Version texte de ce daf : original et traduction

Houlin 2a (ב.) — le Talmud en français

Houlin 2a (חולין ב.): Michna : Tout le monde peut pratiquer l'abattage rituel, et leur abattage rituel est valide — - à l'exception du sourd-muet, de l'aliéné et du mineur, qui ne sont pas aptes à…

Texte original — Houlin 2a (ב.)

מתניתין:

הכל שוחטין, ושחיטתן כשרה

-

חוץ מחרש שוטה וקטן,

שאינם ראויים לשחוט,

שמא יקלקלו את שחיטתן.

וכולן

[וכפי שיבואר בגמרא מי הם "כולם"]

ששחטו, ואחרים רואים אותן

שהם שוחטים כהוגן,

שחיטתן כשרה.

גמרא:

שנינו במשנה:

הכל שוחטין.

ודנה הגמרא: מכך שנקט תנא דמתניתין בתחילת דבריו "

הכל שוחטין",

משמע שכוונתו לרבות בכך את כל אלו שנכללו ב"הכל" [כגון טמא, או מומר או כותי, כפי שיתבאר], ולומר שהם שוחטין אפילו

לכתחילה.

ותימה, שמלשונו של התנא בסיום דבריו משמע איפכא, שנקט "

ושחיטתן כשרה",

ומשמע מהלשון הזה שכל אותם שהתרבו מ"הכל שוחטין" אינם ראויים לכתחילה לשחיטה, אלא רק ב

דיעבד,

אם שחטו, שחיטתן כשרה!? ומשנינן:

אמר ליה,

תמה

רב אחא בריה דרבא לרב אשי

: וכי

וכל

היכא דנקט התנא לשון "

הכל"

לישנא ד

לכתחילה הוא

, עד שאין אפשרות אחרת להעמיד את ביאור משנתנו שבא התנא לחדש ששחיטתן של אלו המתרבים מ"כל" היא רק בדיעבד!?

אלא מעתה,

הא דשנינו בתחילת מסכת תמורה:

הכל ממירין

[אם הביאו בהמת חולין והעמידוה ליד קרבן, ואמרו: זו תהיה תמורת זו - מתקדשת בהמת החולין בקדושת הקרבן, והרי היא "קרבן תמורה"],

אחד האנשים ואחד הנשים.

האם

הכא נמי

נפרש שהלישנא "הכל ממירין" - לישנא

דלכתחילה הוא!?

והרי דבר זה לא יתכן לאומרו, כי,

והא כתיב "לא יחליפנו ולא ימיר אותו טוב ברע או רע בטוב"!?

אלא, מוכח, שהלשון "הכל" יכול להיות גם לישנא של דיעבד, ואם כן, אפשר גם להסביר שכונת התנא במשנתנו היא לומר שכל אותם שהתרבו לשחיטה - שחיטתן כשרה רק בדיעבד.

אמר ליה רב אשי:

התם,

ב"הכל ממירין",

שאני, כי מוכח שהוא לישנא דדיעבד, כדקתני טעמא

בהמשך דברי התנא:

לא שהאדם רשאי להמיר, אלא, שאם המיר

-

מומר

[דהיינו שנתפסת בהמת החולין בקדושת קרבן],

וסופג

הממיר

את הארבעים

, על עבירת הלאו של "לא ימירנו".

אבל הכא, לישנא ד"הכל שוחטין" משמע שבא להתיר את שחיטתן לכתחילה, ולכן קשיא לן הסתירה מסיפא, דלישנא ד"ושחיטתן כשירה" הוא לשון דיעבד.

ופריך רב אחא בריה דרבא:

אלא,

הא דתנן "

הכל מעריכין",

מתחייבים להקדש את ערכם, או את ערכו של אדם אחר, לפי הערך הכתוב בתורה.

וכמו כן הא דתנן "הכל

נערכין",

שלכולם יש "ערך" [שאפילו אדם שהוא מוכה שחין, שאין לו כל שיווי ממוני להמכר בשוק, אם אמר "ערכי עלי", או שמישהו אחר אמר עליו "ערכו עלי", חייב לתת את ערכו הקצוב בתורה].

וכמו כן הא דתנן "הכל

נודרין

" את את שיווי דמיהם או את דמיהם של אחרים להקדש.

ההבדל בין המתחייב "ערך" או הנודר "דמים", הוא בכך ש"ערכו" של אדם קצוב בתורה, ואילו דמיו של האדם נקבעים לפי מחירו בשוק, אם ימכר לעבד.

ויש כמה חילוקים ביניהם, וכגון: מי שמתחייב ערכו של תינוק, שעדיין לא מלאו לו שלשים יום, הרי הוא פטור מכל וכל, שהרי רק לתינוק מבן שלשים יום והלאה קצבה התורה "ערך". אך מי שנודר דמיו של תינוק שכזה הרי הוא חייב להקדש דמים כפי השיווי של אותו תינוק להמכר בשוק.

