Version texte de ce daf : original et traduction

Baba Batra 138a (קלח.) — le Talmud en français

Baba Batra 138a (בבא בתרא קלח.): Ici, lorsqu’il s’est mis à crier dès le début. Dès qu’il lui remit l’acte, il commença à crier. Il n’a donc pas acquis malgré lui, puisque l’on ne peut pas faire…

Texte original — Baba Batra 138a (קלח.)

כאן, בצווח מעיקרא.

מיד כשמסר לו את השטר התחיל לצווח.

אזי לא קנה בעל כרחו, כיון שאי אפשר לזכות לאדם דבר בעל כרחו, שהרי חוב הוא לו. דכתיב, "שונא מתנות יחיה", ואין חבין לאדם אלא מדעתו .

ומכל מקום, אף על פי שמקבל המתנה לא זכה בה, אין הנכסים חוזרים לרשות הנותן, שהרי סילק את עצמו מהם. אלא הפקר הם, וכל הקודם ומחזיק בהם זוכה בהם .

כאן, בשותק מעיקרא,

בשעה שקיבל את שטר המתנה,

ולבסוף צווח.

אזי קנה, ואינו יכול להפטר מאותם נכסים אלא על ידי שיפקירם, או יתנם במתנה .

אמר רב נחמן בר יצחק, זיכה לו

את נכסיו

על ידי אחר

בפניו

, ושתק

בשעה שנתנו את השטר לאחר בעבורו,

ולבסוף

כשבאו לתת לו את השטר,

צווח, באנו למחלוקת רבן שמעון בן גמליאל ורבנן,

האם קנה או לא.

דתניא, הכותב נכסיו לאחר, והיו בהן עבדים, ואמר הלה "אי אפשי בהן",

כיון שאינני חפץ לשאת בהוצאות אחזקתם .

אם היה רבן שני

, היינו, מקבל המתנה,

כהן, הרי אלו אוכלין בתרומה

ככל קנין כספו . כלומר, על כרחו זכה בהם, והרי הם כרכושו.

רבן שמעון בן גמליאל אומר, כיון שאמר הלה "אי אפשי בהן", כבר זכו בהן יורשין.

היינו, הראשון או יורשיו . עד כאן הברייתא.

והוינן בה, ו

כי

תנא קמא

סבר שזכה בהן בעל כרחו,

אפילו עומד וצווח?!

אמר רבא, ואיתימא רבי יוחנן: בצווח מעיקרו, דכולי עלמא לא פליגי דלא קני.

שתק ולבסוף צווח, דכולי עלמא לא פליגי דקני.

כדלעיל.

כי פליגי,

במקרה

שזיכה לו

את המתנה

על ידי אחר, ושתק, ולבסוף,

כשנתנו לו את השטר,

צווח.

דתנא קמא סבר, מדשתיק,

בתחילה, בשעה שהקנה לו,

קנינהו. והאי דקא צווח

לבסוף,

מהדר הוא דקא הדר ביה.

רוצה לחזור בו מהסכמתו. אך כיון שכבר זכה בנכסים, אינו יכול לחזור בו בלא קנין.

ורבן שמעון בן גמליאל סבר, הוכיח סופו

, שצווח,

על תחלתו,

שאינו חפץ בנכסים כלל.

והאי דלא צווח עד השתא, דסבר, כי לא מטו לידי מאי אצווח

[מדוע אצוח כל זמן שלא הגיע השטר לידי]

?.

תנו רבנן

בבריתא:

שכיב מרע שאמר "תנו מאתים זוז לפלוני, ושלש מאות לפלוני, וארבע מאות לפלוני

",

ובמקרה שלא שייר לעצמו נכסים נוספים, זכו המקבלים בדיבורו בלא קנין. דדברי שכיב מרע ככתובים וכמסורים דמו.

ו

אין אומרין כל הקודם בשטר זוכה

. ו

לפיכך,

אם

יצא עליו שטר חוב, גובה

מכולם

באופן יחסי לחלקם.

