Version texte de ce daf : original et traduction
Baba Metsia 17b (יז:) — le Talmud en français
Baba Metsia 17b (בבא מציעא יז:): Rabbi Hiyya bar Abba a dit en nom de Rabbi Yochanan : celui qui réclame après un acte du beit din, c'est‑à‑dire, une obligation établie conformément aux conditions du…
Texte original — Baba Metsia 17b (יז:)
אמר רבי חייא בר אבא אמר רבי יוחנן: הטוען אחר מעשה בית דין,
דהיינו, חיוב שנעשה על פי תנאי בית דין, כגון דמי הכתובה , ומזון האשה והבנות עד שינשאו [או שיבגרו הבנות], וטוען החייב שפרע חובו שלא בעדים -
לא אמר כלום.
מאי טעמא?
משום ש
כל מעשה בית דין
-
כמאן דנקיט שטרא בידיה דמי
[כאילו יש לתובע שטר על החוב].
אמר ליה רבי חייא בר אבא לרבי יוחנן: ולא משנתינו היא זו?
הלא כך שנינו במסכת כתובות:
הוציאה
האשה
גט
שנתגרשה בו,
ואין עמו כתובה
-
גובה כתובתה
על פי הגט!
מוכח, שאף שאין בידה שטר, אין הבעל נאמן לומר פרעתי. והיינו משום שכל מעשה בית דין, הרי הוא כאילו מחזיק שטר בידו!
אמר ליה
: אכן, משנתנו היא זו. אבל
אי לאו דדלאי לך חספא, לא משכחת מרגניתא תותה
[אם לא שהגבהתי לך את החרס, לא היית מוצא את המרגלית שהיתה חבויה תחתיה ]. כלומר, אם לא שאמרתי את הכלל ש"הטוען אחר מעשה בית דין לא אמר כלום", לא היית מבין מעצמך דין זה מתוך המשנה .
אמר אביי: מאי מרגניתא?
מה הראיה מהמשנה לענייננו?
דלמא במקום שאין כותבין כתובה עסקינן
באותה משנה, שאז סומכין על תנאי בית דין, וגובה כתובתה לעולם, עד שיוציא הבעל שובר שפרע לה.
ד
אז ה
גט
שגירשה בו -
היינו
המוכיח שחייב לה
כתובתה.
אבל במקום שכותבין כתובה, אי נקיטא כתובה
-
גביא,
ו
אי לא
-
לא גביא.
או משום שחוששין שמא תוציא לאחר מכן כתובתה, ותגבה שנית על פיה, או משום שיכול הבעל לטעון פרעתיה.
הדר אמר אביי: לאו מלתא היא דאמרי,
שבמקום שכותבין כתובה יכול לטעון פרעתיה.
דאי סלקא דעתך
ש
במקום שאין כותבין כתובה עסקינן, אבל במקום שכותבין כתובה, אי נקיטא כתובה
-
גביא, אי לא
-
לא גביא,
אם כן,
אלמנה מן האירוסין
[שמת ארוסה קודם שנישאו], שאין כותבין לה כתובה אף במקום שרגילים לכתוב כתובה -
במאי גביא?
על כרחך ש
בעדי מיתת בעל!
אם כן,
לטעון
היורש
ולימא: פרעתיה!
וכי תימא: הכי נמי,
שבאמת יכול לטעון שפרעה,
אם כן מה הועילו חכמים בתקנתן
שתקנו כתובה לארוסה, הלא כולם יטענו פרעתי!?
אמר ליה מר קשישא בריה דרב חסדא לרב אשי: ואלמנה מן האירוסין דאית לה כתובה
-
מנא לן?
אילימא מהא דתנן: נתארמלה או נתגרשה, בין מן האירוסין ובין מן הנישואין
-
גובה את הכל,
בין את הכתובה של תנאי בית דין, דהיינו מאתיים לבתולה ומנה לאלמנה, ובין את התוספת שהוסיף לה בכתובתה,
דלמא
היינו דווקא
היכא דכתב לה
בפירוש!
וכי תימא
: אם כן, שנתחייב לה בפירוש,
מאי למימרא,
מה החידוש בזה?
עדיין יש בזה חידוש, שהתנא
לאפוקי מדרבי אלעזר בן עזריה, דאמר
באותה משנה במסכת כתובות, שאלמנה מן האירוסין גובה רק את עיקר הכתובה, ולא את התוספת, לפי
שלא כתב לה
את התוספת -
אלא על מנת לכונסה.
והיות ולא כנסה לבסוף, אינה גובה תוספת -
אצטריכא ליה,
להשמיענו שאין אומרים כך, וגובה את כל כתובתה.
דיקא נמי,
כך גם מדוייק מלשון המשנה, שמדובר כשכתב לה.
דקתני: גובה את הכל.
אי אמרת בשלמא דכתב לה, היינו דקא תני גובה את הכל.
שגובה גם את עיקר הכתובה, וגם את התוספת.
