Version texte de ce daf : original et traduction

Baba Kamma 5b (ה:) — le Talmud en français

Baba Kamma 5b (בבא קמא ה:): Il était difficile pour le tanna : « Que le Miséricordieux écrive deux [lois], et que l’autre vienne d’elles ». C’est-à-dire : certes, il a été expliqué qu’on ne peut pas…

Texte original — Baba Kamma 5b (ה:)

היה קשה לו, לתנא,

לכתוב רחמנא תרתי, ותיתי אידך מינייהו

. כלומר, אמנם נתבאר שלא ניתן ללמוד שור ומבעה זה מזה, אך עדיין קשה שהתורה תכתוב רק את שני אלו ונלמד מהם את האש.

הדר אמר, חדא מתרתי לא אתי,

לכן הוסיף ואמר שגם משניהם יחד לא ניתן ללמוד את האש, שכן יש להם תכונה משותפת חמורה, שיש בהן רוח חיים, ולאש אין, לכן לולי כתבה התורה אש, לא היה ניתן ללמוד זאת משור ומבעה.

הגמרא מבהירה שבאמת כדי ללמוד על חיובי האבות לא היה צורך בכתיבת כולן:

אמר רבא: וכולהו

[כל אבות הנזיקין],

כי שדית בור בינייהו,

כאשר תטיל בור ביניהם, כלומר, אם תצרף בור עם אב נוסף,

אתיא כולהו במה הצד

, ניתן ללמוד מהם את החיוב של כל שאר האבות, מהצד השווה שביניהם.

לבר מקרן

חוץ מן הקרן שאינו נלמד במה הצד מבור ושאר אבות,

משום דאיכא למפרך

יש לפרוך ולדחות את הלימוד:

מה לכולהו

[כל האבות]

שכן מועדין מתחילתן

שדרכן להזיק מתחילתן, תאמר בקרן שאין דרכה להזיק בתחילתה עד שנעשית מועדת.

מוסיפה הגמרא שלפי דעה אחת אפשר ללמוד גם את הקרן:

ולמאן דאמר אדרבה, קרן עדיפא,

לשיטה הסוברת להיפך, שלקרן יש עדיפות לחומרא על פני שאר האבות,

ש

נגיחת הקרן נעשית מתוך

כוונתו להזיק

, אם כן,

אפילו קרן נמי אתיא

, גם הקרן היתה נלמדת מבור ואב נוסף.

שואלת הגמרא:

אלא,

אם כן, שניתן היה ללמוד חיוב כל האבות מבור ואב נוסף,

למאי הלכתא כתבינהו רחמנא?

לשם איזה צורך כתבה התורה את כל האבות בפני עצמן?

ומשיבה הגמרא:

להלכותיהן.

התורה כתבה כל אב בפני עצמו להשמיענו את ההלכות המיוחדות שיש לכל אחד מהאבות, שאין לאחרים.

הגמרא מפרטת:

קרן

כתבה התורה - כדי

לחלק בין

קרן

תמה

[שלשת הנגיחות הראשונות], שמשלמים עליה רק חצי נזק

ל

בין קרן

מועדת

[נגיחה רביעית, והלאה], שמשלמים עליה נזק שלם.

שן ורגל

כתבה התורה -

לפוטרן

כשהזיקו

ברשות הרבים

, ואינם חייבים עליהם אלא כשהזיקו ברשות הניזק.

בור

כתבה התורה, כדי

לפטור בו את הכלים,

שאם נפלו כלים לתוך הבור ונשתברו, פטור בעל הבור.

ולרבי יהודה, דמחייב על נזקי כלים בבור,

שסובר [בברייתא לקמן נג ב] שבור חייב על נזקי הכלים, ולפיו אי אפשר לפרש שכתבה התורה את הבור כדי להשמיענו שפטור על הכלים, צריך לומר, שהתורה כתבה את הבור כדי

לפטור בו את האדם,

שאם נפל אדם לבור ומת, אין בעל הבור חייב.

ואת דין

אדם

המזיק את חברו, כתבה התורה כדי

לחייבו בארבעה דברים

: צער, ריפוי, שבת ובושת [כפי שנתבאר לעיל ד ב]. ואילו שאר האבות [שחייבים עליהם מצד "ממונו שהזיק"] אם הזיקו אדם, פטורים בעל הממון שהזיק מתשלומים אלו.

אש

כתבה התורה -

לפטור בו את הטמון

. כלומר, המבעיר פטור על בגדים וכדומה שהיו טמונים בתוך הגדיש שנשרף.

ולרבי יהודה, ד

נחלק עם חכמים במשנה [לקמן סא ב], ו

מחייב על נזקי טמון באש

, ולפיו אין אפשרות לפרש שהתורה כתבה אש כדי לפטור בו את הטמון, אם כן,

לאתויי מאי?

מה באה התורה לרבות? כלומר, לשם מה כתבה התורה את דין אב נזקין של האש?

Traduction française

Il était difficile pour le tanna :

« Que le Miséricordieux écrive deux [lois], et que l’autre vienne d’elles ».

C’est-à-dire : certes, il a été expliqué qu’on ne peut pas apprendre le bœuf du maveh, ni le maveh du bœuf ; mais il reste difficile que la Torah n’écrive que ces deux-là, et que nous apprenions d’eux le feu.

