Version texte de ce daf : original et traduction
Baba Kamma 80a (פ.) — le Talmud en français
Baba Kamma 80a (בבא קמא פ.): Et le boucher, celui qui rassemble les bêtes pour le jour du marché, prend les bêtes et les abat immédiatement ; ou, s’il le veut, מיד, או אם ירצה הרי הוא prend [les…
Texte original — Baba Kamma 80a (פ.)
והטבח
המקבץ את הבהמות ליום השוק,
לוקח
את הבהמות
ושוחט
מיד, או אם ירצה הרי הוא
לוקח
קודם יום השוק שלשים יום,
ושוהה
אותן עד יום השוק.
ובלבד שלא ישהה
את
העגונה
שבהן
[האחרונה שקנה סמוך ליום השוק]
שלשים יום
מהיום שקנה אותה, וכשם שאמרו ברגל.
שאלו תלמידיו את רבן גמליאל
:
מהו לגדל
בהמה דקה בארץ ישראל?
אמר להן
רבן גמליאל:
מותר
לגדל.
ותמהינן עלה:
והתנן
במשנתנו:
אין מגדלין
בהמה דקה בארץ ישראל!?
אלא הכי קא בעו מיניה
[כך שאלו אותו תלמידיו]:
מהו לשהות
בהמה דקה בבית, ולא תצא לרעות בעדר?
אמר להן
רבן גמליאל:
מותר
לשהותה בבית,
ובלבד שלא תצא ותרעה בעדר, אלא קושרה בכרעי המטה
.
תנו רבנן: מעשה בחסיד אחד
שהיה גונח מלבו
[צועק מפני כאב הלב],
ושאלו לרופאים, ואמרו: אין לו תקנה עד שיינק חלב רותח
[חלב מעטיני הבהמה]
משחרית לשחרית
.
והביאו לו עז, וקשרו לו בכרעי המטה, והיה
יונק ממנה משחרית לשחרית
.
לימים
[לאחר זמן]
נכנסו
החכמים
חביריו
של אותו חסיד
לבקרו, כיון שראו
החכמים את
אותה העז
שהיא
קשורה בכרעי המטה, חזרו
החכמים
לאחוריהם, ואמרו: לסטים מזוין
בביתו של זה, ואנו נכנסין אצלו!?
ישבו ובדקו, ולא מצאו בו
באותו חסיד
אלא אותו עון של אותה העז
.
ואף הוא
החסיד -
בשעת מיתתו
,
אמר: יודע אני שאין בי עון, אלא עון אותה העז, שעברתי על דברי חברי
.
אמר רבי ישמעאל: מבעלי בתים שבגליל העליון היו בית אבא, ומפני מה חרבו, שהיו מרעין
בהמה דקה שלהם
בחורשין
[ביערות],
ודנין דיני ממונות ביחיד
.
ואף על פי שהיו להם חורשים סמוך לבתיהם
, ובחורשים הרי מותר, כמבואר בברייתא לעיל עט ב, מכל מקום
שדה קטנה
של אחרים
היתה
בין ביתם לבין החורשים
ומעבירין
את הבהמות
דרך עליה
, ולכן חרבו.
תנו רבנן: רועה
שיש לו בהמות דקות משלו,
שעשה תשובה
[שבא לעשות תשובה] שלא לגדל עוד בהמה דקה,
אין מחייבין אותו למכור
את כל בהמותיו
מיד
,
אלא מוכר על יד על יד
[מעט מעט].
וכן גר שנפלו לו כלבים וחזירים בירושתו
[מבית אביו הגוי], ואסור לגדלם כמבואר במשנתנו,
אין מחייבין אותו למכור מיד
את כולם,
אלא מוכר על יד על יד
.
וכן מי שנדר ליקח בית וליקח אשה בארץ ישראל
,
אין מחייבין אותו ליקח מיד
מכל מה שימצא,
עד שימצא את ההוגנת לו
.
