Version texte de ce daf : original et traduction

Houlin 6b (ו:) — le Talmud en français

Houlin 6b (חולין ו:): Et de nouveau, on objecte : et car en général, lorsqu'il n'y a pas lieu de dire qu'elle a l'intention de faire le bien, nous ne craignons pas les substitutions, de peur qu'elle…

Texte original — Houlin 6b (ו:)

ותו מקשינן:

ו

כי

לעלמא

, היכא דליכא למימר שלהיטיב היא מתכוונת,

לא חיישינן

לחילופי, שמא תטול היפה לעצמה?

והתנן: הנותן לפונדקית שלו

לתקן לו עיסה וקדירה,

מעשר את שהוא נותן לה, ואת שהוא נוטל הימנה, מפני שחשודה

על הגזל,

ומחלפת

את שלו בשלה. הרי דחיישינן לחילופי בכל גוונא. ושוב קשיא אברייתא ד"הנותן לשכנתו עיסה, אינו חושש לשאור"!?

ומשנינן:

התם נמי,

לאו משום חשד גזל הוא, אלא

מוריא

היא הוראת היתר לעצמה להחליף,

ואמרה

: עדיף כי

בר בי רב ליכול

פת

חמימא, ו

אילו

אנא איכול

פת

קרירא!

ומשום כן מחלפת את הלחם שלו אם הוא כבר הצטנן, בלחם שלה, שעדיין הוא חם, כדי שהוא יאכל לחם חם. וגם שם כוונתה היא לטובה. אבל בשכנתו, שאין סמוך עליה תמיד, אין לחוש לזה, שאינה מחלפת לטובה, שהרי הוא אינו סמוך עליה תמיד, ולהחליף לרעה אינו חשודה בגזל.

ותו מקשינן:

ו

כי

לחילופי

בעלמא

לא חיישינן?

והתניא: אשת חבר טוחנת

ומסייעת להנהיג את הריחיים ביחד

עם אשת עם הארץ,

בטחינת תבואת עם הארץ. ומותר לה להצטרף עמה דוקא

בזמן שהיא

, אשת החבר,

טמאה,

שאז לא חיישינן שמא תשכח ותתן לתוך פיה דבר שאינו מעושר. כי היות והיא טמאה, אינה רגילה אז ליגע במה שהיא עסוקה בו, כי שמא תטמאנו, ובדרך כלל היא עומדת מרחוק ואינה נוגעת.

אבל, לא

תסייע בטחינת תבואת עם הארץ

בזמן שהיא טהורה.

דהואיל וסתמה נוגעת, חיישינן שמא תשכח ותאכל ממנה, והרי היא אסורה משום דמאי.

רבי שמעון בן אלעזר אומר: אף בזמן שהיא טמאה

-

לא תטחון, מפני שחבירתה,

אשת עם הארץ,

נותנת לה

משל תבואת בעלה,

ו

היא

אוכלת

. ואף שאשת חבר אינה חשודה על הגזל ועל הדמאי - עביד איניש ששוכח, ואכיל מאי דיהיב ליה.

ומכל מקום, מוכח מהכא שאשת עם הארץ חשודה לגזול מבעלה ולתת לאחרים [דבנתינה לאחרים לא שייך לומר - שכחה היא].

ומוכיחה הגמרא:

השתא

, מצינו שאשת עם הארץ

מיגזל גזלה

, ואם כן,

חלופי

את שלה בשל אחרים, שהוא קל מגזילה גמורה,

מיבעיא

למימר שחשודה היא לעשות כן? ואם כן, אמאי לא חיישינן בנותן לשכנתו עיסה שתחליף את שלו בשלה, ותאסר העיסה משום דמאי?

ומשנינן:

אמר רב יוסף התם נמי, מוריא

אשת עם הארץ היתר לעצמה,

ואמרה: תורא מדישיה קאכיל!

