Version texte de ce daf : original et traduction

Baba Batra 44b (מד:) — le Talmud en français

Baba Batra 44b (בבא בתרא מד:): Et la raison de la fin de la michna que nous avons enseignée : « Il lui a vendu une vache, il lui a vendu un vêtement, il témoigne en sa faveur à leur sujet, car sa…

Texte original — Baba Batra 44b (מד:)

וטעם הסיפא ששנינו: מכר לו פרה מכר לו טלית, מעיד לו עליה מפני שאין אחריותו עליו, הוא משום:

ודוקא בית או שדה

אין מעיד לו עליה, שהרי בעל חובו של המוכר יגבנה,

אבל פרה וטלית

הרי זה מעיד לו עליה, ומשום ד

לא מיבעיא

בסתמא

[שלא ייחד לו הלוה למלוה את הפרה או הטלית בפירוש לגבות מהם],

דלא משתעבדא ליה

למלוה הפרה או הטלית לגבות ממנה -

ו

מאי טעמא

אינם משתעבדים לו? משום ד

מטלטלי נינהו, ומטלטלי לבעל חוב לא משתעבדי

[אין מטלטלין משתעבדים לבעל חוב אלא קרקעות בלבד];

ואף על גב דכתב ליה

הלוה למלוה לשון סתמית "תגבה אפילו

מגלימא דעל כתפיה

[מהבגד שעל כתפיו] ",

הני מילי

שגובה מהם הלוה בכגון

דאיתנייהו בעינייהו

[שהם בעין, כלומר, שהם ביד הלוה],

אבל ליתנהו בעינייהו

, כלומר, שהם לא ביד הלוה אלא מכרם -

לא;

ולכן לא מיבעיא כששיעבד לו סתם שמעיד המוכר עליה -

אלא אפילו עשאו אפותיקי

[ייחד לו בפירוש את הפרה והטלית לגבות מהם]

נמי לא

משתעבדים הפרה והטלית שביד הלוקח לבעל חובו של מוכר, ומעיד לו המוכר עליה, ו

מאי טעמא?

כדרבא! דאמר רבא

:

עשה

את

עבדו אפותיקי

לבעל חובו,

ומכרו

ללוקח,

בעל חוב גובה ממנו;

אבל אם עשה את

שורו וחמורו אפותיקי, ומכרו, אין בעל חוב גובה ממנו

.

מאי טעמא?

כי

האי

שעבוד עבד כאפותיקי -

אית ליה קלא

יש לו קול, והיה ללוקח להיזהר שלא לקנותו, וכיון שלא נזהר, הפסיד.

ו

אילו

הא

שעבוד שור או חמור כאפותיקי -

לית ליה קלא

, ולא ידעו הלקוחות מהשעבוד, וכדי שלא להפסידם אינו גובה מהם.

ואכתי מקשינן: למה מעיד המוכר ללוקח על פרה וטלית, ומשום שאינם משועבדים לבעל חובו לגבות מהם!?

וליחוש

דילמא אקני ליה

[שעבד לו המוכר לבעל חובו]

מטלטלי אגב מקרקעי

, ואז אף המטלטלים משתעבדים לבעל החוב, וכ

דאמר רבה: אי אקני ליה

[אם שעבד לו]

מטלטלי אגב מקרקעי

, הרי המלוה

גובה מקרקעי וגובה

גם

מטלטלי

ואמר רב חסדא: והוא דכתב ליה

הלוה לבעל חובו כששעבד לו מטלטלין אגב קרקע: שהשעבוד הוא "

דלא כאסמכתא

,

ודלא כטופסי דשטרי

[הם שטרות העשויים להעתיק מהם שטרות, ולא נכתבו לגבות לגבות בהם, ואין בהם ממש] ".

ומשנינן:

הכא

בברייתא ששנינו: מכר לו פרה מכר לו טלית מעיד לו עליה -

במאי עסקינן

: ב

כגון שלקח

את הפרה והטלית מאחר

ומכר

אותם לזה

לאלתר

, כך, שאי אפשר שילוה בינתיים וישעבד אותם למלוה.

