Version texte de ce daf : original et traduction

Beitsa 21b (כא:) — le Talmud en français

Beitsa 21b (ביצה כא:): L’Écriture dit : « pour vous » — - et non pour les chiens. Telles sont les paroles de Rabbi Yossi ha-Galili. Rabbi Akiva dit : même l’âme d’une bête est comprise. Si tel est le…

Texte original — Beitsa 21b (כא:)

תלמוד לומר

:

לכם

-

ולא לכלבים. דברי רבי יוסי הגלילי.

רבי עקיבא אומר: אפילו נפש בהמה במשמע.

אם כן, מה תלמוד לומר לכם?

-

לכם ולא לנכרים.

ומה ראית לרבות את הכלבים ולהוציא את הנכרים?

מרבה אני את הכלבים

לפי

שמזונותן עליך,

ומוציא אני את הנכרים

-

שאין מזונותן עליך.

אמר ליה אביי לרב יוסף: ולרבי יוסי הגלילי, דאמר "לכם" ולא לכלבים

-

הני סופלי לחיותא

, גרעיני תמרים שאנו נוהגים להאכיל לבהמות,

היכי שדינן להו ביום טוב

, והרי הם מוקצה, כיון שאינן ראויים אפילו למאכל בהמה ביום טוב!?

אמר ליה: הואיל וחזו

הגרעינים הללו

להסקה.

תינח ביבישתא

בגרעינים יבשים, -

ברטיבתא מאי איכא למימר?

אמר ליה: חזו להיסק גדול.

תינח ביום טוב

שמותר בהיסק -

בשבת מאי איכא למימר?

מטלטלינן להו אגב ריפתא,

על גבי לחם,

כדשמואל.

ואין לאסור זאת מחמת זלזול בלחם, לפי מה

דאמר שמואל: עושה אדם כל צרכו בפת.

ופליגא

רב הונא האומר [בעמוד הקודם] שאם אפשר לתת לחם אחד לתינוק מותר לאפות לנכרים,

דרבי יהושע בן לוי

.

דאמר רבי יהושע בן לוי: מזמנין את הנכרי בשבת, ואין מזמנין את הנכרי ביום טוב, גזרה שמא ירבה בשבילו.

רב אחא בר יעקב אמר: אפילו בשבת נמי לא, משום שיורי כוסות

ממה שישתה שהן מוקצה.

ופרכינן:

אי הכי

, שיורי כוסות

דידן נמי

מוקצה מחמת מיאוס הם.

ומשנינן: שיורי כוסות

דידן

-

חזו לתרנגולין.

ופרכינן: שיורי כוסות

דידהו

-

נמי חזו לתרנגולין!

ומשנינן: שיורי כוסות של יין

דידהו איסורי הנאה נינהו.

ופרכינן:

ולטלטלינהו

לשיורי הכוסות

אגב כסא,

כוס היין.

מי לא אמר רבא: מטלטלין כנונא

מחתה של גחלים

אגב קטמיה

האפר שלה כשהטא מיועד לכסות בו,

אף על גב דאיכא עליה שברי עצים

שהם מוקצה!

ומשנינן:

התם

השברי עצים

לאו איסורי הנאה נינהו, הכא

בשיורי כוס נכרי -

איסורי הנאה נינהו

, והמוקצה שלהם יותר חמור.

אמר ליה רב אחא מדפתי לרבינא: ולהוי

האי מוקצה

כגרף של רעי

, ככלי מלא צואה, שמותר להוציאו.

אמר ליה: וכי עושין גרף של רעי לכתחלה!?

וכאן המדובר שאסור להזמינו לכתחילה.

אדבריה

הוליך

רבא למר שמואל, ודרש

:

מזמנין את הנכרי בשבת, ואין מזמנין את הנכרי ביום טוב, גזרה שמא ירבה בשבילו.

מרימר ומר זוטרא כי הוה מקלע להו נכרי ביום טוב אמרו ליה: אי ניחא לך במאי דטריחא לן

-

מוטב

.

ואי לא

-

טרחא יתירא אדעתא דידך לא טרחי נן.

מתניתין:

א.

בית שמאי אומרים: לא יחם אדם חמין ל

רחיצת

רגליו

ביום טוב,

אלא אם כן ראויין לש תיה,

ובית הלל מתירין.

