Version texte de ce daf : original et traduction
Baba Batra 127b (קכז:) — le Talmud en français
Baba Batra 127b (בבא בתרא קכז:): Il leur envoya [ce message] : On rédige une procuration l’un pour l’autre. Et la Guemara objecte : De l’avis de qui Chmouel est-il d’avis ? Quel que soit le côté, si…
Texte original — Baba Batra 127b (קכז:)
שלח להו: כותבין הרשאה
זה לזה.
ומקשה הגמרא: כדעת מי סבר שמואל,
מה נפשך, אי כרבנן
[שאינו נאמן]
סבירא ליה, לישלח להו כרבנן, אי כרבי יהודה
[שנאמן]
סבירא ליה, לישלח להו כרבי יהודה?
ולהלן יבואר במה נחלקו רבי יהודה ורבנן.
ומתרצת הגמרא:
מספקא ליה אי כרבי יהודה, אי כרבנן.
ומספק, כותבים הרשאה זה לזה .
מבארת הגמרא:
מאי היא
[היכן נחלקו רבי יהודה ורבנן]?
דתניא,
נאמר בתורה, "כי את הבכור בן השנואה
יכיר,
לתת לו פי שנים
",
ודרשינן:
יכירנו לאחרים.
ו
מכאן אמר רבי יהודה, נאמן אדם לומר "זה בני בכור".
וכשם שנאמן אדם לומר "זה בני בכור", כך נאמן אדם לומר זה בן גרושה וזה בן חלוצה
.
וחכמים אומרים, אינו נאמן.
עד כאן הברייתא.
אמר ליה רב נחמן בר יצחק לרבא: בשלמא לרבי יהודה היינו דכתיב "יכיר".
אלא לרבנן "יכיר" למה לי?
ומתרצת הגמרא:
בצריך היכרא.
כלומר במקרה דמספקא לן אי הוי בכור או לא, כגון שבאו מקרוב לכאן, ואין אנו יודעים מי הבכור ומי הפשוט, נאמן האב לומר "זה בני בכור".
ומקשה הגמרא: בשלמא לרבי יהודה, אילולי הפסוק לא היינו מאמינים לאב נגד חזקה, והשמיענו הפסוק שהאב נאמן על בנו גם נגד חזקה ,
אלא לרבנן, שאין האב נאמן אלא כשאין חזקה נגדו,
למאי הלכתא
השמיענו הפסוק שהאב נאמן
? למיתבא לו פי שנים?!
הא לשם כך אין צורך בנאמנות מיוחדת, ואף אם
לא יהא
בנו,
אלא אחר,
יכול לתת לו פי שנים, ד
אילו בעי למיתבא ליה במתנה מי לא יהיב ליה?!
ואם כן, מתוך שיכול לתת לו את הנכסים במתנה, נאמן לומר "בכור הוא".
ומתרצת הגמרא:
לא צריכא
לחדש נאמנות לאב, אלא
בנכסים שנפלו לו לאחר מכאן.
לאחר שאמר זה בני בכורי, וכיון שאין אדם מקנה דבר שלא בא לעולם, לא שייך בהם מיגו .
מקשה הגמרא:
לרבי מאיר דאמר "אדם מקנה דבר שלא בא לעולם", "יכיר" למה לי?
הרי לעולם האב נאמן במיגו שיכול ליתנם לו במתנה?
ומתרצת הגמרא: נפקא מינא,
בנכסים שנפלו לו כשהוא גוסס.
דהיינו, גם לפי רבי מאיר שאדם מקנה דבר שלא בא לעולם, הני מילי בדבר שכשיבא לעולם יש לו כח להקנותו.
אך נכסים שנפלו לו כשהוא גוסס, בשעה שאינו יכול לדבר ולהקנות , אינו יכול להקנותם קודם לכן. ובהם אינו נאמן להכיר את בנו על ידי "מיגו דאי בעי יהיב ליה", אלא מטעם "יכיר".
