Version texte de ce daf : original et traduction
Baba Batra 122a (קכב.) — le Talmud en français
Baba Batra 122a (בבא בתרא קכב.): Et nous résolvons : ta chéma car il est dit dans la Torah : « Selon le sort, son héritage sera partagé entre le nombreux et le peu. » " C’est-à-dire que toutes les…
Texte original — Baba Batra 122a (קכב.)
ופשטינן:
תא שמע
הרי נאמר בתורה (במדבר כו, נו) "על פי הגורל תחלק נחלתו
בין רב למעט.
"
כלומר, כל השבטים נוטלים חלק בשוה, בין שבט שיש בו מעט אנשים, ובין רב אוכלוסין. ונמצאו חלקי בני שבט הקטן מרובין משל הגדול.
ועוד תניא
בברייתא בהדיא, שארץ ישראל נתחלקה לפי שבטים,
"עתידה ארץ ישראל שתתחלק לשלשה עשר שבטים,
[לקמן יבואר].
שבתחלה
כשבאו לארץ,
לא נתחלקה אלא לשנים עשר שבטים
,
ולא נתחלקה אלא בכסף, שנאמר בין רב למעט".
מבארת הגמרא, מאי בכסף?
אמר רבי יהודה, סאה ביהודה שוה חמש סאין בגליל,
ולכן מי שנטל סאה ביהודה היה משלם את ההפרש למי שעלתה בידו בגליל .
ממשיכה הברייתא:
"ולא נתחלקה אלא בגורל, שנאמר "אך בגורל".
ולא נתחלקה אלא באורים ותומים, שנאמר "על פי הגורל",
ולשון "על פי", משמע ברוח הקדש על ידי אורים ותומים.
הא כיצד?
אם אורים ותומים למה גורל, ואם גורל למה אורים ותומים, ושמא מכחישים זה את זה ?
אלא,
אלעזר מלובש אורים ותומים, ויהושע וכל ישראל עומדים לפניו, וקלפי
[ארגז] ובו יב' פתקים ועליהם רשומים שמות
של שבטים, וקלפי
ובו שמות
של תחומין
[יב' חלקי ארץ ישראל]
מונחין לפניו, והיה מכוין ברוח הקדש ואומר, "זבולן עולה תחום עכו עולה עמו
",
טרף בקלפי של שבטים, ועלה בידו זבולן, טרף בקלפי של תחומין ועלה בידו תחום עכו.
וחוזר ומכוין ברוח הקדש, ואומר, "נפתלי עולה ותחום גינוסר עולה עמו".
טרף בקלפי של שבטים ועלה בידו נפתלי, טרף בקלפי של תחומין ועלה בידו תחום גינוסר.
וכן כל שבט ושבט .
ולא כחלוקה של עולם הזה, חלוקה של עולם הבא. [כלומר, חלוקת הארץ בימות המשיח, בזמן בית המקדש השלישי].
העולם הזה, אדם יש לו שדה לבן
[תבואה],
אין לו שדה פרדס. שדה פרדס, אין לו שדה לבן
.
לעולם הבא, אין לך כל אחד ואחד שאין לו בהר ובשפלה ובעמק.
שנאמר, "שער ראובן אחד, שער יהודה אחד, שער לוי אחד".
כלומר, כולם יהיו שוים בחלקיהם, ומה שיש לזה יש לזה.
וכן לעתיד לבא
הקדוש ברוך הוא מחלק להן בעצמו. שנאמר, "ואלה מחלקותם נאם ה'".
דהיינו, הקב"ה עצמו יאמר לכל אחד ואחד מהו חלקו . עד כאן הברייתא.
על כל פנים,
קתני מיהת, "שבתחלה לא נתחלקה אלא לשנים עשר שבטים", שמע מינה לשבטים איפלוג.
ומסקינן: אכן
שמע מינה.
שנינו בברייתא לעיל:
אמר מר "עתידה ארץ ישראל שתתחלק לשלשה עשר שבטים".
ומקשה הגמרא:
אידך למאן?
מי יטול את החלק השלשה עשר?
ואף על פי שבחלוקת הארץ בימות המשיח שבט לוי יטלו אף הם חלק בארץ , מכל מקום מנשה ואפרים לא יטלו אלא חלק אחד, כדכתיב, "שער יוסף אחד", ואם כן אין כאן שלשה עשר שבטים, אלא שנים עשר בלבד?
