Version texte de ce daf : original et traduction

Baba Batra 33a (לג.) — le Talmud en français

Baba Batra 33a (בבא בתרא לג.): Mais en dehors de cette dette, j’avais encore d’autres zouzim auprès de lui — il avait envers moi une dette supplémentaire, pour laquelle je possède un billet de dette…

Texte original — Baba Batra 33a (לג.)

ו

אולם מלבד חוב זה

הוה לי

עוד

זוזי אחריני גביה

[חייב היה לי חוב נוסף] שיש לי שטר חוב עליו.

ואכלתה שני משכנתא

, [סיימתי לאכול את מספר השנים שנקבע בינינו]; אך לא החזרתי את הקרקע ליתומים, ומתוך כך יצא עלי קול שאני אוכל קרקע של יתומים.

ואולם אני המשכתי לאכול בגלל שטר החוב הנוסף שיש לי על היתומים; ומה שלא באתי לבית הדין לתבוע את החוב, ויגבוני בית הדין, הוא משום ד

אמינא

בלבי:

אי מהדרנא ארעא ליתמי, ואמינא

לבית דין

דאית לי זוזי אחריני גבי אבוכון

, [אם אחזיר את הקרקע ליתומים, ואתבעם בבית הדין על פי השטר שבידי על החוב האחר], הרי

אמור רבנן

: "

הבא ליפרע מנכסי יתומים, לא יפרע אלא בשבועה

" שעדיין לא פרעני אביהם חוב זה, ונמצא שהיה בית הדין מחייבני להשבע קודם שיגבו את ההלואה מן היתומים; ואני איני רוצה להישבע ואפילו באמת -

ואם כן חשבתי בלבי:

אכבשיה לשטר משכנתא בידי, ואוכלה שיעור זוזי

[אסתיר את שטר המשכנתא בה כתוב שאין אני בעל השדה, ואמשיך לאכול מעבר לזמן שנקבע עד שיכוסה אף החוב השני], ואין לתבוע ממני להישבע למפרע, משום דלגבי למפרע נאמן אני בלי שבועה

דמיגו דאי בעינא אמינא

[אילו היתי רוצה לטעון]: "

לקוחה היא בידי

" והוה

מהימנא

שהרי כבר אכלתיה שני חזקה,

כי אמינא

נמי "

דאית לי זוזי גבייכו

" [אף בטענת "ממון יש לי אצלכם"] -

מהימנא

אפילו בלי שבועה.

אמר ליה

אביי לרבא בר שרשום: אין זה מיגו טוב, שהרי "

לקוחה היא בידי

"

לא מצית אמרת

[אינך יכול לטעון],

דהא איכא עלה קלא דארעא דיתמי היא

[שהרי יצא הקול ששל יתומים היא הקרקע]!

אלא זיל אהדרה ניהלייהו, וכי גדלי יתמי אשתעי דינא בהדייהו

, [לך והחזר את הקרקע ליתומים, וכשיגדלו היתומים תתבע אותם לדין], ואז תישבע שלא פרע אביהם את החוב, ותגבה מהם את חובך.

מעשה ב

קריביה דרב אידי בר אבין

, ד

שכיב ושבק דיקלא, רב אידי בר אבין אמר: "אנא קריבנא טפי

", ו

אתא ההוא גברא

ו

אמר

: "

אנא קריבנא טפי

", [קרובו של רב אידי בר אבין מת והניח דקל לקרוביו, ונתעמתו רב אידי בר אבין וקרוב אחר, מי הוא הקרוב יותר למת שיזכה הוא בירושת הדקל], ולא היו ראיות לא לזה ולא לזה.

והיה אותו אדם אלים מרב אידי בר אבין, ואכל את פירות הדקל, שכך הוא הדין בספק כעין זה "כל דאלים גבר", עד ש

לסוף אודי ליה

ההוא גברא לרב אידי,

ד

אכן

איהו

רב אידי -

קריב טפי

, [לבסוף הודה אותו אדם, שאכן רב אידי הוא הקרוב יותר], ו

אוקמה רב חסדא בידיה

, [והעמיד רב חסדא את הדקל ברשותו של רב אידי].

אמר ליה

רב אידי בר אבין לרב חסדא: היות והודה זה שאני הוא הקרוב יותר, אם כן שלא בדין היה זה אוכל את פירות הדקל עד עכשיו, ותובע אני "

ליהדר לי פירי דאכל מההוא יומא עד השתא

, [יחזיר לי את דמי הפירות שאכל מיום שהתחיל לאוכלו ועד היום] "!

אמר

רב חסדא: וכי

זה

רב אידי -

הוא שאומרים עליו

"

אדם גדול הוא

"!? והרי

אמאן קא סמיך מר, אהאי, הא קאמר דאנא מקרבנא טפי

-

הרי אין לך ראיה כלל שאתה הוא הקרוב יותר, אלא שעל הודאתו של זה אתה סומך; והודאה זו עכשיו היתה, ואילו עד עכשיו היה טוען שהוא הקרוב יותר, ובדין היה אוכל את הפירות שהרי "כל דאלים גבר", ואין לך עליו ולא כלום.

ואולם

אביי ורבא לא סבירא להו

ל

הא דרב חסדא

,

Traduction française

Mais

en dehors de cette dette,

j’avais

encore

d’autres zouzim auprès de lui

— il avait envers moi une dette supplémentaire, pour laquelle je possède un billet de dette sur lui.

