Version texte de ce daf : original et traduction
Erouvin 59a (נט.) — le Talmud en français
Erouvin 59a (עירובין נט.): Guemara : Et nous nous sommes penchés sur ce point : est-ce que seulement pour l’endroit où il a augmenté — - oui, on mesure jusque-là, tandis que pour l’endroit où il a…
Texte original — Erouvin 59a (נט.)
גמרא:
והוינן בה: וכי רק
למקום שריבה
-
אין,
מודדים לשם, ואילו
למקום שמיעט
-
לא
מודדים?
והרי מקום מועט הוא בכלל מקום מרובה!
ומשנינן:
אימא: אף למקום שריבה
מודדים.
שנינו במשנה:
ריבה לאחד ומיעט לאחד
.
והוינן בה:
הא תו למה לי?
היינו הך!
כי אין הבדל בין ריבה לאחד לבין ריבה למקום אחד.
ומשנינן:
הכי קאמר
: אם אירע ש
ריבה
מודד
אחד, ומיעט
מודד
אחד
-
שומעין
למודד ה
זה שריבה.
אמר אביי: ובלבד שלא ירבה יותר ממדת העיר באלכסונא.
שנינו במשנה:
שלא אמרו חכמים את הדבר להחמיר אלא להקל.
ופרכינן:
והתניא
איפכא:
לא אמרו חכמים את הדבר להקל, אלא להחמיר!?
אמר רבינא
: הכי קאמר התנא בברייתא:
כשתקנו חכמים דיני תחומין
לא להקל על דברי תורה
באו, לפי שאין תחומין מן התורה.
אלא
גזרו כדי
להחמיר על דברי תורה
.
ו
כיון ש
תחומין דרבנן
לכן אזלינן לקולא.
מתניתין:
כיון שתקנו חכמים עירובי חצירות ושיתוף מבואות, והורגלו העם לטלטל מבתים לחצר ומחצר למבוי, חששו חכמים שתשתכח תורת רשות הרבים מהבריות, ולכן תיקנו שלא לערב עיר שיש בה ששים ריבוא אנשים בעירוב אחד, אלא לשייר שכונה אחת, שלא תתערב עם כל העיר, ויהיה אסור לטלטל ממנה לשאר העיר, ומן שאר העיר אליה, ובכך ישאר זכר לתורת רשות הרבים.
עיר של יחיד
, שלא היו נכנסים אליה באופן תדיר ששים רבוא איש,
ו
עתה
נעשית של רבים
-
מערבין את כולה
, כבעבר. ואין מבואותיה צריכים תיקון.
ובתנאי, שאין בתוכה רשות הרבים ממש, כגון שאין הרחובות רחבים ט"ז אמה. ואם יש בה רשות הרבים מן התורה יתבאר תיקונה בגמרא.
ו
עיר שהיתה
של רבים, ונעשית של יחיד
, שהצטמצמו דיוריה, הרי אף על פי שאין בה רשות הרבים גמורה
אין מערבין את כולה
.
אלא אם כן עשה חוצה לה
"שיריים" שאין מערבין אותם עם העיר אלא לחוד.
ושיריים אלו יש לשייר בשיעור
כעיר
הנקראת
"חדשה", שביהודה, שיש בה חמשים דיורין, דברי רבי יהודה.
רבי שמעון אומר
: די בשיור של
שלש חצירות של שני בתים.
גמרא:
והוינן בה:
היכי דמי עיר של יחיד ונעשית של רבים?
אמר רב יהודה: כגון דאיסקרתא דריש גלותא.
אמר ליה רב נחמן: מאי טעמא
הבאת לדוגמא דוקא את העיר של ריש גלותא?
אילימא משום דשכיחי
אנשים רבים ביחד
גבי הרמנא
אצל ריש גלותא, המושל, ולכן לא חששו בה שמא תשתכח תורת רשות הרבים, היות והאנשים הרבים שמתאספים אצל הריש גלותא
מדכרי אהדדי
, יזכירו האחד לחבירו כי הרשות לערב היא רק בעיר של יחיד ונעשית של רבים, ולא בעיר של רבים והיא של רבים.
הרי
כולהו
ערי
ישראל נמי
-
בצפרא דשבתא
בבוקר השבת
שכיחי גבי הדדי
, נמצאים כולם יחד כדי לשמוע את הדרשה של הרב, ויזכירו אחד לשני.
