Version texte de ce daf : original et traduction
Baba Batra 125b (קכה:) — le Talmud en français
Baba Batra 125b (בבא בתרא קכה:): Celui qui leur avait dit « Mes biens à la grand-mère, et après elle, à mes héritiers » . Mais après la mort de la grand-mère, ses fils n’en hériteraient pas ; la…
Texte original — Baba Batra 125b (קכה:)
דההוא דאמר להו
נכסי לסבתא, ובתרה לירתאי
. [אך אחר שתמות הסבתא, לא ירשוה בניה, אלא תחזור הנחלה ליורשי].
ואותו אדם,
הויא ליה ברתא, דהוה נסיבא. שכיבא בחיי בעלה ובחיי סבתא.
[היתה לו בת נשואה, שמתה בחיי בעלה, ובחיי הסבתא].
בתר דשכיבא סבתא, אתא
ה
בעל, קא תבע.
[תבע לרשת את הסבתא, מכח אשתו, שהיתה ראויה לרשתה].
אמר רב הונא
: אכן יש לבעל לרשת את הסבתא, כיון שכשאמר "ובתרה
לירתי",
כונתו לומר
ואפילו לירתי ירתי.
ורב ענן אמר
: לא ירש הבעל. כיון שלשון "ובתרה
לירתי",
משמע ליורשי ממש,
ולא לירתי ירתי.
שלחו מתם
: [שלחו בענין זה מארץ ישראל]:
הלכתא כוותיה דרב ענן, ולאו מטעמיה.
דהיינו:
הלכתא כוותיה דרב ענן,
בדין שפסק,
דבעל לא ירית.
ולאו מטעמיה, דאילו רב ענן סבר אע"ג דהוה ליה ברא לברתיה
[אף אם היה בן לביתו]
לא ירית,
כיון ד"לירתי ולא לירתי ירתאי".
ולא היא! דאילו הוה ליה ברא לברתיה ודאי ירית,
ובעל היינו טעמא דלא ירית, משום דהוה ליה ראוי, ואין הבעל נוטל בראוי כבמוחזק.
ומקשה הגמרא:
מכלל דרב הונא סבר, בעל נוטל בראוי כבמוחזק?!
והרי לית מאן דפליג שאין הבעל יורש את אשתו בראוי, ומדע הכא סבר רב הונא שירש הבעל את אשתו?
אמר רב אלעזר: דבר זה נפתח בגדולים
[נידון זה התחיל בגדולים, היינו בדברי רב הונא]
ונסתיים בקטנים
[בדברי רב אלעזר, שהיה קטן כלפי רב הונא].
וכך יש ליישב את סברת רב הונא: דסבירא ליה,
כל האומר "אחריך", כאומר מעכשיו דמי.
ולכן, כשאמר "נכסי לסבתא, ואחריה ליורשי", כאילו אמר, הרי גוף הקרקע קנוי מעכשיו ליורשי, אלא שהסבתא תאכל פירות מהקרקע כל ימי חייה.
נמצא, שגוף הקרקע היה קנוי לביתו עוד קודם מותה. ולכן הבעל יורשה, ולא הוי ראוי.
אמר רבה: מסתברא טעמא דבני מערבא,
דלא סבירא להו "כל האומר אחריך כאומר מעכשיו דמי",
ד
הא
אי קדים סבתא וזבנא,
[אם קדמה הסבתא ומכרה את הנכסים קודם מותה]
זבינה זביני
[מכירתה קיימת], ומוכח שעדיין אין לבת כלום בנכסים עד שתמות הסבתא. ולכן הוי ראוי.
אמר רב פפא: הלכתא, אין הבעל נוטל בראוי כבמוחזק
.
ואין הבכור נוטל בראוי כבמוחזק. ואין הבכור נוטל פי שנים במלוה, בין שגבו קרקע בין שגבו מעות.