ומעשה
היה
באשה אחת
אלמנה או גרושה,
שהיה בנה מיצר לה
שתינשא לאיש,
וקפצה ונשבעה: כל מי שיבא
להשתדך עמי -
איני מחזירתו!
וקפצו עליה
לשאתה
בני אדם שאינן מהוגנין
.
וכשבא הדבר אצל חכמים, אמרו: לא נתכוונה זו אלא
להנשא
ל
מי ש
הגון לה
, ואינה חייבת לינשא להם.
כשם שאמרו: אין מגדלין בהמה דקה
בארץ ישראל,
כך אמרו אין מגדלין חיה דקה
[צבאים ושועלים] בארץ ישראל.
רבי שמעון בן אלעזר אומר: מגדלין: כלבים כופרין
[קטנים וננסים],
וחתולין, וקופין, וחולדות סנאים
[חולדות הגרות בסנה],
מפני שעשויים לנקר את הבית
מן העכברים.
ומפרשינן:
מאי חולדות סנאים?
אמר רב יהודה
: היא הנקראת: "
שרצא חרצא
".
ואיכא דאמרי
: "חולדת סנאים" היא הנקראת "
חרצא
",
דקטיני שקיה
, שוקיה דקות, ולפיכך היא נקראת "חרצא", שהחריצין ניכרים בין השוקיים מתוך שהם דקים ונראים גבוהים,
ורעיא ביני וורדיני
, רועה היא בינות לשיחי הסנה; והיא אינה החולדה [חולד] הכתובה בתורה בין השרצים.
ומאי
"
שרצא
", ואיזו היא החולדה [חולד] הכתובה בתורה בין השרצים, היא זו
דמתתאי שקיה
, [שוקיה קצרות], והיא שורצת על הארץ.
אמר רב יהודה אמר רב: עשינו עצמנו בבבל, כארץ ישראל לבהמה דקה
, שלא יגדלו שם בהמה דקה, ומשום שמיום גלות יכניה, רבו תלמידים בבבל, ונתיישבו שם בישוב קבוע.
אמר ליה רב אדא בר אהבה לרב הונא
:
דידך מאי
[שלך מה אתם]!? כלומר: הרי יש לך בהמות דקות, ואיך אתה מגדלם בבבל!?
אמר ליה
רב הונא לרב אדא בר אהבה:
דידן
-
קא מינטרא להו חובה
[את שלי משמרת אשתי ששמה חובה].
אמר ליה
רב אדא בר אהבה לרב הונא:
חובה, תקברינהו לבנה
[תקבור את בנה], שאתה סומך עליה, והיא אינה יכולה לשמור.
ובגין דברים אלו שאמר רב אדא בר אהבה:
כולה שניה דרב אדא בר אהבה, לא אקיים זרעא לרב הונא, מחובה
, [כל ימי רב אדא בר אהבה, לא נתקיים זרעו של רב הונא מחובה].
איכא דאמרי, אמר רב הונא
[רב הונא הוא שאמר]:
עשינו עצמנו בבבל, כארץ ישראל לבהמה דקה, מכי אתא רב לבבל
, [מזמן ביאתו של רב לבבל], כי אז רבו המתישבים שם מפני ישיבתו.
מעשה ב
רב ושמואל ורב אסי
, ד
איקלעו לבי שבוע הבן
[ברית מילה],
ואמרי לה לבי ישוע הבן
[פדיון הבן]. כשהגיעו לפתחו של אותו מקום, התלבטו החכמים כיצד יעשו, כי:
רב לא עייל קמיה דשמואל
[לא היה דרכו של רב ליכנס לפני שמואל], כמבואר הטעם בהמשך הענין -
Traduction française
Et le boucher,
celui qui rassemble les bêtes pour le jour du marché,
prend
les bêtes
et les abat immédiatement ; ou, s’il le veut,
prend
[les bêtes] trente jours avant le jour du marché,
et les garde
jusqu’au jour du marché.
