Version texte de ce daf : original et traduction
Erouvin 72a (עב.) — le Talmud en français
Erouvin 72a (עירובין עב.): Et l’un dit : si l’on s’est associé dans la ruelle avec du vin — - tout le monde ne conteste pas qu’il faille deux [érouvin], car le migo, tout le monde ne le dit pas…
Texte original — Erouvin 72a (עב.)
וחד אמר
: אם נשתתפו במבוי
ביין
-
דכולי עלמא לא פליגי דבעינן תרתי,
דמגו - לכולי עלמא לא אמרינן.
כי פליגי
היכא דנשתתפו או עירבו
בפת
, דמהני בין לעירוב ובין לשיתוף. ופליגי אי סמכינן על עירוב במקום שיתוף, ועל שיתוף במקום עירוב, או דבעינן שיתוף לחוד ועירוב לחוד.
מיתיבי
מגופה דברייתא:
וחכמים אומרים: או מערבין או משתתפין
.
מאי לאו, או מערבין בחצר בפת
וסומכין עליו אף לשם שיתוף,
או משתתפין במבוי ביין
וסומכין עליו אף לשם עירוב.
וקשיא למאן דאמר אם נשתתפו ביין כולי עלמא לא פליגי שאין סומכין עליו!
ומשנינן:
אמר רב גידל אמר רב
: לא כמו שפירשת.
אלא
הכי קאמר: או מערבין בחצר בפת ומותרין כאן וכאן, או משתתפין במבוי בפת ומותרין כאן וכאן
. אבל אם נשתתפו במבוי ביין - לכולי עלמא לא מהני.
אמר רב יהודה אמר רב: הלכה כרבי מאיר!
ודורשין כן ברבים.
ורב הונא אמר: מנהג כרבי מאיר!
אין דורשין כן ברבים, אבל כך מורין לשואל.
ורבי יוחנן אמר: נהגו העם כרבי מאיר!
אין מורין להם כן, אך אין מוחין בנוהג כן, ומברך על שניהם [תוספות].
מתניתין:
חמש חבורות
של אנשים,
ששבתו בטרקלין
[בית גדול ורחב, הנקרא "בירת מלכים" - פירוש המשניות לרמב"ם]
אחד
, המחולק במחיצות לחמשה חדרים נפרדים, ולכל חלק היה פתח נפרד לחצר, ובחצר היו עוד בתים של אנשים אחרים. [ראה ציור]
בית שמאי אומרים
: כל חבורה וחבורה חשובה כאילו היא גרה בבית נפרד בחצר.
ולפיכך: צריך שתהיה השתתפות ב
עירוב לכל חבורה וחבורה
, שכל חבורה צריכה להשתתף בערוב החצרות כדי להתיר את הטלטול בחצר.
ובית הלל אומרים
: כיון שמחיצה "שפלה" היא, וכמו שיתבאר בגמרא, אין זה נקרא חילוק רשויות.
והרי זה כאילו היו כולם דרים יחד בדירה אחת, שאין צורך שכל אחד מבני הבית ישתתף בעירוב, אלא די בכך שאחד מדיירי הבית יתן את חלקו בעירוב החצר [עם שאר הדיירים שבבתים האחרים הפתוחים לחצר].
ולפיכך:
עירוב אחד לכולן!
ויש לכך שתי משמעויות:
א. אין מחייבין את כל אחת ואחת מהחבורות להשתתף בערוב באופן נפרד.
ב. אין מחייבים את החבורות בערוב אם רוצים לטלטל ביניהם מחבורה לחבורה.
ומתוך שביניהם הם אינן צריכים ערוב, הרי דינם כמו חמשה בתים בחצר שעשו ערוב ביניהם, ובאים לערב עם בני חצר אחרת, שדי אז בעירוב שנותן אחד מבני החצר המעורבת בחצר האחרת כדי לערב את כולן, למרות שהשאר אינם נותנים דבר לצורך העירוב עם בני החצר האחרת.
והכא נמי, עירוב שיתן אחד מכל בני חמשת החבורות באותה חצר, דיו עבור כולם.
