Version texte de ce daf : original et traduction
Baba Batra 128b (קכח:) — le Talmud en français
Baba Batra 128b (בבא בתרא קכח:): Et de là réfutation de toutes les réfutations. Encore : Rabbi Abba envoya dire à Rav Yossef bar Hama : « Celui qui dit, au sujet d’un enfant parmi les fils, est digne…
Texte original — Baba Batra 128b (קכח:)
ומכאן
תיובתא דכולהו תיובתא.
עוד
שלח רבי אבא לרב יוסף בר חמא: האומר על תינוק בין הבנים נאמן.
ולקמן יבואר מה אמר עליו.
ורבי יוחנן אמר: אינו נאמן.
מבארת הגמרא:
מאי קאמר?
אמר אביי: הכי קאמר, האומר על תינוק בין הבנים יירש כל נכסי, נאמן. כרבי יוחנן בן ברוקה
המובא להלן (קל - א) שאם אמר "אחד מבני ירש כל נכסי" דבריו קיימים.
ורבי יוחנן אמר, אינו נאמן, כרבנן.
המובאים שם.
מתקיף לה רבא: האי "נאמן" ו"אינו נאמן"?! יירש ולא יירש מבעיא ליה?
אלא אמר רבא, הכי קאמר, האומר על תינוק בין הבנים בכור הוא, נאמן. כרבי יהודה.
ורבי יוחנן אמר אינו נאמן,
הואיל ומוחזק לנו באחר שהוא הבכור.
כרבנן.
הנ"ל.
עוד
שלח ליה רבי אבא לרב יוסף בר חמא: האומר תטול אשתי
חלק בנכסי
כאחד מן
הבנים,
והקנה לה אתו חלק במתנת שכיב מרע, או על ידי קנין,
נוטלת כאחד מן הבנים
.
אמר רבא: ובנכסים של עכשיו,
כלומר, אינה נוטלת במה שיתרבו הנכסים לאחר מכן, כיון שאין אדם מקנה דבר שלא בא לעולם.
ובבנים הבאין לאחר מכאן.
כלומר: אם נולדו אחר כך עוד בנים ונתקטן חלקו של כל אחד מהם בירושה, אינה נוטלת אלא כשעת חלוקה .
עוד
שלח ליה רבי אבא לרב יוסף בר חמא: המוציא שטר חוב על חבירו, מלוה אומר: לא נפרעתי כלום. ולוה אומר: פרעתי מחצה. והעדים מעידין שפרע כולו.
כדברי הלוה.
הרי זה נשבע
שבועת מודה במקצת,
ו
בעל חוב
גובה מחצה מנכסים בני חורין
.
אבל ממשועבדין
[כלומר מנכסים שמכר הלוה ללקוחות]
לא
גובים.
דאמרי, אנן אעדים סמכינן
שאמרו, "פרע הכל", וחיישינן שמא עשו הלוה והמלוה קנוניה ביניהם להפסיד את הלקוחות .
ואפילו לרבי עקיבא דאמר משיב אבדה הוי
, הכא חייב שבועה, ד
הני מילי היכא דליכא עדים,
ואינו מפחד לטעון שנים היו ולא שלשה, אזי חשיב כמשיב אבידה.
אבל היכא דאיכא עדים,
כיון שאינו יודע מה באו להעיד,
אירתותי אירתת
[חושש] לשקר, ולכן הודה במקצת וחייב שבועה.
מתקיף לה מר בר רב אשי: אדרבה אפילו לרבי שמעון בן אלעזר דאמר מודה מקצת הטענה הוי, הני מילי היכא דליכא עדים דקא מסייעי ליה, אבל היכא דאיכא עדים דקא מסייעי ליה,
ויכול לפטור את עצמו מכל הסכום על פי דבריהם,
ודאי משיב אבדה הוי
במה שהודה במקצת, ויש לנו לפוטרו משבועה?.
דרש מר זוטרא משמיה דרב שימי בר אשי: הלכתא בכל הני שמעתתא כדשלח ליה רבי אבא לרב יוסף בר חמא.
אמר ליה רבינא לרב אשי, דרב נחמן מאי?
כלומר, הרי קיימא לן כרב נחמן בדיני, ולעיל פליג רב נחמן על דברי רב אבא, ואמר, "אין גובין מן העבדים". וקשיא הלכתא אהלכתא?
אמר ליה: אין גובין מתנינן לה
בדברי רב אבא.
וכן אמר רב נחמן.
ואלא הלכתא לאפוקי מאי?
Traduction française
Et de là
réfutation de toutes les réfutations.
Encore :
Rabbi Abba envoya dire à Rav Yossef bar Hama : « Celui qui dit, au sujet d’un enfant parmi les fils, est digne de foi. »
Et plus loin, il sera expliqué ce qu’il a dit à son sujet.