תנו רבנן
בברייתא:
היו מוחזקין בו שהוא בכור, ואמר אביו על אחר שהוא בכור, נאמן.
כרבי יהודה.
היו מוחזקין בו שאינו בכור, ואמר אביו בכור הוא. אינו נאמן.
כרבנן.
דהיינו:
רישא
דברייתא כ
רבי יהודה, וסיפא
כ
רבנן.
אמר רבי יוחנן: אמר בני הוא, וחזר ואמר
אפילו בתוך כדי דיבור
עבדי הוא,
כיון שסתר דיבורו הראשון,
אינו נאמן
לחזור בו מעדותו, ד"כיון שהגיד, שוב אינו חוזר ומגיד".
אך אם אמר
עבדי הוא, וחזר ואמר בני הוא, נאמן.
כיון שכשאמר "בני הוא" אינו סותר את דבריו הראשונים, אלא מפרשם, שהיתה כונתו לומר, "בני הוא,
דמשמש לי כעבדא" קאמר.
אבל ברישא, לא אמרינן שכוונתו לפרש דעבדו הוא, אלא שאוהבו כבנו, לפי שאין דרך האדון לייחס את העבד ולקרותו כבנו משום חיבה .
וחילופיה אבית המכס,
בבית המכס, הדרך לקרא לעבדו בנו, כדי להבריחו מן המכס. אך אין הדרך לקרא לבנו עבדו, שהרי מתחייב עליו מכס בחינם, ולכן,
היה עובר על בית המכס ואמר בני הוא, וחזר ואמר עבדי הוא נאמן
.
אמר עבדי הוא, וחזר ואמר בני הוא אינו נאמן.
כנ"ל.
ומקשה הגמרא:
מיתיבי: היה משמשו כבן ובא ואמר בני הוא, וחזר ואמר עבדי הוא, אינו נאמן.
היה משמשו כעבד, ובא ואמר עבדי הוא וחזר ואמר בני הוא אינו נאמן.
ומבואר דלא אמרינן "בני הוא דמשמש לי כעבדא", אלא לעולם תפסינן לשון ראשון, ולא מהימנינן ליה לחזור ולהגיד?
אמר רב נחמן בר יצחק: התם
אינו נאמן לחזור ולומר בני הוא, כיון
דקרי ליה עבדא מצר מאה,
[כלומר, מדובר שאמר עליו בתחילה "עבדי הוא השוה מאה זהובים"], ובלשון זו אין קורין אלא לעבד. ולכן אינו נאמן לחזור ולומר בני הוא.
מבארת הגמרא:
מאי "מצר מאה"?
מצר עבדא ק' זוזי.,
סמוכים לי עליו מאה זוזים. דהיינו, שויו מאה זוז.
להלן יובאו פסקי הלכות שנשלחו מרב אבא לרב יוסף, והובאו כאן מפני דין "יכיר" שנשנה באחד מהם:
שלח ליה רבי אבא לרב יוסף בר חמא: האומר לחבירו עבדי גנבת, והוא אומר לא גנ בתי.
אמר לו: אם כן
מה טיבו אצלך?
Traduction française
Il leur envoya [ce message] : On rédige une procuration
l’un pour l’autre.
Et la Guemara objecte : De l’avis de qui Chmouel est-il d’avis ?
Quel que soit le côté, si c’est de l’avis des rabbins
qui ne le reconnaissent pas],
qu’il leur envoie [une réponse] selon l’avis des rabbins ; et si c’est de l’avis de Rabbi Yehouda
qui le reconnaît],
qu’il leur envoie [une réponse] selon l’avis de Rabbi Yehouda ?
Il sera expliqué plus loin sur quoi Rabbi Yehouda et les rabbins sont en désaccord.
La Guemara répond :
Il a un doute : est-ce de l’avis de Rabbi Yehouda, est-ce de l’avis des rabbins.
