Version texte de ce daf : original et traduction
Guittin 18b (יח:) — le Talmud en français
Guittin 18b (גיטין יח:): Quelle est la raison — parce que Nous craignons qu'il se soit réconcilié. Que peut‑être le mari s'est repenti de la répudier, et est venu auprès d'elle, et le get est…
Texte original — Guittin 18b (יח:)
ומאי טעמא - כי
חיישינן שמא פייס.
שמא הבעל נתחרט מלגרשה, ובא עליה, והגט פסול מדין "גט ישן" [דהיינו גט שנכתב, ואחר כך בא עליה הבעל, או התייחד עמה, והוא גט פסול].
ורבי יוחנן אמר
: רבי שמעון הכשיר
אפילו מכאן ועד עשרה ימים,
על אף שהיו עשרה ימים בין הכתיבה לחתימה, הגט כשר. ורבי יוחנן לא חושש לחשש של ריש לקיש שמא פייס, משום ש
אם איתא דפייס, קלא אית ליה למילתא,
והדבר היה מתפרסם. ולכן כל עוד שאיננו יודעים שפייס ונתייחד עמה, הגט כשר, אפילו שהיו עשרה ימים בין זמן הכתיבה לחתימה.
איתמר: אמר לעשרה
אנשים:
כתבו גט לאשתי!
אמר רבי יוחנן: שנים
חותמים
משום עדים, וכולם
הנשארים, חותמים בגט רק
משום תנאי,
שנחשב הדבר שהבעל עשה תנאי, שאינו מגרש רק בתנאי שיחתמו אנשים אלו בגט, אך לא דרש שהם יהיו עדי הגט.
וריש לקיש אמר: כולם
צריכים לחתום
משום עדים,
כי לכך הבעל התכוין.
ומקשינן:
היכי דמי?
אילימא דלא אמר להו
הבעל "
כולכם
חיתמו",
והא תנן
: בעל ש
אמר לעשרה, כתבו גט לאשתי
-
אחד כותב, ושנים חותמין,
והשאר אינם צריכים לחתום כלל.
וקשה על רבי יוחנן וריש לקיש הסוברים שגם השאר צריכים לחתום, או משום תנאי או משום עדים.
ומתרצינן:
אלא
רבי יוחנן וריש לקיש דיברו בכגון
דאמר להו "כולכם
כתבו גט לאשתי", ולכן כולם צריכים לחתום. ובזה פליגי רבי יוחנן וריש לקיש מדוע הם צריכים לחתום. רבי יוחנן סובר שחוץ משני העדים, כולם הם משום תנאי. וריש לקיש סובר שכולם הם משום עדים.
והוינן בה:
מאי בינייהו?
הרי בין לרבי יוחנן ובין לריש לקיש כולם צריכים לחתום ואם כן מאי נפקא מינה
ואמרינן: יש שני "נפקא מינה" אם השאר חותמים משום תנאי או משום עדים.
א.
איכא ביינהו דחתים בי תרי מינהו
שני העדים הראשונים,
ביומיה, ואינך
שמונת האחרים חתמו
מכאן ועד עשרה ימים.
מאן דאמר
שהנשארים חותמים
משום תנאי,
הגט
כשר.
משום שהגט נכתב ונחתם באותו יום. והוא כשר [גם לרבנן שנכתב היום ונחתם למחרת פסול הכא כשר]. ומה שיש עדים שחתמו אחרי כמה ימים, הם אינם עדים, אלא הם תנאי בעלמא.
ומאן דאמר
שהנשארים חותמים
משום עדים,
הגט
פסול,
ומשום גט מוקדם. כי הגט נכתב ביום אחד ועדיו חתמו אחר כמה ימים. ואפילו אם שני עדים חתמו ביום הכתיבה, הגט פסול, כיון ששאר העדים חתמו אחר כמה ימים, ואין קול לגט, וזה גט מוקדם, ופסול.
ב.
אי נמי
איכא עוד נפקא מינה בין רבי יוחנן לריש לקיש,
כגון שנמצא אחד מהם
מעשרת האנשים,
קרוב או פסול.
למאן דאמר
ששמונת הנשארים חותמים
משום תנאי,
הגט
כשר,
משום שכל כונתו שיחתמו עוד שמונה אנשים, אבל לא בתורת עדים, ולכן אפילו היה אחד מהם קרוב או פסול, הגט כשר, כיון שיש בו שני עדים כשרים.