À condition toutefois qu’il ne garde pas
la
retardataire
d’entre elles [
la dernière qu’il a achetée à l’approche du jour du marché]
trente jours
à compter du jour où il l’a achetée ; et de même que ce qu’ils ont dit au sujet de la fête.
Les élèves de Rabban Gamaliel lui demandèrent :
Qu’en est-il d’élever
du petit bétail en Terre d’Israël ?
Il leur dit,
Rabban Gamaliel :
Il est permis
d’en élever.
Et nous nous en étonnons :
pourtant, n’avons-nous pas enseigné
dans notre
Michna :
On n’élève pas de petit bétail en Terre d’Israël !?
Mais voici ce qu’ils lui demandèrent [
c’est ainsi que ses élèves l’interrogèrent] :
Qu’en est-il de garder
du petit bétail à la maison, sans le laisser sortir paître avec le troupeau ?
Il leur dit,
Rabban Gamaliel :
Il est permis
de le garder à la maison,
à condition qu’il ne sorte pas paître avec le troupeau, mais qu’on l’attache aux pieds du lit.
Les Sages ont enseigné : Il arriva qu’un homme pieux
qui gémissait à cause de son cœur [
criant en raison de la douleur au cœur],
et que l’on interrogea les médecins, qui dirent : Il n’a aucun remède jusqu’à ce qu’il tète du lait chaud [
du lait provenant des mamelles de l’animal]
du matin au matin.
On lui amena une chèvre, on l’attacha aux pieds du lit, et il
la tétait du matin au matin.
Après quelque temps [
plus tard],
les
Sages,
ses compagnons
de cet homme pieux,
entrèrent lui rendre visite ; lorsqu’ils virent
les Sages
cette chèvre
qui était
attachée aux pieds du lit, ils firent demi-tour,
les Sages
et dirent : Un brigand armé
dans la maison de cet homme, et nous entrerions chez lui !?
Ils s’assirent et examinèrent, mais ils ne trouvèrent en lui
chez cet homme pieux
que la faute de cette chèvre.
Et lui aussi —
le pieux —
à l’heure de sa mort,
dit : Je sais qu’il n’y a en moi aucune faute, si ce n’est la faute de cette chèvre, car j’ai transgressé les paroles de mes compagnons.
Rabbi Ichmaël a dit : Parmi les propriétaires de la Haute Galilée se trouvait la maison de mon père ; et pourquoi furent-ils détruits ? Parce qu’ils faisaient paître
leur petit bétail
dans les bois [
dans les forêts],
et qu’ils jugeaient les affaires pécuniaires seuls.
Et bien qu’ils eussent des bois proches de leurs maisons,
et que, dans les bois, cela soit permis, comme cela est exposé dans la baraïta plus haut, 79b, néanmoins
un petit champ
d’autrui
se trouvait
entre leur maison et les bois,
et ils faisaient passer
les bêtes
par-dessus
, et c’est pourquoi ils furent détruits.
Les Sages ont enseigné : Un berger
qui possède son propre petit bétail,
qui s’est repenti [
qui est venu faire techouva afin de ne plus élever de petit bétail],
on ne l’oblige pas à vendre
toutes ses bêtes
immédiatement,
mais il vend peu à peu [
petit à petit].
De même, un converti à qui des chiens et des porcs sont échus en héritage [
de la maison de son père non juif], et qu’il est interdit d’élever, comme cela est exposé dans notre Michna,
on ne l’oblige pas à les vendre immédiatement
tous,
mais il les vend peu à peu.
De même, celui qui a fait vœu de prendre une maison et de prendre une femme en Terre d’Israël,
on ne l’oblige pas à prendre immédiatement
tout ce qu’il trouvera,
jusqu’à ce qu’il trouve celle qui lui convient.
