Version texte de ce daf : original et traduction

Baba Batra 149b (קמט:) — le Talmud en français

Baba Batra 149b (בבא בתרא קמט:): Nous avons appris dans la Michna : un malade alité qui a écrit tous ses biens à d’autres, s’il a laissé quelque terrain, alors, même s’il s’est rétabli de sa maladie…

Texte original — Baba Batra 149b (קמט:)

שנינו במשנה: שכיב מרע שכתב כל נכסיו לאחרים, אם

שייר קרקע כל שהוא,

הרי גם אם עמד מחוליו,

מתנתו קיימת,

ואינו יכול לחזור בו מהנתינה.

ודנה הגמרא:

וכמה "כל שהוא"?

מהו שעור "כל שהוא", שאם שייר לעצמו, שוב אינו חוזר ממתנתו אפילו הבריא?

אמר רב יהודה אמר רב,

שייר

קרקע כדי פרנסתו,

שיוכל להתפרנס מהפירות שגדלים מהקרקע.

ורב ירמיה בר אבא אמר

, שייר

מטלטלין כדי פרנסתו.

שגם אם שייר מטלטלין שיוכל להתפרנס מהריוח שלהם הוי שיור, ואינו יכול לחזור בו מהמתנה.

אמר רבי זירא: כמה מכוונן שמעתתא דסבי,

כמה מדוייקים דברי רב ירמיה בר אבא, וכן דברי רב יהודה אמר רב!

שהרי

קרקע, טעמא מאי,

מה הטעם אמרה המשנה שאם שייר קרקע לעצמו הוא לא יכול לחזור בו מהמתנה,

דאי קאי,

אם יבריא מחוליו,

סמיך עליה

יתפרנס מהקרקע, וזה מראה שהוא חושב על האפשרות שישאר בחיים, ולכן הוא דואג לפרנסתו, ונמצא שנתן את המתנה באופן מוחלט, גם אם יבריא.

אם כן,

מטלטלי נמי,

אף אם שייר מטלטלין,

אי קאי, סמיך עליה.

אם יבריא, הוא סומך עליהן שיוכל להתפרנס מהן. ולכן מסתבר כי למרות שהמשנה נקטה שיור קרקע, הוא הדין במטלטלין.

מתקיף לה רב יוסף,

שואל רב יוסף על דברי רבי זירא:

ומאי כוונתא!?

מדוע אמרת שדברי רב ירמיה בר אבא ודברי רב יהודה אמר רב מדוייקים ומכוונים!?

והרי

מאן דאמר,

רב ירמיה בר אדא, האומר אף אם שייר

מטלטלין

כדי פרנסתו הוי שיור, יקשה לדבריו, הרי

קרקע תנן,

התנא במשנה אמר דוקא קרקע.

וכמו כן

, מאן דאמר,

רב יהודה אמר רב [וכן רב ירמיה בר אדא], שאמרו צריך לשייר

כדי פרנסתו,

יקשה לדבריו, הרי שיור

"כל שהוא" תנן

במשנה, ומשמע שאם ישייר כל שהוא בלבד, די בכך כדי לבטל את האפשרות לחזור בו מהמתנה, ואין צורך בשיור כדי פרנסתו.

אמר ליה אביי

לרב יוסף:

וכל היכא דתני "קרקע", קרקע דוקא!?

וכי בכל מקום שכתוב במשנה "קרקע", הכוונה היא לקרקע דוקא ולא למטלטלין!?

והא תנן,

הרי שנינו במשנה [לקמן קנ א]:

הכותב

בשטר את

כל נכסיו לעבדו

הכנעני,

יצא בן חורין.

הוא התכוין אף לשחררו באותה שטר מתנה, ולעשותו בן חורין, שהרי העבד הוא בכלל נכסיו. אבל אם

שייר קרקע כל שהוא,

אם נתן לו כל נכסיו למעט קרקע אחת,

לא יצא בן חורין,

כי הוא לא התכוין לשחררו, כיון שעבדים הוקשו לקרקעות, ואולי התכוון בשיור של הקרקע, לשייר לעצמו את העבד הזה. וממילא, אף את הנכסים לא קנה העבד בשטר הזה, כי כל מה שקונה העבד, הוא שייך לרבו.

רבי שמעון אומר

חולק, ואומר:

לעולם הוא בן חורין,

גם אם שייר קרקע כל שהוא, יוצא העבד לחירות,

עד שיאמר

לשון שמשמעותה היא שהוא משייר לעצמו את העבד, כגון שאומר

"כל נכסי נתונים לפלוני עבדי, חוץ מאחד מרבוא שבהן",

ולא סיים איזה חלק מרכושו הוא משייר לעצמו, ולכן אנו מניחים, שהיות ונקט שיור סתמי, ודאי כוונתו לעבד, ולא אמר זאת במפורש, אלא בדרך כבוד כלפי העבד.