כשם שהשור אוכל בתבואה בשעה שדש בה, כן ראוי שתאכל אשת החבר שמסייעת עמה בטחינה, וסברה דלאו גזל הוא. אבל בעלמא לא חשידא על גזל, וליכא למיחש לאיחלופי.

ומביאה הגמרא עוד מעשה שהוזכר בו ענין "בהמתן של צדיקים".

העיד רבי יהושע בן זרוז בן חמיו של רבי מאיר, לפני רבי, על רבי מאיר שאכל עלה של ירק

שאינו מעושר,

בבית שאן, והתיר רבי את בית שאן כולה,

שפטר אותה

על ידו,

מחמת עדות זו, מחיוב מעשר ירק ופירות.

כיון שאכל רבי מאיר בלי לעשר מוכח דבית שאן היא חוץ לארץ. דאי מארץ ישראל היא, אף לאחר החרבן היא מחויבת במעשר. שהרי קדושה שניה שקידש עזרא את ארץ ישראל, קדשה אף לעתיד לבא.

חברו עליו

[על רבי]

אחיו ובית אביו,

ו

אמרו לו: מקום שאבותיך ואבות אבותיך נהגו בו איסור

טבל

, אתה תנהוג בו היתר?!

דרש להן

רבי

מקרא זה

: כתיב בחזקיהו מלך יהודה [מלכים ב יח]:

"וכתת נחש הנחשת אשר עשה משה, כי עד הימים ההמה היו בני ישראל מקטרים לו. ויקרא לו נחושתן".

אפשר

-

בא אסא ולא ביערו, בא יהושפט ולא ביערו?

והלא כל עבודה זרה שבעולם, אסא ויהושפט ביערום!?

Traduction française

Et de nouveau, on objecte :

et

car

en général,

lorsqu'il n'y a pas lieu de dire qu'elle a l'intention de faire le bien,

nous ne craignons pas

les substitutions, de peur qu'elle ne prenne le meilleur pour elle-même ?

Or nous avons appris : « Celui qui donne à sa logeuse »

de la pâte et une marmite à préparer pour lui,

prélève la dîme sur ce qu'il lui donne et sur ce qu'il lui reprend, parce qu'elle est suspectée

de vol,

et qu'elle substitue

son bien au sien. Il ressort donc que nous craignons les substitutions dans tous les cas. Et de nouveau, une difficulté se pose contre la baraïta : « Celui qui donne à sa voisine de la pâte ne craint pas qu'elle y mette du levain » !?

Et l'on répond :

Là aussi,

ce n'est pas en raison d'un soupçon de vol, mais

elle s'autorise

à elle-même, par une décision permissive, à faire la substitution,

et elle dit :

il vaut mieux que

le fils de l'école mange

du pain

chaud, et

que

moi, je mange

du pain

froid !

Et c'est pourquoi elle substitue son pain à lui, s'il a déjà refroidi, par son pain à elle, qui est encore chaud, afin qu'il mange du pain chaud. Là aussi, son intention est de faire le bien. Mais à l'égard de sa voisine, sur laquelle il ne compte pas toujours, il n'y a pas lieu de craindre cela, car elle ne substitue pas pour faire le bien, puisqu'il ne compte pas toujours sur elle ; et elle n'est pas suspectée de vol lorsqu'elle substitue pour nuire.

Et de nouveau, on objecte :

et

si

les substitutions

en général

ne sont pas à craindre ?

Or il est enseigné dans une baraïta : « La femme d'un haver moud

et l'aide à faire fonctionner la meule

avec la femme d'un homme du peuple,

pour moudre la récolte de l'homme du peuple. Et il lui est permis de se joindre à elle uniquement

lorsqu'elle est,

la femme du haver,

impure,

car alors nous ne craignons pas qu'elle oublie et mette dans sa bouche une chose qui n'a pas été soumise à la dîme. En effet, puisqu'elle est impure, elle n'a pas alors l'habitude de toucher ce à quoi elle s'affaire, de peur de le rendre impur ; et en général elle se tient à distance et n'y touche pas.

