Version texte de ce daf : original et traduction
Baba Metsia 29a (כט.) — le Talmud en français
Baba Metsia 29a (בבא מציעא כט.): Jusqu’ici, Rabbi Tarfon et Rabbi Akiva ne sont en désaccord que lorsqu’il les a utilisés, le trouvant [lorsqu’il a le droit de les utiliser], car Rabbi Tarfon dit…
Texte original — Baba Metsia 29a (כט.)
עד כאן לא פליגי רבי טרפון ורבי עקיבא -
אלא כשנשתמש בהן
המוצא [כשיש לו בהן היתר שימוש], שאז אומר רבי טרפון שחייב באחריותן, משום שיש לו הנאה בדמים, שיכול להשתמש בהם לכשיזדמן לו מקח.
אבל
אם
לא נשתמש בהן
[כלומר, אם אסור לו להשתמש בהן],
אם אבדו
לכולי עלמא
פטור
מאחריותן.
לימא תיהוי
משנתנו
תיובתא דרב יוסף!
דאתמר: שומר אבידה,
המוצא אבידה, שצריך לשמרה עד שישיבנה לבעליה, איזה דין שמירה חל עליו?
רבה אמר
: דינו
כ
דין
שומר חנם,
שהרי אינו מקבל שכר תמורת שמירתו. ודינו של שומר חינם הוא, שאם החפץ שהיה תחת שמירתו נגנב או אבד - פטור, וחייב רק אם פשע בשמירתו.
רב יוסף אמר
: דינו
כ
דין
שומר שכר,
שחייב בגניבה ואבידה, ופטור במקרה שהחפץ שהיה תחת שמירתו ניזוק או אבד באונס.
ומדוע שומר אבידה נחשב כשומר שכר, איזה שכר הוא מקבל תמורת שמירתו?
כיון שהוא מקיים מצוה בכך שהוא שומר את האבידה , ובכך הוא נפטר מלתת פת לעני באותה שעה , כי העוסק במצוה - פטור מן המצוה .
והרי ממשנתנו מוכח, ששומר אבידה - כשומר חינם!
אמר לך רב יוסף
: לא תדייק ממשנתנו כפי שדייקת. אלא,
בגניבה ואבידה, דכולי עלמא
לא פליגי
-
דחייב,
משום שדינו של שומר אבידה - כשומר שכר הוא.
כי פליגי
רבי טרפון ורבי עקיבא - בזה נחלקו: האם שומר אבידה חייב אף
באונסין,
כדין
דשואל
שחייב אף באונסין.
רבי טרפון סבר: שרו ליה רבנן לאשתמושי בגוייהו
[התירו לו חכמים למוצא להשתמש בהם], ואם כן,
הוה ליה שואל עלייהו,
ולא רק שומר שכר, שהרי שומר שכר אסור להשתמש בדבר שהוא שומר עליו, ולכן שומר אבידה חייב אף באונסין.
ורבי עקיבא סבר: לא שרו ליה רבנן לאשתמושי בגוייהו
[לא התירו לו חכמים להשתמש בהם],
הלכך לא הוי שואל עלייהו,
אלא רק שומר שכר.
ומקשינן:
אי הכי, "לפיכך
אינו חייב באחריותן
" דאמר רבי עקיבא
במשנתנו -
למה לי?
לשם מה נאמרו דברים אלו?
אי אמרת בשלמא
ש
בגניבה ואבידה הוא דפליגי, היינו דקתני: רבי עקיבא אומר לא ישתמש בהן. לפיכך אם אבדו
-
אינו חייב באחריותן.
משום ש
סלקא דעתך אמינא
ששומר אבידה, אף שאסור לו להשתמש באבידה, מכל מקום
שומר שכר הוי
משום הנאת המצוה, ו
כדרב יוסף, ובגניבה ואבידה
-
מחייב!
קא משמע לן
מה ששנינו: לא ישתמש בהן,
לפיכך
אם אבדו - אינו חייב באחריותן, ש
השתא דאמרת לא ישתמש בהן,
ממילא
שומר שכר לא הוי,
אף שיש לו הנאת מצוה, משום שהנאה זו אינה נחשבת לשכר,
ו
לכן
לא מחייב בגניבה ואבידה.
