Version texte de ce daf : original et traduction
Baba Batra 66a (סו.) — le Talmud en français
Baba Batra 66a (בבא בתרא סו.): et ne reçoit pas l’impureté à son emplacement, puisque la ruche est attachée au sol, le nom d’ustensile lui est annulé et elle est considérée comme le sol ; le miel qui…
Texte original — Baba Batra 66a (סו.)
ואינה מקבלת טומאה במקומה,
כיון שהכוורת מחוברת לקרקע, בטל ממנה שם כלי, ונחשבת כקרקע, וגם הדבש שבתוכה אינו מקבל טומאה, כי הוא בטל לכוורת. [אבל אם נטלה ממקומה, הדבש מקבל טומאה].
והרודה ממנה
מן הכוורת דבש
בשבת
כשהיא במקומה, דהיינו מקום גידולו של הדבש -
חייב חטאת
כתולש מן הקרקע .
וחכמים אומרים
: הכוורת
אינה כקרקע, ואין כותבין עליה פרוזבול,
כי החיבור לקרקע אינו מבטל את שם הכלי ממנו,
ומקבלת טומאה במקומה,
וגם הדבש מקבל טומאה [שאינו צריך מחשבה כדי לקבל טומאה, כמבואר בפרק הבא דף פ א]
והרודה ממנה בשבת
-
פטור.
מבואר במשנה זו כי לדעת רבי אליעזר, אם היה כלי קודם שחיברו לקרקע, כאשר קבעו בקרקע נחשב כקרקע, [ומשום כך הדבש נחשב כקרקע] ולכאורה הברייתא של צינור לעיל, אינו כדעת רבי אליעזר כאן.
ודחינן: אין ללמוד מהמשנה של כוורת, שדעת רבי אליעזר כי כלי שחיברו לקרקע בטל ממנו שם כלי ונחשב כקרקע, כי
התם
מה שהחשיב רבי אליעזר כוורת דבורים כקרקע, הוא משום שיש בכוורת לימוד מיוחד
כדאמר רבי אלעזר טעמא!
דאמר רבי אלעזר: מאי טעמא דרבי אליעזר? דכתיב
גבי יונתן [שמואל א' יד כז]: "וישלח את קצה המטה אשר בידו
ויטבול אותה ביערת הדבש".
ומדובר שם בדבש שהיה במקום גידולו , וקשה, מה ענין יער אצל דבש? אלא הכתוב קרא לו יער, לדרוש
מה יער
-
התולש ממנו בשבת חייב חטאת, אף דבש
נחשב מחובר לקרקע, גם אם אין הכוורת מחוברת ממש לקרקע , ו
הרודה ממנו בשבת חייב חטאת,
כתולש ממחובר לקרקע!
מה שאין כן גבי צינור שעשאו כלי ואחר כך חיברו לקרקע, אפשר שמודה רבי אליעזר כי נחשב כלי ופוסל את המקוה משום שלשה לוגין מים שאובין הפוסלים את המקוה.
אם כן מנין לומדים שרבי אליעזר חולק על הברייתא שגבי צינור.
אלא
צריך לומר שלומדים כן מדברי
רבי
אליעזר דדף.
דתנן: דף
מדף
של נחתומין
שעורכים ולשים עליו את כיכרות הבצק ,
שקבעו בכותל
שחיברו לכותל,
רבי אליעזר מטהר,
כיון שכל המחובר לקרקע הרי הוא כקרקע ,
וחכמים מטמאין,
כיון שסוברים שהמדף אינו בטל לקרקע, כי כשהחליקו והכינו את המדף נעשה כלי לקבל טומאה, ואינו בטל בחיבורו לקרקע.
ומכך שלא חילקו במשנה בין אם החליקו את המדף קודם שחיברו אותו לכותל או אחרי שחיברו אותו לכותל, משמע שאין הבדל, שלדעת רבי אליעזר בין כך ובין כך כיון שהמדף מחובר לכותל נחשב כקרקע וטהור, ולדעת חכמים בין כך ובין כך, כיון שהחליק את המדף נחשב כלי המקבל טומאה.
אם כן
מני
הברייתא של צינור שחקקו? לא כדעת רבי אליעזר ולא כדעת רבנן.
כי
אי
כדעת
רבי אליעזר,
הרי הוא סובר גבי מדף של נחתומין כי
אפילו חקקו ולבסוף קבעו
בטל לקרקע ואינו נחשב כלי, ואילו בברייתא של צינור שחקקו מבואר שאם חקקו קודם שחיברו לקרקע, לא בטל ממנו שם כלי.
אי
כדעת
רבנן,
הרי הם סוברים גבי מדף של נחתומין כי
אפילו קבעו ולבסוף חקקו נמי
נחשב כלי המקבל טומאה, ואילו בברייתא מבואר שצינור שחקקו לאחר שהיה מחובר לקרקע, לא נחשב ככלי, אלא כחריץ בקרקע.