ב.

עושה אדם מדורה ומתחמם כנגדה

.

גמרא:

איבעיא להו: האי מדורה

-

מאן קתני לה?

האם

דברי הכל היא, ושני להו לבית שמאי בין הנאת כל גופו להנאת אבר אחד

.

או דלמא, בית הלל קתני לה, אבל בית שמאי לא שני להו!

תא שמע: בית שמאי אומרים: לא יעשה אדם מדורה ויתחמם כנגדה, ובית הלל מתירין.

מתניתין:

ב

שלשה דברים

היה

רבן גמליאל מחמיר כדברי בית שמאי

:

א.

אין טומנין את החמין לכתחלה ביום טוב

, לפי שנראה שמכינם לצורך שבת, שהרי ביום טוב אין טומנים.

ב.

ואין זוקפין את המנורה ביום טוב

.

ג.

ואין אופין פתין גריצין

עבים שיש בהם טירחה,

אלא

רק

רקיקין

דקים.

אמר רבן גמליאל: מימיהן של בית אבא לא היו אופין פתין גריצין אלא רקיקין.

אמרו לו: מה נעשה לבית אביך, שהיו מחמירין על עצמן, ומקילין לכל ישראל להיות אופין פתין גריצין וחררין.

גמרא:

היכי דמי?

אי דאנח עירובי תבשילין

-

מאי טעמא דבית שמאי?

ואי דלא אנח עירובי תבשילין

-

מאי טעמא דבית הלל?

אמר רב הונא: לעולם, אימא לך שלא הניח עירובי תבשילין. וכדי חייו שרו ליה רבנן.

. ונחלקו בהטמנה.

ורב הונא לטעמיה, דאמר רב הונא: מי שלא הניח עירובי תבשילין אופין לו פת אחת,

Traduction française

L’Écriture dit :

« pour vous » —

et non pour les chiens. Telles sont les paroles de Rabbi Yossi ha-Galili.

Rabbi Akiva dit : même l’âme d’une bête est comprise.

Si tel est le cas, que vient enseigner « pour vous » ? —

Pour vous, et non pour les non-Juifs.

Et qu’as-tu vu pour inclure les chiens et exclure les non-Juifs ?

J’inclus les chiens

selon ce principe que

leur nourriture dépend de toi,

et j’exclus les non-Juifs —

car leur nourriture ne dépend pas de toi.

Abbayé dit à Rav Yossef : et selon Rabbi Yossi ha-Galili, qui dit : « pour vous », et non pour les chiens —

ces noyaux pour les animaux,

les noyaux de dattes que nous avons coutume de donner à manger aux bêtes,

comment les jetons-nous pendant un jour de fête,

alors qu’ils sont mouktsé, puisqu’ils ne sont même pas propres à servir de nourriture aux bêtes pendant un jour de fête !?

Il lui dit : puisqu’ils sont propres

ces noyaux

à servir de combustible.

Cela va pour les noyaux secs,

pour les noyaux secs —

mais pour les noyaux humides, que peut-on dire ?

Il lui dit : ils sont propres à un grand feu.

Cela va pour un jour de fête,

où il est permis de faire du feu —

mais le Chabbat, que peut-on dire ?

Nous les déplaçons avec le pain,

sur le pain,

conformément à l’enseignement de Chmouel.

Et il n’y a pas lieu de l’interdire en raison du mépris du pain, selon ce

que Chmouel a dit : l’homme peut faire avec le pain tout ce dont il a besoin.

C’est en désaccord

avec Rav Houna, qui dit [à la page précédente] que s’il est possible de donner un pain à un enfant, il est permis de cuire pour des non-Juifs,

avec Rabbi Yéhochoua ben Lévi.

Car Rabbi Yéhochoua ben Lévi a dit : on invite le non-Juif à manger le Chabbat, mais on ne l’invite pas à manger un jour de fête, de peur que l’on n’augmente la quantité pour lui.

Rav A’ha bar Yaakov dit : même le Chabbat également, non, à cause des restes de coupes,

de ce qu’il boira, lesquels sont mouktsé.

