Version texte de ce daf : original et traduction

Baba Batra 96b (צו:) — le Talmud en français

Baba Batra 96b (בבא בתרא צו:): Et Chmouel a dit : même s’il a tourné au vinaigre durant les trois premiers jours, il est sous la responsabilité de l’acheteur, parce que le vin saute sur les épaules…

Texte original — Baba Batra 96b (צו:)

ושמואל אמר

: אפילו החמיצה בתוך שלשה הימים הראשונים הרי היא ברשות לוקח, משום ש

חמרא אכתפא דמאריה שוואר

[היין קופץ על כתפי הבעלים]. כלומר, מזלו של בעל היין וחטאיו הם הגורמים להחמצת היין. ויכול המוכר לומר ללוקח: מזלך גרם שהיין החמיץ!

עבד רב יוסף עובדא,

דן הלכה למעשה

כרב, בשיכרא,

בשכר שהחמיץ תוך שלשה ימים.

וכוותיה דשמואל בחמרא,

ביין שהחמיץ תוך שלשה ימים. כי ביין, מזלו של הלוקח גרם להחמיץ.

והלכתא כוותיה דשמואל

.

תנו רבנן: אחד שכר

שנעשה מ

תמרים

,

ואחד שכר

שנעשה מ

שעורים

,

ואחד שמרי יין

שנותנים מים על שמרים של יין ומשהים אותם עד שהמים קולטים את טעם השמרים. וזה נקרא "תמד",

מברכין עליהם "שהכל נהיה בדברו"

.

אחרים אומרים: שמרים שיש בהם טעם יין, מברך עליהם בורא פרי הגפן

.

רבה ורב יוסף דאמרי תרוייהו: אין הלכה כאחרים.

אלא אפילו יש בהם טעם יין מברך על השמרים שהכל נהיה בדברו.

אמר רבא: דכולי עלמא רמא תלתא ואתא ארבעה,

אם התמד כל כך חזק, שעל כל שלש כוסות של מים שנתן על השמרים נוסף עוד כוס מהיין שהיה ספוג בשמרים, ונעשו ארבעה כוסות של תמד, הרי גם תנא קמא מודה ש

חמרא הוא,

שתמד זה דינו הוא כיין, ומברכים עליו בורא פרי הגפן.

ומבארת הגמרא:

רבא לטעמיה

.

דאמר רבא: כל חמרא

יין

דלא דרי,

שאין מוסיפין עליו

על חד

חלק של יין

תלת

חלקים של

מיא

-

לא חמרא הוא.

אינו יין, לפי שהוא חזק מדי ואינו ראוי לשתיה כך עד שיוסיפו עליו מים פי שלש ממנו.

ואף כאן סובר רבא שאם המים הם פי שלש מהיין שבשמרים, יין גמור הוא.

וממשיך רבא:

רמא תלתא ואתא תלתא,

אם נתן שלש כוסות מים על השמרים ולא נוסף כלום אלא נשארו אותם שלש כוסות, גם אחרים מודים,

ולא כלום הוא.

שאין עליו דין יין, ואפילו יש בו טעם יין, שהואיל ולא נוסף עליו כלום מהשמרים, הרי הוא נחשב כמים, ומברכים עליו שהכל נהיה בדברו.

כי פליגי

תנא קמא ואחרים,

דרמא תלתא ואחא תלתא ופלגא,

כשנוסף חצי כוס על כל שלש כוסות מים שנתן על השמרים.

דרבנן סברי: תלתא עייל, תלתא נפיק.

שאותם שלש כוסות מים שנתן על השמרים יצאו חזרה.

פש ליה פלגא,

נשאר חצי הכוס הנוסף, שהוא יין שיצא מהשמרים.

ופלגא בשיתא פלגי מיא,

חצי כוס יין ביחס לשש חצאי כוסות מים,

ולא כלום הוא.

שהואיל ויש בו שביעית יין, אינו נקרא יין.

ואחרים סברי: תלתא עול, תרין ופלגא נפיק.

מתוך שלשת כוסות המים שנתן על השמרים, רק שתים וחצי מהן יצאו חזרה, ואילו חצי כוס מים נבלעה בתוך השמרים, ובמקומה יצאה חצי כוס יין מהשמרים, שדרך היין לצוף למעלה.

פש ליה כוזא.

נמצא שביחד יצא כוס שלם של יין מהשמרים.

וכוזא בתרי ופלגא,

כוס יין ביחס לשתים וחצי כוסות מים,

חמרא מעליא

יין גמור

הוא

. שהוא יותר מרבע יין, שאמרנו מקודם, שלכולי עלמא הוי יין.

