Version texte de ce daf : original et traduction
Baba Batra 132b (קלב:) — le Talmud en français
Baba Batra 132b (בבא בתרא קלב:): Et en tout cas, que ce soit pour Rab, pour Shmuel ou pour Rabbi Yossi selon le texte de la kétouba il est énoncé ici. Mais les autres créanciers ne perdent pas leur…
Texte original — Baba Batra 132b (קלב:)
ו
בכל מקרה, בין לרב, ובין לשמואל, ובין לרבי יוסי,
מקולי כתובה שנו כאן.
אך שאר בעלי חובות, אינם מאבדים את חובם באומדן הדעת, כבאשה, ועד שלא יאמרו בפירוש "הריני מוחל על השעבוד", עדיין השעבוד קיים.
והטעם שבכתובה הקלו חכמים, כיון שיותר משהאיש רוצה לישא, אישה רוצה להנשא. אבל שאר בעלי חובות, שעושים טובה ללוה, אין מקילים בהם לאבד את חובם בחנם.
על כל פנים נתבאר לפי כל האמוראים לעיל, שאין האשה צריכה לוותר על השיעבוד בפירוש, ואף אם שתקה, שתיקה כהודאה.
ומקשה הגמרא: הרי
תנן
בסיפא דההיא סוגיא דפיאה:
רבי יוסי אומר, אם קבלה עליה אף על פי שלא כתב לה
קרקע כל שהוא
, אבדה כתובתה.
מדייקת הגמרא: משמע
מכלל
דבריו,
דתנא קמא סבר, כתיבה וקבלה
בעי.
ולא סגי בשתיקת האשה.
שאם תאמר בדעת תנא קמא דסגי בכתיבה בלבד, היה על רבי יוסי לומר, "אף על פי שכתב לה לא איבדה כתובתה אלא אם כן קיבלה עליה".
וכי תימא כולה רבי יוסי היא,
וברישא השמיענו שבכתיבת קרקע כל שהוא איבדה כתובתה, ובסיפא השמיענו שאם קיבלה בפירוש, אף על פי שלא כתב לה איבדה כתובתה.
ו
הרי אין לפרש כן, ד
הא תניא
בבריתא על דברי תנא קמא,
אמר רבי יהודה, אימתי
סבר תנא קמא שאיבדה את כתובתה?
במקרה
שהיתה שם וקבלה עליה.
אבל היתה שם, ולא קבלה עליה,
או
קבלה עליה ולא היתה שם, לא אבדה כתובתה.
ומוכח להדיא, שלא סגי בשתיקתה, אלא צריך שתקבל עליה בפירוש.
ומכאן
תיובתא
ל
ד
ברי
כולהו
אמוראי שהובאו לעיל.
תיובתא.
אמר ליה רבא לרב נחמן: הא רב, הא שמואל, הא רבי יוסי ברבי חנינא,
[שמענו את דברי רב ושמואל ורבי יוסי בר חנינא],
מר מאי סבירא ליה?
אמר ליה,
סבירא לי כרבי יוסי בר חנינא שאינה צריכה להיות שם באותו מעמד, אלא כיון שכתב לה קרקע כל דהו איבדה כתובה.
וסברתי:
שאני אומר, כיון שעשאה שותף בין הבנים,
ונתן לה קרקע כמותם, מחלה להם, ו
אבדה כתובתה.
איתמר נמי
[וכן נאמר בבית המדרש בשם רב נחמן],
אמר רב יוסף בר מניומי אמר רב נחמן, כיון שעשאה שותף בין הבנים אבדה כת ובתה.
מסתפקת הגמרא בדעת רב נחמן:
בעי רבא, בבריא היאך?
כלומר, בריא שכתב נכסיו לבניו, וכתב לאשתו קרקע כל שהוא, ועשאה כשותף בין הבנים. האם גם במקרה זה איבדה את כתובתה?
וצדדי הספק:
מי אמרינן
רק
בשכיב מרע הוא
דאמרינן ששתיקתה מהוה ראיה שמחלה, כיון
דידעה דלית ליה
נכסים נוספים, והיה לה למחות במתנתו
, ו
מדלא מיחתה, אמרינן ודאי
ק
א
מחלה
על השיעבוד שיש לה בנכסים אלו.
אבל בבריא,
אין שתיקתה ראיה, כיון ד
סברה, הדר קני
[ודאי יקנה נכסים נוספים שתוכל להפרע מהם], ולכן לא ראתה צורך למחות כעת. אך באמת לא מחלה על השיעבוד, ואם לא יקנה נכסים נוספים תגבה את כתובתה מהנכסים שנתן במתנה לבניו.
