Version texte de ce daf : original et traduction

Baba Metsia 50a (נ.) — le Talmud en français

Baba Metsia 50a (בבא מציעא נ.): Deuxième manière, si il lui vendit il vaut six pour cinq, alors qui s'est plaint ? Évidemment, il s'est plaint le vendeur. et donc, la main du vendeur est supérieure…

Texte original — Baba Metsia 50a (נ.)

אופן שני, אם

מכר לו

שוה שש בחמש,

הרי

מי נתאנה?

בודאי שנתאנה

מוכר.

ולכן,

יד מוכר על העליונה

:

רצה

המוכר לבטל את המקח,

אומר לו

ללוקח שהונה אותו:

תן לי מקחי

חזרה!

או

אם רוצה המוכר לקיים את המקח, אומר הוא ללוקח שהונה אותו:

תן לי מה שא וניתני!

ומוכח מדברי הברייתא הזאת, שדין אונאה נוהג בין בשתות מקח ובין בשתות מעות, שהרי הקונה שוה שש בחמש, הוא שתות מקח, כי הזוז שלא שילם הוא ששית משיווי המקח. ואילו המוכר חמש בשש, בהכרח שהוא שתות מעות, כי לגבי שיווי המקח [שהוא חמש], הזוז שהוסיף על השיווי האמיתי הוא חמישית מערכו.

הסוגיה שלפנינו קרויה "סוגיית תגרי לוד", ובה דנה הגמרא בשתי שאלות יסודיות:

במשנה ובברייתא שנינו, שאם היה שיעור ההונאה שתות, יכול המתאנה לחזור בו מן המקח, או לדרוש את החזר הונאתו, וכל זאת, עד שיראה לתגר או לקרובו, אך לא התבאר בהן מה דין מחילה בפחות משתות, האם המחילה היא מיד, או רק אחר שעבר הזמן בכדי שיראה לתגר או לקרובו.

וכמו כן, לא התבאר בהן מה דין בטול מקח ביותר משתות, האם יכול המתאנה לבטלו מתי שירצה, לעולם, או שמא יש לו את הזכות לבטלו רק עד בכדי שיראה לתגר או לקרובו.

בשתי שאלות אלו דנה עתה הגמרא:

שאלה ראשונה:

איבעיא להו: פחות משתות לרבנן,

האם

לאלתר הויא מחילה, או

אין זו מחילה אלא אם עבר הזמן

בכדי שיראה לתגר או לקרובו.

ואם תמצי לומר,

דהיינו, שמא תאמר, ודאי הוא שלאלתר הויא מחילה, משום שיקשה לך על הצד שאין מחילה אלא רק אם עבר הזמן

בכדי שיראה לתגר או לקרובו,

אם כן,

מאי איכא,

מה ההבדל

בין שתות לפחות משתות,

והרי בשניהם לפני שיעבור הזמן בכדי שיראה לתגר או לקרובו לא הוי מחילה, ואילו לאחר שיעבור הזמן בשניהם הויא מחילה!?

אין לך לומר כך, כי יש להשיב:

איכא,

יש ביניהם הבדל,

דאילו

ב

שתות, ידו

של המתאנה היא

על העליונה

באופן מוחלט, שיכול לדרוש אפילו את ביטול המקח, שהרי כך שנינו בברייתא:

רצה חוזר

המתאנה לגמרי מן המקח,

רצה, קונה

את המקח,

ומחזיר

לו המאנהו את ה

אונאה.

ואילו

ב

פחות משתות,

אינו יכול המתאנה לחזור בו לגמרי מן המקח, אלא רק

קנה, ומחזיר

לו המאנהו את ה

אונאה.

ולכן, הבעיה היא,

מאי,

כיצד יש לפסוק בבעיה זו?

תא שמע

ראיה ממשנתנו, לפשוט ממנה את הבעיה:

שהרי שנינו בה בסופה,

חזרו

תגרי לוד

לדברי חכמים,

שהיה נוח להם יותר כדבריהם, ששיעור ההונאה הוא שתות, אבל יכול המתאנה לחזור רק עד שיראה לתגר או לקרובו, מאשר לנהוג כרבי מאיר, ששיעור ההונאה הוא עד שליש, אבל יכול לחזור בו המתאנה במשך כל היום.

