Version texte de ce daf : original et traduction
Kidouchin 2a (ב.) — le Talmud en français
Kidouchin 2a (קידושין ב.): Michna : La femme est acquise à son mari, pour être son épouse et pour être interdite à tout autre homme que lui, par trois voies, qui seront expliquées plus loin. Et une…
Texte original — Kidouchin 2a (ב.)
מתניתין:
האשה נקנית
לבעלה, להיות אשתו ולהיות אסורה לכל אדם אחר, זולתו,
בשלש דרכים
, שיבוארו להלן.
ו
אשת איש
קונה את עצמה
, להיות מותרת להנשא לאדם אחר,
בשתי דרכים
, שיבוארו גם הן להלן: האשה
נקנית
בשלש דרכים:
א.
בכסף
נותן לה הבעל כסף או דבר השוה כסף, ואומר לה "הרי את מקודשת לי".
ב.
בשטר
כותב הבעל על הנייר "הרי את מקודשת לי", ונותנו לה. ואפילו אם הנייר אינו שוה פרוטה, הרי היא מתקדשת בשטר.
ג.
ובביאה
בא עליה, ואומר לה "התקדשי לי בביאה זו".
ועתה מבארת המשנה מהו שיעור הכסף שהאשה נקנית בו לבעלה -
"
בכסף
" -
בית שמאי אומרים: בדינר
של כסף,
ובשוה דינר
, או בחפץ השוה דינר.
ובית הלל אומרים
: דיה שתיקנה לבעלה
בפרוטה
של נחושת,
ובשוה פרוטה
, או בחפץ השווה פרוטה, אך לא בפחות מזה.
וכיון ששיעור שווי הפרוטה אינו קבוע, אלא הוא נייד לפי תנועות המטבע, מבארת המשנה:
וכמה היא
שוויה של
פרוטה?
-
אחד משמנה באיסר האיטלקי
.
שמינית מאיסר האיטלקי, שהוא שמו של מטבע מסויים, ששיעורו קבוע, והפרוטות מוזלות או מתייקרות יחסית אליו.
עד כאן ביארה המשנה את שלשת הדרכים שבהן האשה נקנית לבעלה.
ועתה עוברת המשנה לבאר את שתי הדרכים שבהן האשה קונה את עצמה להיות ברשותה, שתוכל להנשא לאדם אחר:
וקונה את עצמה
להיות מותרת להנשא לאחר -
א. כשמגרשה בעלה
בגט
.
ב. או שהיא נהיית מותרת מאליו,
במיתת הבעל
.
עד כאן ביארה המשנה את קניני האשה, ואת דרכי התרתה.
ועתה מבארת האשה את דין היבום והיתר החליצה.
א. אדם שהיה נשוי אשה, ומת בלי להשאיר אחריו בן או בת, מצוה על אחיו מן האב [הנקרא "יבם"] לבוא על אשת אחיו.
מצוה זו נקראת מצות "יבום", ובכך קונה אותה היבם לו לאשה, כדי להקים לאחיו שם בישראל.
ב. כל עוד לא ייבם אותה היבם, אסורה היבמה [הנקראת "שומרת יבם"] להנשא לאיש זר.
ג. יבם שאינו רוצה לייבם את אשת אחיו המת, עליו לחלוץ לה, ובכך להתירה להנשא לכל אדם. ואין הוא משלח אותה בגט, וכפי שיבואר להלן. אך אם כבר בא עליה, הרי היא כאשתו לכל דבר, ויוצאת בגט בלבד.
היבמה
, אשת המת, שמצוה על אחיו ליבמה,
נקנית
ליבם לגמרי להחשב כאשתו, בדרך אחת -
בביאה
גרידא. ואפילו לא בא עליה כדי לקנותה בכך לאשה, ולא אמר לה שהיא תיקנה לו בביאה זו לאשה.
ומשעה שבא עליה היבם, היא נעשית אשתו גמורה, ואם בא לשלחה ממנו הרי הוא מגרשה בגט, ואינה צריכה חליצה.
אבל אם קידש היבם את יבמתו בכסף או בשטר, אין היא נקנית לו מן התורה, אלא רק מדרבנן. ואז, אם הוא בא לשלחה, צריכה היא גט מדרבנן, בנוסף לחליצה מן התורה.
כי אין הגט לבדו מתיר אותה להנשא לאחר, היות שאין קידושין תופסים ליבם ביבמה מן התורה, ואין הגט מתיר את היבמה להנשא לכל אדם, אלא חליצה, וכדלהלן.
ו
יבמה שלא בא עליה היבם, ולא נקנתה לו בביאה לאשה -
קונה את עצמה
, להיות ברשותה שתוכל להנשא לאחר, בשתי דרכים:
א.
