Version texte de ce daf : original et traduction

Baba Batra 134a (קלד.) — le Talmud en français

Baba Batra 134a (בבא בתרא קלד.): Et si ce n’est pas le cas, c’est un don complet, et tu ne peux pas reprendre ce que j’ai restitué à ses fils, puisque je peux les donner à qui je voudrai. Chamaï dit…

Texte original — Baba Batra 134a (קלד.)

ו

אם לאו,

הוי מתנה גמורה, ו

אי אתה יכול להוציא מה שהחזרתי

לבניו, כיון שביכולתי לתתם למי שארצה.

אמר

שמאי

, הטיח עלי בן עוזיאל, הטיח עלי בן עוזיאל.

כלומר, נצחני בתשובה מוחצת.

מעיקרא מאי סבר

שמאי?

משום מעשה דבית חורון.

דתנן, מעשה בבית חורון, באחד שהיה אביו מודר הימנו הנאה, ו

הבן

היה משיא בנו,

וחפץ להזמין את אביו.

ואמר לחבירו, "הרי חצר וסעודה נתונין לך

במתנה, ואינן לפניך אלא כדי שיבא אבא ויאכל עמנו בסעודה".

אמר לו, אם שלי הן, הרי הן מוקדשין לשמים.

אמר לו, לא נתתי לך את שלי

כדי

שתקדישם לשמים.

אמר לו, לא נתת לי את שלך אלא שתהא אתה ואביך אוכלין ושותין ומרצין זה לזה, ויהא עון תלוי בראשו.

[כלומר בראשי].

כלומר, לא התכוונת לשם מתנה גמורה, אלא רק כדי להתחמק מאיסור הנדר המוטל עליכם. נמצא שאני מסייע לכם לעבור על נדרכם.

אמרו חכמים: כל מתנה שאינה

מתנה גמורה עד כדי כך

שאם הקדישה

המקבל תהא

מוקדשת, אינה מתנה.

אגב אורחא, הביאה הגמרא ברייתא העוסקת בגדולתו של יהונתן בן עוזיאל:

תנו רבנן

בברייתא:

שמונים תלמידים היו לו להלל הזקן, שלשים מהן ראוים שתשרה עליהן שכינה כמשה רבינו,

שלשים מהן ראוים שתעמוד להן חמה כיהושע בן נון,

אלא שעוון הדור גרם שלא תשרה עליהם השכינה כך, ולא תעמוד להם חמה.

עשרים בינוניים.

גדול שבכולן, יונתן בן עוזיאל.

קטן שבכולן, רבן יוחנן בן זכאי.

אמרו עליו על רבן יוחנן בן זכאי, שלא הניח מקרא, ומשנה, גמרא

[סברת המשניות],

הלכות

[הלכה למשה מסיני],

ואגדות, דקדוקי תורה

[ריבויים ומיעוטים],

ודקדוקי סופרים

[גזירות חכמים],

וקלין וחמורין, וגזרות שוות, ותקופות

מולד הלבנה

, וגמטריאות, ומשלות כובסים, ומשלות שועלים,

שיש בהם נפקא מינה להבנת דברי תורה,

שיחת שדים

להשביעם לקמע או לרפואה

, ושיחת דקלים

[כשלמה שדיבר אל העצים],

ושיחת מלאכי השרת

להשביעם

, ודבר גדול ודבר קטן.

מבארת הגמרא:

דבר גדול, מעשה מרכבה.

ודבר קטן, הויות דאביי ורבא.

לקיים מה שנאמר, "להנחיל אוהבי יש

[שלש מאות ועשר עולמות, כמנין יש],

ו

[כל זאת למה? מפני ש]

אוצרותיהם אמלא".

כלומר, כי אוצרותיהם מלאים כל טובדברי תורה וחכמה.

וכי מאחר דקטן שבכולם

[רבי יוחנן בן זכאי]

כן, גדול שבכולם

[יונתן בן עוזיאל]

על אחת כמה וכמה.

