Version texte de ce daf : original et traduction

Baba Batra 71b (עא:) — le Talmud en français

Baba Batra 71b (בבא בתרא עא:): Mais les arbres, qui affaiblissent le sol, car il arrive qu’ils détériorent la terre qui les entoure, le vendeur, lorsqu’il se réserve deux arbres, craint une…

Texte original — Baba Batra 71b (עא:)

אבל אילנות, דקא מכחשי בארעא,

שלעתים הם מקלקלים את הקרקע שסביבותיהם, חושש המוכר את הקרקע כאשר הוא משייר לעצמו שני אילנות, מתביעה של הלוקח נגדו בעתיד, אם לא ישייר לעצמו גם את הקרקע מסביבם. ולכן, דואג הוא גם שמא ימותו האילנות, ואז, כיון שאין לו בעלות על הקרקע,

אם איתא דלא שייר,

אם לא ישייר לו קרקע סביבם, יש לו לחשוש שמא

לימא ליה,

יאמר לו הקונה, בעל הקרקע:

עקור אילנך

שמת,

שקול, וזיל,

קח אותו לעצמך, ולך מכאן, כי אין לך זכות בקרקע ליטע אחר במקומו.

ומקשה הגמרא על רב הונא, ממשנתנו:

תנן, רבי שמעון אומר: המקדיש את השדה

-

לא הקדיש

עמה את כל הדברים שאינם נמכרים עמה,

אלא חרוב המורכב וסדן השקמה.

ותני עלה,

שנינו על דברי המשנה הללו בברייתא:

אמר רבי שמעון: מה טעם

הקדיש את החרוב והסדן בעוד ששאר הדברים שאינם נמכרים עמה הוא לא הקדיש?

הואיל ו

הם

יונקין משדה הקדש.

והוא, כשהקדיש את השדה, הקדיש את כל הקרקע של השדה [כי את הקרקע עצמה הוא מקדיש בעין יפה], ולא שייר לעצמו את הקרקע שסביבות החרוב והסדן, ונמצא שהם יונקים מהקרקע של הקדש, ולכן הם קדושים.

ואי סלקא דעתך

כדברי רב הונא, שהמוכר שני אילנות

שיורי שייר

לעצמו את הקרקע שסביבם, נמצא שגם המקדיש קרקע שיש בה סדן וחרוב, הרי הוא משייר לעצמו את הקרקע שסביבם. ואם כן, קשה, מדוע קדושים החרוב והסדן, והרי

כי קא ינקי

-

מדנפשיה קא ינקי,

יניקת החרוב והסדן היא מהקרקע ששייר המקדיש לעצמו, ולא מהקרקע של הקדש. ומדוע הם קדושים!

ומכח קושיה זו, חוזרת בה הגמרא ממה שאמרה לעיל, שחידושו של רב הונא הוא שאפילו רבי עקיבא סובר שהמוכר קרקע ושייר בה אילנות, הוא משייר לעצמו את הקרקע שסביבם, ומתרצת:

רבי שמעון, דאמר כרבי עקיבא

רבו, שכל המוכר בעין יפה הוא מוכר, ואינו משייר לעצמו אפילו את הקרקע שמסביב לאילנות, וכמו כן כל המקדיש, מקדיש את כל מה שנמכר עמה, ולכן קדושה הקרקע שמסביב לחרוב ולסדן, וכיון שהם יונקים ממנה, הרי הם קדושים מכח היניקה.

ו

אילו

רב הונא,

הסובר שהוא משייר לעצמו את הקרקע מסביב לאילנות,

דאמר כרבנן,

שמוכר וכן מקדיש, בעין רעה הוא מוכר או מקדיש, ומשייר לעצמו את הקרקע שסביב האילנות.

אלא שמעתה תמהה הגמרא: כיצד ניתן לומר שרב הונא בא לומר דבריו

כרבנן!?

והרי

פשיטא

שכך סוברים רבנן, שהרי הם סוברים שמוכר, בעין רעה הוא מוכר!

ומתרצת הגמרא שיש בדברי רב הונא חידוש אפילו לרבנן:

נפקא מינה

בדברי רב הונא, יותר מהמבואר בפירוש בדברי רבנן, הוא,

דאי נפלי,

שאם נפלו האילנות או הזקינו ויבשו,

הדר שתיל להו.

יש לו לשתול באותו מקום אילנות אחרים במקומם. ודבר זה אינו מפורש בדברי רבנן, כי היה מקום לומר שכל זכותו בקרקע מסביב היא כל עוד האילנות קיימים, וכמו בבור ודות, שלאחר שנפלו ונסתמו הבור והדות, ואי אפשר לתקנם, שוב אין לו זכות של דרך אליהם. ולכו חידש רב הונא, שלפי רבנן יש לו זכות בקרקע לעולם.