בחליצה
.
ב.
ובמיתת היבם.
גמרא:
שנינו במשנה:
האשה נקנית
בשלש דרכים.
ודנה הגמרא:
מאי שנא הכא
, במה שונה ומיוחדת משנתנו,
דתני
, ששונה בה התנא "
האשה נקנית
", ומכנה התנא את האירוסין בלשון "קנין".
ומאי שנא התם
, בתחילת פרק שני [מא א],
דתני
, ששונה בה התנא "
האיש מקדש
בו ובשלוחו", ומכנה את האירוסין בלשון "קידושין", ולא בלשון קנין!?
ומבארת הגמרא: התנא נוקט כאן לשון "קנין" ולא לשון קידושין,
משום דקא בעי למיתני
, היות והוא רוצה לשנות בהמשך המשנה, שאחת מן הדרכים שהאשה נקנית בהן, היא על ידי נתינת
כסף
.
ומצאנו שהתורה קוראת לנתינת כסף - "קנין".
ומבארת הגמרא:
וכסף מנלן
, מנין שהאשה נקנית בו?
גמר
למד התנא את קנין הכסף באשה בגזירה שוה "
קיחה
-
קיחה
",
משדה עפרון
, שנקנה בכסף.
כתיב הכא
, נאמר כאן, בענין אירוסי אשה, לשון "קיחה" [דברים כב]: "
כי יקח איש אשה
".
וכתיב התם
, נאמר גם בענין קנין שדה עפרון לשון "קיחה" [בראשית כג] "
נתתי כסף השדה, קח ממני
".
ומלמד הכתוב בגזירה שוה -
כשם שה"קיחה", הלקיחה המוזכרת בשדה עפרון, היא קנין כסף [כמו שנאמר שם בפסוק, וכפי שתבאר הגמרא מיד], כך גם ה"קיחה" המוזכרת בכתוב בענין אירוסי אשה, היא קנין כסף.
ו
ה"
קיחה
" שהוזכרה בשדה עפרון,
איקרי
נקראת "
קנין
" -
דכתיב
בענין שדה עפרון [בראשית מט] "
השדה אשר קנה אברהם
".
Traduction française
Michna :
La femme est acquise
à son mari, pour être son épouse et pour être interdite à tout autre homme que lui,
par trois voies,
qui seront expliquées plus loin.
Et
une femme mariée
s'acquiert elle-même,
pour être autorisée à épouser un autre homme,
par deux voies,
qui seront elles aussi expliquées plus loin : la femme
est acquise
par trois voies :
a.
Par de l'argent —
le mari lui donne de l'argent ou un objet ayant une valeur monétaire, et lui dit : « Voici, tu m'es consacrée ».
b.
Par un acte écrit —
le mari écrit sur du papier : « Voici, tu m'es consacrée », et le lui donne. Et même si le papier ne vaut pas une perouta, elle est consacrée par l'acte écrit.
c.
Par l'union —
il s'unit à elle et lui dit : « Consacre-toi à moi par cette union ».
À présent, la Michna explique quelle est la mesure de l'argent par lequel la femme est acquise à son mari — «
Par de l'argent » —
Beth Chammaï disent : par un dinar
d'argent,
et par une valeur d'un dinar,
ou par un objet valant un dinar.
Et Beth Hillel disent :
il lui suffit d'être acquise à son mari
par une perouta
de cuivre,
et par une valeur d'une perouta,
ou par un objet valant une perouta, mais non par moins que cela.
Et puisque la valeur de la perouta n'est pas fixe, mais varie selon les fluctuations de la monnaie, la Michna explique :
Et combien est
la valeur de
la perouta ?
Un huitième de l'issar italien.
Un huitième de l'issar italien, qui est le nom d'une certaine monnaie, dont la valeur est fixe, tandis que les peroutot deviennent moins chères ou plus chères par rapport à elle.
Jusqu'ici, la Michna a expliqué les trois voies par lesquelles la femme est acquise à son mari.
À présent, la Michna passe à l'explication des deux voies par lesquelles la femme s'acquiert elle-même, pour être sous son propre pouvoir et pouvoir épouser un autre homme :
Et elle s'acquiert elle-même
pour être autorisée à épouser un autre homme —
a. Lorsque son mari la divorce
par un guet.
b. Ou bien lorsqu'elle devient autorisée d'elle-même,
par la mort du mari.
Jusqu'ici, la Michna a expliqué les acquisitions de la femme et les voies de sa libération.
