Version texte de ce daf : original et traduction
Baba Batra 131a (קלא.) — le Talmud en français
Baba Batra 131a (בבא בתרא קלא.): Ne jugez pas non plus d'après elle, de juger de la même manière, puisque qu'il n'appartient pas au juge de juger sauf selon ce que ses yeux voient. C'est‑à‑dire…
Texte original — Baba Batra 131a (קלא.)
מגמר נמי לא תגמרו מיניה,
לדון כמותו, כיון
דאין לדיין
לדון
אלא
כפי
מה שעיניו רואות.
דהיינו לפי סברתו כעת, ולא יחוש שמא ימצא בעתיד תרוץ על קושייתו וידון באופן אחר.
הגמרא חוזרת לדון בגדרי "הנחלה דרבי יוחנן בן ברוקה":
בעי רבא, בבריא היאך?,
בריא שאמר "פלוני ירש שדה פלונית בנכסי", האם גם במקרה זה אמר רבי יוחנן דקני, אם ראוי ליורשו ?
וצדדי הספק: שמא
כי קאמר רבי יוחנן בן ברוקה בשכיב מרע, דבר אורותי
[ראוי להוריש מיד]
הוא,
וקרינן ביה, "ביום הנחילו את בניו",
אבל בבריא לא.
או דלמא, אפילו בבריא נמי
יכול להוריש למי שירצה.
אמר ליה רב משרשיא לרבא, תא
ו
שמע
מה ששנינו בברייתא בענין זה:
דאמר לו רבי נתן לרבי,
אתם בארץ ישראל,
שניתם משנתכם כרבי יוחנן בן ברוקה.
דתנן
במסכת כתובות (נב ב), הנושא אשה, ו
לא כתב לה
בכתובה,
"בנין דיכרין דיהוין ליך מינאי אינון ירתון כסף כתובתיך יותר על חולקיהון דעם אחוהון
["בנים זכרים שיולדו לי ממך, הם ירשו את כסף כתובתיך, יתר על חלקם שיחלקו עם אחיהם שיהיו לי מאשה אחרת", וזהו הנקרא בכל מקום "כתובת בנין דיכרין"]
", חייב, שתנאי ב"ד ה וא".
ומוכח מכאן, שהאב יכול לתת לחלק מבניו חלק גדול יותר בירושה .
והקשה רבי נתן על רבי, מדוע שנה את משנתו כדעת יחידאה, ולא שנאה כדברי הכל?
ואמר לו רבי
: משנה זו כדברי הכל היא, ואל תגרוס בה "אינון ירתון כסף כתובתיך", דמשמע שנותן לבניו דרך ירושה, על ידי הנחלה דרבי יוחנן בן ברוקה, אלא
"יסבון"
[לשון מתנה]
תנן.
כלומר, האב נותן לבניו מעכשיו את כסף כתובת אמם.
שוב חזר בו,
ואמר רבי: ילדות היתה בי, והעזתי פני בנתן הבבלי,
ועניתי לו תשובה שאינה נכונה.
שהרי אם נאמר "יסבון תנן", והאב נותן לבניו מעכשיו את כסף כתובת אמם, היה לנו לומר כמו כן ש"כתובת בנין דיכרין" תטרוף מנכסים שמכר האב לאחר שנשא את אשתו.
אלא, דקיימא לן
שכתובת
בנין דכרין לא טרפא ממשעבדי.
ו
אי סלקא דעתך "יסבון תנן", אמאי לא טרפא ממשעבדי?
אלא שמע מינה, "ירתון" תנן.
וכדעת רבי יוחנן בן ברוקה.
עד כאן הברייתא שהביא רב משרשיא לרבא. והוכיח רב משרשיא מברייתא זו:
מאן שמעת ליה דאית ליה האי סברא, רבי
יוחנן בן ברוקה! ושמע מינה, אפילו בבריא
יכול להנחיל לאחד מבניו. שהרי כאן הבעל מנחיל לבני אשתו עוד כשהוא בריא.
הגמרא חוזרת לדון בדברי רב נתן, שהוכיח מ"כתובת בנין דכרין", ל"דין הנחלה דרבי יוחנן בן ברוקה".
ומקשה הגמרא,
אמר ליה רב פפא לאביי,
כיצד הוכיח רב נתן מכתובת בנין דיכרין לדין "הנחלה דרבי יוחנן בן ברוקה", שהרי
בין למאן דאמר "יסבון", ובין למאן דאמר "ירתון"
קשה,
הא אין אדם מקנה דבר שלא בא לעולם?
