Version texte de ce daf : original et traduction

Kidouchin 56a (נו.) — le Talmud en français

Kidouchin 56a (קידושין נו.): Et s’il a acheté un animal avec de l’argent de la seconde dîme : Si par inadvertance il a acheté — sans que l’acheteur sache qu’il s’agissait d’argent de la seconde dîme…

Texte original — Kidouchin 56a (נו.)

ואם לקח

בהמה במעות מעשר שני:

אם

בשוגג

לקח, שלא ידע הלוקח שהן מעות מעשר שני, ונמצא שיהא זקוק להעלות את הבהמה - שנתחללו עליה המעות - לירושלים:

מתבטלים המכירה והחילול, ו

יחזרו דמים למקומם

אצל הלוקח ויחזרו לקדושתם, ויעלה ויאכלם בירושלים -

והטעם, משום ש"מקח טעות" היא מצד הלוקח, כי אילו ידע, ודאי שלא היה לוקחה, שטורח הוא להעלות את הבהמה לירושלים, ויותר נוח להעלות דמים, ולתת שם את הכסף בכל אשר תאוה נפשו.

ואם

במזיד

עבר הלוקח ולקח בהמה חוץ לירושלים:

תעלה

הבהמה

ותאכל במקום

[בירושלים, שנאמר בה: "אל המקום אשר יבחר ה'"], כי בדיעבד נתחללו המעות על הבהמה.

אמר רבי יהודה: במה דברים אמורים

שאם לקח במזיד חל המקח:

במתכוין ולקח תחילה לשם שלמים

, כלומר: לנהוג בה כדין דבר הניקח במעות מעשר שני, שדרך לקנות בהמה לשלמים במעות מעשר שני.

אבל במתכוין להוציא מעות מעשר שני לחולין

, שהיתה דעתו לאכול את הבהמה חוץ לירושלים, כי אז

בין שוגג בין מזיד, יחזרו דמים למקומם

.

כלומר: אם כשקנאה במזיד היתה דעתו להוציא מעות מעשר שני לחולין, וידע מכך המוכר, כי אז שוה דין המזיד לדין השוגג, וכשם שבשוגג יחזרו דמים למקומם משום שמקח טעות הוא, כך במזיד יחזרו הדמים למקומם אצל הלוקח, והטעם הוא משום קנס, על שרצו לבטל דין מעשר שני מן הבהמה שנתחלל עליה קדושת המעות.

ומקשינן:

והאנן תנן

גבי מקדש במעשר שני:

רבי יהודה אומר במזיד קידש

, הרי שמשום קנס לא אמרו חכמים שיתבטלו הקידושין!?

אמר

תירץ

רבי אלעזר

:

אם קידש אשה במעות מעשר שני אין לנו לקנוס, שאין זה "מתכוין להוציא מעות מעשר שני לחולין", כי

אשה יודעת שאין מעות מעשר שני מתחללין על ידה

[על ידי שהיא מתקדשת בהן],

ועולה ואוכלתו בירושלים

, ועל דעת כן קיבלתם ; מה שאין כן המוכר שהוא מתכוין להכשיל את הלוקח שיאכל את הבהמה חוץ לירושלים.

מתקיף לה רבי ירמיה: והרי

הקונה במעות מעשר שני

בהמה טמאה עבדים וקרקעות

חוץ לירושלים, שמאחר ואין מעות מעשר שני מתחללים על אלו, נמצא שהמעות שבידי המוכר מעות מעשר שני הם, דאף בזה יש לנו לומר:

אדם יודע שאין מעות מעשר שני מתחללין עליהן

, ונתכוין המוכר מתחילה להעלות את המעות לירושלים -

ו

מכל מקום

תנן: אין לוקחים בהמה טמאה עבדים וקרקעות במעות מעשר שני, אפילו בירושלים, ואם לקח, יאכל

הלוקח

כנגדן

של המעות שבידי המוכר, כלומר: יחלל הלוקח את המעות שבידי המוכר על מעות שלו, ויאכל את המעות בירושלים.

הרי שאין סומכין על כך שהמוכר יודע שאין המעות מתחללין וצריך הוא לאוכלם בירושלים, [ולכן אמרו חכמים, שיחלל הלוקח את מעות המעשר שבידי המוכר, כדי שלא ייכשל המוכר באכילת המעות חוץ לירושלים].

ואם כן יש לנו לומר גם גבי אשה שהיא אינה יודעת שאין המעות מתחללים, ונמצא שהוא מכשילה ; ואם כן היה לנו לומר שיתבטלו הקידושין לגמרי, כשם שהם מתבטלים במי שלוקח בהמה במעות מעשר שני, מאחר שהמוכר מכשיל את הלוקח.

אלא

לעולם אין אומרים: "אדם יודע", כי סתם מוכר אינו יודע, ואף סתם אשה אינה יודעת שאין המעות מתחללין ; ו

הכא

במשנתנו

באשה חבירה עסקינן, דידעה

שאין המעות מתחללין על ידה, ונטלתם מתחילה על דעת לאכול את המעות בירושלים, אבל סתם מוכר אינו חבר, ואינו יודע.

אמר מר

במשנה במעשר שני:

אין לוקחין בהמה טמאה עבדים וקרקעות במעות מעשר שני אפילו בירושלים, ו

אם לקח יאכל כנגדן

:

ומקשינן:

ואמאי

יאכל הלוקח כנגדן!?

