Version texte de ce daf : original et traduction
Békhorot 17b (יז:) — le Talmud en français
Békhorot 17b (בכורות יז:): Et il est tenu — le second, que l’Israélite a pris, — par les dons de la prêtrise [l’épaule, les mâchoires et l’estomac]. Quant à ce que le prêtre a pris, il n’est pas tenu…
Texte original — Békhorot 17b (יז:)
וחייב
השני שנטל הישראל -
במתנות
כהונה [זרוע לחיים וקיבה]. ואילו מה שנטל הכהן אינו חייב במתנות, שאין כהן חייב במתנות.
ורבי יוסי פוטר
אף את הישראל ממתנות כהונה, וטעמם יבואר בגמרא.
ואם
מת אחד מהן
:
רבי טרפון אומר: יחלוקו
.
רבי עקיבא אומר
: יהיה ביד הישראל [וירעה עד שיסתאב ויאכלנו במומו], כי
המוציא מחבירו עליו הראיה
, ולכן הכהן שבא להוציא יביא ראיה. ובגמרא יתבאר באיזה אופן נחלקו, וטעמיהם.
ואם ילדה
זכר ונקבה
ויצאו שני ראשיהן כאחד, כיון דאי אפשר לצמצם, הרי אפשר שיצאה הנקבה תחילה, ו
אין כאן לכהן כלום
, כי המוציא מחבירו עליו הראיה.
גמרא:
אמרי דבי רבי ינאי
:
לרבי יוסי הגלילי שמעינן ליה
במשנתנו
דאמר: אפשר לצמצם בידי שמים
. כלומר, אף דבר שלא נעשה בכוונה לצמצם ולדייק, וכגון שנעשה על ידי שמים - וכמשנתנו בלידת שני זכרים - או על ידי אדם שלא במטרה לצמצם, כיון שנראה לנו צמצום ודיוק, אומרים אנו שאכן מצומצם ומדויק הוא -
וכל שכן
שאפשר לצמצם
בידי אדם
, היינו כשמלכתחילה נעשה דבר במטרה לצמצם ולדייק, פשיטא לשיטת רבי יוסי שאם נראה לנו צמצום ודיוק תולים אנו שאכן מצומצם ומדויק הוא, שהרי נתכוונו לכך.
ורבנן
שמעינן להו במשנתנו דסברי:
בידי שמים
כלידת שני זכרים, שלא נתכוין לצמצם -
אי אפשר לצמצם
. ומיהו יש להסתפק לשיטתם:
בידי אדם
שנתכוין לצמצם ולדייק ונמצא מצומצם ומדויק
מאי
, האם נוקטים אנו שאכן מצומצם ומדויק הוא?
תא שמע
:
חוט של סיקרא
[צבוע אדום] היה
חוגרו
למזבח
באמצע
, כדי
להבדיל בין דמים העליונים
היינו דם שדינו להיזרק למעלה מחציו של מזבח,
ובין דמים התחתונים
, היינו דם שדינו להיזרק מחצי מזבח ולמטה, ואותו חוט היה נתון באמצע המזבח כדי שידע הכהן היכן לזרוק.
ואי אמרת אי אפשר לצמצם
אפילו
בידי אדם
, אם כן, אף שבשעת נתינת החוט נתכוונו לצמצם ולדייק לאמצעו של מזבח, נוקטים אנו שלא צמצמו ודייקו,
ו
נמצא ד
זמנין דקא יהיב
הכהן דמים
עליונים למטה
מחצי המזבח, כי אף שהוא נותן למעלה מן החוט, שמא החוט אינו באמצעו אלא למטה מחציו,
ו
זמנין דקא יהיב הכהן דמים
תחתונים למעלה
, כי שמא החוט למעלה מחציו. אלא בהכרח שאם נתכוונו לצמצם ולדייק אכן כך הוא אפילו לרבנן.
ודחינן:
דמרווח בה פורתא
. כלומר, אינו נותן חוט דק אלא חוט רחב, באופן שאף אם אינו מדייק, הרי למעלה מן החוט ודאי חצי עליון הוא, ולמטה ממנו חצי תחתון הוא.
תא שמע ממידת כלים
של המשכן והמקדש
וממידת מזבח
, שאם אתה אומר אי אפשר לצמצם אפילו כשמתכוונים לדייק במידה, לא יכשרו הכלים והמזבח כי הרי יש שיעור מדויק לכל מדותם.
ודחינן:
שאני התם דאמר רחמנא
"
עביד
" [עשה מידה זאת או זאת],
ובכל היכי דמצית למיעבד ניחא ליה
[וככל שתעשה יכשר], ואף אם אינו מדויק ממש אלא שכך נראה בעינינו - כשר.
אמר רב קטינא: תא שמע
:
תנור של חרס טמא ששברו וחילקו, הרי אותו חלק שבו רובו של כלי הרי הוא בטומאתו, ואילו החלק השני טהור.
