Version texte de ce daf : original et traduction

Baba Batra 72a (עב.) — le Talmud en français

Baba Batra 72a (בבא בתרא עב.): Mais la Guemara s’étonne : et peux-tu l’établir pour Rabbi Chimon selon Rabbi Akiva, qui dit que celui qui consacre consacre d’une manière généreuse ? Mais n’est-il pas…

Texte original — Baba Batra 72a (עב.)

אך תמהה הגמרא:

ומי מצית מוקמת לה לרבי שמעון כרבי עקיבא,

שהמקדיש בעין יפה הוא מקדיש!?

והא תניא

[ערכין יד א]:

הקדיש

אדם בתוך שדה האילן שלו

שלשה אילנות

, כשהם נטועים

ממטע

של

עשרה

אילנות

לבית סאה,

שהוא השיעור הראוי לשדה האילן, שנטיעה בצורה הזאת היא לפי הסדר הראוי לנטיעת אילנות, וכל הקרקע שבין האילנות צריכה היא לצורך האילנות,

הרי הקדיש

בכך גם

את הקרקע, ו

גם

את האילנות

הקטנים

שביניהם,

כדין המוכר שלשה אילנות, שמוכר בכך גם את הקרקע והאילנות שביניהם.

לפיכך,

כיון שהקדש האילנות הוא הקדש אחד עם הקרקע, הרי

כשהוא פודה

מההקדש את הקרקע והאילנות, הרי הוא

פודה

אותם לא לפי השיווי של האילנות לחוד והקרקע לחוד, אלא פודה את הכל לפי המחיר המיוחד והקבוע שקבעה התורה לפדיון קרקע [כאשר היא "שדה אחוזה", שירש אותה מאביו] לפי

בית זרע חומר שעורים, בחמשים שקל כסף.

דהיינו, שהפדיון הוא באופן יחסי, לפי המחיר של חמשים כסף עבור שטח הראוי לזרוע בו "חומר שעורים", ולא לפי שיווי הקרקע. לפי שאמרה תורה [ויקרא כז] "ואם משדה אחוזתו יקדיש איש לה', והיה ערכך לפי זרעו, זרע חומר שעורים בחמשים שקל כסף", והאילנות נכללות הן בכלל ה"שדה".

ואם היו פיזור האילנות

פחות מכאן

[משיעור מטע של עשרה אילנות לבית סאה], שהיו צפופים, והינם נחשבים כיער ולא כמטע, וסופם להתלש,

או

שהיו מפוזרים

יותר על כן,

שאינם נטועים כסדר הראוי לנטיעת אילנות, ואין הקרקע צריכה להם, הרי זה כמקדיש אילן לחוד ללא קרקע, שצריך לפדותו בשוויו.

או שהקדישן בזה אחר זה,

לא בתורת שדה אילן אלא כאילן בפני עצמו -

הרי זה לא הקדיש לא הקרקע ולא את

האילנות שביניהם.

לפיכך כשהוא פודה

-

פודה את האילנות בשוויהן.

ולא עוד,

ולא רק אלו, שלא הקדיש את הקרקע שביניהם אינם נפדים אלא בשוויין.

אלא, אפילו הקדיש

תחילה

את האילנות

[שאינם נטועים כסדר נטיעת האילנות, ולא קדשה הקרקע בהקדשתם],

וחזר והקדיש את הקרקע,

אין האילנות נפדים יחד עם הקרקע במחיר הקרקע, אלא,

כשהוא פודה

-

פודה את האילנות בשוויהן, וחוזר ופודה בית זרע חומר שעורים בחמשים שקל כסף.

ודנה הגמרא:

מני?

בשיטת מי אמורה הברייתא הזאת?

אי

בשיטת

רבי עקיבא

היא,

הא אמר: מוכר בעין יפה מוכר, וכל שכן מקדיש!

ולפיו גם המוכר שני אילנות הרי הוא מקדיש קרקע שביניהם, וכל שכן אם מקדיש שלשה אילנות בזה אחר זה, הרי הוא מקדיש גם קרקע ואילנות שביניהם.

אי רבנן,

החולקים על רבי עקיבא במוכר, וסוברים שבעין רעה הוא מוכר,

הא אמרי

במשנתנו, כי רק

מוכר, הוא דבעין רעה מוכר, אבל מקדיש, בעין יפה מקדיש!

אלא פשיטא,

שברייתא זו בשיטת

רבי שמעון היא,

הסובר במשנתנו שהמקדיש את השדה דינו כמוכר, שלא הקדיש את החרוב המורכב ואת סדן השקמה, ובאה הברייתא להשמיענו שסבר רבי שמעון שהמקדיש בעין רעה מקדיש בעל ענין, ולכן אם הקדיש שלשה אילנות בזה אחר זה לא הקדיש את הקרקע והאילנות שביניהם.

ומעתה יש להמשיך ולדון:

ורבי שמעון

עצמו,

אליבא דמאן

מרבותיו הוא סבור?

אי אליבא דרבי עקיבא,

שהיה רבי שמעון מתלמידיו, אי אפשר לומר כך, כי

הא אמר

רבי עקיבא ש

מוכר, בעין

יפה מוכר. וכל שכן מקדיש!

אלא פשיטא

שאמר זאת רבי שמעון

אליבא דרבנן, וקא סבר רבי שמעון,

שאליבא דרבנן דין גבוה הוא כדין הדיוט,

כי היכי דמוכר

בעין רעה מוכר, מקדיש נמי בעין רעה מקדיש, ומשייר ארעא!