אמרו עליו על יונתן בן עוזיאל, בשעה שיושב ועוסק בתורה, כל עוף שפורח עליו נשרף.

מתניתין:

האומר "זה בני",

אף על פי שלא הוחזק לנו כבנו,

נאמן.

ובגמרא יבואר, לאיזה ענין נאמן.

אך אם אמר

"זה אחי" אינו נאמן

לחייב את אחיו לחלוק עמו בירושת אביהם,

ו

מכל מקום, לחייב את עצמו נאמן, ולכן

יטול עמו בחלקו.

כלומר, יטול מתוך חלקו של האח המעיד עליו.

כגון, ראובן ושמעון שבאו לחלוק בנכסי אביהם, והעיד שמעון על לוי שאחיו הוא. וראובן אינו מכירו.

יטול ראובן מחצית מהנכסים, ובחצי השני, שמעון נוטל שליש. ולוי יטול מחצית מחלקו, דהיינו שישית. והשישית הנוספת הרי היא ביד ראובן עד שיביא ראיה שאחיהם הוא.

ואם

מת

לוי בלא בנים, והוריש את נכסיו לאחיו,

יחזרו נכסים

שנתן לו שמעון מחלקו

למקומן,

דהיינו לשמעון.

אך אם

נפלו לו

[דהיינו ללוי]

נכסים ממקום אחר, יירשו אחיו עמו.

שהרי ראובן מודה שאחיהם הוא. וממילא עליו לתת לו חלק מנכסי לוי .

גמרא:

שנינו במשנה האומר

"זה בני" נאמן.

מבארת הגמרא:

למאי הלכתא?

לאיזה ענין נאמן?

אמר רב יהודה אמר שמואל

: נאמן לעשותו

ליורשו, ולפטור את אשתו מן היבום.

שהרי אין יבום במקום שיש בן.

Traduction française

Et

si ce n’est pas le cas,

c’est un don complet, et

tu ne peux pas reprendre ce que j’ai restitué

à ses fils, puisque je peux les donner à qui je voudrai.

Chamaï

dit :

, le fils d’Ouziel m’a acculé, le fils d’Ouziel m’a acculé.

C’est-à-dire : il m’a vaincu par une réponse écrasante.

Qu’avait pensé Chamaï au départ

?

À cause de l’affaire de Beit ‘Horon.

Car il est enseigné : il y eut une affaire à Beit ‘Horon, avec un homme dont le père était mudar ana de lui, et

le fils

mariait son fils,

et désirait inviter son père.

Il dit à son ami : « Voici une cour et un repas qui te sont donnés

en cadeau, et ils ne sont devant toi que pour que mon père vienne manger avec nous au repas. »

Il lui dit : « S’ils sont à moi, les voici consacrés au Ciel. »

Il lui dit : « Je ne t’ai pas donné ce qui est à moi

afin

que tu le consacres au Ciel. »

Il lui dit : « Tu ne m’as donné ce qui est à toi que pour que toi et ton père mangiez, buviez et vous réconciliiez l’un avec l’autre, et que la faute soit suspendue à sa tête. » [

c’est-à-dire à ma tête].

C’est-à-dire : tu n’avais pas l’intention d’un don complet, mais seulement de vous soustraire à l’interdit du vœu qui pèse sur vous. Il se trouve donc que je vous aide à transgresser votre vœu.

Les Sages ont dit : tout don qui n’est pas

un don complet, au point

que si le bénéficiaire le consacrait

il serait

consacré, n’est pas un don.

Incidemment, la Guemara a rapporté une baraïta qui traite de la grandeur de Jonathan ben Ouziel :

Nos maîtres ont enseigné

dans une baraïta :

Hillel l’Ancien avait quatre-vingts disciples ; trente d’entre eux étaient dignes que la Chekhina repose sur eux comme sur Moïse notre maître,

trente d’entre eux étaient dignes que le soleil s’arrête pour eux comme pour Josué fils de Noun,

mais la faute de la génération fit que la Chekhina ne reposa pas ainsi sur eux et que le soleil ne s’arrêta pas pour eux.