ומודים
בית הלל,
בזמן שמקצתם
של החבורות
שרויין בחדרים
נפרדים,
או בעליות, שהן
, אותן מקצת חבורות [ריטב"א. וכן דעת רוב הראשונים] -
צריכים עירוב לכל חבורה וחבורה!
ומפרש לה בגמרא, באיזה חדרים ועליות מיירי.
גמרא:
אמר רב נחמן: מחלוקת
בית שמאי ובית הלל, היא כשהיו חלוקים החבורות ביניהם
ב
מחיצת
מסיפס
[מחיצה נמוכה מעשרה טפחים של חתיכות עצים]. [ראה ציור 1]
אבל
אם נחלקו ביניהם
במחיצה
הגבוהה
עשרה
טפחים, הרי אפילו היא מחיצת עראי
\-
דברי הכל: עירוב
נפרד
לכל חבורה וחבורה.
איכא דאמרי
: הכי
אמר רב נחמן: אף במסיפס מחלוקת!
ולאשמועינן, דלא תימא שלא נחלקו בית שמאי רק במחיצה גבוהה עשרה.
ומיהו לבית הלל, עירוב אחד לכולן אפילו במחיצה עשרה.
ועוד
פליגי בה
בפירושא דמתניתין, באופן אחר,
רבי חייא ורבי שמעון ברבי
.
חד אמר: מחלוקת
בית שמאי ובית הלל - היא
במחיצות
של עראי,
המגיעות לתקרה
. [ראה ציור 2]
אבל מחיצות שאין מגיעות לתקרה
, אפילו גבוהות עשרה -
דברי הכל עירוב אחד לכולן.
וחד אמר: מחלוקת
בית שמאי ובית הלל - היא
במחיצות שאין מגיעות לתקרה
.
אבל במחיצות
ואפילו של עראי -
המגיעות לתקרה
-
דברי הכל צריכין ערוב לכל חבורה וחבורה.
Traduction française
Et l’un dit :
si l’on s’est associé dans la ruelle
avec du vin —
tout le monde ne conteste pas qu’il faille deux [érouvin],
car le migo, tout le monde ne le dit pas.
Lorsqu’ils contestent,
c’est dans le cas où ils se sont associés ou ont fait un érouv
avec du pain,
car cela est valable aussi bien pour l’érouv que pour le chitouf. Et ils contestent sur le point de savoir si l’on s’appuie sur l’érouv à la place du chitouf, et sur le chitouf à la place de l’érouv, ou s’il faut un chitouf à part et un érouv à part.
Meytivi
du corps de la baraïta :
« Et les Sages disent : ou bien ils font un érouv, ou bien ils s’associent. »
N’est-ce pas : « ou bien ils font un érouv dans la cour avec du pain »,
et ils s’appuient sur lui également pour le chitouf,
ou bien ils s’associent dans la ruelle avec du vin,
et ils s’appuient sur lui également pour l’érouv ?
Et c’est difficile pour celui qui dit : si l’on s’est associé avec du vin, tout le monde convient qu’il n’est pas possible de s’appuyer sur lui !
Et nous répondons :
Rav Gidel dit au nom de Rav :
ce n’est pas comme tu l’as expliqué.
Mais
voici ce qu’il dit : « Ou bien ils font un érouv dans la cour avec du pain, et ils sont autorisés ici et là ; ou bien ils s’associent dans la ruelle avec du pain, et ils sont autorisés ici et là. »
Mais s’ils se sont associés dans la ruelle avec du vin, cela n’est valable pour personne.
Rav Yehouda dit au nom de Rav : « La halakha est comme Rabbi Méïr ! »
Et ils l’enseignent ainsi publiquement.
Et Rav Houna dit : « La coutume est comme Rabbi Méïr ! »
On ne l’enseigne pas ainsi publiquement, mais c’est ainsi que l’on répond à celui qui interroge.
Et Rabbi Yo’hanan dit : « Le peuple a adopté la pratique de Rabbi Méïr ! »
On ne leur donne pas cette directive, mais on ne s’oppose pas à celui qui agit ainsi, et il récite la bénédiction sur les deux [Tosaafot].
