Version texte de ce daf : original et traduction
Baba Batra 92a (צב.) — le Talmud en français
Baba Batra 92a (בבא בתרא צב.): Matnitin: Le vendeur de fruits destinés à la semence ou à la consommation, à son prochain, et ni le vendeur ni l'acheteur n'explicitèrent dans leurs paroles si…
Texte original — Baba Batra 92a (צב.)
מתניתין:
המוכר פירות
העומדים לזריעה או לאכילה,
לחברו,
וסתמו ולא פירשו המוכר או הקונה בדבריהם אם נעשה הקנין לצורך זריעה או לצורך אכילה,
וזרען
הלוקח,
ולא צמחו,
מפני שהזרעים היו מקולקלים,
ואפילו
מכר לו
זרע פשתן,
ורוב זרעוני הפשתן הנמכרים בעולם מיועדים לזריעה, מכל מקום,
אינו חייב
המוכר
באחריותן
אם לא צמחו, ואין כאן מקח טעות, והמוכר אינו צריך להחזיר לקונה את כספו. כי היות ויש אנשים הקונים את זרע הפשתן לצורך אכילה, יכול המוכר לטעון ללוקח: אני מכרתי לך אותם לאכילה, והרי הם ראויים לכך! ובדיני ממונות אין הולכים אחר הרוב.
רבן שמעון בן גמליאל אומר
: אם מכר לו בסתם
זרעוני גנה,
כגון זרעוני כרוב,
שאינן נאכלין
כלל, וזרען הלוקח ולא צמחו, אזי המוכר
חייב באחריותן,
כי זה ודאי מקח טעות הוא, שהרי זרעונים אלו נועדו לזריעה, וכיון שהם לא צמחו, הרי זה כמי שקנה יין ונמצא חומץ, שהוא מקח טעות, ולכן חייב המוכר להחזיר לו את כספו.
גמרא:
איתמר: המוכר שור לחברו, ונמצא
השור שהוא
נגחן,
שאינו ראוי לחרוש בו.
רב אמר
: אם טוען הקונה שקנאו לצורך חרישה,
הרי זה מקח טעות
.
ושמואל אמר: יכול
המוכר
לומר לו
ללוקח:
לשחיטה מכרתיו לך,
ואין כאן מקח טעות.
ודנה הגמרא, מדוע נחלקו בדבר רב ושמואל:
וליחזי,
נבדוק ונווכח מי הוא הקונה,
אי
גברא דזבין לנכסתא,
אם הוא אדם שרגיל לקנות שוורים לשחיטה, כגון שהוא קצב, ואינו עובד אדמה הצריך את השור לחרוש עמו, הרי ודאי קנה את הבהמה
לנכסתא,
לשחיטה, וכאן גם רב מודה שאין כאן מקח טעות.
ו
אי לרדיא,
אם הוא אדם שרגיל לקנות שוורים לחרישה, כגון שהוא עובד אדמה ולא קצב, אם כן בודאי שהוא קנה את השור
לרדיא,
לחרישה, וגם שמואל מודה שאם המוכר נתן לו שור נגחן הרי זה מקח טעות, שהרי זה כאילו אמר לו הקונה בפירוש שימכור לו שור הראוי לחרישה!?
ומעמידה הגמרא: רב ושמואל נחלקו
בגברא דזבין להכי ולהכי,
שהקונה הוא גם טבח וגם עובד אדמה. ואין ידוע לאיזו מטרה הוא קנה את השור הזה.
אך עדיין יש לדון:
וליחזי דמי היכי נינהו!?
נבדוק כמה כסף הוא שילם עבור השור, כי שור הראוי לחרישה שוה יותר משור שאינו ראוי לחרישה אלא רק לשחיטה. ולכן, אם נמצא שהוא שילם מחיר יקר של שור הראוי לחרישה, סימן הוא שקנה את השור לחרישה, ומקח טעות הוא. ואם הוא שילם מחיר זול של שור שאינו ראוי אלא לשחיטה, סימן שהוא קנה אותו לשחיטה, ואין כאן מקח טעות. ולמה נחלקו רב ושמואל?
ומשנינן:
לא צריכא,
מחלוקתם היא באופן
דאייקר בישרא, וקם בדמי רדיא.
שהתייקר מחירם של השוורים העומדים לשחיטה, והגיע עד לגובה המחיר של שוורים לחרישה. ולכן אין כאן הוכחה מהמחיר לגבי המטרה של הקונה.
ומקשינן:
אי הכי,
שמחלוקתם היא באופן שהמחיר של שור לשחיטה שוה למחיר של שור לחרישה,
למאי נפקא מינה
במחלוקתם של רב ושמואל!? והרי הקונה לא הפסיד כלום כתוצאה מכך שהשור אינו ראוי לחרישה, ומה איכפת לו שהמקח יתקיים!?
ומתרצינן:
נפקא מינה לטירחא.
שאמנם הקונה אינו מפסיד כסף בקניה הזאת, אך הוא אינו רוצה לטרוח בשחיטת השור ובמכירת הבשר. ולכן הוא תובע לבטל את המקח, להחזיר למוכר את שורו, ולקבל בחזרה את כספו. ונחלקו רב ושמואל אם אכן המקח בטל או לא.
אך עדיין יש לדון:
היכי דמי,
באיזה אופן נחלקו רב ושמואל?