וכן הא דתנן "הכל

נידרין",

שחייב הנודר ליתן את שיווי דמיהם של אותן שהוא נדר ליתן את דמיהן להקדש -

האם בכל אלה -

הכי נמי דלכתחילה

מעריכין ונודרין!?

והא כתיב

[דברים כג]

"וכי תחדל לנדור

-

לא יהיה בך חטא",

ומשמע שכונת התורה לומר, שמוטב לו לאדם שלא ידור, כי אם הוא ידור יש חשש שיהיה בו חטא, כשלא ימלא את נדרו!?

וכתיב

נמי בספר קהלת [פרק ה] "

טוב אשר לא תדור

-

משתדור ולא תשלם".

ותניא

: כתיב בספר קהלת [פרק ה] "את אשר תדור - שלם", ולאחר מכן כתיב "טוב אשר לא תדור משתדור ולא תשלם", ופירושו של הכתוב האחרון הוא:

טוב מזה,

מהנודר ומשלם,

ומזה,

מהנודר ואינו משלם, מי

שאינו נודר כל עיקר.

כי מי שרגיל לנדור הוא בא לידי חטא כשאינו שומר את נדרו,

דברי רבי מאיר.

רבי יהודה אומר

: כך היא משמעות דברי קהלת: הנודר צריך לשלם את נדרו, ועדיף שלא ידור מאשר ידור ולא ישלם. אבל

טוב מזה

שאינו נודר,

ומזה

שנודר ואינו משלם - מי שהוא

נודר ומשלם!

ואפילו רבי יהודה

דאמר נודרים לכתחילה,

לא קאמר אלא באומר "הרי זו"

לקרבן [או לצדקה] שאינו חייב באחריות ואין חשש שיכשל,

Traduction française

Michna :

Tout le monde peut pratiquer l'abattage rituel, et leur abattage rituel est valide —

à l'exception du sourd-muet, de l'aliéné et du mineur,

qui ne sont pas aptes à pratiquer l'abattage rituel,

de peur qu'ils ne rendent leur abattage rituel impropre.

Guemara :

Nous avons appris dans la Michna :

Tout le monde peut pratiquer l'abattage rituel.

Et la Guemara examine : du fait que le tanna de la Michna a énoncé au début de ses paroles

« Tout le monde peut pratiquer l'abattage rituel »,

il ressort que son intention est d'inclure, par « tout le monde », tous ceux qui y sont compris [comme l'impur, l'apostat ou le Couthéen, ainsi qu'il sera expliqué], et de dire qu'ils peuvent pratiquer l'abattage rituel même

a priori.

Cela est étonnant, car de la formulation du tanna à la fin de ses paroles, il ressort le contraire : il a énoncé

« et leur abattage rituel est valide »,

ce qui signifie que tous ceux qui ont été inclus par « tout le monde peut pratiquer l'abattage rituel » ne sont pas aptes, a priori, à pratiquer l'abattage rituel, mais seulement

a posteriori :

s'ils l'ont pratiqué, leur abattage rituel est valide ! Et nous répondons :

Il lui dit,

Rav

Aha, fils de Rav, à Rav Achi :

Est-ce que

toute

fois que le tanna emploie l'expression

« tout le monde »,

cette expression signifie

a priori, au point qu'il serait impossible d'établir autrement l'explication de notre Michna, en disant que le tanna est venu enseigner que l'abattage rituel de ceux qui sont inclus dans « tout » n'est valable qu'a posteriori ?

Désormais, ce que nous avons appris au début du traité Temoura :

Tout le monde peut faire une substitution [

si l'on a apporté un animal profane, qu'on l'a placé près d'un sacrifice et qu'on a dit : « Celui-ci sera la substitution de celui-ci », l'animal profane est sanctifié de la sainteté du sacrifice et devient un « sacrifice de substitution » ],

les hommes comme les femmes.

Est-ce que

ici aussi

nous expliquerons que l'expression « tout le monde peut faire une substitution » est une expression

d'a priori !?

Or cela ne peut être dit, car

il est écrit : « Il ne le changera pas et ne le substituera pas, un bon par un mauvais ou un mauvais par un bon » !

Mais il est donc démontré que l'expression « tout le monde » peut également être une expression d'a posteriori. Dès lors, on peut aussi expliquer que l'intention du tanna dans notre Michna est de dire que tous ceux qui ont été inclus pour l'abattage rituel — leur abattage rituel n'est valide qu'a posteriori.