אלא אי אמרת
ש
בגניבה ואבידה
-
דכולי עלמא לא פליגי דחייב, כי פליגי
-
באונסין דשואל, מאי "לפיכך" דרבי עקיבא?
הכי מבעי ליה
לתנא
למתנא: רבי עקיבא אומר לא ישתמש בהן,
ודי בכך, ואין צריך התנא לפרש יותר.
ואנא ידענא, דכיון דלא ישתמש בהן, לאו שואל הוי, ואינו חייב באחריותן,
שהרי אין כל סיבה לחייבו באונסין!
ואם כן,
"לפיכך" דרבי עקיבא
-
למה לי?!
ומתרצינן: מה ששנה התנא "לפיכך" בדברי רבי עקיבא, היינו
משום
שהוצרך לשנות
"לפיכך" דרבי טרפון.
ותמהינן:
ו"לפיכך
חייב באחריותן"
דרבי טרפון
-
למה לי?
הרי ברור שאם נשתמש בדמים - חייב באחריותן!
ומבארת הגמרא:
הכי קאמר: כיון דשרו ליה רבנן
למוצא
לאשתמושי בגוייהו
[להשתמש בדמים], אף שלא נשתמש בהן עדיין, הרי
כמאן דאישתמש בגוייהו דמי
-
וחייב באחריותן,
משום שזכות השימוש היא היא המחייבתו, ולא השימוש עצמו.
ותמהינן:
והא
"לפיכך אם
אבדו" קתני
במשנתנו, ולא כפי שביארנו את משנתנו לשיטת רב יוסף, שמדובר באונסין, שהרי לדבריו היה צריך לשנות "אם נאנסו"!?
Traduction française
Jusqu’ici, Rabbi Tarfon et Rabbi Akiva ne sont en désaccord
que lorsqu’il les a utilisés, le trouvant [lorsqu’il a le droit de les utiliser], car Rabbi Tarfon dit alors qu’il est tenu de leur responsabilité, puisqu’il en tire un avantage pécuniaire : il peut les utiliser lorsqu’une occasion d’achat se présentera.
Mais
s’il
ne les a pas utilisés [c’est-à-dire, s’il lui est interdit de les utiliser],
s’ils ont été perdus,
selon tous
il est exempt
de leur responsabilité.
Dirons-nous que soit
notre Michna
une réfutation de Rav Yossef !
Car il a été dit : le gardien d’un objet perdu,
celui qui trouve un objet perdu et doit le garder jusqu’à ce qu’il le rende à son propriétaire : quelle loi de garde s’applique à lui ?
Rabba a dit :
son statut est
celui d’un
gardien gratuit,
car il ne reçoit pas de salaire en échange de sa garde. Et le statut d’un gardien gratuit est que, si l’objet qui était sous sa garde a été volé ou perdu, il est exempt, et il n’est tenu que s’il a fait preuve de négligence dans sa garde.
Rav Yossef a dit :
son statut est
celui d’un
gardien rémunéré,
qui est tenu en cas de vol ou de perte, et qui est exempt lorsque l’objet qui était sous sa garde a été endommagé ou perdu par contrainte.
Et pourquoi le gardien d’un objet perdu est-il considéré comme un gardien rémunéré ? Quel salaire reçoit-il en échange de sa garde ?
Puisqu’il accomplit une mitsva en gardant l’objet perdu , et qu’ainsi il est dispensé de donner du pain au pauvre à ce moment-là , car celui qui s’occupe d’une mitsva est dispensé de la mitsva .
Or, il est précisément démontré par notre Michna que le gardien d’un objet perdu est comme un gardien gratuit !
Rav Yossef pourrait te répondre :
Tu ne déduiras pas de notre Michna comme tu l’as déduit. Mais
en cas de vol ou de perte, tout le monde
ne diverge pas —
il est tenu,
car le statut du gardien d’un objet perdu est celui d’un gardien rémunéré.
Lorsqu’ils divergent, Rabbi Tarfon et Rabbi Akiva,
ils divergent sur ceci : le gardien d’un objet perdu est-il tenu également
en cas de contrainte,
selon le statut
d’un emprunteur,
qui est tenu également en cas de contrainte.