Et j’avais consommé les deux années de la michkanta,

c’est-à-dire : j’avais achevé de consommer le nombre d’années fixé entre nous ; mais je n’avais pas rendu le terrain aux orphelins. De ce fait, une rumeur s’était répandue à mon sujet : je consommais le terrain des orphelins.

Mais j’ai continué à consommer les fruits en raison du billet de dette supplémentaire que je possède contre les orphelins ; et si je ne suis pas venu au tribunal pour réclamer la dette, afin que le tribunal me la fasse recouvrer, c’est parce que

je me disais

en moi-même :

Si je rends le terrain aux orphelins et que je dis

au tribunal

que j’ai d’autres zouzim auprès de votre père

, c’est-à-dire : si je rends le terrain aux orphelins et que je les poursuis au tribunal en vertu du billet que je détiens pour l’autre dette, alors

les Sages ont dit : «

Celui qui vient recouvrer une dette sur les biens d’orphelins ne la recouvrera qu’avec serment »,

c’est-à-dire qu’il devra jurer que leur père ne lui a pas encore payé cette dette ; le tribunal m’obligerait donc à jurer avant de recouvrer le prêt auprès des orphelins. Or je ne veux pas jurer, même en disant la vérité —

Et alors je me suis dit en moi-même :

Je garderai caché dans ma main le billet de la michkanta et je consommerai une valeur de zouzim

, c’est-à-dire : je cacherai le billet de la michkanta, sur lequel il est écrit que je ne suis pas le propriétaire du champ, et je continuerai à le consommer au-delà de la durée fixée, jusqu’à ce que la seconde dette soit elle aussi couverte. On ne pourra pas m’obliger à jurer rétroactivement, car, pour ce qui est du passé, je suis digne de foi sans serment,

car, puisque, si je le voulais, je pourrais dire

— si je voulais prétendre :

« Il est acheté par moi »,

et je serais

digne de foi,

puisque je l’ai déjà consommé durant les années de présomption de possession ;

lorsque je dis

également :

« J’ai de l’argent auprès de vous »

, c’est-à-dire : même en formulant l’allégation « j’ai une somme d’argent auprès de vous » —

je suis digne de foi

même sans serment.

Abayé lui dit

à Rava bar Charchoum : Ce n’est pas un bon migo, car

« Il est acheté par moi »,

tu ne peux pas le dire

tu ne peux pas prétendre cela,

car une rumeur s’est répandue à son sujet : le terrain appartient aux orphelins

, puisque la rumeur s’est répandue que le terrain appartenait aux orphelins !

Mais va, rends-le-leur ; et quand les orphelins grandiront, plaide en justice avec eux

, c’est-à-dire : va rendre le terrain aux orphelins et, lorsqu’ils auront grandi, poursuis-les en justice ; alors tu jureras que leur père n’a pas payé la dette, et tu recouvreras auprès d’eux ta créance.

Une affaire concernait

un proche de Rav Idi bar Avin,

qui

mourut et laissa un palmier. Rav Idi bar Avin dit : “Je suis le plus proche”,

et

un certain homme vint

et

dit :

« Je suis le plus proche »,

c’est-à-dire : le proche de Rav Idi bar Avin mourut et laissa un palmier à ses proches. Rav Idi bar Avin et un autre proche se disputèrent donc pour savoir lequel était le plus proche du défunt et hériterait du palmier ; mais ni l’un ni l’autre ne possédait de preuves.

Cet homme était plus puissant que Rav Idi bar Avin et consomma les fruits du palmier, car telle est la règle dans un cas douteux de ce genre : « Celui qui est le plus puissant l’emporte », jusqu’à ce que

finalement il lui avoua

à Rav Idi

que

c’était bien

lui

— Rav Idi —

qui était le plus proche,

c’est-à-dire : finalement, cet homme reconnut que Rav Idi était le plus proche ; et

Rav Hisda le plaça entre ses mains

, c’est-à-dire que Rav Hisda plaça le palmier sous l’autorité de Rav Idi.

Il lui dit

Rav Idi bar Avin à Rav Hisda : puisque celui-ci a reconnu que c’est moi qui suis le plus proche, il s’ensuit qu’il a consommé jusqu’à présent les fruits du palmier sans droit ; je réclame donc :

« Qu’il me restitue les fruits qu’il a consommés depuis ce jour jusqu’à maintenant »,

c’est-à-dire : qu’il me restitue la valeur des fruits qu’il a consommés depuis le jour où il a commencé à les consommer jusqu’à aujourd’hui !

Rav Hisda dit

Rav Hisda : Est-ce que

celui-ci

— Rav Idi —

est celui dont on dit :

« C’est un homme éminent » !?

Pourtant,

sur qui le maître s’appuie-t-il, sur celui-ci, qui dit : “Je suis le plus proche” ?

Tu n’as donc aucune preuve que tu es le plus proche ; tu t’appuies seulement sur l’aveu de cet homme. Or cet aveu n’a eu lieu que maintenant ; jusqu’à présent, il prétendait être le plus proche et consommait les fruits à juste titre, puisque « celui qui est le plus puissant l’emporte », et tu ne peux rien réclamer de lui.

Cependant, Abayé et Rava ne retiennent pas

l’opinion

de Rav Hisda.

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