À présent, elle explique la loi du yiboum et l'autorisation résultant de la 'halitsa.
a. Un homme qui était marié à une femme et qui meurt sans laisser de fils ni de fille : son frère paternel [appelé « yavam »] a le devoir de s'unir à la femme de son frère.
Cette mitsva est appelée la mitsva du « yiboum » ; par cela, le yavam l'acquiert comme épouse, afin d'établir un nom à son frère en Israël.
b. Tant que le yavam ne s'est pas uni à elle, la yévama [appelée « chomeret yavam »] est interdite d'épouser un homme étranger.
c. Si un yavam ne veut pas s'unir à la femme de son frère défunt, il doit accomplir avec elle la 'halitsa, et par cela la rendre autorisée à épouser tout homme. Il ne la renvoie pas par un guet, comme cela sera expliqué plus loin. Mais s'il s'est déjà uni à elle, elle est son épouse à tous égards et ne le quitte que par un guet.
La yévama,
la femme du défunt, que son frère a le devoir d'épouser par yiboum,
est acquise
au yavam complètement, pour être considérée comme son épouse, par une seule voie —
par l'union
seule. Et cela même s'il ne s'est pas uni à elle dans l'intention de l'acquérir ainsi comme épouse, et ne lui a pas dit qu'elle serait acquise par cette union comme épouse.
Dès que le yavam s'est uni à elle, elle devient son épouse complète ; et s'il vient à la renvoyer de chez lui, il la divorce par un guet et elle n'a pas besoin de 'halitsa.
Mais si le yavam a consacré sa yévama par de l'argent ou par un acte écrit, elle ne lui est pas acquise selon la Torah, mais seulement par décret rabbinique. Alors, s'il vient à la renvoyer, elle a besoin d'un guet par décret rabbinique, en plus de la 'halitsa prescrite par la Torah.
Car le guet seul ne la rend pas autorisée à épouser un autre homme, puisque les fiançailles ne prennent pas effet pour le yavam à l'égard de la yévama selon la Torah ; et le guet ne rend pas la yévama autorisée à épouser tout homme, mais c'est la 'halitsa, comme il sera dit ci-dessous.
Et
la yévama avec laquelle le yavam ne s'est pas uni et qui ne lui a pas été acquise par l'union comme épouse —
s'acquiert elle-même,
pour être sous son propre pouvoir et pouvoir épouser un autre homme, par deux voies :
a.
Par la 'halitsa.
b.
Et par la mort du yavam.
Guemara :
Nous avons appris dans la Michna :
La femme est acquise
par trois voies.
La Guemara demande :
Pourquoi ici
notre Michna est-elle différente et particulière,
puisqu'elle enseigne,
que le tan‐naï y enseigne
« la femme est acquise »,
et que le tan‐naï désigne les fiançailles par le terme d'« acquisition » ?
Et pourquoi là-bas,
au début du deuxième chapitre [folio 41a],
puisqu'elle enseigne,
que le tan‐naï y enseigne
« l'homme consacre
par lui-même ou par son envoyé », et désigne les fiançailles par le terme de « consécration », et non par celui d'acquisition !?
La Guemara explique : le tan‐naï emploie ici le terme d'« acquisition » et non celui de consécration
parce qu'il veut enseigner,
puisqu'il veut enseigner plus loin dans la Michna que l'une des voies par lesquelles la femme est acquise est la remise d'
argent.
Et nous trouvons que la Torah appelle la remise d'argent une « acquisition ».
La Guemara explique :
Et d'où savons-nous cela pour l'argent,
d'où savons-nous que la femme est acquise par lui ?
Il a appris
l'acquisition par l'argent concernant la femme au moyen d'une gzera shava,
« prise » —
« prise »,
du champ d'Efron,
qui a été acquis par de l'argent.
Il est écrit ici,
il est dit ici, à propos des fiançailles d'une femme, le terme de « prise » [Deutéronome 22] :
« Lorsqu'un homme prendra une femme ».
Et il est écrit là-bas,
il est également dit, à propos de l'acquisition du champ d'Efron, le terme de « prise » [Genèse 23] :
« J'ai donné l'argent du champ ; prends-le de moi. »
Et l'Écriture enseigne au moyen de la gzera shava :
De même que la « prise », la prise mentionnée à propos du champ d'Efron, est une acquisition par de l'argent [comme cela est dit dans ce verset et comme la Guemara va immédiatement l'expliquer], de même la « prise » mentionnée dans le verset à propos des fiançailles d'une femme est une acquisition par de l'argent.
Et
la
« prise »
mentionnée à propos du champ d'Efron
est appelée
«
acquisition » —
car il est écrit,
à propos du champ d'Efron [Genèse 49] :
« Le champ qu'Abraham a acquis ».