Version texte de ce daf : original et traduction
Houlin 23a (כג.) — le Talmud en français
Houlin 23a (חולין כג.): Et nous repoussons : en réalité, le début du jaunissement est un doute, et véritablement le verset ne vient pas exclure le début du jaunissement, puisque les cas de doute…
Texte original — Houlin 23a (כג.)
ודחינן: לעולם תחילת הציהוב הוי ספק, ובאמת הפסוק אינו בא למעט תחילת הציהוב כיון שעל ספיקות לא צריך מיעוט. אלא שתחילת הציהוב פסול משום שאי אפשר להקריב דבר שכשרותו בספק, והקרא אינו אלא אסמכתא ו
כי איצטריך קרא
:
למעוטי
את ה
נרבע ו
את ה
נעבד
כעבודה זרה, כגון שהשתחוה לעוף - שפסולין בקרבן עופות.
סלקא דעתך אמינא, הואיל וכתיב
לגבי קרבנות "
כי משחתם בהם מום בם
לא ירצו לכם" הרי למדנו ששני דברים פוסלים בקרבנות, השחתה ומום, ומה היא השחתה?
ותנא דבי רבי ישמעאל: כל מקום שנאמר "השחתה" אינו אלא דבר ערוה ועבודת כוכבים.
דבר ערוה, דכתיב
בדור המבול "
כי השחית כל בשר את דרכו על הארץ".
ודור המבול חטאו בעריות.
עבודת כוכבים, דכתיב "פן תשחיתון ועשיתם לכם פסל".
ולכן השחתה דקרבנות אף היא בדבר ערוה, דהיינו רובע ונרבע. ועבודת כוכבים, דהיינו נעבד.
וכיון שהמום והשחתה שניהם פוסלים בקרבן, הוה אמינא,
כל שהמום פוסל בו
אף
דבר ערוה ועבודת כוכבים פוסלין בו, וכל שאין המום פוסל בו אין דבר ערוה ועבודת כוכבים פוסלין בו, והני עופות, הואיל ולא פסיל בהו מומא, דאמר מר: תמות וזכרות
נאמרו
ב
קרבן
בהמה,
שיהיה הקרבן תם וזכר,
ואין תמות וזכרות
אמורות
בעופות,
שגם בעל מום ונקבה כשר בהם,
אימא דבר ערוה ועבודת כוכבים נמי לא לפסול בהו, קא משמע לן
קרא ד"מן התורים" ו"מן בני היונה" לפסול גם בעופות דבר ערוה ועבודת כוכבים, דהיינו נרבע ונעבד.
בעי רבי זירא: האומר: הרי עלי
להביא
עולת בהמה מן האיל או מן הכבש
מאיזה מהן שארצה,
והביא פלגס, מהו
שיצא ידי חובתו?
הכבש בתוך שנתו הראשונה נקרא "כבש". כעבור השנה הראשונה, בחדש הראשון בתוך שנתו השניה, הוא נקרא "פלגס". ולאחר מכן הוא נקרא "איל" עד עולם.
אליבא דרבי יוחנן לא תיבעי לך,
כיון
דאמר
רבי יוחנן שהפלגס
בריה
בפני עצמו
הוי,
ואינו כבש ולא איל, הרי שאינו יכול לצאת בו ידי נדרו.
ומנין לנו שרבי יוחנן סובר שפלגס הוא בריה?
דתנן
במסכת פרה [א ג]:
הקריבו
את הפלגס,
מביא עליו נסכי איל.
כשיעור הנסכים שמביאים עם קרבן שהוא איל, שהוא יותר מהנסכים שמביאים עם כבש, יביא עם הפלגס.
ואין עולה לו מזבחו,
שאם נדר להביא איל בלבד, או שנדר כבש בלבד, אינו יוצא בפלגס, אלא צריך להביא איל או כבש כפי מה שנדר.
ואמר רבי יוחנן
: מנלן שמביא בפלגס נסכי איל? דכתיב בפרשת נסכים "
או
לאיל" ודרשינן מיתורא ד"או"
לרבות את הפלגס
שדינו כאיל לגבי נסכים, ומכאן למדנו שדעת רבי יוחנן שהפלגס הוא בריה. שאם היה סובר שהפלגס הוא ספק איל או כבש לא היה צריך פסוק לרבות את הפלגס שיביא עמו נסכים כמו איל, שהרי גם בלי הפסוק הייתי אומר שמכיון שיש להסתפק שמא הפלגס הוא איל או כבש הרי שיש להביא עמו שעור הנסכים הגדול מבין שניהם, דהיינו נסכי איל. אלא ודאי סבר רבי יוחנן שהפלגס הוא בריה בפני עצמה, ולכן צריך פסוק לרבות שנסכיו יהיו כאיל.
Traduction française
Et nous repoussons : en réalité, le début du jaunissement est un doute, et véritablement le verset ne vient pas exclure le début du jaunissement, puisque les cas de doute n’ont pas besoin d’une exclusion. Mais le début du jaunissement est impropre, parce qu’il est impossible d’offrir une chose dont l’aptitude est douteuse ; et le verset n’est qu’un appui scripturaire, et
lorsque le verset est nécessaire :
pour exclure
le
qui a eu des rapports
avec le
qui a été utilisé
comme idole, par exemple celui auquel on s’est prosterné — qui sont impropres pour le sacrifice des oiseaux.