Et nous objectons :

si tel est le cas,

les restes de coupes

qui sont à nous également

sont mouktsé en raison de leur répugnance.

Et nous répondons : les restes de coupes

qui sont à nous —

sont propres à servir aux poules.

Et nous objectons : les restes de coupes

qui sont à eux —

sont eux aussi propres à servir aux poules !

Et nous répondons : les restes de coupes de vin

qui sont à eux sont interdits au bénéfice.

Et nous objectons :

et pour les déplacer,

les restes des coupes,

avec la coupe,

la coupe de vin.

Rava n’a-t-il pas dit : on déplace la kanouna,

le brasero de braises,

avec ses cendres,

sa cendre lorsqu’elle est destinée à couvrir avec elle,

bien qu’il y ait sur elle des morceaux de bois,

qui sont mouktsé !

Et nous répondons :

là-bas,

les morceaux de bois

ne sont pas interdits au bénéfice ; ici,

pour les restes de la coupe du non-Juif,

ils sont interdits au bénéfice,

et leur statut de mouktsé est plus grave.

Rav A’ha de Difti dit à Ravina : que ce

mouktsé

soit comme un récipient d’excréments,

comme un récipient rempli d’excréments, qu’il est permis de sortir.

Il lui dit : et fait-on donc a priori un récipient d’excréments !?

Or, ici, il s’agit d’un cas où il est interdit de l’y destiner a priori.

Il fit conduire

conduisit

Rava Mar Chmouel et enseigna :

On invite le non-Juif à manger le Chabbat, mais on ne l’invite pas à manger un jour de fête, de peur que l’on n’augmente la quantité pour lui.

Lorsque Mérimar et Mar Zoutra recevaient un non-Juif un jour de fête, ils lui disaient : si ce qui nous a demandé du labeur te convient —

tant mieux.

Et sinon —

nous ne nous sommes pas donné une peine supplémentaire à ton intention.

Michna :

a.

Beit Chammaï disent : un homme ne doit pas chauffer de l’eau pour

le lavage de

ses pieds

pendant un jour de fête,

à moins qu’elle ne soit propre à la boisson,

et Beit Hillel permettent.

b.

Un homme fait un feu et se chauffe devant lui.

Guemara :

Ils posèrent la question : ce feu —

qui l’enseigne ?

Est-ce que

cela est l’opinion de tous, et qu’ils établissent pour Beit Chammaï une distinction entre le profit de tout son corps et le profit d’un seul membre ?

Ou bien est-ce Beit Hillel qui l’enseigne, mais Beit Chammaï ne font-ils pas cette distinction !

Viens entendre : Beit Chammaï disent : un homme ne fera pas un feu et ne se chauffera pas devant lui ; et Beit Hillel permettent.

Michna :

b.

Trois choses

que

Rabban Gamliel rendait rigoureuses conformément aux paroles de Beit Chammaï :

a.

On ne recouvre pas a priori l’eau chaude pendant un jour de fête,

car cela donne l’apparence qu’on la prépare pour le besoin du Chabbat, puisque pendant un jour de fête on ne recouvre pas.

b.

On ne redresse pas le candélabre pendant un jour de fête.

c.

On ne cuit pas de pains épais,

qui demandent du labeur,

mais

seulement

des pains minces,

fins.

Rabban Gamliel dit : jamais, dans la maison de mon père, on ne cuisait de pains épais, mais seulement des pains minces.

Ils lui dirent : que ferons-nous de la maison de ton père, qui se montrait rigoureuse pour elle-même, et permettait à tout Israël de cuire des pains épais et des galettes ?

Guemara :

De quel cas s’agit-il ?

S’il n’a pas déposé l’érouv tavchiline —

quelle est la raison de Beit Chammaï ?

Et s’il n’a pas déposé l’érouv tavchiline —

quelle est la raison de Beit Hillel ?

Rav Houna dit : en réalité, je te dirai qu’il n’a pas déposé l’érouv tavchiline. Et les Sages lui ont permis ce qui est nécessaire à sa subsistance.

Et ils sont en désaccord au sujet du fait de recouvrir.

Et Rav Houna est cohérent avec son opinion, car Rav Houna a dit : celui qui n’a pas déposé l’érouv tavchiline peut-on lui cuire un seul pain,

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