אלא, אמר רב נחמן
: בכל עיר של יחיד ונעשית של רבים שרי לערב. ו
כגון דיסקרתא
כרך
דנתזואי
של אדם בשם נתזואי, ולאו דוקא עירו של הריש גלותא.
תנו רבנן: עיר של יחיד ונעשית של רבים, ורשות הרבים
הרחבה ט"ז אמה
עוברת בתוכה
-
כיצד מערבין אותה?
לקמן מעמידים את הברייתא הזאת כרבי יהודה, הסובר שרשות הרבים שיש מצידה שתי מחיצות היא נחשבת לרשות היחיד, ואפשר לערב בכך ש
עושה לחי מכאן
ולחי מכאן
בשני צידיה שנשארו פתוחים.
או קורה מכאן וקורה מכאן
.
ונושא ונותן באמצע
רשות הרבים, שמעתה היא רשות היחיד, המתוקנת בתיקוני המבואות הראויים לרשות היחיד.
אבל בעיר של רבים והיא של רבים לא התירו לתקן את המבואות המפולשים, שהן רשות הרבים, על ידי לחי וקורה בלבד, עד שיעשה להן צורת הפתח או דלת מכאן, ולחי מכאן.
ואין מערבין אותה לחצאין
, כמה מבואות יחד, אלא מערבים את כולם.
היות ומעיקרא, כשהיתה של יחיד, נחשבו כל מבואותיה כאחד, והיו כל אנשיה מהלכים בכל מבואותיה.
ומשגדלה העיר והתרבו הדיירים, אם יערבו כמה מבואות יחד לעצמם, ושאר המבואות יערבו גם הם לעצמם, ייחשב הדבר כאילו חלק מבני המבוי לא השתתפו בעירוב, ובכך הם אוסרים את כל הדיירים מלטלטל במבוי.
אלא: או
יערבו את
כולה
.
או
שיערבו
מבוי מבוי בפני עצמו.
ולקמן יתבאר איזה תיקון הוא זה.
Traduction française
Guemara :
Et nous nous sommes penchés sur ce point : est-ce que seulement
pour l’endroit où il a augmenté —
oui,
on mesure jusque-là, tandis que
pour l’endroit où il a diminué —
non,
on ne mesure pas ?
Mais voici qu’un endroit réduit est inclus dans un endroit étendu !
Et nous répondons :
dis plutôt : même pour l’endroit où il a augmenté
on mesure.
Nous avons appris dans la Michna :
il a augmenté pour l’un et diminué pour l’autre.
Et nous nous sommes penchés sur ce point :
pourquoi ai-je encore besoin de cela ?
C’est exactement la même chose !
Car il n’y a pas de différence entre « il a augmenté pour l’un » et « il a augmenté pour un endroit ».
Et nous répondons :
voici ce qu’il dit :
si le cas s’est présenté où
celui qui a augmenté
mesure
un
mesureur, et
un
on écoute
le mesureur
qui a augmenté.
Abayé dit : à condition qu’il n’augmente pas davantage que la mesure de la ville en diagonale.
Nous avons appris dans la Michna :
les Sages n’ont énoncé cette règle que pour être indulgents, et non pour être rigoureux.
Et nous objectons :
et pourtant il est enseigné dans une baraïta
l’inverse :
les Sages n’ont pas énoncé cette règle pour être indulgents, mais pour être rigoureux !
Ravina dit :
voici ce que dit le tanнай dans la baraïta :
Lorsque les Sages ont institué les lois des limites,
ils ne sont pas venus alléger les paroles de la Torah
, car les limites ne sont pas מן התורה.
Mais
ils ont décrété afin
d’être rigoureux à l’égard des paroles de la Torah.
Et
puisque
les limites sont d’ordre rabbinique
, c’est pourquoi nous suivons l’opinion indulgente.
Michna :
Lorsque les Sages ont institué les erouvé hatserot et le partage des ruelles, et que le peuple s’est habitué à transporter des maisons vers une cour, et d’une cour vers une ruelle, les Sages ont craint que la notion de domaine public ne soit oubliée par les gens. C’est pourquoi ils ont institué que l’on ne fasse pas l’erouv d’une ville dans laquelle se trouvent six cent mille personnes au moyen d’un seul erouv, mais que l’on en laisse un quartier, qui ne soit pas associé à toute la ville ; il sera alors interdit de transporter de ce quartier vers le reste de la ville, et du reste de la ville vers ce quartier. Ainsi subsistera un souvenir de la notion de domaine public.
