Version texte de ce daf : original et traduction

Baba Batra 76a (עו.) — le Talmud en français

Baba Batra 76a (בבא בתרא עו.): Et la Guemara discute les paroles de la baraïta : « otiyot » au sujet desquelles parla Rabbi Natan, Qui les a mentionnées ? Qui les a évoquées dès le début ? Or le…

Texte original — Baba Batra 76a (עו.)

ודנה הגמרא בדברי הברייתא:

"אותיות"

שדיבר עליהן רבי נתן,

מאן דכר שמייהו?

מי הזכיר אותן מתחילה!? והרי תנא קמא דיבר על ספינה בלבד, וכלל לא הזכיר את דין ה"אותיות", ואם כן, מדוע רבי נתן, שבא לחלוק על תנא קמא, הזכיר גם את דינן של ה"אותיות"!?

אלא בהכרח,

חסורי מחסרא

לשון הברייתא,

והכי קתני

:

ספינה נקנית במשיכה, ו"אותיות"

נקנות

במסירה

.

רבי נתן אומר: ספינה ו"אותיות" נקנות במשיכה ובשטר

.

והניחה הגמרא, שכך אמר רבי נתן: בין ספינה, בין "אותיות", אינן נקנים אלא על ידי שני מעשי קניין - גם משיכה וגם שטר.

ועל כך תמהה הגמרא:

שטר לספינה, למה לי!?

הרי הספינה

מטלטלי היא

, ומיד כשמשך אותה היא קנויה לו כדין כל המטלטלין שנקנים במשיכה בלבד, ולשם מה הצריך רבי נתן גם שטר כדי לקנות את הספינה!?

ומתוך קושיה זו מוכיחה הגמרא:

אלא לאו

, על כרחך

הכי קתני: ספינה נקנית במשיכה, ו"אותיות"

נקנות

במסירה

, לדברי תנא קמא.

רבי נתן אומר: ספינה

נקנית

במשיכה, ו"אותיות"

אינן נקנות במסירה בלבד, כדברי תנא קמא, אלא במסירה ו

בשטר

, ימסור לו את שטר ההלואה, וגם יתן לו "שטר מכירה" על שטר החוב.

ועתה לאחר שמבארת הגמרא את דברי תנא קמא ורבי נתן, היא חוזרת לדבריה, לשאלה לעיל, לימא כהני תנאי:

כי בדברי הברייתא יש לתמוה: הרי רבי נתן בא לחלוק על תנא קמא, ואיך אמר רבי נתן ש

ספינה

נקנית

במשיכה

, והרי

היינו תנא קמא!?

שהרי גם תנא קמא אמר שספינה נקנית במשיכה, ובמה נחלקו התנאים!?

אלא

, על כרחך,

דרב ושמואל איכא בינייהו

. והיינו, שלכולי עלמא ספינה נקנית במשיכה, ומחלוקת התנאים היא בשאלה כמה צריך למשוך את הספינה כדי לקנות אותה?

תנא קמא סובר כמו שמואל, שכדי לקנות את הספינה במשיכה צריך הוא למשוך את כולה - לעקור אותה לגמרי ממקומה הראשון.

ורבי נתן סובר כמו רב, שמספיק למשוך את הספינה משיכה כל שהיא.

ודחינן:

לא

נחלקו רבי נתן וחכמים במחלוקת רב ושמואל. אלא

דכולי עלמא

, בין רבי נתן בין חכמים, מודים בדבר, אך אין לנו בירור בדבר,

אי

כולי עלמא סבירא להו

כרב, אי

כולי עלמא סבירא להו

כשמואל

.

ובספינה

שהוזכרה בברייתא,

כולי עלמא לא פליגי

, בשום דבר.

אלא,

כי פליגי

חכמים ורבי נתן,

באותיות

הוא דפליגי.

והכי קאמר ליה רבי נתן לתנא קמא: בספינה, ודאי מודינא לך

שספינה נקנית במשיכה.

אך

ב"אותיות"

אינני מודה לך, במה שאתה, תנא קמא, סובר ש"אותיות" נקנות במסירה בלא שטר. כי לדעתי, רק

אי איכא שטר

בנוסף למסירה,

אין

, אז אכן ה"אותיות" נקנות לו, אבל

אי לא

כתב לו שטר על כך -

לא

קנה את ה"אותיות".

ואומרת הגמרא:

ובפלוגתא דהני תנאי

, מחלוקת חכמים ורבי נתן בדין מכירת שטרות, היא היא מחלוקת רבי וחכמים בברייתא דלקמן.

דתניא

בברייתא:

"אותיות" נקנות במסירה

, ואין צורך להוסיף ולכתוב לו "שטר מכירה" על כך,

דברי רבי

.

וחכמים אומרים

: אין "אותיות" נקנות אלא במסירה ובשטר.

