Version texte de ce daf : original et traduction
Békhorot 56a (נו.) — le Talmud en français
Békhorot 56a (בכורות נו.): De même que tes fils ne sont ni acquis ni reçus en don : car il ne peut y avoir à leur égard ni acquisition ni don, mais ils sont nés chez lui, de même ton bœuf — en ce qui…
Texte original — Békhorot 56a (נו.)
מה בניך אין בלקוח ובמתנה
, שהרי לא תיתכן בהם קיחה ומתנה אלא אצלו נולדו,
אף שורך
לענין מעשר בהמה -
אינו בלקוח ומתנה
.
ומקשינן:
ו
הרי
האי
מקרא
בבכור
בהמה הוא ד
כתיב
, ולא במעשר בהמה!?
ומשנינן: הרי
אמר קרא
"
תעשה
לשורך" דמשמע, קדושתו על ידי מעשה. ו
אם אינו ענין לבכור ד
הרי
ליתיה בעשיה
[אינו בעשיה]
דמרחם קדוש
הוא מאליו ואין צריך להקדישו,
תנהו ענין למעשר בהמה
ללמד עליו שאינו בלקוח ומתנה.
ומקשינן: מנין שהפסוק בא ללמד ב"אם אינו ענין" על מעשר בהמה,
ואימא: תנהו ענין לחטאת ולאשם
, ללמד שהחייב חטאת ואשם אינו מביא לקוח ומתנה, אלא מהבהמות שנולדו בעדרו!?
ומשנינן: משמעות הכתוב היא: "שורך וצאנך"
דומיא דבנך
["בניך"],
מה בנך שאינו בא על חטא, אף צאנך ושורך שאינו בא על חטא
, ובהכרח בא הכתוב ללמד למעשר בהמה.
ואכתי מקשינן:
ואימא: תנהו ענין לעולה ולשלמים
של נדבה, ולא למעשר בהמה!?
ומשנינן: בעינן
דומיא דבנך, מה בנך
שהוא
מחוייב
בו
ואינו
בנדר ונדבה, אף צאנך ושורך
מיירי בדבר שאינו בא בנדר ונדבה, והיינו מעשר בהמה.
ואכתי מקשינן:
ואימא: תנהו ענין לעולת ראייה
[שחייב להביא כשנראה בעזרה ברגלים], שהרי מחוייב הוא בה ואינו נדר ונדבה!?
ומשנינן: בעינן
דומיא דבנך, מה בנך שאין קבוע לו זמן
לקדושתו, שהרי משעה שנולד הוא קדוש,
אף שורך וצאנך שאין קבוע לו זמן
, תאמר בעולת ראיה שהיא דבר הקבוע לה זמן ברגלים.
תו מקשינן:
אי מה בנך אינו בלקוח כלל
, שהרי לא תיתכן בו קיחה,
אף שורך וצאנך אינו בלקוח כלל
, ו
אלמה
[למה]
אמר רבי אסי אמר רבי יוחנן
:
לקח עשרה עוברין במעי אמן
קודם שראויים הם למעשר בהמה,
כולם נכנסין לדיר להתעשר!?
אמר
פירש
רבא
:
משום ד
אמר קרא
"
תעשה
לשורך", ומשמע:
בשעת עשייה
[בשעה הראויה לעשייה, היינו להתעשר]
מיעט הכתוב
, אבל במעי אמן שעדיין אין ראוים הם להכנס לדיר להתעשר, אין הקיחה או המתנה פוטרתן.
גופא, אמר רבי אסי אמר רבי יוחנן: לקח עשרה עוברים במעי אמן, כולן נכנסין לדיר להתע שר
.
ומקשינן:
והא אנן תנן
במשנתנו:
הלקוח או שניתן לו במתנה, פטור מן מעשר בהמה!?
אמר רבי אלעזר
: את
רבי יוחנן חזאי בחלמא
, והבנתי ד
מילתא מעליא אמינא
[ראיתי בחלום את רבי יוחנן, והבנתי שהיום אומר דבר טוב]. וכך אני אומר:
אמר קרא
"
תעשה
לשורך" ללמד, ש
בשעת עשייה מיעט הכתוב
.
איתיביה רבי שמעון בן אליקים לרבי אלעזר
, מהא דתניא:
הלקוח חל על מחוסר זמן
. כלומר, אף אם קנה את הבהמה קודם יום השמיני שהיא מחוסרת זמן להקרבה, הרי הלקיחה פוטרת אותה. הרי מבואר, שלקוח פוטר גם קודם שהוא ראוי להתעשר, שהרי מחוסר זמן אינו ראוי להתעשר, כמבואר במשנה לקמן נז א!?
אמר ליה
רבי אלעזר לרבי שמעון בן אליקים:
זו
ברייתא זו
אינה משנה
.
כלומר, אינה עיקר.
ואם תמצא לומר משנה, רבי שמעון בן יהודה היא
.