Et en raison du doute, ils rédigent une procuration l’un pour l’autre.
La Guemara explique :
Qu’en est-il ?
Sur quoi Rabbi Yehouda et les rabbins sont-ils en désaccord ?]
Car il a été enseigné dans une baraïta :
Il est dit dans la Torah : « Car le premier-né du fils de la femme haïe
reconnaîtra
pour lui donner une double part »,
et nous l’interprétons ainsi :
Il le fera reconnaître aux autres.
Et
de là Rabbi Yehouda a dit : Un homme est digne de confiance pour dire : “Celui-ci est mon fils premier-né”.
Et de même qu’un homme est digne de confiance pour dire : “Celui-ci est mon fils premier-né”, de même un homme est digne de confiance pour dire : “Celui-ci est le fils d’une femme divorcée d’un koén, et celui-ci est le fils d’une femme ayant été dispensée du lévirat”.
Et les Sages disent : Il n’est pas digne de confiance.
Telle est la fin de la baraïta.
Rav Naḥman bar Yitsḥak dit à Rava : Pour Rabbi Yehouda, cela va de soi, car il est écrit : “Il reconnaîtra”.
Mais pour les rabbins, à quoi sert “Il reconnaîtra” ?
La Guemara répond :
Lorsqu’une reconnaissance est nécessaire.
C’est-à-dire dans le cas où nous avons un doute : est-il premier-né ou non ? Par exemple, ils sont arrivés récemment ici, et nous ne savons pas lequel est le premier-né et lequel est le fils simple ; le père est digne de confiance pour dire : « Celui-ci est mon fils premier-né ».
La Guemara objecte : Pour Rabbi Yehouda, cela va de soi : sans le verset, nous n’aurions pas cru le père contre une présomption, et le verset nous enseigne que le père est digne de confiance au sujet de son fils, même contre une présomption.
Mais pour les rabbins, selon lesquels le père n’est digne de confiance que lorsqu’aucune présomption ne s’oppose à lui,
à quelle fin halakhique
le verset nous enseigne-t-il que le père est digne de confiance
? Est-ce pour lui donner une double part ?!
Car, pour cela, une confiance particulière n’est pas nécessaire ; même s’il
n’était pas
son fils,
mais un autre,
il pourrait lui donner une double part, car
s’il voulait lui donner [les biens] en cadeau, ne les lui donnerait-il pas ?!
Et dès lors, puisqu’il peut lui donner les biens en cadeau, il est digne de confiance pour dire : « Il est premier-né. »
La Guemara répond :
Ce n’est pas nécessaire
d’innover une confiance accordée au père, si ce n’est
pour des biens qui lui sont échus par la suite.
Après qu’il a dit : « Celui-ci est mon fils premier-né », et puisqu’un homme ne peut pas transmettre une chose qui n’est pas encore venue au monde, le migo ne s’applique pas à ces biens.
La Guemara objecte :
Pour Rabbi Meïr, qui dit : “Un homme peut transmettre une chose qui n’est pas encore venue au monde”, à quoi sert “Il reconnaîtra” ?
En effet, le père est toujours digne de confiance grâce au migo qu’il pourrait les lui donner en cadeau ?
La Guemara répond : Il y a une différence pratique
pour des biens qui lui sont échus alors qu’il était agonisant.
C’est-à-dire que, même selon Rabbi Meïr, qui dit qu’un homme peut transmettre une chose qui n’est pas encore venue au monde, cela ne concerne qu’une chose qu’il aura le pouvoir de transmettre lorsqu’elle viendra au monde.
Mais des biens qui lui sont échus alors qu’il était agonisant, au moment où il ne peut ni parler ni les transmettre, il ne peut pas les transmettre auparavant. Et au sujet de ces biens, il ne peut pas reconnaître son fils grâce au « migo : s’il avait voulu, il les lui aurait donnés », mais seulement en vertu de « Il reconnaîtra ».