חילקו
לתנור טמא של חרס
לשנים, והן
[שני החלקים]
שוין, שניהם טמאים, לפי שאי אפשר לצמצם
ואחד מהם הוא רובו של הכלי שעדיין טמא הוא, וכיון שאין אנו יודעים איזה הוא שניהם טמאים. הרי מוכח שאפילו כשמתכוונים לצמצם ולדייק אנו נוקטים שאינו מדויק ומצומצם, שאם לא כן היה לנו לטהר את שניהם כיון שאין באחד מהם רובו של כלי.
אמר
דחה
רב כהנא: שאני כלי חרס הואיל ויש בו גומות
, שאינו נחלק בשוה, אלא כששוברין אותו, חתיכות בולטות בו ועושה בזה גומא וכן במקומות הרבה, והילכך אי אפשר לשער אותן בליטות.
תא שמע
:
נמצא הרוג ואין יודעים מי הרגו, בית הדין מודדים אל העיר הקרובה ביותר אל החלל, והיא מביאה עגלה שעורפים אותה בנחל כדי לכפר עליהם.
נמצא
ההרוג
מכוון בין שתי עיירות
[במרחק שוה לשתי עיירות שמצידי מקום המצאו], הרי
שתיהן מביאין שתי עגלות
ערופות -
דברי רבי אליעזר
.
והרי
מאי טעמא
דרבי אליעזר? וכי
לאו משום דקסבר
כחכמים שאי אפשר לצמצם, אלא שמכל מקום
בידי אדם
היינו כשמודדים בית דין -
אפשר לצמצם, ו
כשאמרה תורה [דברים כא"והיה העיר ה
קרובה
אל החלל, ולקחו זקני העיר ההיא עגלת בקר" היינו:
ואפילו
אם יש שתי ערים
קרובות
יביאו שתיהן עגלה, הרי שמודה הסובר שאי אפשר לצמצם, שבידי אדם אפשר לצמצם.
ודחינן:
לא
כאשר פירשת בדעת רבי אליעזר שהוא סובר כחכמים דמשנתנו שאי אפשר לצמצם, אלא:
Traduction française
Et il est tenu —
le second, que l’Israélite a pris, —
par les dons
de la prêtrise [l’épaule, les mâchoires et l’estomac]. Quant à ce que le prêtre a pris, il n’est pas tenu de donner les dons, car un prêtre n’est pas tenu de donner les dons.
Et Rabbi Yossi dispense
même l’Israélite des dons de la prêtrise ; leur raison sera exposée dans la Guemara.
Et si
l’un d’eux meurt :
Rabbi Tarfon dit : « Ils partageront. »
Rabbi Akiva dit :
il restera entre les mains de l’Israélite [et il le fera paître jusqu’à ce qu’il contracte un défaut, puis il le mangera avec son défaut], car
celui qui veut retirer quelque chose à son prochain, c’est à lui qu’incombe la preuve ;
c’est pourquoi le prêtre qui vient le lui retirer devra apporter une preuve. Dans la Guemara, il sera expliqué de quelle manière ils divergent, ainsi que leurs raisons.
Et si elle met au monde
un mâle et une femelle
et que leurs deux têtes sortent en même temps, puisque l’on ne peut pas être absolument précis, il est possible que la femelle soit sortie la première, et
le prêtre n’a ici aucun droit ;
car celui qui veut retirer quelque chose à son prochain, c’est à lui qu’incombe la preuve.
Guemara :
Les Sages de l’école de Rabbi ינאי disent :
Nous entendons de Rabbi Yossi le Galiléen,
dans notre Michna,
qu’il dit : « Il est possible d’être absolument précis par l’action du Ciel. »
C’est-à-dire : même une chose qui n’a pas été faite dans l’intention d’être précise et exacte, comme lorsqu’elle est produite par l’action du Ciel — ainsi que dans notre Michna, pour la naissance de deux mâles —, ou par un homme sans intention d’être précis, dès lors qu’une précision et une exactitude nous apparaissent, nous disons qu’elle est effectivement précise et exacte —
et à plus forte raison
qu’il est possible d’être absolument précis
par l’action de l’homme,
c’est-à-dire lorsque, dès le départ, la chose a été faite dans l’intention d’être précise et exacte : il est évident, selon Rabbi Yossi, que si une précision et une exactitude nous apparaissent, nous considérons qu’elle est effectivement précise et exacte, puisqu’on l’a voulu ainsi.
Et les Sages,
nous entendons d’eux dans notre Michna qu’ils soutiennent :
par l’action du Ciel —
comme pour la naissance de deux mâles, où l’on n’a pas eu l’intention d’être précis —
il est impossible d’être absolument précis.
Il faut toutefois s’interroger selon leur méthode :
par l’action de l’homme,
lorsqu’il a eu l’intention d’être précis et exact et que la chose se trouve précise et exacte,
qu’en est-il ?
Considérons-nous qu’elle est effectivement précise et exacte ?
