Version texte de ce daf : original et traduction
Ketoubot 18a (יח.) — le Talmud en français
Ketoubot 18a (כתובות יח.): Et nous répondons : il a employé cette formulation parce que la Judée et la Galilée dans leur ensemble étaient considérées comme étant dans une période d’urgence. La…
Texte original — Ketoubot 18a (יח.)
ומשנינן: נקט הכי, משום
דסתם יהודה וגליל כשעת חירום דמו.
וחוזרת הגמרא לנדון שהתחלנו בו את סוגייתינו, מדוע נקט רבי יהושע לשון "שדה זו של אביך".
ומקשינן:
וליתני
-
"מודה רבי יהושע באומר לחבירו מנה לויתי ממך ופרעתיו לך שהוא נאמן
מדאורייתא אפילו בלא שבועה
",
ומדוע נזקק להעמיד בשדה, ולהדחק ולומר "של אביך" ?
ומשנינן:
משום דקא בעי למיתני
ב
סיפא,
שאם יש עדים אינו נאמן,
ו
אם נכתוב בסיפא
"אם יש עדים שהוא לוה ממנו והוא אומר פרעתיו אינו נאמן",
זה לא יהיה נכון, כי
הא קיימא לן
ש
המלוה את חבירו בעדים אינו צריך לפרעו בעדים,
ונאמן הלווה לטעון פרוע. ולכן כתב רבי יהושע את דינו באומר "קרקע זו של אביך".
ומקשינן:
וליתני
-
"מודה ר' יהושע באומר לחבירו, מנה לאביך בידי והאכלתיו פרס
[כלומר, החזרתי לו חציו]
שהוא נאמן",
אע"פ שמודה במקצת הוא ובעי שבועה, הכא אינו נשבע, כיון שאינו תובעו , ואין שור שחוט לפניך, ולכן אמרינן - הפה שאסר הוא הפה שהתיר .
והוינן בה:
אליבא דמאן
נאמן בלא שבועה
? אי אליבא דרבנן
שיובאו דבריהם להלן,
הא אמרי
-
משיב אבידה הוי,
ואם כן אף אם הלה תובעו יהיה נאמן, ומדוע השמיענו רבי יהושע דווקא בגוונא שאין שור שחוט לפניך?!,
ו
אי אליבא דרבי אליעזר בן יעקב, הא אמר
-
שבועה בעי
אף היכא שאין הלה תובעו .
ומבארת הגמרא, היכן נשנו דברי רבי אליעזר וחכמים:
דתניא
-
רבי אליעזר בן יעקב אומר: פעמים שאדם נשבע על
ידי
טענת עצמו. כיצד
: הטוען לחבירו -
מנה לאביך בידי והאכלתיו פרס, הרי זה נשבע. וזהו שנשבע על טענת עצמו.
וחכמים אומרים: אינו אלא כמשיב אבידה, ופטור!
משום שתקנו חכמים שהמוצא מציאה לא ישבע מפני תיקון העולם, והכא נמי, כיון שבלא הודאתו אין לנו יסוד לתובעו, נחשב כמשיב אבידה, ופטרוהו חכמים מן השבועה.
ו
מקשינן: וכי ל
רבי אליעזר בן יעקב לית ליה
לתקנת חכמים ש
משיב אבידה פטור?,
והלא כאן שאינו תובעו, אין לך משיב אבידה גדול מזה, שבא ומודה מעצמו, ומדוע חייבו רבי אליעזר בן יעקב בשבועה?
ומתרצינן:
אמר רב
: לעולם אף לרבי אליעזר בן יעקב היכא שאינו תובעו אינו נשבע משום שמשיב אבידה הוא, והכא איירי
ב
גוונא שמי ש
טוענו קטן
הוא, ולכן לא חשיב כמשיב אבידה, ונשבע על טענתו.
והשמיענו רבי אליעזר, שנשבעים על טענת קטן, למרות שנחשב כטענת עצמו, כיון שכעת אין את סברת משיב אבידה .
ומקשינן:
ו
כי נשבעים על טענת קטן?! ו
ה
לא
אמר מר: אין נשבעין על טענת חרש שוטה וקטן,
ואם כן אי איירי בסוגיין בטענת קטן, מדוע השביעו רבי אליעזר?
ומתרצינן:
מאי קטן
דאמר רבי אליעזר שנשבעים על טענתו?
! גדול! ואמאי קרי ליה קטן,
משום
דלגבי מילי דאביו קטן הוא.
ומקשינן:
אי הכי,
מדוע אמר רבי אליעזר שמצינו אדם שנשבע על
טענת עצמו,
והלא בסוגיין -
טענת אחרים היא?