ומקשינן עלה:

וליחוש דילמא

"

דאיקני

"

הוא

, כלומר, והרי יש לחוש שמא לוה קודם שקנה את הפרה והטלית, ושעבד לו למלוה אגב קרקע את המטלטלים שהוא יקנה בעתיד, ואם כן מיד שקנה אותם המוכר נשתעבדו למלוה, ואכתי תיקשי: למה מעיד הוא, והרי באופן זה נמצא שהוא מעמידם בפני בעל חובו!? -

ומאחר שלא חיישינן לזה אם כן האם

שמעת מינה

לפשוט מה שנסתפקה הגמרא לקמן בפרק מי שמת, שאם שעבד לו מה "

דאיקני

" [שעתיד הוא לקנות], ו

קנה ומכר

, או ש

קנה והוריש לא משתעבד

, ומשום שאין אדם משעבד דבר שלא בא לעולם!?

ומשנינן: לעולם יש לומר דאם כתב "דאיקני" הרי זה משתעבד, ומיהו הברייתא שאינה חוששת לשעבוד אגב קרקע, אינו משום הטעם האמור לעיל, אלא

לא צריכא

, כלומר, ברייתא זו עוסקת בכגון

דקאמרי עדים

"

ידעינן ביה בהאי

לוה,

דלא הוה ליה ארעא מעולם

[יודעים אנו שלא היה לו קרקע מעולם] ", ואם כן אינו יכול לשעבד מטלטלין אגב קרקע, ולכן מעיד הוא על פרה וטלית שמכר.

ואכתי מקשינן: למה מעיד הוא לו על פרה וטלית, והרי אם כי אין לחוש לנגיעה משום שמעמידה בפני בעל חובו, וכפי שנתבאר; הרי מכל מקום נוגע הוא, שהרי אם יזכה המערער, נמצא שמכר לו זה את שאינו שלו,

והאמר רב פפא

:

אף על גב דאמור רבנן: המוכר שדה לחבירו שלא באחריות ובא בעל חוב וטרפה

מן הלוקח,

אינו חוזר עליו;

מכל מקום אם

נמצאת שאינה שלו

, הרי זה

חוזר עליו

, ואפילו אם כתב במפורש שהמכירה היא שלא באחריות.

ואם כן הרי נוגע בעדות הוא, שלא יזכה המערער בערעורו!?

ומשנינן:

הכא במאי עסקינן: במכיר בה

הלוקח

שהיא בת חמורו

, יודע והודה הלוקח, שפרה וטלית אלו של המוכר הם, ואם כן שוב אינו יכול לתבוע את המוכר, שהרי הודה לו שהדין עמו ולא עם המערער.

ורב זביד

נחלק על רב פפא ו

אמר: אפילו נמצאת שאינה שלו אינו חוזר

הלוקח

עליו

, משום

דאמר ליה

המוכר ללוקח "

להכי זביני לך, שלא באחריות

", לכך מכרתי לך וכתבתי מפורש שאיני מוכר לך באחריות, כדי לכלול אף מקרה זה.

גופא: אמר רבין בר שמואל משמיה דשמואל: המוכר שדה לחבירו שלא באחריות, אינו מעיד לו עליה, מפני שמעמידה בפני בעל חובו

.

ומקשינן עלה:

היכי דמי!?

Traduction française

Et la raison de la fin de la michna que nous avons enseignée : « Il lui a vendu une vache, il lui a vendu un vêtement, il témoigne en sa faveur à leur sujet, car sa responsabilité ne lui incombe pas », est la suivante :

et cela précisément pour une maison ou un champ

il ne témoigne pas en sa faveur à leur sujet, puisque le créancier du vendeur les saisira,

mais pour une vache et un vêtement

il témoigne en sa faveur à leur sujet ; et c’est parce que

ce n’est même pas nécessaire !

