Version texte de ce daf : original et traduction
Beitsa 18a (יח.) — le Talmud en français
Beitsa 18a (ביצה יח.): Rabba a dit : décret d’ordre rabbinique, jusqu’au mikvé. Abayé lui dit : il a une fosse dans sa cour — - que peut-on dire ? Il lui dit : décret concernant une fosse dans sa…
Texte original — Beitsa 18a (יח.)
אמר רבה: גזרה
מדרבנן,
שמא יטלנו בידו, ויעבירנו ארבע אמות ברשות הרבים
אל המקוה.
אמר ליה אביי: יש לו בור בחצירו
-
מאי איכא למימר?
אמר ליה: גזירה בור בחצרו
-
אטו בור ברשות הרבים.
התינח שבת, ביום טוב
שאין איסור הוצאה בדבר שהוא לצורך היום -
מאי איכא למימר?
ומשנינן:
גזרו יום טוב אטו שבת.
ומי גזרינן?
והא תנן: ושוין, שמשיקין את המים בכלי אבן לטהרן, אבל לא מטבילין.
ואי איתא
שגוזרים -
נגזור השקה אטו הטבלה!
ומשנינן:
ותסברא, אי אית ליה מים יפים
-
הני
מים
למה לי למעבד להו השקה?
אלא
בהכרח מדובר כאן
דלית ליה
מים יפים.
וכיון דלית ליה
-
מזהר זהיר בהו
ואין צורך לגזור.
איתיביה
מהא דתניא: מערימין ו
מדלין
מים ביום טוב
בדלי טמא, והוא טהור
מאליו.
ואי איתא
שגוזרים,
נגזור דלמא אתי לאטבוליה בעיניה
, ללא שאיבת מים!
ומשנינן:
שאני התם, מתוך שלא הותרה לו
להטבילו
אלא על ידי דליו
-
זכור הוא.
איתיביה: כלי שנטמא מערב יום טוב
-
אין מטבילין אותו ביום טוב,
היות והיה לו להטבילו מבעוד יום.
אבל אם נטמא
ביום טוב
-
מטבילין אותו ביום טוב.
ואם איתא
-
נגזור דיום טוב אטו דערב יום טוב!
ומשנינן:
טומאה ביום טוב מלתא דלא שכיחא היא
, כיון שכולם מטהרים עצמם ערב הרגל.
ומלתא דלא שכיחא
-
לא גזרו בה רבנן.
איתיביה: כלי שנטמא באב הטומאה
, שטומאתו היא מן התורה -
אין מטבילין אותו ביום טוב
.
אבל אם נטמא הכלי
בולד הטומאה
, שטומאתו היא רק מדרבנן [שאין כלי נטמא מן התורה אלא מאב הטומאה] -
מטבילין אותו ביום טוב.
ואם איתא, נגזור הא אטו הא!
ומשנינן: כלי שנטמא ב
ולד הטומאה
והרי הוא שני לטומאה,
היכי משכחת לה
, אצל מי תמצא שיצטרך לטובלו - הלא רק
גבי כהנים
הוא שייך. שהכלי השני מטמא את התרומה שיגע בה לעשותה שלישי לטומאה. אבל בחולין אין הכלי, שהוא שני לטומאה, עושה שלישי לטומאה.
ולכן אין לחשוש, היות ו
כהנים
-
זריזין הם.
תא שמע, דאמר רב חייא בר אשי אמר רב: נדה שאין לה בגדים
טהורים ללבוש אחר שתטהר מטומאתה, ואסור לטבול בגדים ביום טוב, הרי היא
מערמת, וטובלת בבגדיה
, ובאופן שאינם חוצצים, שאינם מהודקים לגופה, והם נטהרים עמה.
ואם איתא
שגוזרים,
נגזור
שלא תטבול בבגדיה
דלמא אתי לאטבולי
לבגדיה
בעינייהו!
ומשנינן:
שאני התם, מתוך שלא הותרה לה
להטבילם
אלא על ידי מלבוש
-
זכורה היא.
וכאן חוזרת הגמרא להסביר מדוע אין להטביל כלים בשבת וביום טוב.
רב יוסף אמר: גזרה משום סחיטה.
אמר ליה אביי: תינח כלים
בגדים
דבני סחיטה נינהו
.
כלים דלאו בני סחיטה נינהו
-
מאי איכא למימר?
אמר ליה: גזרה הני אטו הני.
איתיביה כל הני תיובתא,
דלעיל,
ושני ליה כדשנינן.
רב ביבי אמר
: אין מטבילין ביום טוב ובשבת
גזרה שמא ישהא
את כליו הטמאים להטבילם בזמנו הפנוי ביום טוב ובשבת, ויבוא לידי מכשול בתרומה טמאה.
תניא כוותיה דרב ביבי: כלי שנטמא מערב יום טוב
-
אין מטבילין אותו ביום טוב, גזרה שמא ישהא.
רבא אמר
: אין מטבילין
מפני שנראה כמתקן כלי.
ופרכינן לרבא
אי הכי, אדם נמי
לא יטבול מפני שנראה כמתקן!? ומשנינן:
אדם
-
נראה כמיקר
, כיורד לרחוץ להצטנן.
הא תינח
כשטובל ב
מים יפים
, שפיר נראה אדם כמיקר.
אך אם הוא טובל ב
מים רעים
-
מאי איכא למימר?
Traduction française
Rabba a dit : décret
d’ordre rabbinique,
jusqu’au mikvé.
Abayé lui dit : il a une fosse dans sa cour —
que peut-on dire ?
Il lui dit : décret concernant une fosse dans sa cour —
par rapport à une fosse dans le domaine public.
Cela se comprend pour Chabbat ; le jour de fête
puisqu’il n’y a pas d’interdit de transport pour une chose nécessaire à la journée —
que peut-on dire ?
