Version texte de ce daf : original et traduction

Baba Batra 77a (עז.) — le Talmud en français

Baba Batra 77a (בבא בתרא עז.): Amemar a dit : La halakha — - les « lettres » s’acquièrent par la remise sans acte écrit, selon les paroles de Rabbi. . Il dit : Il demanda Rav Achi à Amemar : « Cette…

Texte original — Baba Batra 77a (עז.)

אמר אמימר: הלכתא

-

"אותיות" נקנות במסירה

בלא שטר,

כ

דברי

רבי

.

אמר

, שאל,

ליה רב אשי לאמימר

: דבר זה, שפסקת הלכה כדעת רבי,

גמרא

, קבלה היא מרבותיך, היא, לפסוק כמותו, אף על פי שרבים נחלקו עליו, אבל אין בידך להוכיח כדעת רבי מסברא.

או

שמא

סברא

יש בידך, לפסוק כדעת רבי?

אמר ליה

אמימר לרב אשי: לא מסברא אני פוסק כמותו, אלא

גמרא

, כך קיבלתי מרבותי.

אמר רב אשי: סברא נמי הוא

שאין שטר קנין מועיל מאומה בקניית שטר חוב,

ד

הא מכירת

"אותיות"

, אינה מכירת ממון ממש, אלא

מילי נינהו

, דברים הוא מוכר לו.

ו

לפיכך, מסירת השטר, שהיא מעשה בידים, מועילה בקניינו של השטר.

אבל שטר קניין, שהוא עצמו אינו מעשה בידים, אלא "מילי" - דברים בעלמא, אינה מועילה, כי

"מילי"

שטר החוב,

ב"מילי"

\- שטר קנין,

לא מיקנין

.

ותמהינן:

ולא!?

וכי אין קונים מילי במילי?!

א. שטר נכתב על קניין קרקע, הן לצורך קניית הקרקע, שהרי קרקעות נקנין בכסף, בשטר ובחזקה [קידושין כז א], והן לצורך ראייה - כדי שיוכל להוכיח שהוא קנה את הקרקע, ואף אם קניית הקרקע נעשתה על ידי כסף, חזקה או קנין סודר, יש תועלת בכתיבת שטר - לראייה.

ב. בכל דבר שהוא זכות לאדם, אפשר לזכות עבורו אפילו שלא בפניו ובלא ידיעתו.

וה

א

אמר רבה בר יצחק אמר רב: שני שטרות הם

, שני דינים חלוקים זה מזה יש לומר בשטר: א. מי שאמר לשנים :

זכו בשדה

זו

לפלוני

, על ידי קניין סודר,

וכתבו לו את השטר

, לראייה בעלמא, והם זכו בשדה עבורו, ועדיין לא מסרו לו את השטר.

חוזר

, יכול הנותן לחזור בו,

בשטר

, ממה שאמר לתת למקבל שטר,

ואינו חוזר

בו

בשדה

, מהקנאת השדה.

שהרי כבר קנו את השדה עבור המקבל, ואי אפשר לבטל את הקנין למפרע, אבל יכול הוא לחזור בו, ולומר אל תכתבו את השטר, כי אינני רוצה שתהיה בידו ראיה על הקנאת השדה. ואפילו אם אמר הנותן בפירוש: כתבו ותנו, רשאי הוא לעקור את שליחותו, ואין עושים שטר בעל כרחו של נותן.

ב. מי שאמר לשנים: זכו בשדה זו לפלוני

על מנת שתכתבו לו את השטר

לראייה, הרי זה

חוזר

בו,

בין בשטר

ו

בין בשדה

.

ואפילו אם כבר זכו עבורו בשדה, כל זמן שלא מסרו לו את השטר יכול הוא לחזור בו בכל, שהרי לא עשאן שלוחין לזכות בשדה אלא עם השטר, והרי חזר בו ביחס לשטר, ואם אין הקונה מקבל את השטר, אף בשדה אינו זוכה.

עד כאן דברי רבה בר יצחק בשם רב.

ורב חייא בר אבין אמר

בשם

רב הונא: שלשה שטרות הן

, שלשה דינים חלוקים זה מזה יש לומר בשטר:

תרי

מן השלשה -

הא דאמרן

, מה שאמר רבה בר יצחק בשם רב.

ג.

אידך: אם קדם מוכר וכתב

ללוקח

את השטר

, קודם שהספיק הלוקח לקנות את הקרקע בכסף או בחזקה.

Traduction française

Amemar a dit : La halakha —

les « lettres » s’acquièrent par la remise

sans acte écrit,

selon

les paroles de

Rabbi.