en termes généraux [

sans que l’emprunteur ait expressément désigné au prêteur la vache ou le vêtement afin qu’il les saisisse],

ils ne lui sont pas affectés

au prêteur, afin qu’il les saisisse,

et

pour quelle raison

ne lui sont-ils pas affectés ? C’est parce que

ce sont des biens meubles, et les biens meubles ne sont pas affectés au créancier [

les biens meubles ne sont affectés au créancier que les biens fonciers בלבד] ;

et bien qu’il lui ait écrit

l’emprunteur au prêteur, en termes généraux : « Tu saisiras même

du vêtement qui est sur ses épaules [

du vêtement qui est sur ses épaules] »,

cela ne s’applique

qu’au cas où l’emprunteur les saisit, comme

lorsqu’ils sont présents eux-mêmes [

qu’ils sont présents, c’est-à-dire qu’ils sont entre les mains de l’emprunteur],

mais lorsqu’ils ne sont pas présents eux-mêmes,

c’est-à-dire qu’ils ne sont pas entre les mains de l’emprunteur, mais qu’il les a vendus —

non ;

et c’est pourquoi ce n’est même pas nécessaire lorsque le vendeur lui a affecté ses biens en termes généraux, qu’il témoigne en sa faveur à leur sujet —

Mais même s’il en a fait une apotiki [

il lui a expressément désigné la vache et le vêtement afin qu’il les saisisse]

non plus

la vache et le vêtement qui se trouvent entre les mains de l’acquéreur ne sont-ils pas affectés au créancier du vendeur, et le vendeur témoigne en sa faveur à leur sujet ; et

pour quelle raison ?

Comme l’a dit Rava ! Car Rava a dit :

S’il a fait

son

esclave une apotiki

pour son créancier,

et l’a vendu

à un acquéreur,

le créancier recouvre sur lui ;

mais s’il a fait son

taureau ou son âne une apotiki et l’a vendu, le créancier ne recouvre pas sur lui.

Pour quelle raison ?

Car

celui-ci —

l’affectation de l’esclave comme apotiki —

a une publicité

il a une notoriété, et l’acquéreur devait prendre garde à ne pas l’acheter ; et puisqu’il n’a pas pris garde, il a subi la perte.

Et

si

celui-ci —

l’affectation du taureau ou de l’âne comme apotiki —

n’a pas de publicité,

les acquéreurs ne connaissaient pas l’affectation ; et afin de ne pas leur faire subir de perte, le créancier ne recouvre pas sur eux.

Et nous objectons encore : pourquoi le vendeur témoigne-t-il en faveur de l’acquéreur au sujet de la vache et du vêtement, au motif qu’ils ne sont pas affectés à son créancier pour qu’il les saisisse !?

Et craignons

peut-être lui a-t-il acquis [

le vendeur les a affectés à son créancier]

les biens meubles avec les biens fonciers,

et alors même les biens meubles sont affectés au créancier, comme

Rabba l’a dit : s’il lui a acquis [

s’il les lui a affectés]

les biens meubles avec les biens fonciers,

le prêteur

recouvre sur les biens fonciers et recouvre

également

sur les biens meubles —

Et Rav Hisda a dit : et à condition qu’il lui ait écrit

l’emprunteur à son créancier, lorsqu’il lui a affecté les biens meubles avec le bien foncier, que l’affectation est

sans asmakhta,

et non selon les modèles d’actes [

ce sont des actes préparés pour être copiés afin d’en faire d’autres, et qui n’ont pas été rédigés pour recouvrer au moyen d’eux ; ils sont dépourvus de valeur] ».

Et nous répondons :

ici

dans la baraïta que nous avons enseignée : « Il lui a vendu une vache, il lui a vendu un vêtement, il témoigne en sa faveur à leur sujet » —

de quoi s’agit-il :

d’un cas

où il a acheté

la vache et le vêtement d’une autre personne,

et les a vendus

à celui-ci

immédiatement,

de sorte qu’il est impossible qu’entre-temps il ait emprunté et les ait affectés à son prêteur.