ומתרצת הגמרא:
אמר רב חסדא,
יתנו חלק נוסף
לנשיא.
דכתיב, "והעובד העיר
[דהיינו הנשיא, שעול ניהול העיר מוטל עליו],
יעבדוהו
[יתנו לו נחלה]
מכל שבטי ישראל
".
אמר ליה רב פפא לאביי
: מנלן ש"יעבדוהו" פירושו שיתנו לו נחלה,
אימא רונגר
בעלמא
[שמא ישכרו לו שכירי יום לשרתו], אך לא יתנו לו נחלה?
ומשני:
לא סלקא דעתך
לפרש כך
. דכתיב, "והנותר לנשיא מזה ומזה,
[שנוטל חלק מכל השבטים],
לתרומת הקדש ולאחוזת העי ר".
עוד שנינו בברייתא הנ"ל,
"ולא נתחלקה אלא לכספים, שנאמר, בין רב למעט".
והוינן בה:
למאי?
באיזה מקרה היו משלמים כסף זה לזה?
אילימא לשופרא וסניא,
[אם תאמר, שחילקו את הארץ בשוה ממש, לא שנא קרקע טובה ולא שנא קרקע גרועה, ומי שקיבל קרקע טובה היה משלם לבעל הקרקע הכחושה את ההפרש].
אין לומר כך, ד
אטו בשופטני עסקינן
[וכי מדובר בשוטים, שמסכימים לקבל כסף במקום קרקע טובה]
?!
אלא
ודאי, חילקו את הארץ לפי שויה, ומי שקיבל קרקע כחושה, היה נוטל יותר עד כדמי היפה, אבל מי שעלה לו גורלו
ל
קרקע
קרובה
לירושלים, היה משלם בכסף למי שגורל
ו
בקרקע
רחוקה,
אף על פי ששתיהן שוות בפוריותן.
כיון שהקרקע הרחוקה גרועה בתרתי מן הקרובה, חדא, מפני שרחוקה מבית המקדש, ועוד, שקרובה לארץ העמים וצריך לדאוג מפניהם.
ודין זה האמור בברייתא, הרי הוא
כתנאי.
[כלומר, תלוי במחלוקת התנאים דלהלן]:
רבי אליעזר אומר: בכספים העלוה.
כלומר, שלמו בכסף את ההפרש בין קרובה לרחוקה.
רבי יהושע אומר: בקרקע העלוה.
ומי שקיבל קרקע רחוקה, נטל יותר קרקע.
עוד שנינו באותה ברייתא:
"ולא נתחלקה אלא בגורל, שנאמר, אך בגורל".
ובענין זה
תנא
במקום אחר:
"אך בגורל", יצאו יהושע וכלב
שלא עלו בגורל.
ומקשה הגמרא:
למאי?
אילימא דלא שקול כלל, השתא דלאו דידהו שקול
[שהרי נטלו את חלקם של המרגלים והמתלוננים, כדלעיל קיז - ב],
דידהו מיבעיא?!
אלא, שלא נטלו
את חלקם
בגורל, אלא על פי ה'.
ומנלן שלא נטלו בגורל?
יהושע, דכתיב, "על פי ה' נתנו לו את העיר אשר שאל את תמנת סרח בהר אפרים".
Traduction française
Et nous résolvons :
ta chéma
car il est dit dans la Torah : « Selon le sort, son héritage sera partagé
entre le nombreux et le peu. »
C’est-à-dire que toutes les tribus prennent une part égale, qu’il s’agisse d’une tribu qui compte peu d’hommes ou d’une tribu à la population nombreuse. Il se trouve donc que les parts des fils de la petite tribu sont plus grandes que celles de la grande.
Et il est encore enseigné
explicitement dans la baraïta que la terre d’Israël fut partagée selon les tribus :
« La terre d’Israël est destinée à être partagée entre treize tribus,
comme cela sera expliqué plus loin].
Au commencement,
lorsqu’ils arrivèrent dans le pays,
elle ne fut partagée qu’entre douze tribus ,
Et elle ne fut partagée qu’en fonction de l’argent, comme il est dit : “entre le nombreux et le peu”.
La Guemara explique : que signifie « en fonction de l’argent » ?
Rabbi Yéhouda dit : une séa en Judée vaut cinq séa en Galilée ;
celui qui reçut une séa en Judée payait donc la différence à celui dont la part était échue en Galilée .
