Version texte de ce daf : original et traduction

Baba Batra 129a (קכט.) — le Talmud en français

Baba Batra 129a (בבא בתרא קכט.): Est-ce pour exclure de l’opinion de Rava , qui a dit plus haut : « même dans le premier » ? Il ne s’oppose donc pas à l’opinion de Rav Abba, mais seulement il ajoute…

Texte original — Baba Batra 129a (קכט.)

אי לאפוקי מד

ברי

רבא,

[דאמר לעיל, "אף בראשון"] הא אינו חולק על דברי רב אבא, רק

מוסיף הוא

.

אי דמר בר רב אשי,

[דאכשר אף באבא דאבא], הא אמרינן לעיל,

לית הלכתא כמר בר רב אשי.

אי לאפוקי מדשמואל ורב ששת ורב פפא,

[לגבי מי שראה עדות ונתעוור]

הא איתותבו

לעיל.

אלא לאפוקי מדרבי יוחנן

שפסק לעיל כרבנן שאב אינו נאמן לומר על בנו "בכור הוא" נגד חזקה.

ומאתקפתא דמר בר רב אשי.

שהקשה לעיל גבי חיוב שבועת מודה במקצת.

שנינו במשנה:

"המחלק נכסיו על פיו ריבה

לאחד ומיעט לאחד,

והשה להם את הבכור דבריו קיימים. ואם אמר משום ירושה לא אמר כלום. כתב בין בתחילה בין באמצע בין בסוף משום מתנה דבריו קיימין".

מבארת הגמרא:

היכי דמי מתנה בתחלה, היכי דמי באמצע, היכי דמי בסוף?

כי אתא רב דימי אמר רבי יוחנן

: אם כתב,

"תנתן שדה פלונית לפלוני, ויירשה", זו היא מתנה בתחלה.

"ירשה, ותנתן לו", זו היא מתנה בסוף.

"יירשה, ותנתן לו, ויירשה", זו היא מתנה באמצע

.

ודוקא באדם אחד ושדה אחת, אבל באדם אחד ושתי שדות

כגון אמר "תנתן שדה פלונית לראובן, וירש שדה אחרת", או

שדה אחת ושני בני אדם,

כגון, "חצי שדה פלונית תנתן לראובן, ושמעון ירש את חציה השני",

לא.

כלומר, מה שאמר לשון מתנה אינו מציל את השדה שנתן בלשון ירושה. ולא קנה אלא מה שנתן במתנה .

רבי אלעזר אומר: אפילו אדם אחד, ושתי שדות,

או

שדה אחת ושני בני אדם,

קנה. כיון שהזכיר לשון מתנה, ודאי כוונתו לתת לשניהם באותו אופן.

אבל בשתי שדות, ושני בני אדם,

כגון, "תנתן שדה זו לראובן, ושמעון ירש שדה אחרת",

לא.

כיון שהגופין והשדות חלוקות זו מזו, לא מועילה המתנה שנתן לאחד להציל על הירושה שנתן לאחר.

כי אתא רבין אמר

: האומר לבניו

"תנתן שדה פלונית לפלוני, ויירש פלוני שדה פלונית",

דהיינו שתי שנות, ושני בני אדם,

רבי יוחנן אומר: קנה. רבי אלעזר אומר: לא קנה.

אמר ליה אביי לרבין: אנחתת לן חדא, ואתקפת לן חדא.

[אחד מדברך נח לנו, והשני קשה, כדלהלן]:

בשלמא דרבי אלעזר אדרבי אלעזר לא קשיא, כאן באדם אחד ושתי שדות, כאן בשני בני אדם ושתי שדות

. אלא דרבי יוחנן אדרבי יוחנן קשיא, דלעיל אמר רבי יוחנן שאדם אחד ושתי שדות לא קנה, ואילו הכא אמר "קנה"?

ומתרצת הגמרא:

אמוראי נינהו, ואליבא דרבי יוחנן.

כלומר, נחלקו האמוראים בדעת רבי יוחנן.

