Version texte de ce daf : original et traduction
Houlin 66a (סו.) — le Talmud en français
Houlin 66a (חולין סו.): Et nous expliquons : sur quoi sont-ils en désaccord, le tanna de la maison de Rav [la baraïta précédente, qu’ils ont enseignée dans le Torat Cohanim, appelée Sifra de la…
Texte original — Houlin 66a (סו.)
ומבארינן:
במאי קמיפלגי תנא דבי רב
[הברייתא הקודמת ששנוייה בתורת כהנים, ונקראת ספרא דבי רב, לפי שהייתה שגורה בבית המדרש] הסוברת שכל ארבעת החגבים המוזכרים בתורה מיבעי ליה כולהו לגופייהו [לצורך עצמם].
ותנא דבי רבי ישמעאל,
הסובר שסלעם בא לרבויי ראשו ארוך, וחגב אתא למעוטי צרצור, דחגב טמא הוא?
בחגב ש
ראשו ארוך, קמיפלגי!
תנא דבי רב סבר
: הא דכתיב "
אשר לו כרעים
" הרי זה
כלל. ארבה, סלעם, חרגול, חגב למינהו, פרט.
ואינו סובר ש"למינהו" דכתיב גבי כל חד מהחגבים הוי כלל.
ולכן, לא דריש במדה של כלל ופרט וכלל! כי היות ובכלל הראשון לא הקפיד בו אלא על כרעים, ואילו "למינהו" הכתוב אצל כל אחד בא להקפיד לרבות דוקא חגבין הדומין בכל ארבעת הסימנין לחגבים המוזכרים בתורה, הרי כיון שאין שני הכללים דומים, הראשון ושני, אין דנין אותם במידה של כלל ופרט וכלל.
ולכן תנא דבי רב דן במידה של
כלל ופרט
ש
אין בכלל אלא מה שבפרט!
הלכך,
דמיניה,
דבר שהוא מינו ממש,
אין,
רק אותו מרבים, אבל דבר
דלאו דמיניה, לא
מרבינן ליה.
ומרבי
רק חגב,
דדמי ליה משני צדדין,
שאין ראשו ארוך, ויש לו את ארבעת הסימנין.
ואילו
תנא דבי רבי ישמעאל סבר
: הא דכתיב "
אשר לו כרעיים
" הרי זה
כלל. "ארבה, סלעם, חרגול, חגב"
-
פרט. "למינהו", חזר וכלל.
ודרשינן ליה במדה של כלל ופרט וכלל:
כלל ופרט וכלל, אי אתה דן אלא כעין הפרט. ומרבי כל דדמי ליה בחד צד,
בכך שיש לו את ארבעת הסימנין. ולכן סלעם ילפינן ליה מארבה וחרגול, שיש לו את ארבעת הסימנין. והמילה סלעם מיותרת, וילפינן מינה לרבות חגבין שראשן ארוך.
ופרכינן: והאיך יליף תנא דבי רבי ישמעאל את הפסוקים במידה של כלל ופרט וכלל.
והא לא דמי כללא קמא לכללא בתרא.
כללא קמא, "אשר לו כרעיים" אמר רחמנא.
ולכן, רק חגב
דאית ליה
כרעים
אכול.
ואילו חגב
דלית ליה
כרעים
לא תיכול.
ולעומת זאת
כללא בתרא,
שהוא "למינהו", בא ללמד אותנו - דלא תיכול
עד דשוו בארבעה סימנין!
ואין הכלל האחרון דומה כלל לראשון, ולכן אי אפשר כאן לדרוש במידה של כלל ופרט וכלל.
ומשנינן:
תנא דבי רבי ישמעאל,
אפילו
בכללי ופרטי כי האי גוונא
שאין הכללים שווין ואינן דומין ביניהן,
דאין
, הוא דן. דהיינו, שהוא דן ודורש אותן במידה של כלל ופרט וכלל.
ודאמרינן נמי בעלמא, דדאין תנא דבי רבי ישמעאל בכללי ופרטי כי האי גוונא,
ומה שאומרים אנו תמיד, דתנא דבי רבי ישמעאל דריש כלל ופרט וכלל אפילו אם הכלל האחרון אינו דומה לראשון -
מהכא
ילפינן לה! שכאן מצינו שתנא דבי רבי ישמעאל יליף כלל ופרט וכלל אפילו בכי האי גוונא.
אמר מר: אי שמו חגב, יכול אפילו אין בו כל
ארבעת
הסימנין הללו
נמי יהיה כשר?
תלמוד לומר "למינהו", עד שיהו בו כל
ארבעת
הסימנין הללו.