Traduction française
Matnitin:
Le vendeur de fruits
destinés à la semence ou à la consommation,
à son prochain,
et ni le vendeur ni l'acheteur n'explicitèrent dans leurs paroles si l'acquisition avait été faite en vue de la semence ou en vue de la consommation,
et qu'il les sema
l'acheteur
et qu'elles n'ont pas germé,
parce que les semences étaient gâtées.
Et même
il lui venda
des graines de lin,
et la plupart des graines de lin vendues sont destinées à la semence ; toutefois
n'est pas tenu responsable
le vendeur
de leur responsabilité
si elles n'ont pas germé, et il n'y a pas ici de mekach ta'ut, et le vendeur n'a pas besoin de rendre à l'acheteur son argent. Car il y a des gens qui achètent les graines de lin pour la consommation ; le vendeur peut alléguer à l'acheteur : je te les ai vendues pour la consommation, et elles conviennent à cela ! Et en matière de biens monétaires on ne suit pas la majorité.
Rabban Shimon ben Gamliel dit :
s'il lui vendit sans préciser
des graines potagères,
comme des graines de chou,
qui ne se consomment pas,
et l'acheteur les sema et elles n'ont pas germé, alors le vendeur
est tenu responsable,
car c'est assurément un mekach ta'ut : ces graines sont destinées à la semence, et puisqu'elles n'ont pas germé, c'est comme qui aurait acheté du vin et aurait trouvé du vinaigre, ce qui est un mekach ta'ut, et par conséquent le vendeur doit lui rendre son argent.
Guemara :
Il est dit : le vendeur vend un bœuf à son prochain, et il apparaît
le bœuf, qui
impropre au labour,
qui n'est pas apte à être employé pour labourer.
Rav dit :
si l'acheteur prétend qu'il l'avait acheté pour le labour,
alors c'est un mekach ta'ut.
Et Shmuel dit : il peut
le vendeur
lui dire
à l'acheteur
je te l'ai vendu pour l'abattage,
et il n'y a pas ici de mekach ta'ut.
et la Guemara débat : pourquoi Rav et Shmuel diffèrent-ils ?
Et voyons,
examinons et constatons qui est l'acheteur :
si
l'acheteur est un homme qui achète pour la consommation,
s'il s'agit d'une personne habituée à acheter des bœufs pour l'abattage, par exemple un boucher et non un cultivateur ayant besoin du bœuf pour labourer, alors il a certes acheté l'animal
pour la consommation,
pour l'abattage, et ici même Rav admet qu'il n'y a pas de mekach ta'ut.
et
si par contre,
s'il s'agit d'une personne qui a l'habitude d'acheter des bœufs pour le labour, par exemple un cultivateur et non un boucher, alors assurément il a acheté le bœuf
pour labour,
pour le labour ; et même Shmuel concède que si le vendeur lui donna un bœuf impropre, il s'agit d'un mekach ta'ut, car c'est comme si l'acheteur lui avait expressément dit : vends-moi un bœuf propre au labour !?
et la Guemara établit : Rav et Shmuel se sont divisés
sur le fait que l'acheteur peut être tantôt pour l'un tantôt pour l'autre,
c'est‑à‑dire que l'acheteur est à la fois cuisinier (ou boucher) et cultivateur, et l'on ne sait pas pour quelle finalité il a acheté ce bœuf.
mais il reste à discuter :
Mais voyons : comment les distinguer !?
examinons combien d'argent il a payé pour le bœuf, car un bœuf apte au labour vaut plus qu'un bœuf qui n'est apte qu'à l'abattage. Donc, si l'on trouve qu'il a payé le prix élevé d'un bœuf apte au labour, cela indique qu'il l'a acheté pour labourer, et c'est un mekach ta'ut. et si au contraire il a payé le prix bas d'un bœuf n'étant apte qu'à l'abattage, cela indique qu'il l'a acheté pour l'abattage, et il n'y a pas ici de mekach ta'ut. Et pourquoi donc Rav et Shmuel se sont‑ils divisés ?
et nous enseignons :
ce n'est pas nécessaire,
que leur divergence porte sur le cas
où le prix a augmenté parmi les gens, et il s'est établi au niveau du prix du bœuf pour labour.
c'est‑à‑dire que le prix des bœufs destinés à l'abattage est monté et a atteint celui des bœufs de labour ; par conséquent il n'y a pas de preuve par le prix quant à la finalité de l'acheteur.
et l'on objecte :
si c'est ainsi,
que leur divergence porte sur le cas où le prix d'un bœuf d'abattage est égal au prix d'un bœuf de labour,
qu'en découle‑t‑il ?
dans leur différend, et l'acheteur n'a rien perdu du fait que le bœuf n'est pas apte au labour ; qu'importe que le contrat tienne !?
et nous répondons :
la distinction porte sur le dérangement.
Car certes l'acheteur ne perd pas d'argent sur cet achat, mais il ne veut pas s'embarrasser de l'abattage du bœuf et de la vente de la viande. Ainsi il demande l'annulation du contrat, de rendre au vendeur son bœuf et d'obtenir le remboursement. Et Rav et Shmuel se sont partagés sur le fait de savoir si effectivement la vente est annulée ou non.
mais il reste à discuter :
De quelle manière,
ont‑ils divergé Rav et Shmuel ?