Et nous objectons à ce sujet :

et craignons peut-être que

« ce que j’acquerrai »

soit le cas,

c’est-à-dire : il faut pourtant craindre qu’il ait emprunté avant d’acheter la vache et le vêtement, et qu’il ait affecté à son prêteur, avec un bien foncier, les biens meubles qu’il acquerrait à l’avenir ; dans ce cas, dès que le vendeur les a acquis, ils ont été affectés au prêteur. Et l’objection subsiste : pourquoi témoigne-t-il en sa faveur ? Dans ce cas, il se trouve pourtant qu’il les met à la disposition de son créancier !? —

Et puisque nous ne craignons pas cela, peut-on alors

en déduire

la solution du doute soulevé plus loin par la Guemara, dans le chapitre « Celui qui meurt », à savoir que s’il lui a affecté

ce qu’il acquerra [

qu’il doit acquérir à l’avenir], et

qu’il a acquis puis vendu,

ou qu’il

a acquis puis transmis en héritage, cela n’est pas affecté,

parce qu’une personne n’affecte pas une chose qui n’est pas encore venue au monde !?

Et nous répondons : on peut toujours dire que s’il a écrit « ce que j’acquerrai », la chose est affectée ; cependant, la baraïta, qui ne tient pas compte d’une affectation avec un bien foncier, ce n’est pas pour la raison dite plus haut, mais

ce n’est pas nécessaire,

c’est-à-dire que cette baraïta traite d’un cas

où des témoins disent : «

Nous savons à son sujet

qu’il a emprunté

qu’il n’a jamais possédé de bien foncier [

nous savons qu’il n’a jamais possédé de bien foncier] » ; dans ce cas, il ne peut pas affecter des biens meubles avec un bien foncier, et c’est pourquoi il témoigne au sujet de la vache et du vêtement qu’il a vendus.

Et nous objectons encore : pourquoi témoigne-t-il en sa faveur au sujet de la vache et du vêtement ? Même s’il n’y a pas lieu de craindre qu’il ait un intérêt, du fait qu’il les met à la disposition de son créancier, comme cela a été expliqué, il a néanmoins un intérêt, car si le contestataire obtient gain de cause, il se trouvera que celui-ci lui a vendu ce qui ne lui appartenait pas,

or Rav Papa a dit :

Bien que les Sages aient dit : celui qui vend un champ à son prochain sans garantie, puis qu’un créancier vient le saisir

auprès de l’acquéreur,

celui-ci ne peut pas se retourner contre lui ;

néanmoins, si

il s’avère que le champ ne lui appartenait pas,

il

peut se retourner contre lui,

même s’il a explicitement écrit que la vente était sans garantie.

Dans ce cas, il a un intérêt dans le témoignage, afin que le contestataire n’obtienne pas gain de cause dans sa contestation !?

Et nous répondons :

de quoi s’agit-il ici ? D’un cas où l’acquéreur reconnaît

lui

qu’elle est la fille de son âne,

l’acquéreur sait et a reconnu que cette vache et ce vêtement appartiennent au vendeur ; dans ce cas, il ne peut plus poursuivre le vendeur, puisqu’il a reconnu que celui-ci a raison et non le contestataire.

Et Rav Zevid

s’opposa à Rav Papa et

dit : même s’il s’avère que le bien ne lui appartient pas, l’acquéreur ne peut pas se retourner

contre lui,

contre le vendeur,

parce que

il lui dit

le vendeur à l’acquéreur :

« C’est pour cela que je te l’ai vendu : sans garantie »,

c’est pour cela que je te l’ai vendu et que j’ai explicitement écrit que je ne te le vendais pas avec garantie, afin d’inclure également ce cas.

En revenant au sujet : Ravin bar Chemouel a dit au nom de Chmouel : celui qui vend un champ à son prochain sans garantie ne témoigne pas en sa faveur à son sujet, car il le met à la disposition de son créancier.

Et nous objectons à ce sujet :

quel est le cas !?

Mots de ce daf dans le dictionnaire