דתניא: רבי שמעון בן יהודה אומר משום רבי שמעון: מחוסר זמן
אף שאינו ראוי להקרבה - הרי הוא
נכנס לדיר להתעשר
,
והרי הוא כבכור, מה בכור קדוש לפני זמנו
שנראה להקרבה, שהרי מרחם הוא קדוש,
וקרב לאחר זמנו
[לאחר יום השמיני].
אף מחוסר זמן
. כלומר, אף מעשר בהמה:
קדוש לפני זמנו וקרב לאחר זמנו
.
לקמן נז א מבואר, שאתנן זונה אם כי אסור הוא בהקרבה, הרי הוא נכנס לדיר להתעשר. ודינו: אם יצא בעשירי יאכל במומו לבעלים, ואם יצא אחר בעשירי יקריב את העשירי.
תני תנא
ברייתא
קמיה דרב: איזהו אתנן
שאמרו עליו
ש
הוא
נכנס לדיר להתעשר?
כל שנתנו לה
באתננה,
וחזר ולקחו
[הוא או אחר]
הימנה
, וכפי שמבארת הגמרא בהמשך, שאם האתנן עדיין ביד הזונה, לא שייך לדון שייכנס לדיר להתעשר.
והקשה מי שהקשה:
והא איפסיל ליה בלקוח
. כלומר, אף שמחמת שם אתנן הרי הוא נכנס להתעשר, מכל מקום ייפטר משום לקוח!? ואומרת על כך הגמרא:
אישתמיטתיה
לאותו מקשן
הא דאמר רבי אסי אמר רבי יוחנן: לקח עשרה עוברין במעי אמן כולם נכנסין לדיר להתעשר
. ואם כן, משכחת לה אתנן שניקח על ידי הבועל ולא נפטר משום לקוח, באתנן עובר, שחזר ולקחו הבועל כשעדיין עובר הוא.
Traduction française
De même que tes fils ne sont ni acquis ni reçus en don :
car il ne peut y avoir à leur égard ni acquisition ni don, mais ils sont nés chez lui,
de même ton bœuf —
en ce qui concerne le maasser du bétail —
n’est ni acquis ni reçu en don.
Et nous objectons :
et
voici que
ce
verset
concerne le premier-né
du bétail, puisqu’il est
écrit, et non le maasser du bétail !?
Et nous répondons :
voici que
le verset dit : «
Tu feras
pour ton bœuf », ce qui signifie que sa sainteté vient par un acte.
Et si cela ne concerne pas le premier-né, qui
n’est
pas soumis à une constitution
[n’est pas soumis à une constitution],
car il est saint dès le sein maternel
de lui-même et n’a pas besoin d’être consacré,
applique-le au maasser du bétail,
afin de lui enseigner qu’il n’est ni acquis ni reçu en don.
Et nous objectons : d’où sait-on que le verset vient enseigner, par le principe de « si cela ne concerne pas », quelque chose au sujet du maasser du bétail ?
Dis plutôt : applique-le au sacrifice expiatoire et au sacrifice de culpabilité,
pour enseigner que celui qui est redevable d’un sacrifice expiatoire ou d’un sacrifice de culpabilité n’en apporte pas un acquis ou reçu en don, mais seulement des bêtes nées dans son troupeau !?
Et nous répondons : le sens du verset est : « Ton bœuf et ton petit bétail »
à l’image de ton fils
« tes fils »,
de même que ton fils ne vient pas à cause d’une faute, de même ton petit bétail et ton bœuf ne viennent pas à cause d’une faute,
et nécessairement le verset vient enseigner au sujet du maasser du bétail.
Et nous objectons encore :
Dis plutôt : applique-le à l’holocauste et aux sacrifices rémunératoires,
qui sont volontaires, et non au maasser du bétail !?
Et nous répondons : nous avons besoin que ce soit
à l’image de ton fils ; de même que ton fils
est
requis
pour lui,
et n’est pas
un vœu ou un don volontaire, de même ton petit bétail et ton bœuf
concernent une chose qui ne vient pas par vœu ou don volontaire, à savoir le maasser du bétail.
Et nous objectons encore :
Dis plutôt : applique-le à l’holocauste de comparution
[qu’il est tenu d’apporter lorsqu’il se présente dans le parvis pendant les fêtes], puisqu’il y est tenu et qu’il ne vient pas par vœu ou don volontaire !?
Et nous répondons : nous avons besoin que ce soit
à l’image de ton fils ; de même que ton fils n’a pas de moment fixé
pour sa sainteté, puisqu’il est saint dès l’instant où il naît,
de même ton bœuf et ton petit bétail n’ont pas de moment fixé,
alors que l’holocauste de comparution a un moment fixé, lors des fêtes.
