Version texte de ce daf : original et traduction
Baba Batra 153b (קנג:) — le Talmud en français
Baba Batra 153b (בבא בתרא קנג:): Rava a dit : voici qu’il est mort, et voici que sa tombe le prouve. Puisqu’à présent il est mort, nous l’établissons selon la présomption que cet état de maladie, qui…
Texte original — Baba Batra 153b (קנג:)
אמר רבה: הרי מת, והרי קברו מוכיח עליו.
כיון שכעת הוא מת, אנו מעמידים אותו בחזקה שהמצב הזה של החולי, שגרם לו למות, היה כל הזמן, ולא היו שינויים באמצע. ולכן המתנה קיימת, ואין יורשיו נאמנים לטעון שעמד מחוליו באמצע, והתבטלה המתנה .
אמר ליה אביי
: אביי חולק ומוכיח שאין אצלנו חזקה דהשתא:
ומה ספינה,
מי שהפליג בספינה, וטבעה הספינה בים, ואין ידוע אם ניצל
, שרובן לאבד,
שרוב הנוסעים בספינה שטבעה נאבדים בים,
ו
בכל זאת מספק
נותנין עליהן חומרי חיים וחומרי מתים,
מתייחסים אליהם כאילו הם חיים, ולכן אם הוא ישראל ואשתו בת כהן, אשתו אסורה בתרומה כדין בת כהן הנשואה לישראל, ואינה חוזרת לבית אביה לאכול בתרומה. וכן לצד השני, אם הבעל הוא כהן והיא ישראלית, היא לא אוכלת עוד בתרומה כדין אשת כהן, כי שמא הוא מת.
ומוכח, שלמרות רוב הנאבדים, בכל זאת מחזיקים אותם, מספק, בחזקת חיים.
אם כן,
חולים, שרוב חולים לחיים, לא כל שכן!?
ודאי שצריך להניח שעמד מחוליו הראשון לפני שמת, כיון שכל אדם מחזיקים אותו בחזקת חיים, ולכן המתנה בטלה, כי מסתבר שעמד מחוליו הראשון, וחזר בו מהמתנה .
והגמרא מביאה סיוע לדינו של רבה, שהולכים אחרי חזקה דהשתא:
אמר רב הונא בריה דרב יהושע: כמאן אזלא הא שמעתא דרבה,
כמו מי סובר רבה?
כרבי נתן.
דתניא,
שנינו בברייתא:
מי מוציא מיד מי
במקרה של המשנה, שאין בנוסח השטר לא לשון מתנת בריא, ולא לשון מתנת שכיב מרע, ויש עתה ספק אם היה בשעת הנתינה שכיב מרע או בריא, מי נחשב מוציא שצריך להביא ראיה לטענתו?
הוא,
הנותן,
מוציא מידיהן
של המקבלים
בלא ראיה
שהיה שכיב מרע, כיון שהוא מוחזק בנכסים.
והן,
המקבלים שיש להם שטר,
אין מוציאין מידו
של הנותן
אלא בראיה,
שהיה בריא בשעת הנתינה,
דברי רבי יעקב.
אבל
רבי נתן אומר,
חולק וסובר, שהולכים אחרי חזקה דהשתא, ולכן,
אם בריא הוא
עכשיו, צריך להניח שכל הזמן הוא היה בריא, גם בשעת הנתינה, ולכן
עליו להביא ראיה שהיה שכיב מרע.
אבל
אם
עכשיו
שכיב מרע הוא,
הרי החזקה דהשתא אומרת שיש להתייחס אליו כאילו כל הזמן הוא היה באותו מצב, לכן
עליהן להביא ראיה שבריא היה.
וכל זמן שלא הביאו ראיה יכול לחזור מהנתינה.
נמצא, שרבה סובר כרבי נתן, שהולכים אחרי חזקה דהשתא, ולכן הוא פוסק שאם עכשיו הוא מת, מסתבר שבמצב של שכיב מרע הוא היה כל הזמן.
אמר רבי אלעזר: ולטומאה
-
כמחלוקת
רבי יעקב ורבי נתן בסוגייתנו, שהמחלוקת של רבי יעקב ורבי נתן קשורה גם לענין טומאה.
דתנן,
שנינו במשנה:
בקעה,
שדה המוקפת מחיצה -
בימות החמה,
שאין זרעים בשדות, הרי היא
רשות היחיד לשבת,
בגלל המחיצות שסביבה, ואסור להעביר לשם מרשות הרבים.