Traduction française

Mais les arbres, qui affaiblissent le sol,

car il arrive qu’ils détériorent la terre qui les entoure, le vendeur, lorsqu’il se réserve deux arbres, craint une réclamation de l’acheteur contre lui à l’avenir, s’il ne se réserve pas également la terre qui les entoure. C’est pourquoi il craint aussi que les arbres ne meurent ; alors, puisqu’il ne possède pas la terre, ")

s’il est vrai qu’il ne s’est pas réservé

s’il ne s’est pas réservé de terre autour d’eux, il doit craindre que

il ne lui dise :

l’acheteur, propriétaire de la terre :

« Arrache ton arbre

qui est mort,

prends-le et va-t’en,

prends-le pour toi et va-t’en d’ici, car tu n’as aucun droit sur la terre pour en planter un autre à sa place.

La Guemara objecte à Rav Houna à partir de notre Michna :

Nous avons appris : Rabbi Chim‘on dit : « Celui qui consacre le champ

n’a pas consacré

avec lui toutes les choses qui ne se vendent pas avec lui,

mais le caroubier greffé et le tronc du sycomore. »

Et il est enseigné à ce propos,

nous avons enseigné au sujet de ces paroles de la Michna dans une baraïta :

Rabbi Chim‘on a dit : « Pour quelle raison

a-t-il consacré le caroubier et le tronc, alors qu’il n’a pas consacré les autres choses qui ne se vendent pas avec lui ?

Puisque

ils

puisent leur nourriture dans le champ consacré. »

En consacrant le champ, il a consacré toute la terre du champ [car c’est la terre elle-même qu’il consacre généreusement], et il ne s’est pas réservé la terre qui entoure le caroubier et le tronc ; il s’ensuit qu’ils puisent leur nourriture dans la terre consacrée, et c’est pourquoi ils sont consacrés.

Et si tu pouvais penser

conformément aux paroles de Rav Houna, selon lesquelles celui qui vend deux arbres

se réserve

la terre qui les entoure, il s’ensuit que même celui qui consacre une terre où se trouvent un tronc et un caroubier se réserve la terre qui les entoure. Dès lors, il est difficile de comprendre pourquoi le caroubier et le tronc sont consacrés ; car

puisqu’ils puisent leur nourriture —

ils la puisent de leur propre [terre],

la nourriture du caroubier et du tronc provient de la terre que celui qui consacre s’est réservée, et non de la terre consacrée. Pourquoi donc sont-ils consacrés ?

À la suite de cette objection, la Guemara revient sur ce qu’elle avait dit précédemment : la nouveauté de l’enseignement de Rav Houna serait que même Rabbi Akiva considère que celui qui vend une terre et s’y réserve des arbres se réserve la terre qui les entoure ; et elle répond :

Rabbi Chim‘on parle conformément à Rabbi Akiva,

son maître, qui dit que tout vendeur vend généreusement et ne se réserve même pas la terre qui entoure les arbres. De même, celui qui consacre consacre tout ce qui se vend avec elle ; c’est pourquoi la terre qui entoure le caroubier et le tronc est consacrée, et puisqu’ils y puisent leur nourriture, ils sont consacrés en vertu de cette absorption.

Et

si

Rav Houna,

qui considère qu’il se réserve la terre qui entoure les arbres,

parle conformément aux Sages,

qui disent que le vendeur, de même que celui qui consacre, vend ou consacre avec mesquinerie, et se réserve la terre qui entoure les arbres.

Mais désormais la Guemara s’étonne : comment peut-on dire que Rav Houna est venu enseigner sa parole

conformément aux Sages !

Or

c’est évident

que telle est l’opinion des Sages, puisqu’ils considèrent que le vendeur vend avec mesquinerie !

La Guemara répond que la parole de Rav Houna comporte une nouveauté même selon les Sages :

la conséquence pratique

de la parole de Rav Houna, au-delà de ce qui est explicitement exposé dans les paroles des Sages, est

que s’ils tombent,

si les arbres tombent, ou vieillissent et se dessèchent,

il les replante ensuite.

Il a le droit de planter à cet endroit d’autres arbres à leur place. Cela n’est pas explicite dans les paroles des Sages, car on aurait pu dire que tout son droit sur la terre environnante n’existe que tant que les arbres subsistent ; de même que pour la citerne et la fosse, après leur effondrement et leur comblement, lorsqu’il est impossible de les réparer, il n’a plus de droit de passage pour y accéder. Rav Houna enseigne donc que, selon les Sages, il a un droit perpétuel sur la terre.

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