או דלמא,
אף בבריא, כיון ד
השתא מיהת לית ליה
נכסים נוספים, היה לה למחות בו. ומדלא מיחתה, ודאי מחלה על השיעבוד.
ומסקינן ב
תיקו.
הגמרא מביאה נידונים נוספים באותו ענין:
ההוא
שכיב מרע,
דאמר להו, "פלגא לברת, ופלגא לברת, ותילתא לאיתת בפירי
[מחצית נכסי לביתי זאת, ומחצית לבת אחרת, ושליש מפירות הנכסים לאשתי] "..
איקלע רב נחמן לסורא, עול לגבי
[נכנס אצל]
רב חסדא,
ו
אמר ליה, כי האי גוונא מאי?
האם גם במקרה זה, שלא קיבלה קרקע אלא פירות, מחלה על כתובתה?
אמר ליה, הכי אמר שמואל, אפילו לא הקנה לה אלא דקל אחד לפירותיו אבדה כתובתה.
והכא נמי, שהקנה לה פירות מחוברים, איבדה את כתובתה.
אמר ליה, אימור דאמר שמואל התם,
משום
דאקני לה בגופה דארעא,
אך
הכא, פירא
בלבד
הוא?
כלומר, מספקא לן לגבי פירות תלושין, שאינם מחוברים לקרקע, ואין להם שם קרקע?
אמר ליה, מטלטלי קא אמרת?! מטלטלי ודאי לא קא אמינא.
ובודאי לא איבדה כתובתה בשביל מתנת מטלטלין שקיבלה מבעלה.
עוד באותו ענין:
ההוא
שכיב מרע,
דאמר להו, "תלתא לברת, ותלתא לברת, ותלתא לאיתת
[שליש נכסי לבת זו, ושליש לאחרת, ושליש לאישתי]
".
שכיבא חדא מבנתיה,
מתה אחת מבנותיו, וחזר אביה וירש את שליש נכסיו שנתן לה.
ומספקא לן, האם אשתו יכולה לגבות את כתובתה מאותן נכסים, שהרי מנכסים שהבעל קונה לאחר שנתן לה את המתנה גובה כתובתה, ויש לדון האם הנכסים שזכה בהם במות ביתו דינם כנכסים שקנה לאחר מכן, או לא.
סבר רב פפי למימר,
אשתו
לא שקלא
בכתובתה
אלא תלתא.
[אותו שליש נכסים שנתן לה], ולא תגבה מהשליש שזכה במות ביתו.
Traduction française
Et
en tout cas, que ce soit pour Rab, pour Shmuel ou pour Rabbi Yossi
selon le texte de la kétouba il est énoncé ici.
Mais les autres créanciers ne perdent pas leur créance par simple supposition d'intention, comme pour l'épouse, et tant qu'ils n'auront pas déclaré explicitement «je renonce au gage», le gage subsiste.
Et la raison pour laquelle les Sages ont assoupli la kétouba, c'est que, dans la mesure où l'homme désire se marier, la femme désire davantage être mariée. Mais les autres créanciers qui font une faveur au débiteur ne sont pas traités de manière à perdre gratuitement leur créance.
Quoi qu'il en soit, il ressort de tous les amoraïm susmentionnés que la femme n'a pas besoin de renoncer explicitement au gage ; et même si elle se tut, le silence vaut reconnaissance.
Et la Guemara objecte : voici
Il est enseigné
à la fin de cette sugyah de Péa
Rabbi Yossi dit : si elle accepta sur elle même, même si on ne lui écrivit pas
quelque terrain quelconque
, elle perdit sa kétouba.
La Guemara précise : cela signifie
du principe
de ses propos
que le premier tannai pensait : écriture et acceptation sont requises.
Et le silence de la femme n'est pas suffisant.
Car, si l'on soutenait selon l'avis du premier tannai que l'écriture seule suffit, Rabbi Yossi eût dû dire : «même s'il lui écrivit, elle ne perdit sa kétouba que si elle l'accepta.»
Et si tu dis : tout cela est l'avis de Rabbi Yossi,
au début il nous a fait entendre que, par l'écriture d'un terrain quelconque, elle perdit sa kétouba, et à la fin il nous a fait entendre que si elle accepta explicitement, même s'il ne lui écrivit pas, elle perdit sa kétouba.
Et
or on ne peut interpréter ainsi, car
«Ha tania»
dans une baraïta au sujet des paroles du premier tannai,
Rabbi Yehouda dit : «à quel moment»
pensait le premier tannai qu'elle avait perdu sa kétouba ?
Dans le cas
où elle était présente et accepta.
Mais si elle était là et n'accepta pas,
ou
si elle accepta et n'était pas présente, elle ne perdit pas sa kétouba.
Et il est clairement établi qu'il ne suffit pas de son silence ; il faut qu'elle accepte explicitement.