ואפילו לרבי מאיר דאמר "אדם מקנה דבר שלא בא לעולם", הני מילי
כשהקנה דבר שלא בא לעולם
לדבר שישנו בעולם, אבל לדבר שאינו בעולם לא,
ואם כן, כיצד מקנה האב לבני אשתו שעדיין לא נולדו?
אלא
ודאי,
תנאי בית דין שאני.
אם כן
הכא נמי
אין להוכיח שהמשנה כדברי רבי יוחנן בן ברוקה, כיון ש
תנאי בית דין שאני.
ושמא בתנאי בי"ד אף רבנן מודים שיכול להוריש למי שירצה.
אמר ליה
: רבי נתן הוכיח,
משום ד
הניח לשון "יסבון", ו
קא מפיק לה בלשון "ירתון".
משמע שליבו נוטה אחר דברי רבי יוחנן בן ברוקה, שאדם יכול להוריש למי שירצה.
הדר אמר אביי, לאו מילתא היא דאמרי
שיש להוכיח מלשון "ירתון" שסבר כרבי יוחנן בן ברוקה, כיון שגם רבנן מודים שם שיכול להוריש למי שירצה.
ד
הרי בסיפא של אותה משנה
תנן, לא כתב לה "בנן נוקבן דיהויין ליכי מינאי יהויין יתבן בביתי ויתזנן מנכסאי עד דתילקחן לגוברין
["בנות שיולדו לי ממך, ישבו בביתי, ויזונו מנכסי עד שינשאו", והיינו "כתובת בנן נוקבן"]
", חייב. שהוא תנאי ב"ד.
ו
אם כן, בכל כתובה
הוה לזה במתנה,
דהיינו "בנן נוקבן",
ולזה בירושה,
"בנין דיכרין",
וכל
הכותב
לזה ב
לשון
ירושה ולזה ב
לשון
מתנה, אפי' רבנן מודו
שיכול לתת, כדתנן לעיל (קכו ב) שאם כתב לשון מתנה בין בתחילה ובין באמצע ובין בסוף, דבריו קיימים, ובגמרא (קכט א) העמדנו אפילו בשתי שדות ובשני בני אדם.
ומקשה הגמרא:
אמר ליה רב נחומי, ואית דאמר
[ויש שאמרו מימרא זו בשם]
רב חנניה בר מניומי, לאביי
:
Traduction française
Ne jugez pas non plus d'après elle,
de juger de la même manière, puisque
qu'il n'appartient pas au juge
de juger
sauf
selon
ce que ses yeux voient.
C'est‑à‑dire d'après sa pensée actuelle, et non en redoutant qu'il ne trouve ultérieurement une réfutation à son objection et ne tranche autrement.
La Guemara revient pour discuter des limites de « l'héritage de Rabbi Yochanan ben Beroka » :
Rava demande : est‑ce valable quand il est en bonne santé ?,
quand il est en bonne santé et a dit « Untel a hérité le champ de Untelle parmi mes biens », est‑ce dans ce cas aussi que Rabbi Yochanan a dit que cela acquiert, si cela convient à son héritier ?
Et les côtés du doute : peut‑être
car Rabbi Yochanan ben Beroka a dit au mourant, ceci est une parole lumineuse
(il convient d'hériter immédiatement)
celle‑ci,
et on la lit dans « le jour où il leur donnera son héritage »
mais pas quand il est sain.
Ou peut‑être, même quand il est sain aussi
il peut transmettre à qui il voudra.
Rav Masharsia dit à Rava, écoute‑
et
entends
ce que nous avons enseigné dans la baraïta à ce sujet :
que Rabbi Natan dit à Rabbi,
vous êtes en Terre d'Israël,
changez votre enseignement comme Rabbi Yochanan ben Beroka.
Il est enseigné dans une baraïta
dans la tractate Ketouvot (52 b), le mari prend une femme, et
il n'écrivit pas pour elle
dans la ketouba,
"kinyan banin zekharim sheyihiyu lecha minna inon yiraton kesef ketuvoteich yoter al cholekeihem domei achivon
["les fils mâles qui me naîtront de toi, eux hériteront de l'argent de ta ketouba, en plus de leur part qu'ils partageront avec les frères qu'ils auront d'une autre femme", et ceci est appelé partout "ketouba kinian banin zekharim"]
", il est tenu, que c'est une condition de beit din.
Et il est prouvé d'ici que le père peut donner à une partie de ses fils une part plus grande dans l'héritage .
Et Rabbi Natan objecta à Rabbi, pourquoi as‑tu changé ton enseignement selon l'avis d'un seul, et n'as‑tu pas changé selon l'avis de tous ?