Et il arriva
que
chez une certaine femme
veuve ou divorcée,
son fils lui causait de la peine
parce qu’elle devait épouser un homme,
et elle s’emporta et jura : Quiconque viendra
pour se fiancer avec moi —
je ne le renverrai pas !
Et se présentèrent à elle
pour l’épouser
des hommes qui n’étaient pas convenables.
Lorsque l’affaire fut portée devant les Sages, ils dirent : Celle-ci n’avait l’intention que
de se marier
avec
celui qui lui serait
convenable,
et elle n’est pas tenue de les épouser.
De même qu’ils ont dit : On n’élève pas de petit bétail
en Terre d’Israël,
ainsi ont-ils dit : on n’élève pas de petit gibier [
gazelles et renards] en Terre d’Israël.
Rabbi Chim‘on ben Eléazar dit : On peut élever : des petits chiens [
petits et nains],
des chats, des singes et des belettes des buissons [
des belettes qui vivent dans les buissons],
car ils sont faits pour nettoyer la maison
des souris.
Et nous expliquons :
que sont les belettes des buissons ?
Rav Yehouda a dit :
C’est celle qui est appelée : «
chirtsa ‘harts ».
Certains disent : «
La belette des buissons » est appelée
« ‘harts »,
parce que ses pattes sont petites,
ses pattes sont fines ; c’est pourquoi elle est appelée « ‘harts », car les sillons sont visibles entre ses pattes du fait qu’elles sont fines et paraissent hautes,
et elle paît entre les rosiers,
elle paît parmi les buissons ; et ce n’est pas la belette [holed] écrite dans la Torah parmi les animaux rampants.
Et qu’est-ce que «
chirtsa »,
et quelle est la belette [holed] écrite dans la Torah parmi les animaux rampants ? C’est celle
dont les pattes sont courtes, [
ses pattes sont courtes], et elle grouille sur la terre.
Rav Yehouda a dit au nom de Rav : Nous avons fait de nous-mêmes, à Babylone, l’équivalent de la Terre d’Israël pour le petit bétail, et l’on ne doit pas y élever de petit bétail ; car depuis l’exil de Yekhonya, les élèves se sont multipliés à Babylone et s’y sont établis dans une implantation permanente.
Rav Ada bar Ahava dit à Rav Houna :
Et les tiens, qu’en est-il [
les tiens, qu’en est-il de vous] !? C’est-à-dire : tu as pourtant du petit bétail ; comment l’élèves-tu à Babylone !?
Il lui dit,
Rav Houna à Rav Ada bar Ahava :
Les nôtres —
‘Hova les garde [
c’est ma femme, qui s’appelle ‘Hova, qui garde les miennes].
Il lui dit,
Rav Ada bar Ahava à Rav Houna :
‘Hova, qu’elle enterre son fils [
qu’elle enterre son fils], puisque tu comptes sur elle, alors qu’elle n’est pas capable de les garder.
Et à cause de ces paroles que Rav Ada bar Ahava avait dites :
Pendant toute la vie de Rav Ada bar Ahava, la descendance de Rav Houna ne subsista pas, à cause de ‘Hova, [
pendant toute la vie de Rav Ada bar Ahava, la descendance de Rav Houna ne subsista pas à cause de ‘Hova].
Certains disent : Rav Houna a dit [
c’est Rav Houna qui a dit] :
Nous avons fait de nous-mêmes, à Babylone, l’équivalent de la Terre d’Israël pour le petit bétail, depuis que Rav est arrivé à Babylone, [
depuis l’arrivée de Rav à Babylone], car c’est alors que les habitants s’y multiplièrent en raison de son établissement.
Il y eut une histoire concernant
Rav, Chemouel et Rav Assi,
qui
arrivèrent à la maison du repas de circoncision [
circoncision],
et certains disent : à la maison du repas du rachat du fils [
rachat du fils]. Lorsqu’ils arrivèrent à l’entrée de cet endroit, les Sages hésitèrent sur la conduite à tenir, car :