והוינן בה: אי
אין בו כל
ארבעת
הסימנין הללו
-
מהיכא תיתי
נאמר שחגב זה יהיה טהור!? והרי
ארבה וחרגול כתיב
בתורה, ולהם יש את ארבעת הסימנים, ומהיכא תיתי לרבות חגבין, שאינן דומין להם?
ומשנינן:
אי לא
הוה
כתיב
בתורה
סלעם,
היינו אומרים
כדקאמרת
, שאי אפשר לרבות חגב שאין לו את ארבעת הסימנין.
אבל
השתא דכתיב סלעם,
ודרשינן מיניה
לרבויי
חגב
שראשו ארוך,
אף על פי שאינו דומה לשאר החגבים המוזכרים בפסוק,
אימא לירבי נמי כל דהו
כל חגב, ואפילו שאינו דומה לשאר החגבים אלא בסימן אחד. שהרי ראינו מ"סלעם" דלא בעינן שהחגב שאנו מרבים יהיה דומה לחגבים הכתובים בתורה בכל הצדדין שלו.
קא משמע לן
"למינהו" - עד שיהו בו כל ארבעת הסימנין הללו!
ומקשינן:
מאי שנא התם
, בברייתא דתנא דבי רב, [בדף סה א]
דאמרת סלעם זה רשון, חרגול זה ניפול. ומאי שנא הכא,
בברייתא דתנא דבי רבי ישמעאל [בדף סה ב],
דאמרת, סלעם זה ניפול, חרגול זה רשון?!
ומשנינן:
מר כי אתריה, ומר כי אתריה.
"רשון" דתנא דבי רב, הוא אותו אחד הנקרא ניפול אצל תנא דבי רבי ישמעאל. ואותו חגב הנקרא רשון אצל תנא דבי רבי ישמעאל, הוא נקרא ניפול אצל תנא דבי רב. ובין למר ובין למר, סלעם אין לו זנב ולחרגול יש זנב.
שנינו במשנה:
ובדגים
-
כל שיש לו סנפיר וקשקשת.
תנו רבנן: אין לו עכשיו
סנפיר וקשקשת
ועתיד לגדל לאחר זמן, כגון הסולתנית והעפיאן,
שהם מין דגים קטנים,
הרי זה מותר.
Traduction française
Et nous expliquons :
sur quoi sont-ils en désaccord, le tanna de la maison de Rav
[la baraïta précédente, qu’ils ont enseignée dans le Torat Cohanim, appelée Sifra de la maison de Rav parce qu’elle était courante au bейт-mидраш, qui soutient que les quatre criquets mentionnés dans la Torah sont tous nécessaires pour eux-mêmes].
Et le tanna de la maison de Rabbi Ichmaël,
qui soutient que sal‘am vient inclure celui dont la tête est longue, et que chagav vient exclure le tsartsour, car le chagav est impur, sont-ils en désaccord ?
Ils sont en désaccord
au sujet d’un criquet dont la tête est longue !
Le tanna de la maison de Rav pense :
ce qui est écrit : «
qui a des pattes »,
voici une
règle. « Arbeh, sal‘am, chargol, chagav selon son espèce », particulier.
Et il ne pense pas que « selon son espèce », écrit à propos de chacun des criquets, soit une règle.
C’est pourquoi il ne l’interprète pas selon la règle de la règle, du particulier et de la règle ! Puisque, dans la première règle, on n’a exigé que les pattes, tandis que « selon son espèce », écrit auprès de chacun, vient exiger d’inclure précisément des criquets qui ressemblent, par les quatre signes, aux criquets mentionnés dans la Torah, puisque les deux règles, la première et la seconde, ne sont pas semblables, on ne les interprète pas selon la mesure de la règle, du particulier et de la règle.
C’est pourquoi le tanna de la maison de Rav interprète selon la mesure de
la règle et du particulier —
car
dans la règle, il n’y a que ce qui se trouve dans le particulier !
Ainsi,
ce qui est de son espèce,
une chose qui est véritablement de son espèce,
oui,
on n’inclut que cela ; mais une chose
qui n’est pas de son espèce, non,
on ne l’inclut pas.
Et il inclut
seulement le criquet
qui lui ressemble par deux côtés,
qui n’a pas la tête longue et possède les quatre signes.
Tandis que
le tanna de la maison de Rabbi Ichmaël pense :
ce qui est écrit : «
qui a des pattes »,
voici une
règle. « Arbeh, sal‘am, chargol, chagav » —
particulier. « Selon son espèce », de nouveau une règle.