Mais elle ne

doit pas aider à moudre la récolte de l'homme du peuple

lorsqu'elle est pure.

Puisqu'en règle générale elle touche, nous craignons qu'elle n'oublie et n'en mange ; or cela lui est interdit en raison du demai.

Rabbi Chim'on ben Élazar dit : même lorsqu'elle est impure —

elle ne doit pas moudre, parce que sa compagne,

la femme de l'homme du peuple,

lui donne

du produit de la récolte de son mari,

et

elle

en mange.

Et bien que la femme du haver ne soit pas suspectée de vol ni de demai, une personne peut oublier et manger ce qu'on lui donne.

En tout état de cause, il ressort d'ici que la femme de l'homme du peuple est suspectée de voler à son mari et de donner à d'autres [car, lorsqu'elle donne à d'autres, il n'est pas possible de dire : c'est un oubli].

La Guemara le démontre :

à présent,

nous avons trouvé que la femme de l'homme du peuple

vole effectivement,

et dès lors

la substitution

de son bien par celui d'autrui, qui est moins grave qu'un vol complet,

est-elle a fortiori

à dire qu'elle est suspectée de faire cela ? Et, dans ce cas, pourquoi ne craignons-nous pas, lorsqu'on donne de la pâte à sa voisine, qu'elle ne substitue son bien au sien, rendant ainsi la pâte interdite en raison du demai ?

Et l'on répond :

Rav Yossef dit : là aussi, elle s'autorise

à elle-même, la femme de l'homme du peuple,

et elle dit : « Le taureau mange de son aire ! »

De même que le taureau mange de la récolte au moment où il la foule, de même il convient que la femme du haver, qui l'aide à moudre, en mange ; et elle pense que ce n'est pas un vol. Mais en général, elle n'est pas suspectée de vol, et il n'y a pas lieu de craindre une substitution.

La Guemara rapporte encore un récit où est mentionnée la question du « bétail des justes ».

Rabbi Yehochoua ben Zerouz, fils du beau-père de Rabbi Méïr, témoigna devant Rabbi au sujet de Rabbi Méïr, qu'il avait mangé une feuille de légume

qui n'avait pas été soumise à la dîme

à Beth-Chean, et Rabbi déclara tout Beth-Chean permis,

car il l'en avait exemptée

par son intermédiaire,

en vertu de ce témoignage, de l'obligation de prélever la dîme sur les légumes et les fruits.

Puisque Rabbi Méïr a mangé sans prélever la dîme, il est établi que Beth-Chean se trouve en dehors de la Terre d'Israël. Car si elle se trouvait en Terre d'Israël, même après la destruction, elle serait soumise à la dîme. En effet, la seconde sainteté, par laquelle Ezra a sanctifié la Terre d'Israël, l'a sanctifiée également pour l'avenir.

Ses frères et la maison de son père se dressèrent contre lui [

contre Rabbi ]

et

lui

dirent : « Dans un lieu où tes ancêtres et les ancêtres de tes ancêtres ont pratiqué l'interdiction,

du produit dont la dîme n'a pas été prélevée,

toi, tu y pratiquerais la permission ?! »

Rabbi leur exposa

Rabbi

ce verset :

il est écrit au sujet d'Ézéchias, roi de Juda [Deuxième Livre des Rois 18] :

« Il détruisit le serpent de cuivre que Moïse avait fait, car jusqu'à ces jours-là les enfants d'Israël lui faisaient brûler de l'encens ; et on l'appela Nehouch tan. »

Est-il possible —

qu'Assa soit venu et ne l'ait pas détruit, que Josaphat soit venu et ne l'ait pas détruit ?

Pourtant, ils avaient détruit toute l'idolâtrie qui se trouvait dans le monde, Assa et Josaphat !?

Mots de ce daf dans le dictionnaire