Nous objectons encore :
si, de même que ton fils n’est absolument pas acquis,
puisqu’il ne peut faire l’objet d’une acquisition,
de même ton bœuf et ton petit bétail ne sont absolument pas acquis,
et
pourquoi donc
[pourquoi]
Rabbi Assi a dit au nom de Rabbi Yo’hanan :
Celui qui a acheté dix fœtus dans le ventre de leur mère,
avant qu’ils ne soient aptes au maasser du bétail,
entrent tous dans l’enclos pour être soumis au maasser !?
Il a dit,
a expliqué
Rava :
C’est parce que
le verset dit : «
Tu feras
pour ton bœuf », ce qui signifie :
au moment de la constitution
[au moment où il est apte à la constitution, c’est-à-dire à être soumis au maasser],
le verset a exclu,
mais, dans le ventre de leur mère, alors qu’ils ne sont pas encore aptes à entrer dans l’enclos pour être soumis au maasser, l’acquisition ou le don ne les en exempte pas.
Le corps de la question : Rabbi Assi a dit au nom de Rabbi Yo’hanan : “Celui qui a acheté dix fœtus dans le ventre de leur mère, tous entrent dans l’enclos pour être soumis au maasser.”
Et nous objectons :
mais nous avons appris
dans notre Michna :
“Celui qui est acquis ou lui a été donné en don est exempt du maasser du bétail !?”
Rabbi Elazar a dit :
J’ai
vu Rabbi Yo’hanan en rêve,
et j’ai compris que
je dirais une bonne parole [j’ai vu Rabbi Yo’hanan en rêve et j’ai compris qu’aujourd’hui je dirais une bonne chose].
Et voici ce que je dis :
le verset dit : «
Tu feras
pour ton bœuf », pour enseigner que
le verset a exclu au moment de la constitution.
Rabbi Chim’on ben Elyakim a objecté à Rabbi Elazar,
à partir de ce qui est enseigné :
L’acquisition s’applique à celui qui n’a pas encore atteint le délai requis.
C’est-à-dire : même s’il a acheté l’animal avant le huitième jour, alors qu’il n’est pas encore apte à être offert, l’acquisition l’en exempte. Il ressort donc que l’acquisition exempte même avant qu’il ne soit apte à être soumis au maasser, puisque celui qui n’a pas encore atteint le délai requis n’est pas apte à être soumis au maasser, comme cela est expliqué dans la Michna plus loin, 57a !?
Il lui dit,
Rabbi Elazar à Rabbi Chim’on ben Elyakim :
celle-ci —
cette baraïta —
n’est pas une Michna.
C’est-à-dire qu’elle n’est pas l’enseignement principal.
Et si tu veux dire que c’est une Michna, elle est l’opinion de Rabbi Chim’on ben Yehouda.
Car il est enseigné : Rabbi Chim’on ben Yehouda dit au nom de Rabbi Chim’on : celui qui n’a pas encore atteint le délai requis —
bien qu’il ne soit pas apte à être offert —
entre dans l’enclos pour être soumis au maasser,
et il est comme le premier-né : de même que le premier-né est saint avant son moment
où il devient apte à être offert, puisqu’il est saint dès le sein maternel,
et est offert après son moment
[après le huitième jour],
de même celui qui n’a pas encore atteint le délai requis.
C’est-à-dire, même le maasser du bétail :
il est saint avant son moment et est offert après son moment.
Plus loin, 57a, il est expliqué que l’animal donné comme salaire d’une prostituée, bien qu’il soit interdit à l’offrande, entre dans l’enclos pour être soumis au maasser. Sa règle est la suivante : s’il sort en dixième position, il sera mangé par ses propriétaires avec son défaut ; si un autre sort en dixième position, celui qui est sorti en dixième sera offert.
Un tan(n)ay enseigna
une baraïta
devant Rav : “Quel est le salaire d’une prostituée
dont on a dit
qu’
il
entre dans l’enclos pour être soumis au maasser ?”
Tout ce qu’on lui a donné
comme salaire,
et qu’il a ensuite racheté
[lui-même ou un autre]
d’auprès d’elle,
comme la Guemara l’expliquera plus loin : si le salaire est encore entre les mains de la prostituée, il n’y a pas lieu de discuter de son entrée dans l’enclos pour être soumis au maasser.
Quelqu’un objecta :
mais il a été disqualifié en tant qu’acquis.
C’est-à-dire que, bien qu’en raison de son statut de salaire d’une prostituée il entre dans l’enclos pour être soumis au maasser, il reste néanmoins exempt en tant qu’acquis !? À ce propos, la Guemara dit :
cela a échappé à sa mémoire,
à cet objecteur,
ce que Rabbi Assi a dit au nom de Rabbi Yo’hanan : “Celui qui a acheté dix fœtus dans le ventre de leur mère, tous entrent dans l’enclos pour être soumis au maasser.”
Ainsi, il est possible de trouver un salaire de prostituée acquis par le fornicateur, qui ne soit pas exempt en tant qu’acquis : il s’agit du salaire constitué par un fœtus, que le fornicateur a ensuite racheté alors qu’il était encore un fœtus.