Traduction française

Mais la Guemara s’étonne :

et peux-tu l’établir pour Rabbi Chimon selon Rabbi Akiva,

qui dit que celui qui consacre consacre d’une manière généreuse ?

Mais n’est-il pas enseigné [dans les Traités des Valeurs, 14a] :

celui qui consacre

dans son verger

trois arbres,

lorsqu’ils sont plantés

d’une plantation

de

dix

arbres

par séa de terre,

ce qui est la mesure convenable pour un verger, car une plantation de cette manière suit l’ordre convenable pour la plantation des arbres, et toute la terre située entre les arbres est nécessaire aux arbres,

voici qu’il a consacré

par cela également

la terre, et

également

les arbres

petits

qui sont entre eux,

selon la règle de celui qui vend trois arbres, car il vend par cela également la terre et les arbres qui sont entre eux.

C’est pourquoi,

puisque la consécration des arbres est une seule consécration avec la terre,

lorsqu’il rachète

de la consécration la terre et les arbres,

il les rachète

non pas selon la valeur des arbres séparément et de la terre séparément, mais il rachète le tout selon le prix particulier et fixe que la Torah a déterminé pour le rachat d’une terre [lorsqu’il s’agit d’un « champ patrimonial », qu’il a hérité de son père], selon

la quantité de semence d’un homer d’orge, pour cinquante sicles d’argent.

C’est-à-dire que le rachat se fait proportionnellement, selon le prix de cinquante pièces d’argent pour une superficie apte à recevoir la semence d’un « homer d’orge », et non selon la valeur de la terre. Car la Torah a dit [Lévitique 27] : « Et si un homme consacre à l’Éternel une partie de son champ patrimonial, ton évaluation sera selon sa semence, la semence d’un homer d’orge pour cinquante sicles d’argent », et les arbres sont inclus dans la catégorie du « champ ».

Et si la dispersion des arbres était

inférieure à cela [à la mesure d’une plantation de dix arbres par séa de terre],

car ils étaient serrés, et sont considérés comme une forêt et non comme une plantation, et finiront par être arrachés,

ou

s’ils étaient dispersés

davantage que cela,

car ils ne sont pas plantés selon l’ordre convenable pour la plantation des arbres, et la terre ne leur est pas nécessaire, c’est comme quelqu’un qui consacre un arbre seul sans la terre, et qui doit le racheter selon sa valeur.

Ou s’il les a consacrés l’un après l’autre,

non pas en tant que verger, mais comme un arbre à part entière —

voici qu’il n’a consacré ni la terre ni les

arbres qui sont entre eux.

C’est pourquoi, lorsqu’il les rachète —

il rachète les arbres selon leur valeur.

Et pas seulement cela,

et ce ne sont pas seulement ceux-ci, puisqu’il n’a pas consacré la terre qui est entre eux, qui ne sont rachetés que selon leur valeur.

Mais même s’il a d’abord consacré

la première fois

les arbres [qui ne sont pas plantés selon l’ordre de plantation des arbres, et la terre n’a pas été consacrée par leur consécration],

puis a consacré la terre,

les arbres ne sont pas rachetés avec la terre au prix de la terre, mais

lorsqu’il les rachète —

il rachète les arbres selon leur valeur, puis il rachète la quantité de semence d’un homer d’orge pour cinquante sicles d’argent.

Et la Guemara examine :

De qui est-elle ?

Selon l’opinion de qui cette baraïta est-elle formulée ?

Si elle est

selon

Rabbi Akiva,

elle est,

il a dit : celui qui vend vend d’une manière généreuse, et à plus forte raison celui qui consacre !

Et selon lui, même celui qui vend deux arbres consacre la terre qui est entre eux ; et à plus forte raison, s’il consacre trois arbres l’un après l’autre, il consacre également la terre et les arbres qui sont entre eux.

Si ce sont les Sages,

qui s’opposent à Rabbi Akiva au sujet de la vente et pensent que celui qui vend vend d’une manière restrictive,

ils ont dit

dans notre Michna que seul

celui qui vend vend d’une manière restrictive, mais celui qui consacre consacre d’une manière généreuse !

Mais, c’est évident,

que cette baraïta est selon

Rabbi Chimon,

qui pense dans notre Michna que le statut de celui qui consacre le champ est comme celui qui vend : il n’a pas consacré le caroubier greffé ni le tronc du sycomore ; et la baraïta vient nous enseigner que Rabbi Chimon pense que celui qui consacre consacre d’une manière restrictive dans une affaire de propriété, et que, par conséquent, s’il a consacré trois arbres l’un après l’autre, il n’a pas consacré la terre ni les arbres qui sont entre eux.

Désormais, il faut poursuivre l’examen :

Et Rabbi Chimon,

lui-même,

selon l’opinion de qui,

parmi ses maîtres, pense-t-il ?

S’il est selon l’opinion de Rabbi Akiva,

dont Rabbi Chimon était l’un des élèves, on ne peut pas le dire ainsi, car

il a dit

Rabbi Akiva que

celui qui vend vend d’une manière

généreuse. Et à plus forte raison celui qui consacre !

Mais, c’est évident

que Rabbi Chimon a dit cela

selon l’opinion des Sages, et Rabbi Chimon pense,

que selon l’opinion des Sages, le statut du domaine consacré est comme celui du domaine profane,

de même que celui qui vend

vend d’une manière restrictive, celui qui consacre également consacre d’une manière restrictive, et laisse de côté la terre !

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