סברוה,

סברו החכמים שבאו לפשוט את הבעיה מכאן, שדין

פחות משליש לרבי טרפון,

כ

דין

פחות משתות לרבנן, דמי,

הוא דומה.

ומעתה,

אי אמרת בשלמא,

אם נאמר כפי הצד האחד שבבעיה, ש

פחות משתות לרבנן

אין בו מחילה מיד, אלא רק משיעבור הזמן

בכדי שיראה לתגר או לקרובו, ו

בדומה לזה

לרבי טרפון כל היום

אין מחילה בפחות משליש, אלא יכול לדרוש את החזר ההונאה של פחות משליש במשך כל היום,

משום הכי חזרו

תגרי לוד לנהוג כרבנן ולא כרבי טרפון.

והיינו, מעיקרא, כשאמר להם רבי טרפון ששיעור ההונאה הוא שליש ולא שתות, שמחו תגרי לוד, משום שהרויחו לפי דבריו של רבי טרפון את כל ההונאה שבשתות וביותר משתות, עד שליש. כי לרבנן בשתות מחזיר אונאה, וביתר משתות יכול המתאנה לחזור בו מן המקח, ואילו לרבי טרפון אינו יכול לחזור בו, אלא קנה ומחזיר אונאה, עד בכדי שיראה לתגר או לקרובו [כמו לרבנן בפחות משתות].

אך כאשר הוסיף להם רבי טרפון שיכול לחזור בו כל היום ולבקש את דמי הונאתו, מפרוטה אחת ועד שליש, התברר להם כי הם מפסידים לדבריו יותר מאשר לדברי רבנן.

כי לדבריהם של רבנן, ההונאה של שתות ופחות משתות, לאחר שעבר הזמן בכדי שיראה לתגר ולקרובו, היא מחילה גמורה. ואילו לדברי רבי טרפון יכול המתאנה להמשיך ולדרוש את תשלום ההונאה הזאת במשך כל היום.

Traduction française

Deuxième manière, si

il lui vendit

il vaut six pour cinq,

alors

qui s'est plaint ?

Évidemment, il s'est plaint

le vendeur.

et donc,

la main du vendeur est supérieure :

S'il voulut

que le vendeur annule la vente,

il lui dit

à l'acheteur qu'il l'a trompé :

rends-moi mon achat

retour !

ou

si le vendeur veut maintenir la vente, il dit à l'acheteur qu'il l'a trompé :

donne‑moi ce que tu m'as donné !

Et il est prouvé par les paroles de cette baraïta que la loi de ona'ah s'applique aussi bien entre ventes d'objets qu'entre ventes d'argent ; car l'acheteur qui donne six pour cinq constitue une ona'ah de la vente, puisqu'il a omis de payer le sixième par rapport à l'équité de la vente. Et si le vendeur a cinq pour six, c'est nécessairement une ona'ah d'argent, car relativement à l'équité de la vente [qui est cinq], le supplément qu'il a ajouté sur l'équité réelle est un cinquième de sa valeur.

La problématique qui se présente devant nous s'appelle « la question des négociants de Lod », et dans laquelle la Guemara discute deux questions fondamentales :

Nous avons enseigné dans la Mishna et dans la baraïta que si le taux de la tromperie était de sh'tut (une sixième), le plaignant peut se rétracter de la vente, ou exiger le remboursement de sa tromperie, et tout cela, jusqu'à ce qu'il voie le négociant ou son proche ; mais il n'a pas été précisé en elles quelle est la loi de la renonciation pour moins que sh'tut : si la renonciation est immédiate, ou seulement après que le délai ait été écoulé afin qu'il voie le négociant ou son proche.

De même, il n'a pas été précisé en elles quelle est la loi lorsque l'annulation de la vente excède sh'tut : si le plaignant peut l'annuler quand il le souhaite, en tout temps, ou bien s'il n'a le droit de l'annuler que jusqu'à ce que le délai pour voir le négociant ou son proche soit passé.

C'est à ces deux questions que la Guemara s'intéresse maintenant :

Première question :

On leur demanda : « moins que sh'tut selon les rabbanim,

est‑ce que

la renonciation est-elle immédiate, ou

n'y a‑t‑il pas renonciation sauf si le temps est écoulé

afin qu'il voie le négociant ou son proche.