וממשנה זו גבי מדף של נחתומים אנו למדים שרבי אליעזר ורבנן אינם סוברים כדעת הברייתא גבי צינור שחקקו.
וקשה כדעת מי נאמר ברייתא זו של צינור שחקקו.
ומתרצינן:
לעולם
אפשר לפרש שדעת
רבי אליעזר היא,
וסובר כדברי הברייתא שצינור שחקקו קודם שהיה מחובר לקרקע ואחר כך חיברו לקרקע, עדיין שם כלי עליו, ולא בטל לקרקע, ופוסל את המקוה משום שלשה לוגין מים שאובין הפוסלים את המקוה.
ואין זה סתירה לדברי רבי אליעזר גבי מדף של נחתומים, כי גבי מדף של נחתומים, מדובר במדף העשוי מפשוטי כלי עץ שאין לו בית קיבול, והטעם שרבי אליעזר מטהר את המדף, כי,
ושאני פשוטי כלי עץ, דטומאה
שלו אפילו קודם שחיברו לכותל אינו אלא רק
דרבנן
, ולכן הקל רבי אליעזר בקבעו לכותל.
מה שאין כן בברייתא גבי צינור, שהמים השאובים פוסלים את המקוה מן התורה, כמו ששנינו בתורת כהנים: יכול מילא מים על כתפו ועשה מקוה בתחילה יהא טהור, תלמוד לומר [ויקרא יא לו]: "מעין" - מה מעין בידי שמים אף מקוה בידי שמים. לכן במקוה מודה רבי אליעזר שהצינור החקוק פוסל את המקוה, כי בכך שחיברו לקרקע לא בטל ממנו שם כלי שהיה עליו קודם לכן.
ומקשינן:
מכלל
תירוץ הגמרא יש ללמוד
דשאיבה דאורייתא
שדין זה שמים שאובים פוסלים במקוה הוא דין דאורייתא.
Traduction française
et ne reçoit pas l’impureté à son emplacement,
puisque la ruche est attachée au sol, le nom d’ustensile lui est annulé et elle est considérée comme le sol ; le miel qui se trouve à l’intérieur ne reçoit pas non plus l’impureté, car il est secondaire par rapport à la ruche. [Mais si on l’a retirée de son emplacement, le miel reçoit l’impureté].
Et celui qui en racle
du miel de la ruche
pendant Chabbat,
lorsqu’elle se trouve à son emplacement, c’est-à-dire à l’endroit où le miel se développe,
est passible d’une offrande expiatoire,
comme celui qui arrache quelque chose du sol.
Et les Sages disent :
la ruche
n’est pas comme le sol, et l’on n’écrit pas de prozbol sur elle,
car l’attachement au sol n’annule pas le nom d’ustensile qui lui est attribué,
et elle reçoit l’impureté à son emplacement,
et le miel reçoit également l’impureté [car il n’a pas besoin d’une pensée pour recevoir l’impureté, comme cela est expliqué au chapitre suivant, page 80a]
et celui qui en racle pendant Chabbat —
est exempt.
Il ressort de cette Michna que, selon Rabbi Éliézer, si un ustensile existait avant qu’on l’attache au sol, lorsqu’on le fixe au sol il est considéré comme le sol, [et c’est pourquoi le miel est considéré comme le sol] ; apparemment, la bبلاغe du conduit citée plus haut ne suit donc pas l’opinion de Rabbi Éliézer ici.
Et nous rejetons : on ne peut pas déduire de la Michna de la ruche que Rabbi Éliézer pense qu’un ustensile attaché au sol perd son nom d’ustensile et est considéré comme le sol, car
là-bas,
si Rabbi Éliézer a considéré une ruche d’abeilles comme le sol, c’est parce qu’il y a dans le cas de la ruche un enseignement particulier,
comme Rabbi Éléazar en a dit la raison !
Car Rabbi Éléazar a dit : quelle est la raison de Rabbi Éliézer ? Comme il est écrit
au sujet de Jonathan [I Samuel 14, 27] : « Et il étendit l’extrémité du bâton qui était dans sa main
et le trempa dans la forêt de miel. »
Il s’agissait là d’un miel qui se trouvait à l’endroit où il se développait , et il est difficile de comprendre : quel rapport y a-t-il entre une forêt et le miel ? Mais le verset l’a appelé une forêt, afin de déduire :
de même qu’une forêt —
celui qui en arrache quelque chose pendant Chabbat est passible d’une offrande expiatoire, de même le miel
est considéré comme attaché au sol, même si la ruche n’est pas réellement attachée au sol , et
celui qui en racle pendant Chabbat est passible d’une offrande expiatoire,
comme celui qui arrache une chose attachée au sol !