Traduction française
Rabbi Hiyya bar Abba a dit en nom de Rabbi Yochanan : celui qui réclame après un acte du beit din,
c'est‑à‑dire, une obligation établie conformément aux conditions du beit din, par exemple les sommes de la ketouba, et la subsistance de l'épouse et des filles jusqu'à ce qu'elles se marient [ou que les filles atteignent la majorité], et que le débiteur affirme qu'il a acquitté sa dette sans témoins —
il n'a rien dit.
Quel est la raison ?
Parce que
tout acte du beit din —
comme si l'on tenait un shetar en main
(c'est‑à‑dire comme si le demandeur avait un shetar pour la dette).
Rabbi Hiyya bar Abba dit à Rabbi Yochanan : et cela ne vient‑il pas de notre Mishna ?
N'avons‑nous pas appris ainsi dans la traitée Ketubot :
a fait sortir
l'épouse
un get
par lequel elle a été divorcée,
et il n'y a pas de ketouba avec lui —
on perçoit sa ketouba
en raison du get !
Il est prouvé que, même si elle n'a pas de shetar en main, le mari n'est pas digne de dire «je l'ai acquittée». Et ceci parce que tout acte du beit din est comme s'il tenait un shetar en main !
Il lui dit :
Certes, c'est notre Mishna. Mais
«si je ne t'avais rehaussé le pot, tu n'aurais pas trouvé la perle qui était cachée dessous».
(si je n'avais pas relevé le vase, tu n'aurais pas trouvé la perle cachée dessous). C'est‑à‑dire, si je n'avais pas énoncé la règle que «le demandeur après l'acte du beit din n'a rien dit», tu n'aurais pas compris de toi‑même ce droit à partir de la Mishna.
Abaye dit : quelle perle ?
Quelle est la preuve tirée de la Mishna pour notre cas ?
Peut‑être s'agit‑il du lieu où l'on n'écrit pas de ketouba,
dans cette Mishna, qu'alors on se fie aux conditions du beit din, et l'on perçoit sa ketouba à tout moment, jusqu'à ce que le mari produise un reçu d'acquittement pour elle.
Alors
le
get
par lequel elle a été divorcée
c'est‑à‑dire
ce qui prouve qu'il lui doit
sa ketouba.
Mais dans le lieu où l'on rédige une ketouba, si l'on saisit la ketouba —
elle perçoit,
et
si non
elle ne perçoit.
Soit parce qu'on craint qu'elle la retire ensuite et n'en recouvre de nouveau sur elle, soit parce que le mari peut prétendre qu'il l'a acquittée.
Abaye répondit : ce n'est pas cela qu'ils veulent dire,
que dans le lieu où l'on écrit une ketouba il pourrait prétendre avoir acquitté.
Si tu es porté à penser
que
nous traitons du lieu où l'on n'écrit pas de ketouba, mais dans le lieu où l'on écrit une ketouba, si l'on saisit la ketouba —
elle perçoit, sinon
elle ne perçoit,
alors
une veuve provenant des erusin
(qui avait été fiancée avant les noces),
en quoi perçoit‑elle ?
Il faut nécessairement que
par les témoins du décès du mari !
Donc,
revendiquer
l'héritier
et dire : je l'ai acquittée !
Et si tu dis : de même alors,
qu'en vérité il pourrait prétendre qu'il l'a acquittée,
alors à quoi ont servi les Sages par leur institution
que, pour la fiancée, on écrive une ketouba, puisque tous pourront dire «je l'ai acquittée» !?
Mar Keshisha, fils de Rav Cheseda, dit à Rav Ashi : et la veuve issue des erusin à laquelle on a donné une ketouba —
d'où l'avons‑nous ?
Si tu dis d'après ce que nous avons enseigné : qu'elle soit devenue veuve ou divorcée, que ce soit des erusin ou des nissuin,
elle perçoit tout,
c'est‑à‑dire tant la ketouba conditionnelle du beit din — c'est‑à‑dire deux cents pour la vierge et une mane pour la veuve — que l'appoint que l'on a ajouté dans sa ketouba.
Peut‑être
signifie‑t‑on seulement
là où on le lui a écrit
explicitement !
Et si tu dis :
alors qu'elle s'est engagée explicitement,
à quoi bon le dire,
quel est ici le nouvel apport ?
Il y a encore nouveauté, car le Tanna
ne suit pas Rabban Elazar ben Azaria, qui dit
dans cette même Mishna de Ketubot que la veuve issue des erusin ne perçoit que le principal de la ketouba, et non le supplément, parce que
on ne lui a pas écrit
le supplément,
mais seulement en vue de la contrainte.
Et comme on ne la contraignit pas finalement, elle ne perçoit pas le supplément.
Il fallait donc,
qu'on nous le fasse entendre afin que l'on sache qu'on ne dit pas ainsi, et qu'elle perçoit l'intégralité de sa ketouba.
Ceci est précis aussi,
ainsi la formule de la Mishna est précise quand elle parle de «là où on lui a écrit».
Car il est enseigné : elle perçoit tout.
Si tu dis : il est raisonnable que 'on lui a écrit', cela signifie que c'est ce que la Mishna enseigne : 'elle perçoit tout.'
qu'elle perçoit à la fois le principal de la ketouba et aussi le supplément.