Nos maîtres ont enseigné
dans une baraïta :
S’ils le tenaient pour établi comme étant premier-né, et que son père déclara qu’un autre était premier-né, il est digne de confiance.
Selon Rabbi Yehouda.
S’ils le tenaient pour établi comme n’étant pas premier-né, et que son père déclara : “Il est premier-né”, il n’est pas digne de confiance.
Selon les rabbins.
C’est-à-dire :
le début
de la baraïta est selon
Rabbi Yehouda, et la fin
est selon
les rabbins.
Rabbi Yoḥanan a dit : S’il a dit : “C’est mon fils”, puis a dit
même dans le temps nécessaire pour prononcer une courte formule
: “C’est mon esclave”,
puisqu’il a contredit sa première déclaration,
il n’est pas digne de confiance
pour revenir sur son témoignage, car : « Puisqu’il a témoigné, il ne peut plus revenir témoigner. »
Mais s’il a dit
: “C’est mon esclave”, puis a dit : “C’est mon fils”, il est digne de confiance.
Puisque, lorsqu’il dit : « C’est mon fils », il ne contredit pas ses premières paroles, mais les explique : son intention était de dire : « C’est mon fils
qui me sert comme un esclave », voilà ce qu’il a dit.
Mais dans le début, nous ne disons pas que son intention était d’expliquer qu’il est son esclave, mais qu’il l’aime comme son fils, car il n’est pas dans l’usage que le maître attribue l’esclave à sa famille et l’appelle son fils par affection.
Et l’inverse se produit à la maison des douanes :
à la maison des douanes, il est dans l’usage d’appeler son esclave « son fils », afin de le faire passer en fraude devant les douanes. Mais il n’est pas dans l’usage d’appeler son fils « son esclave », car il s’imposerait ainsi à lui-même une taxe douanière sans raison ; c’est pourquoi,
lorsqu’il passait devant la maison des douanes et dit : “C’est mon fils”, puis dit : “C’est mon esclave”, il est digne de confiance.
S’il a dit : “C’est mon esclave”, puis a dit : “C’est mon fils”, il n’est pas digne de confiance.
Comme ci-dessus.
La Guemara objecte :
Meytivi : Il le servait comme un fils, puis vint et dit : “C’est mon fils”, et il revint dire : “C’est mon esclave” ; il n’est pas digne de confiance.
Il le servait comme un esclave, puis vint et dit : “C’est mon esclave”, et il revint dire : “C’est mon fils” ; il n’est pas digne de confiance.
Il est donc expliqué que nous ne disons pas : « C’est mon fils qui me sert comme un esclave », mais que nous retenons toujours la première formulation et ne lui accordons pas foi lorsqu’il revient témoigner ?
Rav Naḥman bar Yitsḥak a dit : Là-bas,
il n’est pas digne de confiance pour revenir dire : « C’est mon fils », puisque
il l’a appelé un esclave valant cent
— c’est-à-dire qu’il s’agit d’un cas où il a dit d’abord à son sujet : « C’est mon esclave, celui qui vaut cent pièces d’or » ; et par cette formulation, on n’appelle qu’un esclave. Il n’est donc pas digne de confiance pour revenir dire : « C’est mon fils ».
La Guemara explique :
Que signifie : “valant cent” ?
Il a dit : “Un esclave valant cent zouz”,
je m’appuie sur lui pour cent zouz ; c’est-à-dire qu’il vaut cent zouz.
Sont rapportées ensuite des décisions de halakha envoyées par Rav Abba à Rav Yossef, et elles sont rapportées ici en raison de la loi de « Il reconnaîtra », qui est enseignée dans l’une d’elles :
Rabbi Abba envoya [ce message] à Rav Yossef bar Ḥama : Celui qui dit à son prochain : “Tu as volé mon esclave”, et celui-ci répond : “Je n’ai pas volé ton esclave.”
Il lui dit : Dans ce cas,
quelle est sa nature auprès de toi ?