אבל בלאו הכי,

בין

אם

כתב

לו "שטר מכירה"

ולא מסר

בידו את שטר החוב, ו

בין

אם

מסר

לו את שטר החוב בידו,

ולא כתב

לו "שטר מכירה" על כך,

לא קנה, עד שיכתוב

לו שטר מכירה על כך,

וימסור

בידו את שטר החוב עצמו.

ונמצא, שדברי רבי נתן בברייתא לעיל, הם דברי חכמים בברייתא כאן, שאמרו אין "אותיות" נקנות אלא במסירה ובשטר.

ודברי רבי בברייתא כאן, הם דברי חכמים בברייתא לעיל, שאמרו "אותיות" נקנות במסירה, ואין צורך לכתוב גם שטר מכירה על הדבר.

אך תמהה הגמרא:

במאי אוקימתא

, במה העמדת את דברי חכמים בברייתא הראשונה, הרי

כ

דברי

רבי

העמדתם, האומר "אותיות" נקנות במסירה בלא שטר, ואם כן מדוע שנינו בברייתא זו שספינה נקנית במשיכה ואותיות במסירה, שמשמע מכך שספינה אינה נקנית במסירה, והרי לדעת רבי

ספינה נמי, תיקני במסירה

, ולא רק אותיות. ומדוע צריך משיכה כדי לקנות את הספינה!?

דתניא

, שהרי שנינו בברייתא:

ספינה נקנית במסירה, דברי רבי

.

Traduction française

Et la Guemara discute les paroles de la baraïta :

« otiyot »

au sujet desquelles parla Rabbi Natan,

Qui les a mentionnées ?

Qui les a évoquées dès le début ? Or le tanna kama a parlé uniquement du navire, et n'a nullement mentionné le droit des « otiyot » ; et alors, pourquoi Rabbi Natan, qui vient contester le tanna kama, a‑t‑il aussi mentionné le din des « otiyot » !?

Mais nécessairement

incomplète par omission

le libellé de la baraïta,

et ainsi il est enseigné

Un navire s'acquiert par meshikha, et les « otiyot »

s'acquièrent

par mesira.

Rabbi Natan dit : le navire et les "otiyot" s'acquièrent par meshikha et par shtar.

Et la Guemara admet que voilà ce que dit Rabbi Natan : tant pour le navire que pour les « otiyot », on n'acquiert que par deux actes de kinyan — à savoir à la fois meshikha et shtar.

Et là‑dessus la Guemara s'étonne :

Un shtar pour le navire, pourquoi me le faut‑il ?

Car le navire

est une chose mobile

et dès qu'on la tire, elle est acquise pour lui, conformément à la loi de tous les objets mobiliers qui s'acquièrent par meshikha seul ; et pourquoi Rabbi Natan a‑t‑il besoin aussi du shtar pour acquérir le navire ?!

il n'a pas besoin d'un shtar pour cela, car tout ce qui est saisi parmi les mobiliers ne requiert pas de preuve, sa saisie est sa preuve. Et encore, un shtar pour un mobilier n'est pas efficace immédiatement. [Et l'on peut dire qu'ici le sens de l'objection est : "un shtar pour le navire, pourquoi me le faut‑il" — puisque le meshikha suffit ; "c'est une chose mobile" — et le shtar n'y est pas efficace.] b. En raison de la raison que le shtar n'acquiert pas pour les objets mobiliers, le Rashba écrivit d'abord que c'est parce qu'il est impossible de définir [de façon certaine] par shtar quel objet on a transféré ; et ainsi écrivit le Ritva. Le Rashba écrivit encore : on n'a appris les acquisitions que de l'Écriture, comme il apparaît au traité Kidushin au premier chapitre, et nous n'avons trouvé de shtar que pour la terre, car il est écrit : "et il est écrit dans un livre et scellé" [Jer. 32:44], mais pour les mobiliers nous trouvons ceci du passage "אגב" et cet "אגב" équivaut à la mesira, comme il apparaîtra plus loin, et voir là chez le Rashba que la seconde raison est la principale. Et de cette difficulté la Guemara démontre :

Non pas

nécessairement

Voici comme il est enseigné : un navire s'acquiert par meshikha, et les « otiyot »

s'acquièrent

par mesira, selon l'avis du tanna kama.

Rabbi Natan dit : un navire

s'acquiert

par meshikha, et les « otiyot »

ne s'acquièrent pas par mesira seule, selon l'avis du tanna kama, mais par mesira et

par shtar, il lui remettra le shtar du prêt, et il lui donnera aussi un "shtar de vente" sur le shtar de la dette.

Et maintenant, après que la Guemara a explicité les paroles du tanna kama et de Rabbi Natan, elle retourne à ses propos, à la question ci‑dessus, et elle dit donc, à la manière des Tannaim :

Car dans la baraïta il y a à s'étonner : voilà que Rabbi Natan vint contester le tanna kama, et comment dit‑il que

le navire

s'acquiert

par meshikha, et pourtant

c'était

le tanna kama !?

car le tanna kama aussi dit que le navire s'acquiert par meshikha, et en quoi donc les Tannaim diffèrent‑ils !?