כגון, אם בא לגבות תשעה דינרים, גובה מן המאתים שני דינרים, ומן השלש מאות שלשה דינרים, ומן הארבע מאות ארבע דינרים.

אבל אמר "תנו מאתים זוז לפלוני, ואחריו לפלוני, ואחריו לפלוני", אומרין כל הקודם בשטר זוכה.

כיון שכוונתו שאם ישתייר מנכסיו אחרי שיתנו לראשון, יזכה השני, וכן הלאה.

ו

לפיכך,

אם

יצא עליו שטר חוב, גובה מן האחרון. אין לו

כדי חובו

, גובה משלפניו,

ואם עדיין

אין לו

כדי חובו,

גובה משלפני פניו.

תנו רבנן

בברייתא:

שכיב מרע שאמר "תנו מאתים זוז לפלוני בני בכור, כראוי לו",

כיון שהוסיף ואמר "כראוי לו", ודאי ליפות כחו בא. ולכן,

נוטלן, ו

בנוסף עליהם

נוטל את בכורתו.

ו

אם אמר

"תנו מאתים זוז לפלוני בני,

בבכורתו", ידו על העליונה, רצה, נוטלן.

אם בכורתו פחותה ממאתים זוז.

אך אם

רצה, נוטל בכורתו.

כגון שבכורתו יתרה על מאתים זוז. אךאינו נוטל שניהם.

ו

כן

שכיב מרע שאמר "תנו מאתים זוז לפלונית אשתי, כראוי לה",

כיון שכפל דבריו לחינם, ודאי בא ליפות את כחה. ולכן,

נוטלתן, ונוטלת את כתובתה.

Traduction française

Ici, lorsqu’il s’est mis à crier dès le début.

Dès qu’il lui remit l’acte, il commença à crier.

Il n’a donc pas acquis malgré lui, puisque l’on ne peut pas faire acquérir à une personne un bien malgré elle, car c’est pour elle un préjudice. Car il est écrit : « Celui qui hait les présents vivra », et l’on ne cause pas de préjudice à une personne sans son consentement .

Néanmoins, même si le bénéficiaire du présent ne l’a pas acquis, les biens ne retournent pas à l’autorité du donateur, puisque celui-ci s’en est dessaisi. Ils sont plutôt hefker, et le premier qui les prend et les détient les acquiert .

Ici, lorsqu’il est resté silencieux dès le début,

au moment où il a reçu l’acte du présent,

puis a crié à la fin.

Il a alors acquis, et il ne peut se libérer de ces biens qu’en les rendant hefker ou en les donnant en présent .

Rav Nahman bar Its'hak a dit : S’il lui a fait acquérir

ses biens

par l’intermédiaire d’un autre

en sa présence,

, et qu’il s’est tu

au moment où l’on a remis l’acte à l’autre pour lui,

puis,

lorsqu’on est venu lui remettre l’acte,

il a crié, nous sommes en présence de la controverse entre Rabban Chimon ben Gamliel et les Sages,

quant à savoir s’il a acquis ou non.

Car il a été enseigné dans une baraïta : Celui qui écrit ses biens à un autre, et parmi eux se trouvent des esclaves, et celui-ci dit : “Je n’en veux pas”,

puisque je ne désire pas supporter les frais de leur entretien .

S’il était le second maître,

c’est-à-dire le bénéficiaire du présent,

un cohen, ceux-ci mangent de la terouma

comme toute acquisition faite avec son argent . C’est-à-dire qu’il les a acquis malgré lui, et ils sont considérés comme sa propriété.

Rabban Chimon ben Gamliel dit : Dès que celui-ci a dit : “Je n’en veux pas”, les héritiers les ont déjà acquis.

C’est-à-dire le premier [donataire] ou ses héritiers . Telle est la fin de la baraïta.

