Version texte de ce daf : original et traduction

Baba Batra 130b (קל:) — le Talmud en français

Baba Batra 130b (בבא בתרא קל:): Que vient enseigner le verset : « Il ne pourra pas faire primer le fils de la femme aimée sur le fils de la femme haïe, le premier-né » ? "? N’est-il pas déjà dit : «…

Texte original — Baba Batra 130b (קל:)

מה

תלמוד לומר "לא יוכל לבכר

את בן האהובה על פני בן השנואה הבכור

"?

הלא כבר נאמר "כי את הבכור בן השנואה יכיר, לתת לו פי שנים", ולשם מה חזר הכתוב ואמר "לא יוכל לבכר"?

אלא,

לפי שנאמר "והיה ביום הנחילו את בניו",

ומשמע

שיכול

לתת לכל אחד מבניו מה שירצה,

והיה מקום ללמוד בקל וחומר,

והלא דין הוא, ומה פשוט שיפה כחו שנוטל בראוי כבמוחזק, התורה נתנה רשות לאב להנחיל לכל מי שירצה, בכור שהורע כחו, שאינו נוטל בראוי כבמוחזק, לא כל שכן?

תלמוד לומר "לא יוכל לבכר"

. ומקשה הגמרא:

ויאמר "לא יוכל לבכר",

ונלמד מפסוק זה, רק בבכור אינו יכול להעביר ירושה, אך יכול להעביר ירושה לשאר האחים, כקושיית אביי, ולשם

מה תלמוד לומר "והיה ביום הנחילו את בניו"?

ומתרצת הגמרא:

ש

אילולי נכתב "והיה ביום הנחילו את בניו",

יכול

נו ללמוד מבכור בקל וחומר,

והלא דין הוא, ומה בכור שהורע כחו שאינו נוטל בראוי כבמוחזק, אמרה תורה "לא יוכל לבכר", פשוט שיפה כחו, שנוטל בראוי כבמוחזק, לא כל שכן?!

תלמוד לומר, "והיה ביום הנחילו את בניו",

ולמדנו מפסוק זה ש

התורה נתנה רשות לאב להנחיל לכל מי שירצה.

אמר רב זריקא אמר רב אמי אמר רב חנינא אמר רבי: הלכה כרבי יוחנן בן ברוקה.

אמר ליה רבי אבא, "הורה

כרבי יוחנן בן ברוקה"

איתמר.

כלומר, לא שמענו בשם רבי שאמר את המילים "הלכה כרבי יוחנן בן ברוקה", אלא מקובלנו שהורה למעשה כדעת רבי יוחנן בן ברוקה.

במאי קמיפלגי?

מר סבר, הלכה עדיפא.

ואילו לא שמענו שכך אמר רבי, אין ללמוד על ידי מעשה רב, שמא הראוה לא דקדק כל כך בכל פרטי המעשה, ושמא זיכה רבי את הנכסים מחמת טענות אחרות, ולא מחמת שפסק את ההלכה כרבי יוחנן בן ברוקה.

ומר סבר, מעשה רב

עדיף. ואילו לא ראינו שהורה כך למעשה, אין לסמוך על מה שאמר "הלכה כריב"ב", שמא לא התכוין להורות כך למעשה, אלא כך עלה לו דרך לימודו.

ובענין זה

תנו רבנן

בברייתא:

אין למדין הלכה לא מפי למוד,

[כלומר, אם אמר לו רבו תוך כדי לימודו, הלכה כדברי פלוני, אין למדים מדבריו שמא כשיבוא לפניו מעשה ידקדק יותר, וימצא שאין ההלכה כך].

ולא מפי מעשה,

[אם ראה את רבו עושה מעשה כדברי פלוני, אל ילמד מכאן שכך ההלכה, שמא עשה כן מטעם אחר שאינו ידוע לו] ,

עד שיאמרו לו "הלכה למעשה"

.

שאל, ואמרו לו "הלכה למעשה", ילך ויעשה מעשה. ובלבד שלא ידמה

לדון דבר מתוך דבר. עד כאן הברייתא.

והוינן בה:

מאי "ובלבד שלא ידמה"? והא כל התורה כולה דמויי מדמינן לה

?