Une ville d’un seul
dans laquelle six cent mille hommes n’entraient pas habituellement
et
à présent
devient une ville de plusieurs —
on fait l’erouv de son ensemble,
comme auparavant. Et ses ruelles n’ont pas besoin d’aménagement.
À condition qu’il ne s’y trouve pas véritablement de domaine public, par exemple si les rues ne sont pas larges de seize coudées. Et s’il s’y trouve un domaine public מן התורה, son aménagement sera expliqué dans la Guemara.
Et
une ville qui était
une ville de plusieurs et qui devient une ville d’un seul,
parce que ses habitations se sont réduites, bien que ne s’y trouve pas un domaine public complet,
on ne fait pas l’erouv de son ensemble.
À moins qu’il n’ait fait à l’extérieur
des « restes », que l’on n’associe pas à la ville, mais séparément.
Et ces restes doivent être laissés dans la mesure
d’une ville
appelée
« Hadacha », en Judée, qui compte cinquante habitations, selon Rabbi Yehouda.
Rabbi Chim‘on dit :
il suffit de laisser
trois cours contenant chacune deux maisons.
Guemara :
Et nous nous sommes penchés sur ce point :
de quel cas s’agit-il : une ville d’un seul qui devient une ville de plusieurs ?
Rav Yehouda dit : comme la ville du chef de l’exil.
Rav Na'hman lui dit : pour quelle raison
as-tu donné précisément comme exemple la ville du chef de l’exil ?
Si tu dis que c’est parce que nombreux sont
les hommes réunis
auprès du gouverneur,
auprès du chef de l’exil, et que l’on n’y a donc pas craint que la notion de domaine public soit oubliée, puisque les nombreux hommes qui se rassemblent auprès du chef de l’exil
se le rappellent les uns aux autres,
ils rappelleront chacun à son prochain que l’autorisation de faire un erouv ne concerne que la ville d’un seul devenue une ville de plusieurs, et non une ville de plusieurs qui est une ville de plusieurs.
Mais voici que
toutes
les villes d’
Israël aussi —
le matin de Chabbat
au matin du Chabbat
sont réunies les unes auprès des autres,
toutes présentes ensemble pour entendre le sermon du rabbin, et elles se le rappelleront les unes aux autres.
Mais, dit Rav Na'hman :
dans toute ville d’un seul devenue une ville de plusieurs, il est permis de faire un erouv.
Et comme la ville
la grande ville
de Natzéouaï,
qui appartenait à un homme nommé Natzéouaï ; il ne s’agit pas nécessairement de la ville du chef de l’exil.
Nos maîtres ont enseigné : une ville d’un seul devenue une ville de plusieurs, et un domaine public
large de seize coudées
la traverse —
comment en fait-on l’erouv ?
Plus loin, on établit cette baraïta selon Rabbi Yehouda, qui considère qu’un domaine public ayant deux cloisons sur ses côtés est considéré comme un domaine privé ; il est alors possible d’en faire l’erouv en
faisant un le’hi ici
et un le’hi ici,
sur ses deux côtés qui sont restés ouverts.
Ou une poutre ici et une poutre ici.
Et l’on transporte et l’on dépose au milieu,
dans le domaine public, qui est désormais un domaine privé, aménagé par les aménagements des ruelles appropriés au domaine privé.
Mais dans une ville de plusieurs qui est une ville de plusieurs, on n’a pas permis d’aménager les ruelles ouvertes, qui sont un domaine public, au moyen d’un le’hi et d’une poutre seulement, jusqu’à ce qu’on leur fasse une forme de porte ou une porte ici, et un le’hi ici.
Et l’on ne fait pas son erouv par moitiés,
plusieurs ruelles ensemble, mais on fait l’erouv de toutes.
Puisqu’à l’origine, lorsqu’elle était une ville d’un seul, toutes ses ruelles étaient considérées comme une seule, et tous ses habitants circulaient dans toutes ses ruelles.
Et lorsque la ville s’est agrandie et que les habitants se sont multipliés, si plusieurs ruelles faisaient un erouv pour elles-mêmes, et que les autres ruelles faisaient elles aussi un erouv pour elles-mêmes, la chose serait considérée comme si une partie des habitants de la ruelle n’avait pas participé à l’erouv ; ainsi, ils interdiraient à tous les habitants de transporter dans la ruelle.
Mais : ou bien
ils feront l’erouv de
son ensemble.
Ou bien
ils feront l’erouv
de chaque ruelle séparément.
Et plus loin sera expliqué quel est cet aménagement.