ורשות הרבים לטומאה.
לענין ספק טומאה, היא נחשבת כרשות הרבים, כיון שאנשים עוברים שם, ולכן אם אדם מסתפק אם נטמא בבקעה, הוא טהור, דהוי ספק טומאה ברשות הרבים, שטהור.
אבל
בימות הגשמים,
שאין אנשים עוברים בבקעה כדי שלא לקלקל את הזרעים, לכן היא
רשות היחיד לכאן ולכאן,
הן לענין שבת, והן לענין טומאה, כיון שעתה אין היא מקום שעשוי להלוך הרבים.
וכל זה, בזמן שיודע אימתי נכנס לבקעה. אבל אם הוא מסתפק אם נכנס אליה בימות החמה או בימות הגשמים, הרי לפי רבי יעקב הוא טהור, כיון שהאדם היה בחזקת טהור, ומשאירים אותו בחזקתו. אבל לרבי נתן, הולכים אחרי חזקה דהשתא, ולכן אם הוא מסתפק בימות החמה מתי הוא נכנס, הרי הוא טהור כי משאירים אותו במצב הנוכחי, ואומרים שגם אז, כשנכנס לבקעה, היה זה בימות החמה. אך אם הוא מסתפק בימות הגשמים, הרי הוא טמא, כי תולים שגם אז, כשנכנס לבקעה, היה זה בימות הגשמים .
אמר רבא
: רבא מוסיף,
לא שנו
שבקעה בימות החמה היא רשות הרבים לטומאה,
אלא שלא עברו עליה ימות הגשמים,
על בקעה זו, לאחר שגדרוה.
אבל
אם
עברו עליו ימות הגשמים
לאחר שגדרו את הבקעה, הרי היא
רשות היחיד לכאן ולכאן,
כיון שהיה לה כבר שם של רשות היחיד, וזה לא נפקע גם לאחר מכן .
שנינו במשנה: וחכמים אומרים המוציא מחבירו עליו הראיה
:
Traduction française
Rava a dit : voici qu’il est mort, et voici que sa tombe le prouve.
Puisqu’à présent il est mort, nous l’établissons selon la présomption que cet état de maladie, qui l’a fait mourir, a subsisté pendant tout ce temps, et qu’il n’y a pas eu de changement entre-temps. Par conséquent, le don est valide, et ses héritiers ne sont pas crus lorsqu’ils prétendent qu’il s’est rétabli de sa maladie entre-temps et que le don a été annulé.
Abayé lui dit :
Abayé conteste et démontre qu’il n’y a pas chez nous de présomption de l’état actuel :
Et pour un bateau,
celui qui est parti en bateau, et dont le bateau a sombré dans la mer, sans que l’on sache s’il a été sauvé,
, alors que la plupart sont voués à périr,
car la plupart des passagers d’un bateau qui a sombré périssent en mer,
et, malgré cela, par doute,
on leur applique les rigueurs des vivants et les rigueurs des morts,
on les traite comme s’ils étaient vivants. Ainsi, si lui est israélite et sa femme fille de cohen, sa femme est interdite de terouma, comme l’est une fille de cohen mariée à un israélite, et elle ne retourne pas chez son père pour manger de la terouma. Et de même dans l’autre sens : si le mari est cohen et qu’elle est israélite, elle ne mange plus de terouma comme une femme de cohen, car peut-être est-il mort.
Il est donc démontré que, malgré la majorité de ceux qui périssent, on les maintient néanmoins, par doute, dans la présomption d’être vivants.
Dès lors,
des malades, dont la plupart vivent, à plus forte raison !?
Il faut certainement supposer qu’il s’est rétabli de sa première maladie avant de mourir, puisque toute personne est maintenue dans la présomption d’être vivante. Par conséquent, le don est annulé, car il est vraisemblable qu’il s’est rétabli de sa première maladie et qu’il s’est rétracté du don.
La Guemara apporte un appui à la décision de Rava, selon laquelle on suit la présomption de l’état actuel :
Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, dit : conformément à qui cette halakha de Rava va-t-elle,
de qui Rava suit-il l’opinion
de Rabbi Nathan.
Car il a été enseigné dans une baraïta :
nous avons appris dans une baraïta :
qui retire de la main de qui
dans le cas de la Michna, où le texte de l’acte ne comporte ni la formulation d’un don d’une personne en bonne santé, ni celle d’un don d’un malade dangereux, et où il y a maintenant un doute sur le fait qu’il ait été, au moment du don, un malade dangereux ou une personne en bonne santé : qui est considéré comme celui qui retire, et qui doit apporter une preuve à l’appui de sa prétention ?
