Version texte de ce daf : original et traduction
Erouvin 74b (עד:) — le Talmud en français
Erouvin 74b (עירובין עד:): Après la mort de Chmouel, Rav Anan vint , le fils de Rav, et le jeta [il jeta] comme poteau, parce qu’il n’y avait pas deux maisons dans une seule cour, alors que nous…
Texte original — Erouvin 74b (עד:)
לאחר מות שמואל,
אתא רב ענן
, בנו של רב,
שדיה
[השליך] ללחי, מפני שלא היו שני בתים בחצר אחת, ואנן בעינן שתי חצרות שבהן שני בתים, כרב!
אמר
איבות ותמה עליו: וכי
מבואה דדירנא ביה, ואתינא משמיה דמר שמואל
[ובא אני מכח התירו של שמואל] -
ניתי רב ענן בר רב
[בר פלוגתיה דשמואל],
נישדייה מן
[כמו "מנן", כלומר: וישליך את הלחי מאתנו]?! ומהך מעשה יש למיפשט בעיין:
שמע מינה
מדהתיר לו שמואל לאיבות -
לא קיבלה מיניה
, ועדיין חולק הוא על רב עד מותו, וסבר דסגי בחצר ובית, וכל שכן הכא.
ודחינן:
לעולם, אימא לך קיבלה מיניה
, והודה לרב.
והכא
בהאי מבוי, להכי התירו שמואל, משום דבההיא מבואה הוי בית הכנסת בחצר השניה שהיה בה בית אחד.
וכשהתיר לו שמואל,
חזנא
[השמש של בית הכנסת]
הוא דהוה אכיל נהמא בביתיה, ואתי ביית בבי כנישתא
[היה אוכל בביתו ולן בבית הכנסת].
ומשום הכי התיר לו שמואל, שהרי יש כאן בית, ובי כנישתא בחצר השניה. וכשהשליכו רב ענן ללחי, כבר לא היה לן שם החזן.
ואיבות בר איהי
, שהבין שאף עכשיו מותר, ואף דליכא חזנא.
משום ד
סבר: מקום פיתא גרים
[מקום האוכל גורם] ולא מקום השינה, וכאילו אין דר שם אדם בבית הכנסת, ואינו מצטרף לשני בתים, ועל כרחך דלא בעי ליה כלל.
ו
מיהו לקושטא דמילתא,
שמואל לטעמיה
דאמר לעיל דף עג א ש
מקום לינה גרים,
וחשיב שתי חצירות ושני בתים פתוחים לתוכו. והשתא דליכא חזנא אסור לטלטל במבוי.
הסוגיא הבאה מתבארת על פי הנראה מדברי הריטב"א. ונראה שמפרש כן בדברי רש"י.
אמר רב יהודה אמר רב: מבוי שצידו
ה
אחד
יש בו חצר של
עובד כוכבים
פתוחה למבוי [ולקמן יתבאר שהיו שם שני בתים],
וצידו אחד
של מבוי יש בו שתי חצירות של שני
ישראל
ים, חצירו של אחד מהם פתוחה למבוי, וחצירו של אחד מהם אינה פתוחה למבוי [ויוצאין ממנה לרשות הרבים דרך פתח משלה שלא דרך מבוי], ויש בין שתי החצרות האלו חלון רחב ארבעה על ארבעה, שמועיל בעלמא להתיר לערב החצרות זו עם זו, אפילו הכי, כיון שבצידו האחד של מבוי נמצא עובד כוכבים -
אין מערבין אותו
את המבוי עם החצרות
דרך חלונות
[על סמך החלונות]
להתירו
למבוי עם החצרות, כדי להוציא מזו שאין לה פתח למבוי את הכלים ששבתו בה,
דרך פתחים
של החצר השניה,
למבוי,
ומפרש טעמא בסמוך. [ראה ציור 1]
והוא הדין שאין מערבין אם יש "פתחים" בין החצרות!
אלא אורחא דמילתא נקט, שאין דרך לעשות פתחים בין בית לבית.