יחזרו דמיו למקומם, כי

היכי דאמרינן

התם

גבי לוקח במזיד בהמה טהורה חוץ לירושלים, שחוזרים הדמים למקומם!?

אמר

תירץ

שמואל

:

Traduction française

Et s’il a acheté

un animal avec de l’argent de la seconde dîme :

Si

par inadvertance

il a acheté — sans que l’acheteur sache qu’il s’agissait d’argent de la seconde dîme — et qu’il s’ensuit qu’il doit faire monter l’animal, sur lequel l’argent a été désacralisé, à Jérusalem :

Rabbi Yehouda dit : dans quel cas ces paroles s’appliquent-elles

où, s’il a acheté volontairement, la vente est effective ?

Lorsqu’il en avait l’intention et l’a d’abord acheté en vue d’offrandes de paix

c’est-à-dire pour lui appliquer la loi de ce qui est acheté avec de l’argent de la seconde dîme ; il est d’usage d’acheter un animal pour des offrandes de paix avec l’argent de la seconde dîme.

Mais lorsqu’il avait l’intention de faire sortir l’argent de la seconde dîme vers le profane

son intention étant de manger l’animal hors de Jérusalem ;

qu’il s’agisse d’une inadvertance ou d’un acte volontaire, l’argent retournera à sa place.

C’est-à-dire : si, lorsqu’il l’a acheté volontairement, son intention était de faire sortir l’argent de la seconde dîme vers le profane, et que le vendeur le savait, alors la loi de l’acte volontaire est identique à celle de l’acte commis par inadvertance ; de même que, par inadvertance, l’argent retournera à sa place parce que c’est une erreur sur l’objet de la vente, de même, volontairement, l’argent retournera à sa place chez l’acheteur ; la raison en est qu’il s’agit d’une pénalité pour avoir voulu abolir le statut de seconde dîme de l’animal sur lequel la sainteté de l’argent avait été transférée.

Il dit

répondit

Rabbi Éléazar :

Si l’on a sanctifié une femme avec de l’argent de la seconde dîme, nous n’avons pas à infliger de pénalité, car ce n’est pas « avoir l’intention de faire sortir l’argent de la seconde dîme vers le profane », puisque

une femme sait que l’argent de la seconde dîme n’est pas désacralisé par son intermédiaire

par le fait qu’elle est sanctifiée avec cet argent],

et elle le fait monter et le mange à Jérusalem

, et c’est dans cette intention qu’elle l’a accepté ; ce qui n’est pas le cas du vendeur, qui a l’intention de faire trébucher l’acheteur afin qu’il mange l’animal hors de Jérusalem.

Rabbi Yirmeya lui objecta : mais

celui qui achète avec de l’argent de la seconde dîme

un animal impur, des esclaves ou des terrains

hors de Jérusalem — puisque l’argent de la seconde dîme n’est pas désacralisé sur ces biens, il s’ensuit que l’argent qui se trouve entre les mains du vendeur est de l’argent de la seconde dîme ; même dans ce cas, nous devrions dire :

un homme sait que l’argent de la seconde dîme n’est pas désacralisé sur eux

, et le vendeur avait dès le début l’intention de faire monter l’argent à Jérusalem —

et

néanmoins

nous avons appris : on n’achète pas un animal impur, des esclaves ou des terrains avec de l’argent de la seconde dîme, même à Jérusalem ; et s’il a acheté, il mangera

l’acheteur

l’équivalent

de l’argent qui se trouve entre les mains du vendeur ; c’est-à-dire que l’acheteur désacralisera l’argent qui se trouve entre les mains du vendeur sur son propre argent, et mangera l’argent à Jérusalem.

Il apparaît donc que l’on ne se repose pas sur le fait que le vendeur sait que l’argent n’est pas désacralisé et qu’il doit le manger à Jérusalem [c’est pourquoi les Sages ont dit que l’acheteur désacraliserait l’argent de la dîme qui se trouve entre les mains du vendeur, afin que le vendeur ne trébuche pas en mangeant l’argent hors de Jérusalem].

Et si tel est le cas, nous devons également dire, au sujet de la femme, qu’elle ne sait pas que l’argent n’est pas désacralisé, et qu’il s’ensuit qu’il la fait trébucher ; nous devrions donc dire que les kiddouchin sont entièrement annulés, de même qu’ils sont annulés dans le cas de celui qui achète un animal avec de l’argent de la seconde dîme, puisque le vendeur fait trébucher l’acheteur.

Mais

on ne dit jamais : « un homme sait », car un vendeur ordinaire ne sait pas, et une femme ordinaire non plus ne sait pas que l’argent n’est pas désacralisé par son intermédiaire ;

ici

dans notre Michna,

il s’agit d’une femme versée dans la loi, qui sait

que l’argent n’est pas désacralisé par son intermédiaire, et qui l’a accepté dès le début avec l’intention de manger l’argent à Jérusalem ; mais un vendeur ordinaire n’est pas versé dans la loi et ne sait pas.

Le maître a dit

dans la Michna relative à la seconde dîme :

Et nous demandons :

Pourquoi donc

son argent retournerait-il à sa place, car

de même que nous disons

là-bas

au sujet de celui qui achète volontairement un animal pur hors de Jérusalem, que l’argent retourne à sa place

Il dit

répondit

Chmouel :

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