Lui,
le donateur,
retire de leur main
des bénéficiaires
sans preuve
qu’il était un malade dangereux, puisqu’il détient la présomption de possession des biens.
Et eux,
les bénéficiaires qui ont un acte,
ne retirent pas de sa main
du donateur
si ce n’est au moyen d’une preuve,
qu’il était en bonne santé au moment du don,
telles sont les paroles de Rabbi Yaakov.
Mais
Rabbi Nathan dit,
il conteste et estime que l’on suit la présomption de l’état actuel ; par conséquent,
s’il est actuellement en bonne santé,
il faut supposer qu’il a été en bonne santé pendant tout ce temps, également au moment du don ; par conséquent,
c’est à lui d’apporter la preuve qu’il était un malade dangereux.
Mais
si
à présent
il est un malade dangereux,
la présomption de l’état actuel dit qu’il faut le considérer comme s’il avait été dans ce même état pendant tout ce temps ; par conséquent,
c’est à eux d’apporter la preuve qu’il était en bonne santé.
Et tant qu’ils n’ont pas apporté de preuve, il peut se rétracter du don.
Il s’ensuit que Rava suit l’opinion de Rabbi Nathan, selon laquelle on suit la présomption de l’état actuel ; c’est pourquoi il décide que, s’il est à présent mort, il est vraisemblable qu’il a été pendant tout ce temps dans l’état de malade dangereux.
Rabbi Éléazar dit : et en ce qui concerne l’impureté —
c’est comme la controverse
de Rabbi Yaakov et de Rabbi Nathan dans notre sougya : la controverse de Rabbi Yaakov et de Rabbi Nathan concerne également la question de l’impureté.
Car nous avons appris dans la Michna :
nous avons appris dans la Michna :
une vallée,
un champ entouré d’une clôture
— pendant la saison chaude,
alors qu’il n’y a pas de semences dans les champs, elle est
un domaine privé pour le Chabbat,
en raison des clôtures qui l’entourent, et il est interdit d’y transporter depuis le domaine public.
Et un domaine public en ce qui concerne l’impureté.
En ce qui concerne un doute d’impureté, elle est considérée comme un domaine public, puisque des gens y passent. Par conséquent, si une personne doute d’être devenue impure dans la vallée, elle est pure, car il s’agit d’un doute d’impureté dans un domaine public, qui est pur.
Mais
pendant la saison des pluies,
alors que les gens ne traversent pas la vallée afin de ne pas détériorer les semences, elle est donc
un domaine privé dans les deux domaines,
tant en ce qui concerne le Chabbat qu’en ce qui concerne l’impureté, puisqu’à présent elle n’est pas un lieu destiné au passage du public.
Tout cela vaut lorsqu’il sait quand il est entré dans la vallée. Mais s’il doute d’y être entré pendant la saison chaude ou pendant la saison des pluies, selon Rabbi Yaakov il est pur, puisque la personne était dans la présomption de pureté et qu’on la maintient dans sa présomption. Mais selon Rabbi Nathan, on suit la présomption de l’état actuel. Par conséquent, s’il se trouve actuellement pendant la saison chaude et qu’il doute du moment où il est entré, il est pur, car on le maintient dans son état actuel et l’on dit que, même alors, lorsqu’il est entré dans la vallée, c’était pendant la saison chaude. Mais s’il se trouve actuellement pendant la saison des pluies, il est impur, car on attribue également à cette époque, lorsqu’il est entré dans la vallée, le fait que c’était pendant la saison des pluies.
Rava dit :
Rava ajoute,
ils n’ont enseigné
que pendant la saison chaude une vallée est un domaine public en ce qui concerne l’impureté,
si ce n’est lorsque la saison des pluies n’est pas encore passée sur elle,
sur cette vallée, après qu’on l’a clôturée.
Mais
si
la saison des pluies est passée sur elle
après qu’on a clôturé la vallée, elle est
un domaine privé dans les deux domaines,
puisqu’elle avait déjà le statut de domaine privé, et que celui-ci ne disparaît pas par la suite.
Nous avons appris dans la Michna : « Et les Sages disent : celui qui retire de son prochain, c’est à lui qu’incombe la preuve ».