Rav Achi lui dit :

Là, dans « tout le monde peut faire une substitution »,

c'est différent, car il est démontré qu'il s'agit d'une expression d'a posteriori, comme l'enseigne le motif

dans la suite des paroles du tanna :

« Ce n'est pas que l'homme soit autorisé à faire une substitution, mais que, s'il a fait une substitution » —

la substitution est effective [

c'est-à-dire que l'animal profane est saisi par la sainteté d'un sacrifice ],

et il reçoit

celui qui a fait la substitution

quarante coups,

pour avoir transgressé l'interdit : « Il ne le substituera pas ».

Mais ici, l'expression « tout le monde peut pratiquer l'abattage rituel » signifie qu'elle vient autoriser leur abattage rituel a priori. C'est pourquoi la contradiction avec la fin de la Michna nous pose difficulté, car l'expression « leur abattage rituel est valide » est une expression d'a posteriori.

Et Rav

Aha, fils de Rav, objecte :

Mais ce que nous avons appris :

« Tout le monde peut faire une évaluation »,

s'engageant envers le Temple à donner leur propre valeur, ou la valeur d'un autre homme, selon la valeur écrite dans la Torah.

De même, ce que nous avons appris : « Tout le monde peut être évalué »,

« tout le monde peut être l'objet d'une évaluation »,

tous ayant une « valeur » [même un homme atteint de lèpre, qui n'a aucune valeur pécuniaire pour être vendu au marché, est tenu de donner sa valeur fixée par la Torah si lui-même a dit : « Ma valeur est sur moi », ou si quelqu'un d'autre a dit à son sujet : « Sa valeur est sur moi »].

De même, ce que nous avons appris : « Tout le monde peut

faire un vœu »

de leur valeur monétaire ou de la valeur monétaire d'autrui au profit du Temple.

La différence entre celui qui s'engage pour la « valeur » d'un homme et celui qui fait vœu de sa « valeur monétaire » est que la « valeur » d'un homme est fixée par la Torah, tandis que la valeur monétaire de l'homme est déterminée selon son prix au marché, s'il était vendu comme esclave.

Il existe plusieurs différences entre les deux, par exemple : celui qui s'engage pour la valeur d'un enfant qui n'a pas encore atteint l'âge de trente jours est entièrement exempt, car ce n'est qu'à partir de l'âge de trente jours que la Torah a fixé une « valeur » pour l'enfant. Mais celui qui fait vœu de la valeur monétaire d'un tel enfant est tenu envers le Temple de donner la valeur correspondant au prix de cet enfant s'il était vendu au marché.

De même, ce que nous avons appris : « Tout le monde peut

être l'objet d'un vœu »,

celui qui fait le vœu étant tenu de donner la valeur monétaire de ceux dont il a promis de donner la valeur monétaire au profit du Temple —

Est-ce que, dans tous ces cas,

ici aussi, a priori,

on peut faire des évaluations et des vœux !?

Or il est écrit [

Deutéronome 23 ]

« Lorsque tu t'abstiendras de faire un vœu

il n'y aura pas en toi de faute »,

ce qui signifie que l'intention de la Torah est de dire qu'il vaut mieux pour l'homme ne pas faire de vœu, car s'il fait un vœu, il y a lieu de craindre qu'il y ait en lui une faute s'il ne s'acquitte pas de son vœu !?

Et il est également écrit

dans le livre de l'Ecclésiaste [chapitre 5] : «

Mieux vaut ne pas faire de vœu

que de faire un vœu et de ne pas s'acquitter de son vœu. »

Et il est enseigné :

il est écrit dans le livre de l'Ecclésiaste [chapitre 5] : « Ce que tu auras voué, acquitte-t'en », puis il est écrit : « Mieux vaut ne pas faire de vœu que de faire un vœu et de ne pas s'en acquitter ». Le sens du dernier verset est :

Mieux que celui-ci,

que celui qui fait un vœu et s'en acquitte,

et que celui-ci,

que celui qui fait un vœu et ne s'en acquitte pas, est celui

qui ne fait aucun vœu.

Car celui qui a l'habitude de faire des vœux en vient à la faute lorsqu'il ne respecte pas son vœu,

telles sont les paroles de Rabbi Meïr.

Rabbi Yehouda dit :

telle est la signification des paroles de l'Ecclésiaste : celui qui fait un vœu doit s'en acquitter, et il vaut mieux ne pas faire de vœu que d'en faire un et de ne pas s'en acquitter. Mais

mieux que celui-ci,

celui qui ne fait pas de vœu,

et que celui-ci,

celui qui fait un vœu et ne s'en acquitte pas, est celui qui

fait un vœu et s'en acquitte !

Et même Rabbi Yehouda,

qui dit qu'il est permis de faire des vœux a priori,

ne l'a dit que lorsqu'il dit : « Voici ceci »,

pour en faire un sacrifice [ou pour la tsedaka], auquel cas il n'en est pas responsable et il n'y a pas lieu de craindre qu'il trébuche,

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