שהרי איירי כשטוענו אדם גדול?
ומתרצינן: הכא איירי ב
טענת אחרים והודאת עצמו,
וזהו חידושו של רבי אליעזר שנשבע על הודאת עצמו.
ומקשינן: והלא
כולהי טענתא
נמי עוסקות ב
טענת אחרים והודאת עצמו
במקצת,
נינהו,
ומה השמיענו רבי אליעזר בדבריו ש"אדם נשבע על טענת עצמו"?
ומשנינן:
אלא הכא,
לעולם איירי בטוענו קטן, וכל מה שאמרינן "אין נשבעים על טענת קטן", הני מילי היכא שטוען הקטן - "הלוויתי לך מנה", שאז אין נשבעים על טענתו, משום שנאמר "וכי יתן איש אל רעהו כסף או כלים", ודרשינן - איש דווקא, ולא קטן, אבל היכן שהנותן הוא אדם גדול, אף על פי שהתובע הוא קטן, כגון קטן התובע "מנה לאבי בידך", סבר רבי אליעזר שנשבעים על טענתו.
אך רבנן פליגי עליו אפילו כשהתובע גדול הוא, משום שסברו שנחשב כמשיב אבידה, כיון שתבעו מכח אביו, ו
בד
ברי
רבה קמיפלגי
.
דאמר רבה: מפני מה אמרה תורה מודה מקצת הטענה ישבע,
ולא החשבנוהו כמשיב אבידה, ופטרנוהו משום שלא כפר בכולו ? משום ש
"חזקה אין אדם מעיז פניו בפני בעל חובו
",
והאי
באמת -
בכולה בעי דלכפריה! והאי דלא כפר ליה, משום דאין אדם מעיז פניו הוא!
Traduction française
Et nous répondons : il a employé cette formulation parce que
la Judée et la Galilée dans leur ensemble étaient considérées comme étant dans une période d’urgence.
La Guemara revient au sujet dont nous avions commencé l’étude dans notre sougia : pourquoi Rabbi Yehochoua a-t-il employé l’expression : « Ce champ est celui de ton père » ?
Et nous objectons :
Et qu’il enseigne :
« Rabbi Yehochoua reconnaît, au sujet de celui qui dit à son prochain : “J’ai emprunté de toi une somme d’un mané et je te l’ai remboursée”, qu’il est digne de foi
selon la Torah, même sans serment »,
et pourquoi a-t-il eu besoin de présenter le cas concernant un champ et de se forcer à dire : « celui de ton père » ?
Et nous répondons :
Parce qu’il voulait enseigner
dans la
suite
que, s’il y a des témoins, il n’est pas digne de foi,
et
si nous écrivions dans la suite :
« s’il y a des témoins qu’il lui a emprunté [l’argent], et qu’il dit : “je l’ai remboursé”, il n’est pas digne de foi »,
cela ne serait pas exact, car
nous avons établi
que
celui qui prête à son prochain en présence de témoins n’a pas besoin de le faire rembourser en présence de témoins,
et que l’emprunteur est digne de foi lorsqu’il prétend avoir remboursé. C’est pourquoi Rabbi Yehochoua a énoncé sa règle à propos de celui qui dit : « ce terrain est celui de ton père ».
Et nous objectons :
Et qu’il enseigne :
« Rabbi Yehochoua reconnaît, au sujet de celui qui dit à son prochain : “Tu as entre mes mains une somme d’un mané appartenant à ton père, et je lui en ai donné la moitié
— c’est-à-dire : je lui en ai rendu la moitié —
qu’il est digne de foi”,
bien qu’il reconnaisse une partie [de la dette] et soit tenu de prêter serment, ici il ne prête pas serment, puisqu’il ne le réclame pas ; il n’y a donc pas de litige manifeste devant toi, et nous disons : la bouche qui a interdit est la bouche qui a permis .
Et nous examinons cette question :
selon qui
est-il digne de foi sans serment
? Si c’est selon les Sages
dont les paroles seront rapportées plus loin,
ils disent :
il est considéré comme restituant une perte ;
dans ce cas, même si l’autre le réclame, il serait digne de foi ; pourquoi Rabbi Yehochoua nous a-t-il enseigné précisément le cas où il n’y a pas de litige manifeste devant toi ?!
Et
si c’est selon Rabbi Eléazar ben Yaakov, il dit :
il est tenu de prêter serment
même lorsque l’autre ne le réclame pas .
La Guemara explique où les paroles de Rabbi Eléazar et des Sages ont été enseignées :
car il a été enseigné dans une baraïta :
Rabbi Eléazar ben Yaakov dit : il arrive qu’un homme prête serment sur
la base de
sa propre prétention. Comment cela
? Celui qui dit à son prochain :
« Tu as entre mes mains une somme d’un mané appartenant à ton père, et je lui en ai donné la moitié », doit prêter serment. Et c’est là prêter serment sur sa propre prétention.
