapporté tous les versets dans leur intégralité.]
Puisque, il est écrit [
car il est écrit auparavant, au verset 6 :]
« Vous apporterez là
vos holocaustes, vos sacrifices, vos dîmes, votre offrande, vos vœux, vos dons volontaires, les premiers-nés de votre gros et de votre menu bétail.
Et vous mangerez là devant le Seigneur votre Dieu », etc. [
Deutéronome 12, 6–
7]
Dès lors, lorsque la Torah écrit ensuite l’interdit de manger hors de l’enceinte, il aurait suffi
que le Miséricordieux écrive : « Tu ne pourras pas les manger » !
Car le verset se rapporte aux éléments que la Torah a énumérés auparavant, et il n’était pas nécessaire d’énumérer de nouveau toutes les choses interdites ,
Alors pourquoi
le Miséricordieux les reprend-il en les détaillant,
à savoir : « la dîme de ton blé, de ton vin et de ton huile, les premiers-nés de ton gros et de ton menu bétail, tous tes vœux que tu prononceras, tes dons volontaires et ton offrande » — à quoi cela sert-il ?
Mais
ils sont superflus en ce qui concerne l’interdit de manger hors de l’enceinte, non pas en raison du kal va’homer, mais parce qu’ils ont déjà été détaillés dans le verset précédent.
C’est pourquoi, donne-les
pour leur attribuer
des interdits
nouveaux
qui entraînent la flagellation. Ainsi, pour les prémices, donne-les en ce qui concerne le fait de les manger avant la lecture, ce qui entraîne la flagellation, et de même
pour chacun
donne-les en ce qui concerne un nouvel interdit qui entraîne la flagellation .
Quant au corps même de la discussion :
nous avons enseigné plus haut :
Rava a dit : « Un profane qui a mangé de l’holocauste avant l’aspersion, hors de l’enceinte, selon Rabbi Chim‘on, reçoit cinq fois la flagellation. »
a. Pour avoir mangé une chose sainte hors de l’enceinte, ce qui est appris par kal va’homer de la dîme. b. Pour avoir mangé hors des tentures, ce qui est appris par kal va’homer du sacrifice expiatoire et du sacrifice de culpabilité. c. Pour avoir mangé avant l’aspersion du sang, ce qui est appris par kal va’homer du sacrifice de reconnaissance et des sacrifices rémunératoires. d. Pour être un profane absolu qui mange même après l’aspersion, ce qui est appris par kal va’homer du premier-né. e. Pour avoir mangé un holocauste même après l’aspersion et même à l’intérieur des tentures.
Et nous objectons à Rava :
Qu’il reçoive également la flagellation en raison de : « Et un profane ne mangera pas, car ils sont saints » [
Exode 29], qui est dit au sujet des sacrifices de l’inauguration ; puisque « car ils sont saints » est écrit et que l’Écriture donne cette raison, parce qu’il s’agit de saintetés très saintes, il s’ensuit qu’elle vient mettre en garde le profane par un interdit contre toutes les saintetés très saintes, de sorte que le profane reçoit la flagellation pour les avoir mangées. Pourquoi Rava n’a-t-il pas compté cet interdit ?
Et nous répondons :
Cela ne s’applique
que si l’on transgresse cet interdit
là où elles sont propres aux prêtres. [
Elles leur sont propres, afin qu’ils mangent du sacrifice lorsqu’il se trouve à l’intérieur ; car il s’agit là des sacrifices de l’inauguration, qui sont des sacrifices expiatoires et rémunératoires que l’on mange, et il est écrit au début du verset : « Ils les mangeront, ceux par lesquels il a été fait expiation ».]
Il n’en va pas de même
ici,
pour la chair d’un holocauste,
qui n’est pas davantage propre aux prêtres
sa chair ne leur est pas destinée à la consommation, même lorsqu’elle se trouve à l’intérieur des limites, puisque toute la chair de l’holocauste est entièrement brûlée sur l’autel ; ils ne sont donc pas compris dans cet interdit, et il ne reçoit pas la flagellation en raison de cet interdit.
Et nous objectons :
Qu’il reçoive également la flagellation en raison de [
Exode 29]
« Et la chair dans le champ, une bête déchirée, vous ne la mangerez pas ».
Nous avons appris du mot superflu « dans le champ » que le verset parle de la chair de saintetés qui est sortie hors des limites, comme un « champ » qui n’a pas de limites,
dès que la chair est sortie hors de sa limite, elle devient interdite. [
De même, le fœtus qui a sorti sa main [hors de la limite de sa mère] au moment de l’abattage de sa mère, l’abattage de sa mère ne rend pas l’abattage valable pour la main du fœtus, et celle-ci devient interdite.]
Dès lors, même dans le cas de Rava, il devrait recevoir la flagellation en raison de cet interdit ; pourquoi Rava ne l’a-t-il pas compté ?
Et nous répondons :
Cela ne s’applique
que si l’on transgresse cet interdit
là où, à l’intérieur,
les limites
la rendent propre
à la consommation, à l’image de « la chair dans le champ ».
Il n’en va pas de même
ici,
pour la chair d’un sacrifice d’holocauste,
qui, même à l’intérieur, n’est pas propre à la consommation.
C’est pourquoi il ne transgresse pas cet interdit .
Et nous objectons :
Qu’il reçoive également la flagellation, conformément à Rabbi Éliézer. Car Rabbi Éliézer a dit :
du fait qu’il est écrit au sujet du reste [Exode 29]
« Il ne sera pas mangé, car il est saint
lui] [
ils] ».
Et puisque l’Écriture donne comme raison de sa disqualification : « car il est saint », nous apprenons de là,