Et nous l’interprétons selon la mesure de la règle, du particulier et de la règle :
règle, particulier et règle, tu ne l’interprètes qu’en fonction de ce qui ressemble au particulier. Et il inclut tout ce qui lui ressemble par un seul côté,
à savoir qu’il possède les quatre signes. C’est pourquoi nous déduisons sal‘am de arbeh et de chargol, qui possèdent les quatre signes. Et le mot sal‘am est superflu, et nous en déduisons l’inclusion des criquets dont la tête est longue.
Et nous objectons : comment le tanna de la maison de Rabbi Ichmaël déduit-il les versets selon la mesure de la règle, du particulier et de la règle ?
Mais la première règle ne ressemble pas à la dernière règle.
La première règle : le Miséricordieux a dit : « qui a des pattes ».
C’est pourquoi seul le criquet
qui possède
des pattes
est consommable.
Tandis que le criquet
qui ne possède pas
de pattes
ne doit pas être consommé.
En revanche,
la dernière règle,
qui est « selon son espèce », vient nous enseigner qu’
il ne faut pas le consommer avant qu’il ne soit semblable par les quatre signes !
Et la dernière règle ne ressemble absolument pas à la première ; il est donc impossible ici de l’interpréter selon la mesure de la règle, du particulier et de la règle.
Et nous répondons :
le tanna de la maison de Rabbi Ichmaël,
même
dans des règles et des particuliers de cette sorte,
où les règles ne sont pas égales et ne se ressemblent pas entre elles,
il déduit,
c’est-à-dire qu’il les interprète selon la mesure de la règle, du particulier et de la règle.
Et lorsque nous disons également ailleurs que le tanna de la maison de Rabbi Ichmaël déduit selon des règles et des particuliers de cette sorte,
et que nous disons toujours que le tanna de la maison de Rabbi Ichmaël interprète la règle, le particulier et la règle, même lorsque la dernière règle ne ressemble pas à la première,
c’est d’ici
que nous le déduisons ! Car nous trouvons ici que le tanna de la maison de Rabbi Ichmaël déduit la règle, le particulier et la règle même dans une telle situation.
Le maître a dit : « Si son nom est criquet, pourrais-tu dire que même s’il ne possède pas tous les
quatre
signes-ci
il serait également apte » ?
L’Écriture dit : « selon son espèce », jusqu’à ce qu’il possède tous les
quatre
signes-ci. »
Et nous nous sommes penchés sur cela : s’
il ne possède pas tous les
quatre
signes-ci —
d’où cela te viendrait-il
de dire que ce criquet serait pur ? Pourtant,
arbeh et chargol sont écrits
dans la Torah, et ils possèdent les quatre signes ; d’où cela te viendrait-il d’inclure des criquets qui ne leur ressemblent pas ?
Et nous répondons :
si n’
avait pas été
écrit
dans la Torah
sal‘am,
nous aurions dit
comme tu le dis,
qu’il serait impossible d’inclure un criquet qui ne possède pas les quatre signes.
Mais
maintenant que sal‘am est écrit,
et que nous en déduisons
l’inclusion d’un
criquet
dont la tête est longue,
bien qu’il ne ressemble pas aux autres criquets mentionnés dans le verset,
dis que nous devons également inclure n’importe lequel,
tout criquet, même s’il ne ressemble aux autres criquets que par un seul signe. Car nous avons vu, grâce à « sal‘am », qu’il n’est pas nécessaire que le criquet que nous incluons ressemble aux criquets écrits dans la Torah par tous ses côtés.
Cela vient nous enseigner : « selon son espèce » — jusqu’à ce qu’il possède tous ces quatre signes !
Et nous objectons :
pourquoi est-ce différent là-bas,
dans la baraïta du tanna de la maison de Rav [folio 65a],
où tu as dit : « sal‘am, c’est le richon ; chargol, c’est le nifoul », et pourquoi est-ce différent ici,
dans la baraïta du tanna de la maison de Rabbi Ichmaël [folio 65b],
où tu as dit : « sal‘am, c’est le nifoul ; chargol, c’est le richon » ?
Et nous répondons :
chacun selon son lieu, et chacun selon son lieu. « Richon », chez le tanna de la maison de Rav, est celui qui est appelé nifoul chez le tanna de la maison de Rabbi Ichmaël. Et ce criquet qui est appelé richon chez le tanna de la maison de Rabbi Ichmaël est appelé nifoul chez le tanna de la maison de Rav. Et pour l’un comme pour l’autre, sal‘am n’a pas de queue, tandis que chargol a une queue.
Nous avons appris dans la Michna :
Et parmi les poissons —
tout ce qui possède une nageoire et des écailles.
Les Sages ont enseigné : s’il ne possède pas maintenant
de nageoire et d’écailles
mais doit en développer plus tard, comme la soletanit et l’afiyan,
qui sont une espèce de petits poissons,
il est permis.