Rabbi Tarfon pense : les Sages lui ont permis de les utiliser [ils ont permis à celui qui les trouve de les utiliser],
et, dans ce cas,
il devient emprunteur à leur égard,
et non seulement gardien rémunéré, car il est interdit au gardien rémunéré d’utiliser la chose qu’il garde ; c’est pourquoi le gardien d’un objet perdu est tenu même en cas de contrainte.
Et Rabbi Akiva pense : les Sages ne lui ont pas permis de les utiliser [ils ne lui ont pas permis de les utiliser],
c’est pourquoi il ne devient pas emprunteur à leur égard,
mais seulement gardien rémunéré.
Et l’on objecte :
Si c’est ainsi, « c’est pourquoi
il n’est pas tenu de leur responsabilité
», que Rabbi Akiva a dit
dans notre Michna,
à quoi cela sert-il ?
Pourquoi ces paroles ont-elles été dites ?
Si tu dis qu’il en va bien ainsi,
qu’ils divergent en cas de vol et de perte, c’est pour cela qu’il est enseigné : Rabbi Akiva dit : « Il ne les utilisera pas. C’est pourquoi, s’ils ont été perdus » —
il n’est pas tenu de leur responsabilité.
Parce que
j’aurais pu penser
que le gardien d’un objet perdu, bien qu’il lui soit interdit d’utiliser l’objet perdu, néanmoins
est un gardien rémunéré,
en raison de l’avantage de la mitsva, et
comme l’a dit Rav Yossef, en cas de vol ou de perte —
il est tenu !
Cela vient nous enseigner ce que nous avons appris : il ne les utilisera pas ;
c’est pourquoi,
s’ils ont été perdus, il n’est pas tenu de leur responsabilité, car
maintenant que tu dis qu’il ne les utilisera pas,
de ce fait
il n’est pas un gardien rémunéré,
bien qu’il ait l’avantage de la mitsva, car cet avantage n’est pas considéré comme un salaire,
et c’est pourquoi
il n’est pas tenu en cas de vol ou de perte.
Mais si tu dis
qu’en cas de vol ou de perte —
tout le monde ne diverge pas : il est tenu ; lorsqu’ils divergent —
c’est en cas de contrainte, selon le statut de l’emprunteur : que signifie le « c’est pourquoi » de Rabbi Akiva ?
C’est ainsi qu’il aurait fallu
au tan###nai
d’enseigner : « Rabbi Akiva dit : il ne les utilisera pas »,
et cela suffit ; le tan###nai n’a pas besoin de préciser davantage.
Et je sais que, puisqu’il ne les utilisera pas, il n’est pas emprunteur et n’est pas tenu de leur responsabilité,
car il n’existe aucune raison de le rendre tenu en cas de contrainte !
Et dans ce cas,
le « c’est pourquoi » de Rabbi Akiva —
à quoi sert-il ?!
Et l’on répond : si le tan###nai a enseigné « c’est pourquoi » dans les paroles de Rabbi Akiva, c’est
parce
qu’il a été nécessaire d’enseigner
le « c’est pourquoi » de Rabbi Tarfon.
Et l’on s’étonne :
et le « c’est pourquoi
il est tenu de leur responsabilité »
de Rabbi Tarfon —
à quoi sert-il ?
Il est pourtant évident que, s’il utilise la valeur monétaire, il est tenu de leur responsabilité !
Et la Guemara explique :
voici ce qu’elle dit : puisque les Sages ont permis
à celui qui les trouve
de les utiliser [d’utiliser la valeur monétaire],
bien qu’il ne les ait pas encore utilisés, il est donc
considéré comme s’il les avait utilisés —
et il est tenu de leur responsabilité,
car c’est précisément le droit d’utilisation qui le rend tenu, et non l’utilisation elle-même.
Et l’on s’étonne :
mais «
c’est pourquoi, s’ils
ont été perdus » est enseigné
dans notre Michna, et non pas comme nous avons expliqué notre Michna selon Rav Yossef, à savoir qu’il s’agit d’une contrainte ; car, selon ses paroles, il aurait fallu enseigner : « s’ils ont été soumis à une contrainte »