Il reprit alors : « L’un ne vient pas de deux »,

c’est pourquoi il ajouta et dit que même des deux ensemble, on ne peut pas apprendre le feu, car ils possèdent une caractéristique commune et rigoureuse : ils ont le souffle de vie, tandis que le feu ne l’a pas. Dès lors, si la Torah n’avait pas écrit [la loi du] feu, il n’aurait pas été possible de l’apprendre du bœuf et du maveh.

La Guemara précise qu’en vérité, pour apprendre les obligations des pères [des dommages], il n’était pas nécessaire de les écrire tous :

Rava dit : « Et tous »

[les pères des dommages],

« si tu places la fosse entre eux »,

lorsque tu ajoutes la fosse parmi eux, c’est-à-dire, si tu joins la fosse à un autre père,

« tous viennent par le point commun »,

on peut apprendre d’eux l’obligation relative à tous les autres pères, par le point commun qui existe entre eux.

« À l’exception de la corne » —

à l’exception de la corne, qui ne peut pas être apprise par le point commun de la fosse et des autres pères,

« parce qu’il est possible de réfuter » —

il est possible de réfuter et de repousser l’enseignement :

« Que dire de tous »

[les pères],

« puisqu’ils sont présumés dès leur commencement » —

puisqu’ils ont pour habitude de causer des dommages dès leur commencement ; peux-tu dire [la même chose] de la corne, qui n’a pas pour habitude de causer des dommages à son commencement, jusqu’à ce qu’elle devienne présumée ?

La Guemara ajoute que, selon un avis, il est également possible d’apprendre la corne :

« Et selon celui qui dit : au contraire, la corne est supérieure »,

selon l’approche qui soutient l’inverse, à savoir que la corne possède une supériorité en matière de rigueur sur les autres pères,

« car »

le coup de corne est accompli avec

« son intention de causer un dommage »,

dans ce cas,

« même la corne vient également »,

même la corne aurait pu être apprise de la fosse et d’un autre père.

La Guemara demande :

« Mais »,

si donc il était possible d’apprendre l’obligation de tous les pères de la fosse et d’un autre père,

« pour quelle règle la Torah les a-t-elle écrits » ?

Pour quel besoin la Torah a-t-elle écrit chacun des pères séparément ?

La Guemara répond :

« Pour leurs lois. »

La Torah a écrit chaque père séparément afin de nous faire entendre les lois particulières qui appartiennent à chacun des pères et qui n’appartiennent pas aux autres.

La Guemara détaille :

« La corne »,

la Torah l’a écrite afin

« de distinguer entre »

la corne

innocente

[les trois premiers coups de corne], pour lesquels on ne paie que la moitié du dommage,

et

entre la corne

présumée

[le quatrième coup de corne et les suivants], pour laquelle on paie le dommage intégral.

« La dent et le pied »

la Torah les a écrits

« pour les exempter »

lorsqu’ils ont causé un dommage

dans le domaine public,

et ils ne sont passibles à leur égard que lorsqu’ils ont causé un dommage dans le domaine de la victime.

« La fosse »

la Torah l’a écrite afin

« d’y exempter les ustensiles »,

car si des ustensiles sont tombés dans la fosse et se sont brisés, le propriétaire de la fosse est exempt.

« Et selon Rabbi Yehouda, qui rend passible pour les dommages causés aux ustensiles dans une fosse »,

car il soutient [dans la baraïta, plus loin, en 53b] que la fosse est passible pour les dommages causés aux ustensiles ; selon lui, on ne peut pas expliquer que la Torah a écrit la fosse afin de nous faire entendre qu’elle est exempte pour les ustensiles. Il faut donc dire que la Torah a écrit la fosse afin

« d’y exempter l’homme »,

car si un homme est tombé dans la fosse et en est mort, le propriétaire de la fosse n’est pas passible.

Et la règle de

« l’homme »

qui cause un dommage à son prochain, la Torah l’a écrite afin

« de le rendre passible pour quatre choses » :

la douleur, les soins médicaux, la cessation de travail et la honte [comme cela a été expliqué plus haut, en 4b]. Quant aux autres pères [pour lesquels on est passible au titre de « son bien qui a causé un dommage »], s’ils ont causé un dommage à un homme, le propriétaire du bien qui a causé le dommage est exempt de ces paiements.

« Le feu »

la Torah l’a écrit

« afin d’y exempter ce qui est dissimulé ».

C’est-à-dire que celui qui allume le feu est exempt pour les vêtements et autres objets qui étaient dissimulés à l’intérieur de la meule qui a brûlé.

« Et selon Rabbi Yehouda, qui »

est en désaccord avec les Sages dans la Michna [plus loin, en 61b], et

rend passible pour les dommages causés par ce qui est dissimulé dans un incendie,

selon lui, il n’est pas possible d’expliquer que la Torah a écrit le feu afin d’y exempter ce qui est dissimulé ; dès lors,

« que vient-elle inclure ? »

Jusqu’ici, la Guemara a expliqué que la Torah vient exclure ; or, selon Rabbi Yehouda, qui rend passible pour ce qui est dissimulé dans un incendie, il n’y aurait rien à exclure dans le cas du feu. Nécessairement, la Torah vient inclure pour le feu une règle particulière. C’est pourquoi la Guemara a demandé : « que vient-elle inclure ? »

Mots de ce daf dans le dictionnaire