Et les Sages disent : il n’est rien d’autre que quelqu’un qui restitue une perte, et il est dispensé !
Car les Sages ont institué que celui qui trouve un objet perdu ne prête pas serment, en raison de la réparation du monde ; ici également, puisque, sans son aveu, nous n’avons aucun fondement pour le réclamer, il est considéré comme restituant une perte, et les Sages l’ont dispensé du serment.
Et
nous objectons : Rabbi Eléazar ben Yaakov
n’a-t-il donc pas
connaissance de l’institution des Sages selon laquelle
celui qui restitue une perte est dispensé ?
Pourtant, ici, puisqu’il ne le réclame pas, peut-on trouver plus grande restitution d’une perte : il vient faire spontanément un aveu ; pourquoi Rabbi Eléazar ben Yaakov lui impose-t-il un serment ?
Et nous répondons :
Rav dit :
même selon Rabbi Eléazar ben Yaakov, lorsque l’autre ne le réclame pas, il ne prête pas serment, car il restitue une perte ; mais ici il s’agit
d’
un cas où celui qui
le réclame est un petit,
et il n’est donc pas considéré comme restituant une perte ; il prête serment sur sa prétention.
Rabbi Eléazar nous enseigne ainsi qu’on prête serment sur la prétention d’un petit, bien qu’elle soit considérée comme sa propre prétention, puisque l’argument de la restitution d’une perte ne s’applique pas ici .
Et nous objectons :
Et
prête-t-on serment sur la prétention d’un petit ?
N’
a-t-il pas
dit le Maître : “On ne prête pas serment sur la prétention d’un sourd-muet, d’un simple d’esprit ou d’un petit” ?
Ainsi, si notre sougia traite d’une prétention de petit, pourquoi Rabbi Eléazar lui a-t-il fait prêter serment ?
Et nous répondons :
Que signifie “petit”
lorsque Rabbi Eléazar dit qu’on prête serment sur sa prétention
? Un adulte ! Et pourquoi l’appelle-t-on petit
? Parce que
par rapport aux affaires de son père, il est petit.
Et nous objectons :
S’il en est ainsi,
pourquoi Rabbi Eléazar a-t-il dit qu’il arrive qu’un homme prête serment sur
sa propre prétention,
alors que, dans notre sougia,
il s’agit d’une prétention d’autrui
? En effet, le cas concerne celui qui le réclame, étant un adulte.
Et nous répondons : ici il s’agit
d’une prétention d’autrui et d’un aveu de sa propre part,
et c’est là l’innovation de Rabbi Eléazar : il prête serment sur son propre aveu.
Et nous objectons : pourtant,
toutes les prétentions
également concernent
une prétention d’autrui et un aveu de sa propre part
pour une partie [de la dette],
n’est-ce pas,
et qu’est-ce donc que Rabbi Eléazar nous a enseigné par ses paroles : « un homme prête serment sur sa propre prétention » ?
Et nous répondons :
Mais ici,
il s’agit toujours de celui qui est réclamé par un petit. Tout ce que nous disons : « on ne prête pas serment sur la prétention d’un petit », ne s’applique que lorsque le petit prétend : « je t’ai prêté une somme d’un mané » ; dans ce cas, on ne prête pas serment sur sa prétention, car il est dit : « lorsqu’un homme donnera à son prochain de l’argent ou des objets », et nous interprétons : « un homme », précisément, et non un petit. Mais lorsque celui qui a donné est un adulte, bien que le demandeur soit un petit — par exemple, un petit qui réclame : « tu as entre tes mains une somme d’un mané appartenant à mon père » — Rabbi Eléazar considère que l’on prête serment sur sa prétention.
Mais les Sages sont en désaccord avec lui même lorsque le demandeur est un adulte, car ils considèrent qu’il est assimilé à quelqu’un qui restitue une perte, puisqu’il le réclame en se fondant sur son père, et ils sont en désaccord
sur
l’idée
de Rabba.
Car Rabba a dit : pourquoi la Torah a-t-elle dit que celui qui reconnaît une partie de la prétention doit prêter serment,
et ne l’avons-nous pas considéré comme restituant une perte, en le dispensant puisqu’il n’a pas tout nié ? Parce qu’il existe une
présomption : un homme n’a pas honte de tenir un propos mensonger devant son créancier
; or celui-ci
en vérité
désire tout nier ! Et s’il ne lui a pas tout nié, c’est parce qu’un homme n’a pas honte de tenir un propos mensonger.