Traduction française
Celui qui leur avait dit
« Mes biens à la grand-mère, et après elle, à mes héritiers » . Mais après la mort de la grand-mère, ses fils n’en hériteraient pas ; la succession reviendrait aux héritiers de celui qui avait fait la déclaration.
Et cet homme
avait une fille qui était mariée. Elle mourut du vivant de son mari et du vivant de sa grand-mère. Il avait une fille mariée, qui mourut du vivant de son mari et du vivant de sa grand-mère.
Après la mort de la grand-mère, vint
le
mari, qui réclama. Il réclama d’hériter de la grand-mère, en vertu de sa femme, qui aurait dû en hériter.
Rav Houna dit :
En effet, le mari doit hériter de la grand-mère, puisque lorsqu’il a dit : « Et après elle,
à mes héritiers »,
son intention était de dire :
« et même aux héritiers de mes héritiers ».
Rav Anan dit :
Le mari n’en héritera pas. Puisque l’expression : « Et après elle,
à mes héritiers »
signifie pour moi : à mes héritiers proprement dits,
et non aux héritiers de mes héritiers.
Ils envoyèrent de là-bas : Ils envoyèrent à ce sujet depuis la Terre d’Israël :
« La halakha est comme Rav Anan, mais non pour son motif. »
C’est-à-dire :
la halakha est comme Rav Anan,
dans la règle qu’il a tranchée :
« le mari n’hérite pas ».
Mais non pour son motif, car Rav Anan, lui, pensait que, même s’il avait eu un fils par sa fille même s’il avait eu un fils de sa fille,
il n’aurait pas hérité,
puisque l’expression était : « à mes héritiers, et non aux héritiers de mes héritiers ».
Mais ce n’est pas cela ! S’il avait eu un fils par sa fille, il aurait certainement hérité,
et voici pourquoi le mari n’hérite pas : parce qu’il s’agissait de biens à venir ; or le mari ne prend pas les biens à venir comme les biens détenus.
La
Guemara objecte : « N’en ressort-il pas que Rav Houna pense que le mari prend les biens à venir comme les biens détenus ? »
Pourtant, personne ne conteste que le mari n’hérite pas de sa femme des biens à venir ; comment Rav Houna pourrait-il donc penser ici que le mari hérite de sa femme ?
Rav Éléazar dit : « Cette question a été ouverte par les grands » cette discussion a commencé avec les grands, c’est-à-dire avec les paroles de Rav Houna,
« et s’est achevée avec les petits » avec les paroles de Rav Éléazar, qui était petit par rapport à Rav Houna.
Et voici comment il faut résoudre le raisonnement de Rav Houna : il pense que
« quiconque dit : “après toi” est considéré comme s’il avait dit : “dès maintenant” ».
C’est pourquoi, lorsqu’il a dit : « Mes biens à la grand-mère, et après elle à mes héritiers », c’est comme s’il avait dit : « Voici que le corps du terrain est acquis dès maintenant à mes héritiers, mais la grand-mère en consommera les fruits durant tous les jours de sa vie ».
Il s’ensuit que le corps du terrain était acquis à sa fille avant même la mort de celle-ci. C’est pourquoi le mari en hérite, et ce ne sont pas des biens à venir.
Raba dit : « Le motif des Sages de l’Ouest est vraisemblable,
car ils ne pensent pas que “quiconque dit : après toi est considéré comme s’il avait dit : dès maintenant”,
car
si
la grand-mère avait devancé si la grand-mère avait vendu les biens avant sa mort,
la vente aurait été une vente valide sa vente aurait été effective ; il est donc démontré que la fille n’a encore aucun droit sur les biens jusqu’à la mort de la grand-mère. C’est pourquoi ce sont des biens à venir.
Rav Papa dit : « La halakha est qu’un mari ne prend pas les biens à venir comme les biens détenus » .
Et le premier-né ne prend pas les biens à venir comme les biens détenus. Et le premier-né ne prend pas une double part dans une créance, que la créance ait été recouvrée en terrain ou qu’elle ait été recouvrée en argent.