Tu aurais pu penser à dire : puisque l’Écriture dit
au sujet des sacrifices : «
Car leur corruption est en eux, il y a en eux un défaut
; ils ne vous seront pas agréés », nous avons donc appris que deux choses rendent les sacrifices impropres : la corruption et le défaut. Et qu’est-ce que la corruption ?
Et le tan[n]a de l’école de Rabbi Ichmaël : partout où il est dit “corruption”, il ne s’agit que d’une affaire de débauche et de l’idolâtrie.
Une affaire de débauche, comme il est écrit
au sujet de la génération du Déluge : «
Car toute chair avait corrompu sa voie sur la terre. »
Et la génération du Déluge avait fauté dans les unions interdites.
L’idolâtrie, comme il est écrit : “De peur que vous ne vous corrompiez et que vous ne vous fassiez une statue.”
C’est pourquoi la corruption concernant les sacrifices relève elle aussi d’une affaire de débauche, c’est-à-dire celui qui a eu des rapports et celui avec lequel on a eu des rapports ; et de l’idolâtrie, c’est-à-dire celui qui a été utilisé.
Et puisque le défaut et la corruption rendent tous deux un sacrifice impropre, j’aurais pu dire :
tout ce pour quoi le défaut rend impropre
également
l’affaire de débauche et l’idolâtrie le rendent impropre ; et tout ce pour quoi le défaut ne rend pas impropre, l’affaire de débauche et l’idolâtrie ne le rendent pas impropre. Et ces oiseaux, puisque le défaut ne les rend pas impropres, car le maître a dit : “l’intégrité et le caractère mâle”
ont été dits
dans
le sacrifice
d’un animal,
afin que le sacrifice soit intact et mâle,
et l’intégrité et le caractère mâle
ne sont pas dits
pour les oiseaux,
car même celui qui a un défaut et la femelle y sont aptes,
j’aurais pu dire que l’affaire de débauche et l’idolâtrie ne les rendent pas non plus impropres ; cela vient nous enseigner
que le verset « des tourterelles » et « des fils de la colombe » rend impropres également chez les oiseaux l’affaire de débauche et l’idolâtrie, c’est-à-dire celui qui a eu des rapports et celui qui a été utilisé.
Rabbi Zéra soulève une question : celui qui dit : “Voici, je m’engage à apporter
pour apporter
un holocauste d’animal, soit du bélier, soit du mouton
selon celui que je voudrai,
et il a apporté un palguès, qu’en est-il
de l’acquittement de son obligation ?
Le mouton, au cours de sa première année, est appelé « mouton ». Une fois sa première année écoulée, durant le premier mois de sa deuxième année, il est appelé « palguès ». Ensuite, il est appelé « bélier » pour toujours.
Selon Rabbi Yo’hanan, tu n’as pas à poser la question,
puisque
il a dit
Rabbi Yo’hanan que le palguès
est une créature
à part entière
;
et il n’est ni un mouton ni un bélier, il ne peut donc pas s’acquitter par lui de son vœu.
Et d’où savons-nous que Rabbi Yo’hanan considère que le palguès est une créature à part entière ?
Car nous avons appris
dans le traité Para [1,3] :
s’il l’a offert
le palguès,
il apporte pour lui les libations d’un bélier.
Avec la mesure des libations que l’on apporte avec un sacrifice qui est un bélier, mesure qui est supérieure aux libations que l’on apporte avec un mouton, il apportera avec le palguès.
Et cela ne lui est pas compté pour son vœu,
si bien que s’il s’était engagé à apporter seulement un bélier, ou s’il s’était engagé à apporter seulement un mouton, il ne s’acquitte pas avec un palguès ; il doit apporter un bélier ou un mouton selon ce à quoi il s’est engagé.
Et Rabbi Yo’hanan a dit :
D’où savons-nous qu’il apporte avec un palguès les libations d’un bélier ? Car il est écrit, dans le passage des libations : «
ou
pour un bélier », et nous interprétons la répétition de « ou »
comme incluant le palguès
dont la loi est celle d’un bélier en ce qui concerne les libations. De là, nous avons appris que l’opinion de Rabbi Yo’hanan est que le palguès est une créature à part entière. Car s’il considérait que le palguès était un doute : bélier ou mouton, il n’aurait pas eu besoin d’un verset pour inclure le palguès, afin qu’il apporte avec lui des libations comme un bélier ; en effet, même sans le verset, j’aurais dit que, puisqu’il faut douter : peut-être le palguès est-il un bélier ou un mouton, il faut lui apporter la mesure des libations la plus grande des deux, c’est-à-dire les libations d’un bélier. Mais certainement Rabbi Yo’hanan considère que le palguès est une créature à part entière ; c’est pourquoi un verset est nécessaire pour inclure le fait que ses libations soient celles d’un bélier.