Et si tu voulais répondre,

c'est‑à‑dire, peut‑être diras‑tu : certainement la renonciation serait immédiate, puisque tu trouverais difficile la position qui dit qu'il n'y a renonciation que si le délai est passé

afin qu'il voie le négociant ou son proche,

alors

quelle est la différence

entre

le fait que ce soit entre sh'tut et moins que sh'tut,

alors que dans les deux, avant que le délai pour voir le négociant ou son proche ne soit passé il n'y a pas renonciation, et après que le délai est passé dans les deux il y a renonciation !?

Tu ne peux pas dire ainsi, car on doit répondre :

Il y a,

il existe une différence entre eux,

car si

dans

le cas de sh'tut, la main

du plaignant est

au‑dessus, de façon absolue, qu'il peut exiger même l'annulation complète de la vente, car ainsi avons‑nous enseigné dans la baraïta :

S'il voulut, il se rétracte

le plaignant totalement de la vente,

S'il voulut, il achète

la vente,

et il rend

ce que l'on lui a donné, la

ona'ah.

Tandis que

dans

moins que sh'tut,

le plaignant ne peut se rétracter totalement de la vente, mais seulement

acheter et rendre

ce qu'on lui a donné, la

ona'ah.

Et donc, la question est,

quoi,

comment doit‑on statuer dans cette question ?

Viens et écoute : preuve tirée de notre Mishna, pour résoudre la question à partir d'elle :

car nous avons enseigné à la fin d'elle,

les négociants de Lod revinrent

les négociants de Lod

selon les paroles des Sages,

qu'il leur conviendrait mieux selon leurs paroles, que le taux de la tromperie soit sh'tut, mais que le plaignant puisse se rétracter seulement jusqu'à ce qu'il voie le négociant ou son proche, plutôt que d'agir selon Rabbi Meir pour lequel le taux de la tromperie est jusqu'au tiers, mais que le plaignant puisse se rétracter pendant toute la journée.

Ils ont pensé,

les Sages ont estimé qu'ils vinrent clarifier la question d'ici, que la loi de

moins d'un tiers selon Rabbi Tarphon,

comme

la loi

de moins que sh'tut selon les rabbanim, est semblable.

Et maintenant,

si tu dis : d'accord,

si l'on dit selon le premier aspect de la question, que

moins que sh'tut selon les rabbanim

n'entraîne pas une renonciation immédiate, mais seulement après que le délai soit passé

afin qu'il voie le négociant ou son proche, et

et de la même manière

pour Rabbi Tarphon pendant toute la journée

il n'y a pas renonciation pour moins d'un tiers, mais il peut exiger le remboursement de la tromperie de moins d'un tiers pendant toute la journée,

c'est pourquoi revinrent

les négociants de Lod à la pratique des rabbanim et non à celle de Rabbi Tarphon.

,Autrement dit, à l'origine, lorsque Rabbi Tarphon leur dit que le taux de la tromperie est le tiers et non sh'tut, les négociants de Lod se réjouirent, car ils gagnaient selon ses paroles toute la tromperie qui est dans sh'tut et au‑delà de sh'tut, jusqu'au tiers. Car selon les rabbanim, pour sh'tut on rend la ona'ah, et au‑delà de sh'tut le plaignant peut se rétracter de la vente, alors que selon Rabbi Tarphon il ne peut se rétracter, mais seulement « achète et rend » la ona'ah, jusqu'à ce qu'il voie le négociant ou son proche [comme pour les rabbanim pour moins que sh'tut]. Mais lorsque Rabbi Tarphon ajouta que l'on peut se rétracter pendant toute la journée et réclamer le paiement de sa tromperie, depuis une petite monnaie jusqu'au tiers, il leur apparut qu'ils perdaient selon ses paroles davantage qu'avec les paroles des rabbanim.

Car selon les rabbanim, la tromperie de sh'tut et de moins que sh'tut, après que le délai afin qu'il voie le négociant et son proche est passé, constitue une renonciation complète. Tandis que selon Rabbi Tarphon le plaignant peut continuer et réclamer le paiement de cette tromperie pendant toute la journée.

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