Mais

nécessairement,

il y a entre Rav et Shmuel une divergence.

Et cela veut dire que pour le commun des gens le navire s'acquiert par meshikha, et la dispute des Tannaim porte sur la question de la mesure de la traction nécessaire sur le navire pour l'acheter. dans l'acte du kinyan — du meshikha — comment il s'opère, et la seconde divergence est dans l'objet des "otiyot", en quoi elles s'acquièrent. Et il n'y a aucun lien entre les deux sujets, et au besoin on dira : le tanna a trouvé deux sujets dans les lois du kinyan des objets mobiliers où Rabbi Natan et les Sages ont divergé, aussi il a groupé les deux dans une seule baraïta. [Voir encore la note suivante.]

Le tanna kama est d'avis comme Shmuel, qu'il faut tirer le navire entièrement pour l'acheter — arracher complètement son point d'attache premier.

Et Rabbi Natan est d'avis comme Rav, qu'il suffit de tirer le navire par une quelconque traction pour l'acheter.

Et nous concluons :

Non

— il n'y a pas divergence entre Rabbi Natan et les Sages selon la dispute Rav–Shmuel. Mais

pour tout le monde

— tant Rabbi Natan que les Sages — ils sont d'accord sur la chose, seulement nous n'avons pas de précision quant à savoir

si

pour tout le monde il leur paraît qu'ils suivent la voie de Rav

ou si

pour tout le monde il leur paraît qu'ils suivent la voie de Shmuel.

Et quant au navire

mentionné dans la baraïta,

tout le monde ne diverge pas

sur aucun point.

Mais

ce à quoi ils divergent

entre les Sages et Rabbi Natan

c'est au sujet des otiyot

— voilà où ils divergent.

Et ainsi Rabbi Natan dit au tanna kama : pour le navire, certes je consens avec toi

que le navire s'acquiert par meshikha.

Mais

pour les "otiyot"

je ne consens pas avec toi, selon que toi, tanna kama, tiens que les "otiyot" s'acquièrent par mesira sans shtar. Car à mon sens, seulement

s'il n'y a pas de shtar

en addition à la mesira

alors

les « otiyot » s'acquièrent pour lui ; mais

s'il n'a pas

rédigé un shtar à cet effet

alors

il n'a pas acquis les « otiyot ».

Et dit la Guemara :

Et dans le différend de ces Tannaim

la divergence entre les Sages et Rabbi Natan au sujet de la vente des shtarot est identique à la divergence de Rabbi et des Sages dans la baraïta ci‑dessous.

Car il est enseigné

dans la baraïta :

Les "otiyot" s'acquièrent par mesira

et il n'est pas nécessaire d'ajouter et d'écrire pour lui un "shtar de vente" pour cela — paroles de Rabbi.

Et les Sages disent

: les « otiyot » ne s'acquièrent que par mesira et par shtar.

Cependant de toute façon

que

si

il écrivit

pour lui "shtar de vente" et

n'a pas remis

dans sa main le shtar de la dette, et

ou bien

si

il remit

le shtar de la dette dans sa main

et n'écrivit pas

pour lui "shtar de vente" à ce sujet,

il n'a pas acquis, jusqu'à ce qu'il lui écrive

un shtar de vente à ce sujet

et qu'il remette

dans sa main le shtar de la dette lui‑même.

Il en résulte que les paroles de Rabbi Natan dans la baraïta ci‑dessus sont les paroles des Sages dans la baraïta ici, qui disent que les « otiyot » ne s'acquièrent que par mesira et par shtar.

Et les paroles de Rabbi dans la baraïta ici sont les paroles des Sages dans la baraïta ci‑dessus, qui ont dit que les « otiyot » s'acquièrent par mesira, et qu'il n'est pas nécessaire d'écrire aussi un shtar de vente à cet effet.

Mais la Guemara s'étonne :

dans quel sens l'as-tu établie,

en quoi as-tu établi les paroles des Sages dans la première baraïta, puisque

comme

les paroles de

Rabbi

tu les as établies, lui qui dit : « Les documents s'acquièrent par remise, sans acte. » Et si tel est le cas, pourquoi avons-nous enseigné dans cette baraïta que le navire s'acquiert par déplacement, et les documents par remise, ce qui laisse entendre que le navire ne s'acquiert pas par remise ? Or, selon Rabbi,

le navire aussi, qu'il s'acquière par remise,

et non seulement les documents. Et pourquoi faut-il un déplacement pour acquérir le navire

car il est enseigné,

puisque nous avons enseigné dans une baraïta :

Un navire s'acquiert par remise, paroles de Rabbi.

Mots de ce daf dans le dictionnaire