Et nous avons objecté à cela :

comment

le premier tan[n]a

considère-t-il qu’il les a acquis malgré lui,

même s’il se tient là et crie ?

Rava — et certains disent : Rabbi Yo'hanan — a dit : Lorsqu’il a crié dès le début, tout le monde est d’accord qu’il n’acquiert pas.

Lorsqu’il s’est tu et a finalement crié, tout le monde est d’accord qu’il acquiert.

Comme plus haut.

Ils divergent

dans le cas

où il lui a fait acquérir

le présent

par l’intermédiaire d’un autre, qu’il s’est tu, puis, à la fin,

lorsqu’on lui a remis l’acte,

il a crié.

Le premier tan[n]a considère que, puisqu’il s’est tu,

au début, au moment où il le lui a fait acquérir,

il les a acquis. Et le fait qu’il crie

à la fin,

c’est qu’il revient sur sa position.

Il veut revenir sur son consentement. Mais puisqu’il a déjà acquis les biens, il ne peut pas revenir sur sa position sans acquisition.

Et Rabban Chimon ben Gamliel considère que la fin,

où il a crié,

prouve ce qu’était son intention au début,

à savoir qu’il ne désire aucunement les biens.

Et s’il n’a pas crié jusqu’à présent, c’est parce qu’il pensait : “Puisque l’acte ne m’est pas encore parvenu, pourquoi crierais-je ?”

[Pourquoi crierais-je tant que l’acte ne m’est pas parvenu] ?

Nos maîtres ont enseigné

dans une baraïta :

Un mourant qui a dit : “Donnez deux cents zouz à Untel, trois cents à Untel et quatre cents à Untel

”, et dans le cas où il ne s’est pas réservé d’autres biens, les bénéficiaires ont acquis par sa parole, sans acquisition, car les paroles d’un mourant sont considérées comme écrites et remises.

Et

nous ne disons pas que le premier dans l’acte acquiert.

Et

par conséquent,

si

un acte de dette est produit contre lui, le créancier recouvre

sur tous

proportionnellement à leur part.

Par exemple, s’il vient recouvrer neuf dinars, il recouvre deux dinars sur les deux cents, trois dinars sur les trois cents et quatre dinars sur les quatre cents.

Mais s’il a dit : “Donnez deux cents zouz à Untel, puis à Untel, puis à Untel”, nous disons que le premier dans l’acte acquiert.

Puisque son intention est que, s’il reste des biens après que l’on aura donné au premier, le second acquière, et ainsi de suite.

Et

par conséquent,

si

un acte de dette est produit contre lui, le créancier recouvre sur le dernier. S’il n’a pas

de quoi régler sa dette,

il recouvre sur celui qui le précède ;

et s’il n’a toujours

pas

de quoi régler sa dette,

il recouvre sur celui qui précède celui-ci.

Nos maîtres ont enseigné

dans une baraïta :

Un mourant qui a dit : “Donnez deux cents zouz à Untel, mon fils aîné, comme il lui revient”,

puisqu’il a ajouté : « comme il lui revient », il est certain qu’il est venu améliorer son droit. Par conséquent,

il les prend, et

en plus de ceux-ci

il prend son droit d’aînesse.

Et

s’il a dit : «

Donnez deux cents zouz à Untel, mon fils,

sur son droit d’aînesse », il a le choix : s’il le veut, il les prend.

Si son droit d’aînesse est inférieur à deux cents zouz.

Mais s’il

le veut, il prend son droit d’aînesse.

Par exemple, lorsque son droit d’aînesse est supérieur à deux cents zouz . Mais il ne prend pas les deux à la fois.

Et

de même,

un mourant qui a dit : “Donnez deux cents zouz à Untelle, ma femme, comme il lui revient”,

puisqu’il a répété ses paroles sans nécessité, il est certain qu’il est venu améliorer son droit. Par conséquent,

elle les prend, et elle prend sa kétouba.

Mots de ce daf dans le dictionnaire