אמר
שאל
ליה אביי לרב יוסף
: האם
אמר רב
הך דינא
אפילו בחצר
, שצידו אחד בית של נכרי הפתוח לחצר, וצידו אחד בית של ישראל פתוח לחצר. ויש באותה חצר בתים נוספים וכל הבתים שבצד זה פתוחים זה לזה בחלונות, אלא ששאר הבתים אין פתוחים לחצר. האם גם בזה אמר רב שאין מערבין כדי לטלטל מבית לבית, על מנת להוציא לחצר דרך בית הפתוח לחצר? [ראה ציור 2]
אמר ליה
רב יוסף לאביי:
אין
, אפילו בחצר אין מערבין.
ומפרשינן:
דאי לא אמר
-
מאי?!
כלומר: מאי איכא למימר שיהיה דין זה במבוי ולא בחצר, עד שצריך לברר אם אמנם נאמר דין זה גם בחצר, והרי מה לי מבוי מה לי חצר?!
ומפרשינן: אי לאו דאמרה רב בהדיא גם בחצר,
הוה אמינא
שהוא דין מסוים במבוי.
ו
טעמא דרב, משום דקסבר אין מבוי ניתר בלחי וקורה עד שיהו
שני
בתים
בכל חצר,
ו
שתי
חצירות פתוחות למבוי.
כלומר: עיקר האיסור הוא מפני שאין למבוי היתר לחי וקורה היות שחצר הנכרי אינה חשובה דירה ואינה מצטרפת לעשותו מבוי.
ומחצרות של ישראל אין כאן שתי חצרות פתוחין למבוי. אבל אילו היה העכו"ם מצטרף, הרי יש כאן שתי חצרות פתוחות למבוי. תו מפרשינן: היכי הוה אמינא, דטעמא דרב משום דבעינן מבוי שבתים וחצרות פתוחין לתוכו, והרי אמרה רב חדא זימנא לעיל דף עד א,
ותרתי למה לי?!
צריכא
.
דאי מההיא
דלעיל,
Traduction française
Après la mort de Chmouel,
Rav Anan vint ,
le fils de Rav,
et le jeta
[il jeta] comme poteau, parce qu’il n’y avait pas deux maisons dans une seule cour, alors que nous exigeons deux cours dans lesquelles se trouvent deux maisons, conformément à l’opinion de Rav !
Il dit
Ivo et s’étonna à son sujet : Quoi donc ?
La ruelle dans laquelle nous demeurons, et je viens au nom de notre maître Chmouel
[et je viens en vertu de la permission de Chmouel] —
Rav Anan fils de Rav viendrait-il
[l’adversaire de Chmouel],
et le jetterions-nous de
[comme dans « de nous », c’est-à-dire : et il jetterait le poteau loin de nous] ?! Et de cet acte, il faut résoudre notre question :
Apprends-en —
puisque Chmouel l’avait permis à Ivo —
qu’il ne l’avait pas accepté de lui,
et qu’il était encore en désaccord avec Rav jusqu’à sa mort, pensant qu’une cour et une maison suffisaient, et a fortiori ici.
Et nous rejetons :
En réalité, je te dirai qu’il l’avait accepté de lui,
et qu’il s’était rangé à l’opinion de Rav.
Mais ici,
dans cette ruelle, Chmouel lui permit cela parce que, dans cette ruelle-là, il y avait une synagogue dans la seconde cour, dans laquelle se trouvait une maison.
Et lorsque Chmouel le lui permit,
le chantre
[l’auxiliaire de la synagogue]
était celui qui mangeait le pain chez lui et passait la nuit dans la synagogue
[il mangeait chez lui et dormait dans la synagogue].
Et c’est pour cela que Chmouel le lui permit, car il y avait ici une maison, ainsi qu’une synagogue dans la seconde cour. Mais lorsque Rav Anan jeta le poteau, le chantre ne passait déjà plus la nuit là-bas.
Et Ivo fils d’Iehi,
qui comprit que même alors cela était permis, bien qu’il n’y eût pas de chantre,
parce qu’il
pensait : c’est le lieu du repas qui détermine,
[le lieu où l’on mange détermine] et non le lieu où l’on dort ; c’était comme si personne n’habitait dans la synagogue, et elle ne s’ajoutait donc pas aux deux maisons ; nécessairement, il ne l’exigeait pas du tout.