Michna :
Cinq groupes
d’hommes,
qui avaient passé le Chabbat dans un seul grand salon
[une grande demeure vaste, appelée « la citadelle des rois » — Commentaire de la Michna de Maïmonide]
unique,
divisé par des cloisons en cinq pièces séparées, chaque partie ayant une ouverture distincte sur la cour, et dans la cour se trouvant également d’autres maisons appartenant à d’autres personnes. [Voir illustration]
Beit Chammaï disent :
chaque groupe et chaque groupe est considéré comme s’il habitait dans une maison séparée de la cour.
Et par conséquent, il faut qu’il y ait une participation à
un érouv pour chaque groupe et chaque groupe,
car chaque groupe doit participer à l’érouv des cours afin de permettre le transport dans la cour.
Et Beit Hillel disent :
puisque la cloison est une cloison « basse », comme cela sera expliqué dans la Guemara, cela ne s’appelle pas une séparation des domaines.
C’est comme si tous habitaient ensemble dans un seul logement : il n’est pas nécessaire que chacun des membres de la maison participe à l’érouv ; il suffit que l’un des habitants de la maison donne sa part à l’érouv de la cour [avec les autres habitants des maisons donnant sur la cour].
Et par conséquent :
un seul érouv pour tous !
Cela a deux significations :
a. On n’impose pas à chacun des groupes de participer séparément à l’érouv.
b. On n’impose pas aux groupes de faire un érouv s’ils veulent transporter des objets entre eux, d’un groupe à l’autre.
Et puisqu’ils n’ont pas besoin d’un érouv entre eux, leur statut est celui de cinq maisons dans une cour qui ont fait un érouv entre elles et viennent faire un érouv avec les habitants d’une autre cour : il suffit alors de l’érouv donné par l’un des habitants de la cour déjà associée dans l’autre cour pour associer tous les habitants, bien que les autres ne donnent rien pour l’érouv avec les habitants de l’autre cour.
Ici également, l’érouv que donnera l’un quelconque des habitants des cinq groupes dans cette cour suffit pour tous.
Et [Beit Hillel] reconnaissent
Beit Hillel,
lorsque certains d’entre eux
des groupes
se trouvent dans des pièces
séparées
ou dans des étages supérieurs, qui sont
ces mêmes groupes en partie [Ritba ; et tel est également l’avis de la majorité des Richonim] —
ils ont besoin d’un érouv pour chaque groupe et chaque groupe !
Et la Guemara explique de quelles pièces et de quels étages supérieurs il s’agit.
Guemara :
Rav Na’hman dit : la controverse
entre Beit Chammaï et Beit Hillel a lieu lorsque les groupes étaient séparés entre eux
par une
cloison de
palissade basse [cloison de morceaux de bois, haute de moins de dix téfa’him]. [Voir illustration 1]
Mais
s’ils étaient séparés entre eux
par une cloison
haute de
dix
téfa’him, même si elle est une cloison provisoire — -
tout le monde est d’accord : un érouv
séparé
pour chaque groupe et chaque groupe.
D’autres disent :
ainsi
Rav Na’hman a dit : « Même pour une palissade basse, il y a controverse ! »
Et il vient nous enseigner qu’il ne faut pas dire que Beit Chammaï et Beit Hillel ne contestent que lorsqu’il s’agit d’une cloison haute de dix.
Toutefois, selon Beit Hillel, un seul érouv suffit pour tous, même avec une cloison de dix.
Et encore,
ils contestent à son sujet
dans une autre explication de la Michna,
Rabbi ‘Hiyya et Rabbi Chim‘on fils de Rabbi.
L’un dit : la controverse —
entre Beit Chammaï et Beit Hillel —
concerne les cloisons
provisoires
qui atteignent le plafond. [Voir illustration 2]
Mais les cloisons qui n’atteignent pas le plafond,
même si elles ont une hauteur de dix —
tout le monde est d’accord : un seul érouv suffit pour tous.
Et l’un dit : la controverse —
entre Beit Chammaï et Beit Hillel —
concerne les cloisons qui n’atteignent pas le plafond.
Mais avec des cloisons —
même provisoires —
qui atteignent le plafond —
tout le monde est d’accord qu’ils ont besoin d’un érouv pour chaque groupe et chaque groupe.