Il n’en va pas de même pour le conduit qui a été creusé afin d’en faire un ustensile, puis attaché au sol : il est possible que Rabbi Éliézer admette qu’il est considéré comme un ustensile et qu’il rende le mikvé impropre en raison des trois log d’eau puisée qui rendent le mikvé impropre.
D’où apprend-on donc que Rabbi Éliézer est en désaccord avec la b承e concernant le conduit ?
Mais
il faut dire que nous l’apprenons des paroles de
Rabbi
Éliézer de la page.
Car nous avons appris : une planche —
une planche
de boulangers
sur laquelle ils disposent et pétrissent les pains de pâte ,
qu’ils ont fixée dans un mur
c’est-à-dire qu’ils l’y ont attachée,
Rabbi Éliézer la déclare pure,
puisque tout ce qui est attaché au sol est comme le sol ,
et les Sages la déclarent impure,
car ils pensent que la planche ne devient pas secondaire par rapport au sol : lorsqu’on l’a lissée et préparée, elle est devenue un ustensile susceptible de recevoir l’impureté, et son attachement au sol ne l’annule pas.
Et du fait que la Michna n’a pas distingué entre le cas où l’on a lissé la planche avant de la fixer au mur et celui où on l’a lissée après l’avoir fixée au mur, il ressort qu’il n’y a pas de différence : selon Rabbi Éliézer, dans les deux cas, puisque la planche est attachée au mur, elle est considérée comme le sol et est pure ; et selon les Sages, dans les deux cas, puisque la planche a été lissée, elle est considérée comme un ustensile qui reçoit l’impureté.
Si tel est le cas,
de qui
est la báraïta du conduit qui a été creusé ? Elle ne suit ni l’opinion de Rabbi Éliézer ni celle des Rabbaniens.
Car
si
selon l’opinion de
Rabbi Éliézer,
puisqu’il pense, à propos de la planche des boulangers, que
même s’ils l’ont creusée et l’ont ensuite fixée,
elle devient secondaire par rapport au sol et n’est pas considérée comme un ustensile, tandis que la báraïta du conduit qui a été creusé enseigne que, si on l’a creusé avant de l’attacher au sol, son nom d’ustensile ne lui est pas annulé.
Si
selon l’opinion des
Rabbaniens,
puisqu’ils pensent, à propos de la planche des boulangers, que
même s’ils l’ont fixée et l’ont ensuite creusée également,
elle est considérée comme un ustensile qui reçoit l’impureté, tandis que la báraïta enseigne que le conduit creusé après avoir été attaché au sol n’est pas considéré comme un ustensile, mais comme une rigole dans le sol.
Et c’est de cette Michna concernant la planche des boulangers que nous apprenons que Rabbi Éliézer et les Rabbaniens ne suivent pas l’opinion de la báraïta concernant le conduit qui a été creusé.
Une difficulté se présente : selon l’opinion de qui cette báraïta du conduit qui a été creusé a-t-elle été énoncée ?
Et nous répondons :
toujours,
il est possible d’expliquer que l’opinion de
Rabbi Éliézer est,
et qu’il pense comme les paroles de la báraïta : lorsqu’un conduit a été creusé avant d’être attaché au sol, puis attaché au sol, le nom d’ustensile demeure sur lui et il ne devient pas secondaire par rapport au sol ; il rend donc le mikvé impropre en raison des trois log d’eau puisée qui rendent le mikvé impropre.
Cela ne contredit pas les paroles de Rabbi Éliézer concernant la planche des boulangers, car, à propos de la planche des boulangers, il s’agit d’une planche faite d’un simple ustensile de bois qui n’a pas de réceptacle ; et la raison pour laquelle Rabbi Éliézer déclare la planche pure est que
mais le cas des simples ustensiles de bois est différent, car leur impureté
même avant qu’on les fixe au mur n’est que
rabbinique ,
et c’est pourquoi Rabbi Éliézer s’est montré indulgent lorsqu’on l’a fixée au mur.
En revanche, dans la báraïta concernant le conduit, l’eau puisée rend le mikvé impropre selon la Torah, comme nous l’avons appris dans la Torat Cohanim : peut-on dire que celui qui a rempli d’eau un récipient porté sur son épaule et a constitué initialement un mikvé le rendrait pur ? Le verset dit : [Lévitique 11, 36] « une source » — de même qu’une source provient des mains du Ciel, de même un mikvé doit provenir des mains du Ciel. C’est pourquoi, concernant le mikvé, Rabbi Éliézer admet que le conduit creusé rend le mikvé impropre, car le fait de l’avoir attaché au sol n’a pas annulé le nom d’ustensile qu’il portait auparavant.
Et nous objectons :
du fait
de la réponse de la Guemara, on peut apprendre
que l’eau puisée relève de la Torah —
c’est-à-dire que cette loi selon laquelle l’eau puisée rend le mikvé impropre est une loi de la Torah.