Et
cependant, en vérité,
Chmouel est conséquent avec lui-même,
car il a dit plus haut, page 73a, que
c’est le lieu où l’on dort qui détermine,
et cela est considéré comme deux cours et deux maisons donnant sur cette ruelle. À présent qu’il n’y a pas de chantre, il est interdit de transporter dans la ruelle.
La sougia suivante s’explique selon ce qui ressort des paroles du Ritba. Il semble qu’il l’interprète ainsi dans les paroles de Rachi.
Rav Yehouda dit au nom de Rav : une ruelle dont un côté
a
un
une cour de
non-Juif
ouverte sur la ruelle [et il sera expliqué plus loin qu’il y avait là deux maisons],
et dont un côté
de la ruelle comporte deux cours de deux
Juifs,
la cour de l’un d’eux étant ouverte sur la ruelle, tandis que la cour de l’autre ne l’est pas [et l’on en sort vers le domaine public par une ouverture qui lui est propre, et non par la ruelle], et qu’il y a entre ces deux cours une fenêtre de quatre sur quatre, qui permet généralement de faire un érouv entre les cours, l’une avec l’autre ; malgré tout, puisque sur l’un des côtés de la ruelle se trouve un non-Juif —
on ne fait pas d’érouv pour elle
la ruelle avec les cours
par les fenêtres
[en s’appuyant sur les fenêtres]
pour la permettre
à la ruelle avec les cours, afin de sortir de celle qui n’a pas d’ouverture sur la ruelle les objets qui y ont passé le Chabbat,
par les ouvertures
de la seconde cour
vers la ruelle,
et il en explique la raison plus loin. [Voir dessin 1]
Il en va de même si des « ouvertures » se trouvent entre les cours !
Mais il a pris le cas habituel, car on n’a pas coutume de faire des ouvertures entre une maison et une autre.
Il dit
demanda
Abayé à Rav Yossef :
Est-ce que
Rav a dit
cette règle
même dans une cour,
dont un côté comporte la maison d’un non-Juif ouverte sur la cour, et dont l’autre côté comporte la maison d’un Juif ouverte sur la cour ? Dans cette cour se trouvent d’autres maisons, et toutes les maisons de ce côté sont ouvertes les unes sur les autres par des fenêtres, mais les autres maisons ne sont pas ouvertes sur la cour. Est-ce que Rav a également dit dans ce cas qu’on ne fait pas d’érouv afin de transporter d’une maison à l’autre, dans le but de sortir vers la cour par la maison ouverte sur la cour ? [Voir dessin 2]
Il lui dit
Rav Yossef à Abayé :
Oui,
même dans une cour, on ne fait pas d’érouv.
Et nous expliquons :
S’il ne l’avait pas dit —
quoi donc ?
C’est-à-dire : que pourrait-on dire pour que cette règle s’applique à une ruelle et non à une cour, au point qu’il faille vérifier si cette règle a effectivement aussi été énoncée pour une cour ? Car en quoi une ruelle différerait-elle d’une cour ?!
Et nous expliquons : si Rav ne l’avait pas explicitement énoncée également pour une cour,
j’aurais pensé
qu’il s’agissait d’une règle particulière à la ruelle.
Et
la raison de Rav est qu’il pense qu’une ruelle ne peut être permise par un poteau et une poutre que s’il y a
deux
maisons
dans chaque cour,
et
deux
cours ouvertes sur la ruelle.
C’est-à-dire : l’interdiction essentielle provient du fait que la ruelle ne peut être permise par un poteau et une poutre, puisque la cour du non-Juif n’est pas considérée comme une habitation et ne s’ajoute pas pour en faire une ruelle.
Et parmi les cours des Juifs, il n’y a pas ici deux cours ouvertes sur la ruelle. Mais si le non-Juif s’y ajoutait, il y aurait ici deux cours ouvertes sur la ruelle. Nous expliquons encore : comment aurais-je pu penser que la raison de Rav est qu’il faut une ruelle sur laquelle donnent des maisons et des cours, alors qu’il l’a déjà dit une première fois plus haut, page 74a,
et à quoi bon la seconde ?!
Il est nécessaire.
Car si l’on s’en tenait à celle
d’en haut,