וריש לקיש אמר

: בשתי שדות ושני בני לאדם

לא קנה, עד שיאמר

ירושה בתחילה וירושה בסוף ומתנה באמצע, כגון,

"פלוני ופלוני יירשו שדה פלונית ופלונית שנתתים להם במתנה ויירשום".

ובמקרה זה, נלמד לשון מתנה מלשון ירושה. וכשם שלון ירושה נאמרה לשניהם, אף לשון מתצנה שבאמצע נאמרה לשניהם.

ונדון זה תלוי

בפלוגתא

דאמוראי המובאת להלן:

אמר רב המנונא, לא שנו אלא אדם אחד ושדה אחת, אבל אדם אחד ושתי שדות, שדה אחת ושני בני אדם, לא.

ורב נחמן אמר: אפילו אדם אחד ושתי שדות, שדה אחת ושני בני אדם, אבל שתי שדות ושני בני אדם לא.

ורב ששת אמר: אפילו שתי שדות ושני בני אדם.

נמצא: רב המנונא כרב דימי, ורב נחמן כרב אלעזר, ורב ששת כרבין אמר רבי יוחנן.

אמר רב ששת מנא אמינא לה

[מהו המקור לדברי]:

דתניא,

שכיב מרע המצוה על נכסיו, או היוצא למדינת הים,

האומר, "תנו שקל

[שקל הוא שני דינרים, דהינו חצי סלע]

לבני

בשבת

[כל שבוע]

", וראוין ליתן סלע,

כלומר, מזונותיהם עולים סלע,

נותן להן סלע.

כיון שלא התכוין האב אלא לומר שלא יפריזו לתת להם יותר מדאי.

ואם אמר "אל תתנו להן אלא שקל", אין נותנין להן אלא שקל.

Traduction française

Est-ce pour exclure de l’opinion de

Rava

,

qui a dit plus haut : « même dans le premier » ? Il ne s’oppose donc pas à l’opinion de Rav Abba, mais seulement

il ajoute .

Si c’est [pour exclure] l’opinion de Mar bar Rav Achi,

qui a déclaré valide même le grand-père du père, nous avons dit plus haut :

la halakha n’est pas comme Mar bar Rav Achi.

Si c’est pour exclure l’opinion de Chemouel, de Rav Chechet et de Rav Pappa,

concernant celui qui avait vu un témoignage et qui était devenu aveugle,

ils ont été réfutés

plus haut.

Mais c’est pour exclure l’opinion de Rabbi Yohanan

qui a établi plus haut la halakha selon les Sages : un père n’est pas cru lorsqu’il dit au sujet de son fils : « Il est premier-né », contre une présomption.

Et l’objection de Mar bar Rav Achi.

Il avait objecté plus haut à propos de l’obligation du serment de celui qui reconnaît une partie [de la réclamation].

Nous avons appris dans la Michna :

« Celui qui répartit ses biens selon sa parole, qui en augmente la part

de l’un et en diminue celle d’un autre,

et qui laisse au premier-né [sa part] parmi eux, sa parole est valable. Et s’il a dit [qu’il la donne] au titre d’un héritage, sa parole ne vaut rien. S’il a écrit, que ce soit au début, au milieu ou à la fin, [qu’il la donne] au titre d’un don, sa parole est valable. »

La Guemara explique :

« Que signifie [un don] au début ? Que signifie [un don] au milieu ? Que signifie [un don] à la fin ? »

Lorsque Rav Dimi vint, il dit au nom de Rabbi Yohanan

: S’il a écrit :

« Que tel champ soit donné à untel, et qu’il en hérite », c’est là un don au début.

« Qu’il en hérite, et qu’il lui soit donné », c’est là un don à la fin.

« Qu’il en hérite, qu’il lui soit donné, et qu’il en hérite », c’est là un don au milieu .

Et cela concerne précisément une seule personne et un seul champ ; mais s’il s’agit d’une seule personne et de deux champs,

par exemple s’il a dit : « Que tel champ soit donné à Réouven, et qu’il hérite d’un autre champ », ou bien

d’un seul champ et de deux personnes,

par exemple : « Que la moitié de tel champ soit donnée à Réouven, et que Chimोन hérite de son autre moitié »,

non.