ומקשינן לרבא:

וביתר מכדי מדתו, מי פליגי!?

וכי יש מי על כך שאם כמות התמד גדולה מכמות המים שנתן על השמרים, דינו כיין?

Traduction française

Et Chmouel a dit :

même s’il a tourné au vinaigre durant les trois premiers jours, il est sous la responsabilité de l’acheteur, parce que

le vin saute sur les épaules de son propriétaire

[le vin saute sur les épaules de son propriétaire]. C’est-à-dire que le destin du propriétaire du vin et ses fautes sont la cause du fait que le vin tourne au vinaigre. Et le vendeur peut dire à l’acheteur : « Ton destin a fait que le vin a tourné au vinaigre » !

Rav Yossef accomplit un acte,

il trancha la halakha en pratique

selon Rav, pour la bière,

pour une bière qui avait tourné durant les trois jours.

Et conformément à Chmouel pour le vin,

pour un vin qui avait tourné durant les trois jours. Car, pour le vin, c’est le destin de l’acheteur qui a fait qu’il a tourné.

Et la halakha est conformément à Chmouel.

Nos maîtres ont enseigné : aussi bien la bière

qui est faite de

dattes,

que la bière

qui est faite d’

orge,

que la lie du vin

sur laquelle on verse de l’eau et qu’on laisse jusqu’à ce que l’eau absorbe le goût de la lie. Cela s’appelle tamad,

on prononce sur eux : « que tout advient par Sa parole ».

D’autres disent : la lie dans laquelle il y a un goût de vin, on prononce sur elle : « qui crée le fruit de la vigne ».

Rabba et Rav Yossef disent tous deux : la halakha n’est pas conforme à « d’autres ».

Mais même lorsqu’elle a un goût de vin, on prononce sur la lie : « que tout advient par Sa parole ».

Rava dit : tout vin dont on ne fait pas ressortir

auquel on n’ajoute pas

du vin,

une part de vin

pour trois parts d’ eau —

ce n’est pas du vin.

Ce n’est pas du vin, car il est trop fort et ne convient pas à la consommation tel quel, jusqu’à ce qu’on lui ajoute une quantité d’eau trois fois supérieure à la sienne.

Et ici également, Rava pense que si l’eau représente trois fois la quantité de vin contenue dans la lie, il s’agit d’un vin complet.

Et Rava poursuit :

on a versé trois et il en est sorti trois,

si l’on a versé trois coupes d’eau sur la lie et que rien ne s’est ajouté, mais qu’il est resté trois coupes, « d’autres » admettent eux aussi,

et ce n’est rien.

Cela n’a pas le statut du vin ; même s’il a un goût de vin, puisque rien ne s’y est ajouté à partir de la lie, il est considéré comme de l’eau, et l’on prononce sur lui : « que tout advient par Sa parole ».

Ils divergent

le premier tannaï et « d’autres »,

lorsqu’on a versé trois et qu’il en est sorti trois et demi,

lorsqu’une demi-coupe s’est ajoutée pour chaque trois coupes d’eau versées sur la lie.

Car les Sages pensent : trois sont entrées, trois sont sorties.

Les trois coupes d’eau que l’on a versées sur la lie sont ressorties.

Il reste une moitié,

la demi-coupe supplémentaire, qui est le vin sorti de la lie.

Et une moitié pour six moitiés d’eau,

une demi-coupe de vin par rapport à six demi-coupes d’eau,

et ce n’est rien.

Puisqu’il ne contient qu’un septième de vin, il n’est pas appelé vin.

Et « d’autres » pensent : trois sont entrées, deux et demie sont sorties.

Des trois coupes d’eau que l’on a versées sur la lie, seules deux coupes et demie sont ressorties, tandis qu’une demi-coupe d’eau a été absorbée par la lie ; à sa place, une demi-coupe de vin est sortie de la lie, car le vin a tendance à remonter à la surface. Il reste une coupe.

Il se trouve qu’en tout, une coupe entière de vin est sortie de la lie.

Et une coupe pour deux et demie,

une coupe de vin par rapport à deux coupes et demie d’eau,

est un vin de qualité

un vin complet

.

Il représente plus d’un quart de vin, dont nous avons dit précédemment que, selon tous, il a le statut du vin.

Et nous objectons à Rava :

Et lorsqu’il y en a davantage que sa mesure, divergent-ils donc !?

Y a-t-il vraiment quelqu’un qui soutienne que, si la quantité de tamad est supérieure à la quantité d’eau versée sur la lie, il a le statut du vin ?

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