Et Rabbi Yo'hanan dit : « Il n’est pas digne de foi. »
La Guemara explique :
Que dit-il ?
Abayé dit : voici ce qu’il veut dire : celui qui dit, au sujet d’un enfant parmi les fils : « Qu’il hérite de tous mes biens », est digne de foi. Comme Rabbi Yo'hanan ben Beroka,
qui est rapporté plus loin (130a), selon lequel, s’il dit : « L’un de mes fils héritera de tous mes biens », ses paroles subsistent.
Et Rabbi Yo'hanan dit : « Il n’est pas digne de foi », comme les Sages,
qui sont rapportés là-bas.
Rava lui objecte : « Ces expressions, “est digne de foi” et “n’est pas digne de foi” ?! Il aurait fallu dire : “Il héritera” et “il n’héritera pas” ! »
Mais Rava dit : voici ce qu’il veut dire : celui qui dit, au sujet d’un enfant parmi les fils : « Il est le premier-né », est digne de foi. Comme Rabbi Yehouda.
Et Rabbi Yo'hanan dit : « Il n’est pas digne de foi, »
puisque nous tenons pour établi qu’un autre est le premier-né.
Comme les Sages.
Ceux qui précèdent.
Encore :
Rabbi Abba envoya dire à Rav Yossef bar Hama : celui qui dit : “Que ma femme prenne”
une part de mes biens
comme l’un des
fils,
et lui a attribué cette part par le don d’un malade en danger, ou au moyen d’une acquisition,
elle prend comme l’un des fils .
Rava dit : « Et avec les biens de maintenant, »
c’est-à-dire qu’elle ne prend pas sur ce qui s’ajoutera aux biens par la suite, puisque l’homme n’attribue pas une chose qui n’est pas encore venue au monde.
« Et avec les fils qui viendront après cela. »
C’est-à-dire : si d’autres fils naissent ensuite et que la part de chacun d’eux dans l’héritage diminue, elle ne prend que selon la situation au moment du partage .
Encore :
Rabbi Abba envoya dire à Rav Yossef bar Hama : celui qui produit contre son prochain une reconnaissance de dette, le créancier dit : “Je n’ai rien reçu”, et l’emprunteur dit : “J’ai payé la moitié”, tandis que les témoins attestent qu’il a tout payé.
Selon les paroles de l’emprunteur,
celui-ci prête serment
du serment de celui qui reconnaît une partie,
et
le créancier
recouvre la moitié sur des biens libres .
Mais sur des biens grevés
c’est-à-dire sur des biens que l’emprunteur a vendus à des acquéreurs,
ils ne
recouvrent pas.
Car ils disent : « Nous nous appuyons sur les témoins, »
qui ont dit : « Il a tout payé », et nous craignons que l’emprunteur et le créancier n’aient fait entre eux une collusion afin de faire perdre les acquéreurs .
Et même selon Rabbi Akiva, qui dit qu’il est considéré comme celui qui restitue une trouvaille ,
ici il est astreint au serment, car
cela ne s’applique que lorsqu’il n’y a pas de témoins,
et qu’il ne craint pas de prétendre : « Il y en avait deux et non trois » ; alors, il est considéré comme celui qui restitue une trouvaille.
Mais lorsqu’il y a des témoins,
puisqu’il ne sait pas ce qu’ils sont venus attester,
il est saisi de crainte
il craint de mentir ; c’est pourquoi il a reconnu une partie et est astreint au serment.
Mar bar Rav Achi lui objecte : « Au contraire, même selon Rabbi Chimon ben Elazar, qui dit que celui qui reconnaît une partie de la prétention est considéré comme tel, cela ne s’applique que lorsqu’il n’y a pas de témoins qui l’assistent ; mais lorsqu’il y a des témoins qui l’assistent,
et qu’il peut se libérer de la totalité de la somme sur la foi de leurs paroles,
il est certainement considéré comme celui qui restitue une trouvaille
par ce qu’il a reconnu d’une partie, et nous devons l’exempter du serment ?
Mar Zoutra enseigna au nom de Rav Chimi bar Achi : « La halakha, dans toutes ces traditions, est conformément à ce que Rabbi Abba envoya dire à Rav Yossef bar Hama. »
Ravina dit à Rav Achi : « Qu’en est-il de Rav Na'hman ? »
C’est-à-dire : n’avons-nous pas établi que, dans les affaires pécuniaires, la halakha suit Rav Na'hman ? Or, plus haut, Rav Na'hman s’est opposé aux paroles de Rav Abba et a dit : « On ne recouvre pas sur les esclaves. » Et une halakha s’oppose donc à une autre halakha ?
Il lui dit : « Nous l’enseignons ainsi : on ne recouvre pas
dans les paroles de Rav Abba.
Et Rav Na'hman a également dit ainsi.
Mais alors, la halakha vient exclure quoi ?