Et Rabbi lui répondit :
cette Michna est selon la majorité, et ne l'interprète pas « inon yiraton kesef ketuvoteich » comme impliquant que le donateur donne à ses fils une voie d'héritage par la nechala de Rabbi Yochanan ben Beroka, mais
"yisavun"
(au sens de donation)
il a été enseigné.
C'est‑à‑dire, le père donne dès maintenant à ses fils l'argent de la ketouba de leur mère.
Il se rétracta encore,
et Rabbi dit : j'étais jeune en moi, et j'ai osé devant Natan le Babylonien,
et je lui ai donné une réponse qui n'était pas exacte.
Car si l'on dit « yisavun il a été enseigné », et que le père donne dès maintenant à ses fils l'argent de la ketouba de leur mère, nous devrions dire de même que « ketouba kinian banin zekharim » anéantira des biens que le père a vendus après avoir épousé sa femme.
Mais il s'établit pour nous
que la ketouba
kinian banin zekharim ne dévore pas vraiment les biens vendus.
Et
si tu pensais "yisavun il a été enseigné", pourquoi cela ne dévorerait‑il pas vraiment les biens vendus ?
Écoute plutôt d'ici, il a été enseigné "yiraton".
Et selon l'avis de Rabbi Yochanan ben Beroka.
Jusqu'ici la baraïta que Rav Masharsia cita à Rava. Et Rav Masharsia prouva de cette baraïta :
Qui a entendu de là qu'il a cette opinion ? Rabbi
Yochanan ben Beroka ! Et écoute‑en : même quand il est en bonne santé
il peut donner à l'un de ses fils. Car ici le mari met à la charge des fils de sa femme alors même qu'il est en bonne santé.
La Guemara revient pour débattre des paroles de Rav Natan, qui prouva à partir de « ketouba kinian banin zekharim » le droit « l'héritage de Rabbi Yochanan ben Beroka ».
Et la Guemara objecta,
Rav Papa dit à Abaye,
comment Rav Natan a‑t‑il prouvé de « ketouba kinian banin zekharim » au droit « l'héritage de Rabbi Yochanan ben Beroka » ? En effet,
qu'on suive celui qui dit "yisavun", ou celui qui dit "yiraton"
c'est difficile,
n'est‑il pas que l'homme n'acquiert pas une chose qui n'est pas encore venue au monde ?
Et même selon Rabbi Meir qui dit "l'homme acquiert une chose qui n'est pas venue au monde", ces paroles valent
quand il acquiert une chose qui existe déjà dans le monde,
mais pour une chose qui n'est pas dans le monde non,
et si tel est le cas, comment le père acquiert‑il pour les fils de sa femme qui ne sont pas encore nés ?
Mais
certainement
c'est une condition de beit din à moi.
Si donc
ici aussi
on ne peut prouver que la Michna est selon Rabbi Yochanan ben Beroka, puisque
c'est une condition de beit din à moi.
Et peut‑être que dans la condition de beit din même les rabbins admettent qu'il peut donner à qui il voudra.
Il lui dit :
Rav Natan prouva,
parce que
il posa le terme « yisavun », et
cela le tire vers "yiraton".
Cela signifie que son cœur penche vers les paroles de Rabbi Yochanan ben Beroka, que l'homme peut donner à qui il voudra.
Abaye répondit : ce n'est pas une chose [évidente] dire
qu'on peut prouver de la formule « yiraton » qu'il adhère à Rabbi Yochanan ben Beroka, puisque là aussi les rabbins reconnaissent qu'il peut donner à qui il voudra.
Car
voici, à la fin de cette Michna
il est enseigné : il n'écrivit pour elle "banot nokvan sheyihiyu leich mina'i yihiyu yoshevot beveiti veyeznenu minchasa'i ad sheyitnashou lagvarin" ["les filles qui me naîtront de toi demeureront dans ma maison et seront entretenues de mes biens jusqu'à ce qu'elles se marient", et ceci est « ketouba banot nokvan »]
", il est tenu. C'est une condition de beit din.
Et
alors, dans toute ketouba
celle‑ci est au titre de donation,
c'est‑à‑dire « banot nokvan »,
et celle‑là à titre d'héritage, « kinian banin zekharim »,
et tout
celui qui écrit
pour celle‑ci au
style
d'héritage et pour celle‑là au
style
de donation, même les rabbins admettent
qu'il peut donner, comme il est enseigné ci‑dessus (31 b) que si l'on a écrit au style de donation soit au début, soit au milieu, soit à la fin, ses paroles tiennent, et dans la Guemara (39 a) nous avons établi même pour deux champs et pour deux hommes.
Et la Guemara objecta :
Rav Nehumi lui dit, et il y a qui a dit
(et certains ont rapporté cette déclaration au nom de)
Rav Chananiah bar Menyumi, à Abaye :