ולמאן דאמר
שגם שמונת האנשים האחרים חותמים
משום עדים,
הגט
פסול
כי הקרוב או הפסול אינם כשרים לעדות, ואם העידו ביחד עם כולם, בטלה העדות של כולם, לפי הכלל שאם אחד מהעדים נמצא קרוב או פסול, בטלה עדות כולם.
ועתה מפרשת הגמרא את הנפקא מינה השניה:
במה דברים אמורים, כשחתמו הקרוב או הפסול באמצע או בסוף כל העדים. אבל
אי חתים בתחילה
ה
קרוב או פסול
לא ברור לנו שלרבי יוחנן יהיה הגט כשר, אלא יש בזה מחלוקת.
אמרי לה, כשר
כיון שיש כאן שני עדים כשרים, לא אכפת לן שהראשון הוא פסול, והוא חתם מדין התנאי, ואחריו חתמו שני העדים - מדין עדים.
ואמרי לה, פסול
.
ומפרשת הגמרא את המחלוקת:
אמרי לה כשר,
כיון ש
תנאי הוא,
לא איכפת לן היכן חותם הכשר והיכן הפסול, כיון שבין כל החותמים יש שני עדים כשרים, ולכן הגט כשר.
אמרי לה פסול,
כיון שיש לגזור כאן לפסול בגלל ש
אתי לאיחלופי בשטרות דעלמא.
ויאמרו שעד קרוב או פסול כשר לחתום בשטרות דעלמא.
אך אם חתמו הפסולים באמצע הגט או בסופו, לא גזרו לפוסלו, משום שרק כאשר חתמו בתחילה, יאמרו אנשים שהעדים הראשונים חותמים בתורת עדים ולא יאמרו שהם מאלו שחותמים משום התנאי. וילמדו להכשיר קרוב או פסול בשטרות. ולכן גם לרבי יוחנן הגט פסול אז.
ההוא
גברא
דאמר להו לעשרה
אנשים:
כתבו גט לאשתי!
חתום בי תרי מינהו ביומיה,
שנים מן העשרה חתמו בו ביום,
ואינך
שמונה האנשים הנשארים, חתמו
מכאן ועד עשרה ימים.
אתא לקמיה דרבי יהושע בן לוי,
לשאול מה דינו של גט זה.
Traduction française
Quelle est la raison — parce que
Nous craignons qu'il se soit réconcilié.
Que peut‑être le mari s'est repenti de la répudier, et est venu auprès d'elle, et le get est invalide selon la règle du "get yashan" [c'est‑à‑dire un get qui fut écrit, et ensuite le mari vint auprès d'elle, ou s'isola avec elle et c'est un get invalide].
Et Rabbi Yochanan dit:
Rabbi Shimon a jugé valide
même d'ici jusqu'à dix jours,
bien qu'il y ait eu dix jours entre la rédaction et la signature, le get est valable. Et Rabbi Yochanan ne craint pas le soupçon de Reish Lakish «qu'il se soit réconcilié», parce que
si l'on admet qu'il s'est réconcilié, cela aurait été évident pour la chose,
et l'événement se serait répandu. C'est pourquoi, tant que nous ne savons pas qu'il s'est réconcilié et qu'il s'est isolé avec elle, le get est valable, même s'il y avait dix jours entre le moment de la rédaction et de la signature.
Il fut dit : il dit à dix
hommes
Rédigez un get pour ma femme !
Rabbi Yochanan dit : deux
signent
en tant que témoins, et tous -
les autres, signent dans le get seulement
à titre de condition,
au sens où il est considéré que le mari a fait une condition, qu'il ne divorce que sous la condition que ces personnes signeront le get, mais il n'exigea pas qu'ils fussent les témoins du get.
Et Reish Lakish dit : tous
doivent signer
en tant que témoins,
parce que tel était l'intention du mari.
Et nous objectons :
En quoi diffèrent‑ils ?
Si l'on dit qu'il ne leur dit pas
le mari
«tous vous»
,]]signerez»,
or est enseigné dans une Mishna :
Un mari qui
dit à dix hommes : Rédigez un get pour ma femme —
l'un écrit, et deux signent,
et les autres n'ont nul besoin de signer du tout.
Et c'est une difficulté pour Rabbi Yochanan et Reish Lakish qui soutiennent que les autres doivent aussi signer, soit en tant que condition soit en tant que témoins.