C’est-à-dire que le fait qu’il ait employé le langage du don ne sauve pas le champ qu’il a donné dans le langage de l’héritage. Il n’a acquis que ce qu’il a donné comme don .

Rabbi Éléazar dit : même s’il s’agit d’une seule personne et de deux champs,

ou

d’un seul champ et de deux personnes,

il l’acquiert. Puisqu’il a mentionné le langage du don, son intention est certainement de donner aux deux de la même manière.

Mais s’il s’agit de deux champs et de deux personnes,

par exemple : « Que ce champ soit donné à Réouven, et que Chimոն hérite d’un autre champ »,

non.

Puisque les personnes et les champs sont distincts les uns des autres, le don qu’il a donné à l’un ne suffit pas à sauver l’héritage qu’il a donné à l’autre.

Lorsque Rabin vint, il dit

: Celui qui dit à ses fils :

« Que tel champ soit donné à untel, et qu’untel hérite de tel champ »,

c’est-à-dire deux champs et deux personnes,

Rabbi Yohanan dit : il l’a acquis. Rabbi Éléazar dit : il ne l’a pas acquis.

Abayé dit à Rabin : Tu nous en as aplani une, et tu nous en as rendu une autre difficile.

L’une de tes paroles nous est aisée, et l’autre est difficile, comme suit :

Pour ce qui est de Rabbi Éléazar face à Rabbi Éléazar, il n’y a pas de difficulté : ici, il s’agit d’une seule personne et de deux champs ; là, de deux personnes et de deux champs .

Mais pour ce qui est de Rabbi Yohanan face à Rabbi Yohanan, il y a une difficulté : plus haut, Rabbi Yohanan a dit que, dans le cas d’une seule personne et de deux champs, elle ne l’a pas acquis, tandis qu’ici il a dit : « Il l’a acquis » ?

La Guemara répond :

Ce sont des amoraïm, et ils divergent selon l’opinion de Rabbi Yohanan.

C’est-à-dire que les amoraïm sont en désaccord quant à l’opinion de Rabbi Yohanan.

Et Rech Lakich dit

: Dans le cas de deux champs et de deux personnes,

il ne l’a pas acquis, jusqu’à ce qu’il dise

: héritage au début, héritage à la fin, et don au milieu, par exemple :

« Untel et untel hériteront de tel et tel champ que je leur ai donnés en don, et ils en hériteront. »

Dans ce cas, nous apprenons le langage du don du langage de l’héritage. Et de même que le langage de l’héritage a été dit au sujet des deux, le langage du don qui se trouve au milieu a également été dit au sujet des deux.

Cette discussion dépend de la

controverse

des amoraïm rapportée plus loin :

Rav Hamnouna dit : cela n’a été enseigné que dans le cas d’une seule personne et d’un seul champ ; mais dans le cas d’une seule personne et de deux champs, ou d’un seul champ et de deux personnes, non.

Et Rav Nahman dit : même dans le cas d’une seule personne et de deux champs, ou d’un seul champ et de deux personnes ; mais dans le cas de deux champs et de deux personnes, non.

Et Rav Chechet dit : même dans le cas de deux champs et de deux personnes.

Il s’ensuit que Rav Hamnouna est conforme à Rav Dimi, Rav Nahman à Rabbi Éléazar, et Rav Chechet à Rabin au nom de Rabbi Yohanan.

Rav Chechet dit : d’où puis-je l’établir

? Quelle est la source de ses paroles ?

Car il a été enseigné dans une baraïta :

un malade dangereux qui donne des instructions concernant ses biens, ou celui qui part pour un pays lointain,

dit : « Donnez un chékel

(un chékel vaut deux dinars, c’est-à-dire une demi-séla)

à mes fils

chaque Chabat

(chaque semaine)

», alors qu’il convient de leur donner une séla,

c’est-à-dire que leur nourriture coûte une séla,

on leur donne une séla.

Puisque le père n’avait eu pour intention que de dire qu’on ne leur donne pas excessivement plus que nécessaire.

Et s’il a dit : « Ne leur donnez qu’un chékel », on ne leur donne qu’un chékel.

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