D'où
tiyuvta ל
le
beaucoup
tous
des amoraïm cités ci‑dessus.
Objection.
Raba dit à Rav Nahman : «Est‑ce Rab, est‑ce Shmuel, est‑ce Rabbi Yossi bar Rabbi Chanina,»
nous avons entendu les paroles de Rab, de Shmuel et de Rabbi Yossi bar Rabbi Chanina,
qu'en pense‑t‑il ?
Il lui répondit,
Il me semble, selon Rabbi Yossi bar Chanina, qu'elle n'a pas besoin d'être présente à cette occasion ; dès qu'il lui écrivit quelque terrain quelconque, elle perdit sa kétouba.
Et j'expliquai :
je dis que, dès qu'il en fit une associée parmi les fils,
et qu'il lui donna un terrain comme à eux, cela les acquitte, et
elle perdit sa kétouba.
On dit aussi
(et ainsi fut dit au Beit Midrash au nom de Rav Nahman),
Rav Yosef bar Minyomi dit Rav Nahman : dès qu'il en fit une associée entre les fils, elle perdit sa kétouba.
La Guemara est indécise quant à l'avis de Rav Nahman :
Raba demande : dans le cas d'un homme sain, comment est‑ce ?
C'est‑à‑dire : un homme en bonne santé qui donna ses biens à ses fils, et écrivit à son épouse un terrain quelconque, et en fit une associée entre les fils — dans ce cas aussi, a‑t‑elle perdu sa kétouба ?
Les arguments dans le doute :
Peut‑on soutenir
seulement
dans le cas où il était sur son lit de mort
car nous disons que son silence fait preuve d'acquittement, puisque
elle savait qu'il ne lui restait pas
, d'autres biens, et qu'elle aurait pu protester contre sa donation ;
et
puisqu'elle n'a pas protesté, nous disons assurément
qu'elle a acquitté le gage qu'elle avait sur ces biens.
Mais dans le cas d'un homme sain,
son silence n'est pas preuve, car
on suppose : «il achètera encore»
, il achètera certainement d'autres biens dont elle pourra être payée ; et par conséquent elle ne vit pas la nécessité de protester maintenant. Mais en réalité elle n'a pas acquitté le gage, et si il n'acquiert pas d'autres biens, elle recouvrera sa kétouba sur les biens qu'il a donnés en donation à ses fils.
Ou bien,
même pour l'homme sain, puisque
maintenant il n'a pas d'autres biens, elle aurait dû protester ; et puisqu'elle n'a pas protesté, assurément elle a acquitté le gage.
Et nous concluons par
teyku. La Guemara rapporte d'autres cas sur la même question :
Celui
qui était sur son lit de mort
et lui dit : «une moitié à cette fille, une moitié à l'autre fille, et un tiers des fruits à mon épouse»
…
Rav Nahman arriva à Sura, et entrant chez
Rav Chisda,
il lui dit : «dans ce cas, qu'en est‑il ?»
Est‑ce que, même dans ce cas où elle ne reçut pas de terrain mais des fruits, elle acquitte sa kétouba ?
Il lui répondit : «Ainsi dit Shmuel : même s'il ne lui donna qu'un seul palmier pour ses fruits, sa kétouba est perdue.»
Et ici aussi, lorsqu'il lui donna des fruits attachés (liés à la terre), elle perdit sa kétouba.
Il lui dit : «on dira que Shmuel parlait là,
parce que
il l'acquit pour elle en tant que partie intégrante du terrain,
mais
ici s'agit‑il seulement de fruits détachés ?
?
Est‑ce cela ?
Il lui dit : «Tu parles de meubles ? Des meubles, certainement je ne le crois pas ainsi.»
Et assurément elle ne perdit pas sa kétouba à cause d'un don de meubles qu'elle eût reçu de son mari.
Encore, dans la même affaire :
Celui
sur son lit de mort
qui leur dit : «un tiers à cette fille, un tiers à l'autre fille, un tiers à mon épouse»
.
Une fois, une de ses filles mourut,
une de ses filles étant morte, son père revint et hérita du tiers des biens qu'il lui avait donnés.
Cela nous laisse dans l'incertitude : la femme peut‑elle recouvrer sa kétouba sur ces biens ? Car des biens que le mari acquiert après avoir fait la donation, on prélève la kétouba ; il faut donc discuter si les biens dont il hérita au décès de sa fille sont considérés comme des biens acquis ultérieurement ou non.
Rav Papi pensa dire :
sa femme
ne pèse pas
sa kétouba
mais plutôt le tiers.
(c'est‑à‑dire ce tiers de biens qu'il lui avait donné), et elle ne recouvrera pas sur le tiers qu'il obtint par l'héritage à la mort de sa fille.