אמר רב אשי, הכי קאמר: ובלבד שלא ידמה בטרפות.

ללמוד זו מזו, כגון טרפת הכבד מטריפת הריאה. כיון שאין חיות האיברים שוה, יש אברים שאם יחתכו תמות, ויש שתחיה.

דתניא, אין אומרים בטרפות זו דומה לזו, ואל תתמה, שהרי חותכה מכאן ומתה, חותכה מכאן וחיתה.

אמר ליה רב אסי לרבי יוחנן

רבו:

כי אמר לן מר "הלכה הכי"

בדרך לימודנו, האם

נעביד מעשה

על פי הוראה זו?

אמר

ליה:

לא תעבידו, עד דאמינא הלכה למעשה.

כדלעיל.

אמר להו רבא לרב פפא ולרב הונא בריה דרב יהושע, כי אתי פסקא דדינא דידי לקמייכו וחזיתו ביה פירכא, לא תקרעוהו עד דאתיתו לקמאי.

[כשיבא פסק דין שלי לפניכם, ותראו בו פירכא, לא תקרעוהו עד שתבואו לפני].

אי אית לי טעמא, אמינא לכו. ואי לא, הדרנא בי

.

לאחר מיתה, לא מיקרע תקרעוהו, ומגמר נמי לא תגמרו מיניה.

לא מיקרע תקרעיניה, דאי הואי התם דלמא הוה אמינא לכו טעמא.

ושמא גם אתם תמצאו בעתיד תרוץ לקושייתכם.

Traduction française

Que

vient enseigner le verset : « Il ne pourra pas faire primer

le fils de la femme aimée sur le fils de la femme haïe, le premier-né » ?

N’est-il pas déjà dit : « Car il reconnaîtra le premier-né, le fils de la femme haïe, pour lui donner une double part » ? Et pourquoi l’Écriture a-t-elle répété et dit : « Il ne pourra pas faire primer]] » ?

Mais

puisqu’il est dit : « Et il adviendra, le jour où il fera hériter ses fils »,]]

et il en ressort

qu’il peut]]

donner à chacun de ses fils ce qu’il voudra,

et il y aurait lieu de l’apprendre par kal va'homer,

et n’est-ce pas un raisonnement : puisque le fils simple, dont le pouvoir est supérieur, car il reçoit ce qui est destiné à échoir comme ce qui est déjà détenu, la Torah a donné au père la permission de faire hériter qui il voudra, le premier-né, dont le pouvoir a été diminué, qui ne reçoit pas ce qui est destiné à échoir comme ce qui est déjà détenu, à plus forte raison ?

Le verset vient enseigner : « Il ne pourra pas faire primer » .

La Guemara objecte :

qu’il dise : « Il ne pourra pas faire primer »,]]

et apprenons de ce verset que c’est seulement à l’égard du premier-né qu’il ne peut pas transférer l’héritage, mais qu’il peut transférer l’héritage aux autres frères, comme l’objection d’Abayé ; et pourquoi

vient-il enseigner : « Et il adviendra, le jour où il fera hériter ses fils » ?

La Guemara répond :

car]]

si n’avait pas été écrit : « Et il adviendra, le jour où il fera hériter ses fils »,

nous aurions pu]]

l’apprendre du premier-né par kal va'homer,

et n’est-ce pas un raisonnement : puisque, pour le premier-né, dont le pouvoir a été diminué, qui ne reçoit pas ce qui est destiné à échoir comme ce qui est déjà détenu, la Torah a dit : « Il ne pourra pas faire primer », le fils simple, dont le pouvoir est supérieur, qui reçoit ce qui est destiné à échoir comme ce qui est déjà détenu, à plus forte raison !

Le verset vient enseigner : « Et il adviendra, le jour où il fera hériter ses fils »,]]

et nous apprenons de ce verset que

la Torah a donné au père la permission de faire hériter qui il voudra.

Rav Zerika a dit au nom de Rav Ami, au nom de Rav Hanina, au nom de Rabbi : la halakha est conforme à Rabbi Yohanan ben Beroka.

Rabbi Abba lui dit : « Il a statué

conformément à Rabbi Yohanan ben Beroka

», cela a été dit.