Viens entendre :
Un fil de sékra [
qui était] teint en rouge
ceignait
l’autel
au milieu,
afin de
séparer les sangs supérieurs,
c’est-à-dire le sang qu’il est prescrit de jeter au-dessus de la moitié de l’autel,
des sangs inférieurs,
c’est-à-dire le sang qu’il est prescrit de jeter depuis la moitié de l’autel et en dessous ; et ce fil était placé au milieu de l’autel afin que le prêtre sache où jeter.
Et si tu dis qu’il est impossible d’être absolument précis,
même
par l’action de l’homme,
alors, bien qu’au moment de placer le fil on ait eu l’intention d’être précis et exact jusqu’au milieu de l’autel, nous considérons qu’ils ne l’ont pas placé avec précision et exactitude,
et
il se trouve que
parfois il donne
le sang
supérieur en dessous,
de la moitié de l’autel, car, bien qu’il donne au-dessus du fil, il se peut que le fil ne soit pas au milieu, mais en dessous de la moitié ;
et
parfois le prêtre donne le sang
inférieur au-dessus,
car il se peut que le fil soit au-dessus de la moitié. Mais nécessairement, si l’on a eu l’intention d’être précis et exact, il en est effectivement ainsi, même selon les Sages.
Et nous repoussons :
il est élargi quelque peu.
C’est-à-dire qu’il ne place pas un fil fin, mais un fil large, de sorte que, même s’il n’est pas parfaitement précis, au-dessus du fil se trouve certainement la moitié supérieure, et en dessous de lui la moitié inférieure.
Viens entendre à partir de la mesure des ustensiles
du Tabernacle et du Temple,
et à partir de la mesure de l’autel :
si tu dis qu’il est impossible d’être absolument précis même lorsqu’on a l’intention d’être exact dans la mesure, les ustensiles et l’autel ne seraient pas valables, puisque toutes leurs dimensions ont une mesure précise.
Et nous repoussons :
là-bas, le Miséricordieux a dit
« fais-le » [
fais cette mesure-ci ou celle-là],
et toute manière dont tu peux le faire lui convient [
et quelle que soit la manière dont tu le fais, il sera valable] ; même si ce n’est pas véritablement précis, mais que cela apparaît ainsi à nos yeux, c’est valable.
Rav Ketina dit : « Viens entendre » :
Un four de terre impur qu’on a brisé et partagé : la partie qui contient la plus grande partie de l’ustensile reste dans son impureté, tandis que l’autre partie est pure.
S’il l’a partagé
— le four de terre impur —
en deux, et qu’elles soient [
les deux parties]
égales, toutes deux sont impures, puisqu’il est impossible d’être absolument précis
et que l’une d’elles constitue la plus grande partie de l’ustensile, qui est encore impure ; mais puisque nous ne savons pas laquelle, toutes deux sont impures. Il est donc prouvé que même lorsqu’on a l’intention d’être précis et exact, nous considérons que la chose n’est pas précise et exacte ; sinon, nous aurions dû déclarer les deux parties pures, puisque aucune d’elles ne contient la plus grande partie de l’ustensile.
Il dit
— il réfuta —
Rav Kahana : « Le cas de l’ustensile de terre est différent, puisqu’il comporte des cavités »,
et qu’il ne se partage pas également : lorsqu’on le brise, des morceaux font saillie et forment ici une cavité, et de même en de nombreux endroits ; il est donc impossible d’évaluer ces saillies.
Viens entendre :
Un homme tué est trouvé, et l’on ne sait pas qui l’a tué ; le tribunal mesure jusqu’à la ville la plus proche du cadavre, et celle-ci apporte une génisse dont on brise la nuque dans un ravin afin d’obtenir l’expiation pour ses habitants.
Si le cadavre est trouvé
entre les deux villes
exactement à égale distance de deux villes [
à distance égale des deux villes situées de part et d’autre du lieu où il a été trouvé], alors
toutes deux apportent deux génisses
dont on brise la nuque —
telles sont les paroles de Rabbi Éliézer.
Or
quelle est la raison
de Rabbi Éliézer ? Et n’est-ce pas
parce qu’il soutient
comme les Sages, qu’il est impossible d’être absolument précis, mais que, malgré tout,
par l’action de l’homme —
c’est-à-dire lorsque le tribunal mesure —
il est possible d’être absolument précis, et
lorsque la Torah dit [Deutéronome 21 : « La ville la plus
proche
du cadavre ; les anciens de cette ville prendront une génisse »], cela signifie :
même
s’il y a deux villes
proches,
toutes deux apporteront une génisse ? Il ressort donc que celui qui soutient qu’il est impossible d’être absolument précis reconnaît que, par l’action de l’homme, il est possible de l’être.
Et nous repoussons :
non,
ce n’est pas comme tu l’as expliqué au sujet de Rabbi Éliézer, à savoir qu’il soutient comme les Sages de notre Michna qu’il est impossible d’être absolument précis, mais :