Et nous répondons :
les Sages ont décrété le jour de fête par rapport à Chabbat.
Et décrète-t-on effectivement [dans un tel cas] ?
Mais n’avons-nous pas appris : « Et ils sont d’accord pour dire que l’on fait toucher les eaux dans un récipient de pierre afin de les purifier, mais que l’on ne les immerge pas » ?
Et s’il en est ainsi
que l’on décrète,
décrétons que le fait de faire toucher les eaux est interdit par rapport à l’immersion !
Et nous répondons :
mais peux-tu le comprendre ainsi ? S’il a de belles eaux —
ces
eaux,
pourquoi devrait-il leur faire toucher les eaux ?
Mais —
il s’agit nécessairement ici de quelqu’un
qui n’a pas
de belles eaux.
Et puisqu’il n’en a pas —
il veille scrupuleusement sur elles
et il n’est pas nécessaire de décréter.
Il lui objecta
à partir de ce qui a été enseigné : on use de stratagèmes et
on puise
de l’eau le jour de fête
avec un seau impur, et lui devient pur
de lui-même.
Et s’il en est ainsi
que l’on décrète,
décrétons de peur qu’il ne vienne à l’immerger lui-même
sans puiser d’eau !
Et nous répondons :
là, c’est différent : puisque son immersion ne lui a été permise
que pour l’immerger
par l’intermédiaire de son seau —
il s’en souvient.
Il lui objecta : « Un récipient qui est devenu impur la veille du jour de fête » —
« on ne l’immerge pas le jour de fête »
puisqu’il aurait dû l’immerger durant la journée précédente.
Mais s’il est devenu impur
le jour de fête —
on l’immerge le jour de fête.
Et s’il en est ainsi —
décrétons que le jour de fête soit interdit par rapport à la veille du jour de fête !
Et nous répondons :
l’impureté le jour de fête est une chose qui ne se présente pas fréquemment,
puisque tous se purifient la veille de la fête.
Et une chose qui ne se présente pas fréquemment —
les Sages n’ont pas décrété à son sujet.
Il lui objecta : « Un récipient qui est devenu impur par un père d’impureté »,
dont l’impureté relève de la Torah —
on ne l’immerge pas le jour de fête.
Mais si le récipient est devenu impur
par un rejeton d’impureté,
dont l’impureté ne relève que des Sages [car un récipient ne devient impur selon la Torah que par un père d’impureté] —
on l’immerge le jour de fête.
Et s’il en est ainsi, décrétons que celui-ci soit interdit par rapport à celui-là !
Et nous répondons : un récipient devenu impur par un
rejeton d’impureté
et qui est donc au deuxième degré d’impureté,
comment le trouve-t-on,
chez qui trouvera-t-on qu’il aura besoin de l’immerger — c’est seulement
chez les cohanim
que cela existe. Car le récipient au deuxième degré rend impure la térouma qu’il touche, la faisant passer au troisième degré d’impureté. Mais pour les חולין, le récipient qui est au deuxième degré d’impureté ne produit pas de troisième degré d’impureté.
Et c’est pourquoi il n’y a pas lieu de craindre, puisque les
cohanim —
sont diligents.
Viens entendre, car Rav Hiya bar Achi a dit au nom de Rav : « Une femme niddah qui n’a pas de vêtements
purs à porter après s’être purifiée de son impureté, et à qui il est interdit d’immerger des vêtements le jour de fête,
use d’un stratagème et s’immerge avec ses vêtements
à condition qu’ils ne constituent pas une séparation, qu’ils ne soient pas serrés contre son corps, et ils deviennent purs avec elle.
Et s’il en est ainsi
que l’on décrète,
décrétons
qu’elle ne s’immerge pas avec ses vêtements,
de peur qu’elle ne vienne à les immerger
à ses vêtements
eux-mêmes !
Et nous répondons :
là, c’est différent : puisque son immersion ne lui a pas été permise
pour les immerger
si ce n’est par l’intermédiaire du vêtement —
elle s’en souvient.
Ici, la Guemara revient expliquer pourquoi on n’immerge pas les récipients le Chabbat et le jour de fête.
Rav Yossef a dit : décret en raison de l’essorage.
Abayé lui dit : cela se comprend pour les récipients,
les vêtements,
qui sont susceptibles d’être essorés.
Les récipients qui ne sont pas susceptibles d’être essorés —
que peut-on dire ?
Il lui dit : décret concernant ceux-ci par rapport à ceux-là.
Il lui objecta toutes ces objections,
ci-dessus,
et il lui répondit comme nous avons répondu.
Rav Bibi a dit :
on n’immerge pas le jour de fête ni le Chabbat,
par décret, de peur qu’il ne tarde
à immerger ses récipients impurs au moment qui lui conviendra, le jour de fête ou le Chabbat, et qu’il n’en vienne à un obstacle avec de la térouma impure.
Il a été enseigné conformément à l’opinion de Rav Bibi : « Un récipient qui est devenu impur la veille du jour de fête » —
« on ne l’immerge pas le jour de fête, par décret, de peur qu’il ne tarde. »
Rava a dit :
on n’immerge pas
parce que cela donne l’apparence de remettre un récipient en état.
Et nous réfutons Rava :
s’il en est ainsi, l’homme non plus
ne devra pas s’immerger, parce que cela donne l’apparence de remettre en état ! Et nous répondons :
l’homme —
donne l’apparence de se rafraîchir,
comme quelqu’un qui descend se laver pour se rafraîchir.
Cela se comprend
lorsqu’il s’immerge dans des
eaux agréables,
car l’homme donne alors effectivement l’apparence de se rafraîchir.
Mais s’il s’immerge dans des
eaux mauvaises —
que peut-on dire ?