Il dit :

Il demanda

Rav Achi à Amemar :

« Cette chose, par laquelle tu as tranché la halakha conformément à l’opinion de Rabbi,

est-elle une tradition

que tu as reçue de tes maîtres pour trancher comme lui, bien que la majorité soit en désaccord avec lui, mais tu n’as pas en ta possession de preuve rationnelle en faveur de l’opinion de Rabbi ? »

Ou

peut-être

une raison

est-elle en ta possession pour trancher conformément à l’opinion de Rabbi ?

Il lui dit

Amemar à Rav Achi : « Ce n’est pas sur la base d’une raison que je tranche comme lui, mais

c’est une tradition :

c’est ainsi que je l’ai reçue de mes maîtres. »

Rav Achi dit : Une raison aussi existe

: aucun acte de cession ne sert à rien pour l’acquisition d’un acte de dette,

car

la vente des

« lettres »

n’est pas véritablement une vente de biens, mais

ce sont des paroles :

il lui vend des choses verbales.

Et

par conséquent, la remise de l’acte, qui est un acte effectué par les mains, est efficace pour l’acquisition de l’acte.

Mais l’acte d’acquisition, qui n’est pas lui-même un acte effectué par les mains, mais seulement des « paroles » — de simples paroles —, n’est pas efficace, car

les « paroles » —

l’acte de dette —

par des « paroles » -

l’acte d’acquisition,

ne s’acquièrent pas.

Et nous nous étonnons :

N’est-ce pas !?

Est-il vrai que l’on n’acquiert pas des paroles par des paroles ?!

a. Un acte est rédigé lors de l’acquisition d’un terrain, à la fois pour l’acquisition du terrain, puisque les terrains s’acquièrent par l’argent, par un acte et par la prise de possession [Kiddouchin 27a], et pour servir de preuve — afin qu’il puisse démontrer qu’il a acquis le terrain. Même si l’acquisition du terrain a été effectuée par de l’argent, par la prise de possession ou par un acte de soudar, la rédaction d’un acte présente une utilité : servir de preuve.

b. Pour toute chose qui constitue un droit pour une personne, il est possible de l’acquérir pour elle, même en son absence et à son insu.

Et

a

dit Rabbah bar Its’hak au nom de Rav : Il y a deux actes

: il faut énoncer, au sujet d’un acte, deux règles différentes : a. Celui qui dit à deux hommes

« Acquérez ce champ

pour

Untel

par un acte de soudar,

et rédigez-lui l’acte

à titre de simple preuve ; ils ont acquis le champ pour lui, mais ne lui ont pas encore remis l’acte.

Il revient sur sa décision

: le donateur peut revenir sur sa décision

concernant l’acte,

sur ce qu’il avait dit de donner à l’acquéreur un acte,

mais il ne revient pas

sur sa décision

concernant le champ,

sur l’acquisition du champ.

Car ils avaient déjà acquis le champ pour l’acquéreur, et il est impossible d’annuler rétroactivement l’acquisition ; mais il peut revenir sur sa décision et dire : « Ne rédigez pas l’acte, car je ne veux pas qu’il ait en sa possession une preuve de l’acquisition du champ. » Et même si le donateur a dit explicitement : « Rédigez-le et donnez-le-lui », il peut révoquer leur mission, et l’on ne rédige pas un acte contre la volonté du donateur.

b. Celui qui dit à deux hommes : « Acquérez ce champ pour Untel »

à condition que vous lui rédigiez l’acte

à titre de preuve,

revient

sur sa décision,

aussi bien concernant l’acte

que

concernant le champ.

Et même s’ils ont déjà acquis le champ pour lui, tant qu’ils ne lui ont pas remis l’acte, il peut revenir sur tout, car il ne les a institués mandataires pour acquérir le champ qu’avec l’acte ;

or il est revenu sur sa décision concernant l’acte, et si l’acquéreur ne reçoit pas l’acte, il n’acquiert pas non plus le champ.

Telles sont les paroles de Rabbah bar Its’hak au nom de Rav.

Et Rav ‘Hiya bar Avin dit

au nom de

Rav Houna : Il y a trois actes

: il faut énoncer, au sujet d’un acte, trois règles différentes :

Deux

des trois —

ce que nous avons dit,

ce qu’a dit Rabbah bar Its’hak au nom de Rav.

c.

L’autre : si le vendeur a pris les devants et a rédigé

pour l’acquéreur

l’acte,

avant que l’acquéreur n’ait eu le temps d’acquérir le terrain par de l’argent ou par la prise de possession.

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