C’est-à-dire que nous n’avons pas entendu au nom de Rabbi qu’il ait dit les mots : « La halakha est conforme à Rabbi Yohanan ben Beroka », mais nous avons reçu qu’il avait statué en pratique conformément à l’opinion de Rabbi Yohanan ben Beroka.

Sur quoi sont-ils en désaccord ?

L’un pense que la halakha est préférable.]]

Et si nous n’avions pas entendu que Rabbi avait ainsi parlé, il ne faudrait pas l’apprendre d’un grand acte, car peut-être celui qui l’a vu n’a-t-il pas été suffisamment attentif à tous les détails de l’acte, et peut-être Rabbi a-t-il attribué les biens pour d’autres raisons, et non parce qu’il avait statué que la halakha était conforme à Rabbi Yohanan ben Beroka.

Et l’autre pense qu’un grand acte]]

est préférable. Et si nous n’avions pas vu qu’il avait ainsi statué en pratique, il ne faudrait pas se fier à ce qu’il a dit : « La halakha est conforme à Rabbi Yohanan ben Beroka » ; peut-être n’avait-il pas l’intention de statuer ainsi en pratique, mais cela lui était apparu au cours de son étude.

À ce propos,

les maîtres ont enseigné]]

dans une b on :

on n’apprend pas la halakha d’un enseignement,]] [(

c’est-à-dire que si son maître lui a dit, au cours de son étude : « La halakha est conforme aux paroles d’Untel », on n’apprend pas de ses paroles, car lorsqu’un cas pratique se présentera devant lui, peut-être examinera-t-il davantage et trouvera-t-il que la halakha n’est pas ainsi]).

ni d’un acte,]] [(

s’il a vu son maître accomplir un acte conformément aux paroles d’Untel, qu’il n’en apprenne pas que telle est la halakha, car peut-être l’a-t-il fait pour une autre raison qui lui est inconnue])] ,

jusqu’à ce qu’on lui dise : « La halakha en pratique » .

S’il a demandé, et qu’on lui a dit : « La halakha en pratique », qu’il aille accomplir l’acte. À condition toutefois qu’il ne fasse pas d’analogie]]

pour déduire une chose d’une autre. Jusqu’ici la baraïta.

Nous nous interrogeons à ce sujet :

que signifie : « À condition qu’il ne fasse pas d’analogie » ? Or, toute la Torah entière, nous l’analoguons par des analogies ?

Rav Achi a dit : voici ce qu’il veut dire : à condition qu’il ne fasse pas d’analogie en matière de lésions rendant l’animal impropre.]]

Pour apprendre l’une de l’autre, par exemple la lésion du foie à partir de celle du poumon. Puisque la vitalité des organes n’est pas identique, il y a des organes dont la section entraîne la mort, et d’autres après la section desquels l’animal survit.

Car il a été enseigné : on ne dit pas, en matière de lésions rendant l’animal impropre, que l’une ressemble à l’autre ; et ne t’en étonne pas, car s’il la coupe ici, elle meurt, et s’il la coupe là, elle survit.

Rav Assi dit à Rabbi Yohanan]]

son maître :

lorsque le maître nous dit : « La halakha est ainsi »]]

au cours de notre étude,

devons-nous accomplir un acte]]

conformément à cette décision ?

Il lui]]

dit :

ne l’accomplissez pas jusqu’à ce que je dise : « La halakha en pratique. »]]

Comme ci-dessus.

Rava dit à Rav Papa et à Rav Houna, fils de Rav Yehochoua : lorsque ma décision judiciaire arrive devant vous et que vous y voyez une objection, ne la déchirez pas jusqu’à ce que vous veniez devant moi.]] [(

lorsque ma décision judiciaire viendra devant vous et que vous y verrez une objection, ne la déchirez pas jusqu’à ce que vous veniez devant moi)].

Si j’ai une raison, je vous la dirai ; et sinon, je reviendrai sur ma décision .

Après ma mort, vous ne le déchirerez certainement pas, et vous n’en tirerez pas non plus d’enseignement.

Vous ne le déchirerez certainement pas, car si j’avais été là, peut-être vous en aurais-je dit la raison.]]

Et peut-être trouverez-vous vous aussi à l’avenir une réponse à votre objection.

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