Vingt étaient moyens.

Le plus grand de tous était Jonathan ben Ouziel.

Le plus petit de tous était Rabban Yo’hanan ben Zakkaï.

On a dit à son sujet, au sujet de Rabban Yo’hanan ben Zakkaï, qu’il ne laissa de côté ni le Texte, ni la Mishna, ni la Guemara [

la compréhension des michnayot],

ni les lois [

la halakha donnée à Moïse au Sinaï],

ni les aggadot, ni les subtilités de la Torah [

les déductions et les restrictions],

ni les subtilités des scribes [

les décrets des Sages],

ni les kal va’homer, ni les gzera chava, ni les périodes

de la naissance de la lune

, ni les guématriot, ni les paraboles de blanchisseurs, ni les paraboles de renards,

qui ont une conséquence pour la compréhension des paroles de la Torah,

ni le langage des démons

pour les conjurer à des fins d’amulette ou de guérison

, ni le langage des palmiers [

comme Salomon qui parlait aux arbres],

ni le langage des anges du service

pour les conjurer

, ni une chose grande ni une chose petite.

La Guemara explique :

une chose grande, l’œuvre du Char.

Et une chose petite, les discussions d’Abayé et de Rava.

Pour accomplir ce qui est dit : « Pour faire hériter à ceux qui m’aiment יש [

trois cent dix mondes, selon la valeur numérique de יש],

et

[

pourquoi tout cela ? Parce que] je remplirai leurs trésors. »

C’est-à-dire : car leurs trésors sont remplis de tout le bien des paroles de la Torah et de la sagesse.

Et puisque le plus petit de tous [

Rabbi Yo’hanan ben Zakkaï]

était ainsi, le plus grand de tous [

Jonathan ben Ouziel]

à plus forte raison.

On a dit au sujet de Jonathan ben Ouziel : lorsqu’il était assis et s’occupait de Torah, tout oiseau qui volait au-dessus de lui était brûlé.

Michna :

Celui qui dit : « Celui-ci est mon fils »,

bien qu’il n’ait pas été établi pour nous comme étant son fils,

est digne de foi.

La Guemara expliquera à quel sujet il est digne de foi.

Mais s’il dit

« Celui-ci est mon frère », il n’est pas digne de foi

pour imposer à son frère de partager avec lui l’héritage de leur père,

mais

il est néanmoins digne de foi pour s’imposer une obligation à lui-même ; c’est pourquoi

il prendra avec lui dans sa part.

C’est-à-dire : il prendra sur la part du frère qu’il a attesté être son frère.

Par exemple, Réouven et Chimone sont venus partager les biens de leur père, et Chimone a attesté que Lévi était son frère, tandis que Réouven ne le reconnaît pas.

Réouven prendra la moitié des biens, et, sur la seconde moitié, Chimone prendra un tiers. Lévi prendra la moitié de sa part, c’est-à-dire un sixième. Quant au sixième restant, il demeure entre les mains de Réouven jusqu’à ce qu’il apporte la preuve qu’il est leur frère.

Et si

Lévi meurt

sans enfants et lègue ses biens à ses frères,

les biens

que Chimone lui a donnés sur sa part

retourneront à leur place,

c’est-à-dire à Chimone.

Mais si

des biens lui échoient [

c’est-à-dire à Lévi]

d’un autre endroit, ses frères en hériteront avec lui.

En effet, Réouven reconnaît qu’il est leur frère. Il doit donc lui donner une part des biens de Lévi .

Guemara :

Nous avons appris dans la Michna que celui qui dit

« Celui-ci est mon fils » est digne de foi.

La Guemara explique :

Pour quelle halakha ?

Pour quel sujet est-il digne de foi ?

Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel :

il est digne de foi pour en faire

son héritier et pour dispenser sa femme du yiboum.

En effet, il n’y a pas de yiboum lorsqu’il y a un fils.

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