Traduction française

Nous avons appris dans la Michna : un malade alité qui a écrit tous ses biens à d’autres, s’il

a laissé quelque terrain,

alors, même s’il s’est rétabli de sa maladie,

son don subsiste,

et il ne peut pas revenir sur le don.

La Guemara examine :

et quelle est la mesure de « quelque chose » ?

Quelle est la mesure de « quelque chose » qui, s’il se l’est réservé, fait qu’il ne revient plus sur son don, même s’il a recouvré la santé ?

Rav Yehouda a dit au nom de Rav :

s’il a laissé

du terrain suffisant à sa subsistance,

afin qu’il puisse vivre des fruits qui poussent sur le terrain.

Et Rav Yirmeya bar Abba a dit,

s’il a laissé

des biens mobiliers suffisants à sa subsistance.

Même s’il a laissé des biens mobiliers dont il pourra vivre du bénéfice, cela constitue une réserve, et il ne peut pas revenir sur le don.

Rabbi Zeïra dit : comme les enseignements des anciens sont précis,

combien sont exactes les paroles de Rav Yirmeya bar Abba, ainsi que celles de Rav Yehouda au nom de Rav !

Car

pour le terrain, quelle est la raison

pour laquelle la Michna a dit que, s’il s’est réservé du terrain, il ne peut pas revenir sur le don ?

c’est que, s’il se rétablit,

s’il guérit de sa maladie,

il s’appuie sur lui,

il vivra du terrain ; cela montre qu’il envisage la possibilité de rester en vie et qu’il se préoccupe donc de sa subsistance. Il se trouve ainsi qu’il a donné le don de manière absolue, même s’il recouvre la santé.

Dès lors,

les biens mobiliers aussi,

même s’il s’est réservé des biens mobiliers,

s’il se rétablit, il s’appuie sur eux.

S’il guérit, il compte sur eux pour pouvoir en vivre. Il est donc logique que, bien que la Michna ait mentionné une réserve de terrain, la même règle s’applique aux biens mobiliers.

Rav Yossef lui objecte,

Rav Yossef interroge ainsi les paroles de Rabbi Zeïra :

et quelle est la précision !?

Pourquoi as-tu dit que les paroles de Rav Yirmeya bar Abba et celles de Rav Yehouda au nom de Rav sont précises et concordantes !?

Or

selon celui qui dit,

Rav Yirmeya bar Adda, qui dit que même s’il a laissé

des biens mobiliers

suffisants à sa subsistance, cela constitue une réserve, cela sera difficile selon ses paroles :

nous avons appris : du terrain,

le tan­ nay de la Michna a dit précisément du terrain.

De même

, selon celui qui dit,

Rav Yehouda au nom de Rav [ainsi que Rav Yirmeya bar Adda], qui ont dit qu’il faut laisser

de quoi assurer sa subsistance,

cela sera difficile selon ses paroles : nous avons appris qu’une réserve de

« quelque chose »

dans la Michna ; il en ressort que s’il ne laisse que quelque chose, cela suffit pour supprimer la possibilité de revenir sur le don, et qu’il n’est pas nécessaire de laisser de quoi assurer sa subsistance.

Abayé lui dit

à Rav Yossef :

Et partout où l’on enseigne « terrain », s’agit-il précisément de terrain !?

Est-ce que, partout où il est écrit « terrain » dans la Michna, il s’agit précisément de terrain et non de biens mobiliers !?

Or nous avons appris dans la Michna

que nous avons apprise plus loin [150a] :

celui qui écrit

dans un acte

tous ses biens à son esclave

cananéen,

celui-ci devient libre.

Il avait l’intention de l’affranchir également par ce même acte de donation et d’en faire un homme libre, puisque l’esclave fait partie de ses biens. Mais s’il

a laissé quelque terrain,

s’il lui a donné tous ses biens, à l’exception d’un terrain,

il ne devient pas libre,

car il n’avait pas l’intention de l’affranchir, puisque les esclaves ont été assimilés aux terrains ; peut-être avait-il l’intention, en se réservant le terrain, de se réserver cet esclave. Et, de toute façon, l’esclave n’a pas non plus acquis les biens par cet acte, car tout ce qu’acquiert l’esclave appartient à son maître.

Rabbi Chimon dit,

contestant, et il dit :

il est toujours un homme libre,

même s’il a laissé quelque terrain, l’esclave est affranchi,

jusqu’à ce qu’il dise

une formulation dont le sens est qu’il se réserve l’esclave, par exemple en disant :

« Tous mes biens sont donnés à tel, mon esclave, à l’exception d’un dix-millième d’entre eux »,

et il n’a pas précisé quelle partie de ses biens il se réservait. Nous supposons donc que, puisqu’il a mentionné une réserve sans précision, son intention porte certainement sur l’esclave ; il ne l’a pas dit explicitement, mais par égard pour l’esclave.

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