Et nous résolvons :
Mais
Rabbi Yochanan et Reish Lakish parlaient du cas où
il leur dit «tous vous
écrivez un get pour ma femme», et c'est pourquoi tous doivent signer. Sur ce point Rabbi Yochanan et Reish Lakish divergent quant à la raison pour laquelle ils doivent signer. Rabbi Yochanan soutient qu'en dehors des deux témoins, tous les autres signent à titre de condition. Reish Lakish soutient que tous signent en tant que témoins.
Et surgit alors :
Qu'en est‑il entre eux ?
Car entre Rabbi Yochanan et Reish Lakish tous doivent signer ; que devient alors la distinction ?
Et nous disons : il y a deux différences pratiques selon que les autres signent à titre de condition ou en tant que témoins.
.
Il y a une différence entre eux si deux d'entre eux signent, -
les deux premiers témoins,
le même jour, et non -
que les huit autres signèrent
d'ici jusqu'à dix jours.
Qui dit que les autres signent
à titre de condition,
le get
est valable.
Parce que le get fut rédigé et signé ce jour‑là. Et il est valable [même pour les Sages, un get rédigé aujourd'hui et signé le lendemain serait invalide ; ici il est valable]. Et que certains témoins aient signé après quelques jours, ils ne sont pas témoins, mais seulement des conditions.
Et celui qui dit
que les autres signent
en tant que témoins,
le get
est nul,
et c'est un get précoce (get muqdam). Car le get fut rédigé un jour et ses témoins signèrent seulement plusieurs jours après. Et même si deux témoins signèrent le jour de la rédaction, le get est invalide, puisque les autres témoins signèrent plusieurs jours plus tard, et il n'y a pas de voix au sujet du get, et ceci est un get précoce, et invalide.
.
De même encore —
— il y a une autre différence pratique entre Rabbi Yochanan et Reish Lakish,
par exemple si l'un d'eux se trouve être —
parmi les dix hommes,
un parent ou un invalide pour témoigner.
Pour celui qui dit
que les huit autres signent
à titre de condition,
le get
est valable,
parce que l'intention entière était que huit autres personnes signeraient, mais non pas en qualité de témoins ; c'est pourquoi même si l'un d'eux est parent ou invalide, le get est valable, puisque deux témoins valides sont présents.
Et pour celui qui dit
que les huit autres personnes signent aussi
en tant que témoins,
le get
est nul -
car le parent ou l'invalide n'est pas apte à témoigner, et si l'il a attesté avec tous, la déposition de tous est annulée, selon la règle que si l'un des témoins est parent ou invalide, la déposition de tous est nulle.
Et maintenant la Gémara explique la seconde différence pratique :
Ces cas concernent lorsque le parent ou l'invalide signa au milieu ou à la fin de tous les témoins. Mais
si l'il signa au début
le
parent ou invalide —
il n'est pas évident que, selon Rabbi Yochanan, le get serait valable ; au contraire il y a là une controverse.
Certains dirent : valable —
parce qu'il y a ici deux témoins valides, il ne nous importe pas que le premier soit invalide : il a signé à titre de condition, et ensuite les deux témoins valides signèrent en tant que témoins.
Et d'autres dirent : nul.
Et la Gémara explique la divergence :
Ceux qui disent valable,
parce que
c'est une condition,
il nous est indifférent où signe le valide et où signe l'invalide, puisque parmi tous les signataires il y a deux témoins valides, et par conséquent le get est valable.
Ceux qui disent nul,
parce qu'il faut ici déduire l'invalidateur au motif que
les signatures se confondraient avec les actes publics.
Et ils diront qu'un parent ou un invalide est apte à signer des actes privés (shtarot de'alma).
Mais si les personnes invalides signèrent au milieu du get ou à sa fin, on ne décréta pas de l'invalider, car seulement quand ils signent au début les gens diront que les premiers signataires signent en tant que témoins et ne diront pas qu'ils appartiennent à ceux qui signent à titre de condition. Et ils apprendront de là à rendre apte un parent ou un invalide pour les shtarot. Et c'est pourquoi, selon Rabbi Yochanan, le get est alors invalide.
Ce
l'homme
qui dit à dix
hommes
Rédigez un get pour ma femme !
Deux d'entre eux signèrent en ce jour,
et non -
que les huit personnes restantes signèrent
d'ici jusqu'à dix jours.
On vint voir Rabbi Yehoshua ben Levi,
pour demander quel est le statut de ce get.