La baraïta poursuit :
« Et elle ne fut partagée qu’au moyen du sort, comme il est dit : “uniquement par le sort”. »
« Et elle ne fut partagée qu’au moyen des Ourim et Toumim, comme il est dit : “selon le sort”,
et l’expression « selon » implique [que cela se fit] par l’inspiration sainte, au moyen des Ourim et Toumim.
Comment cela ?
Si ce furent les Ourim et Toumim, pourquoi le sort ? Et si ce fut le sort, pourquoi les Ourim et Toumim ? Peut-être se contredisaient-ils l’un l’autre ?
Mais
Éléazar, revêtu des Ourim et Toumim, avec Josué et tout Israël debout devant lui, et une urne
[un coffre] contenant douze billets sur lesquels étaient inscrits les noms
des tribus, et une urne
contenant les noms
des territoires
[les douze parts de la terre d’Israël]
étaient placées devant lui. Il orientait son esprit par l’inspiration sainte et disait : “Zabulon sort ; le territoire d’Akko sort avec lui .”
Il tirait de l’urne des tribus, et Zabulon en sortait ; il tirait de l’urne des territoires, et le territoire d’Akko en sortait.
Puis il orientait de nouveau son esprit par l’inspiration sainte et disait : “Nephtali sort, et le territoire de Génésareth sort avec lui.”
Il tirait de l’urne des tribus, et Nephtali en sortait ; il tirait de l’urne des territoires, et le territoire de Génésareth en sortait.
Et ainsi pour chaque tribu .
Mais [ce partage] ne ressemble pas au partage de ce monde, [mais à] celui du monde futur. [C’est-à-dire le partage du pays aux jours du Messie, à l’époque du troisième
Temple]. Dans ce monde-ci, un homme possède un champ de terre labourable
[à céréales],
il ne possède pas de verger. [S’il possède] un verger, il ne possède pas de champ de terre labourable .
Dans le monde futur, il n’y aura pas un seul homme qui ne possède une part dans la montagne, dans la plaine et dans la vallée.
Comme il est dit : “Une porte pour Ruben, une porte pour Juda, une porte pour Lévi.”
C’est-à-dire que tous seront égaux dans leurs parts ; ce que l’un aura, l’autre l’aura.
Et de même, dans l’avenir,
le Saint, béni soit-Il, leur partagera [le pays] Lui-même, comme il est dit : “Et voici leurs répartitions, parole de l’Éternel.”
C’est-à-dire que le Saint, béni soit-Il, dira Lui-même à chacun quelle sera sa part . Jusque-là, la baraïta.
En tout état de cause,
il est pourtant enseigné : “Au commencement, elle ne fut partagée qu’entre douze tribus.” Déduis-en qu’elle fut partagée selon les tribus.
Et nous concluons : effectivement,
déduis-en cela.
Nous avons appris plus haut dans une baraïta :
le Maître a dit : “La terre d’Israël est destinée à être partagée entre treize tribus.”
La Guemara objecte :
« L’autre [part], pour qui ? »
Qui prendra la treizième part ?
Et bien que, lors du partage du pays aux jours du Messie, la tribu de Lévi reçoive elle aussi une part dans le pays , Manassé et Éphraïm ne recevront néanmoins qu’une seule part, comme il est écrit : « Une porte pour Joseph » ; dès lors, il n’y a pas treize tribus, mais seulement douze ?
La Guemara répond :
Rav Hisda dit :
on donnera une part supplémentaire
au prince.
Car il est écrit : “Et celui qui travaille pour la ville
[c’est-à-dire le prince, sur qui repose la charge de la gestion de la ville],
ils le serviront
[ils lui donneront un héritage]
de toutes les tribus d’Israël .”
Rav Papa dit à Abayé :
d’où savons-nous que « ils le serviront » signifie qu’ils lui donneront un héritage ?
Dis plutôt : “ronגר”
en général
[peut-être engageront-ils des journaliers pour le servir], mais ils ne lui donneront pas d’héritage ?
Il répond :
« Cela ne saurait être
interprété ainsi
. Car il est écrit : “Et ce qui restera pour le prince, de part et d’autre,
[car il prend une part de toutes les tribus],
pour le prélèvement consacré et pour la possession de la ville.” »
Nous avons encore appris dans cette même baraïta :
« Et elle ne fut partagée qu’en fonction de sommes d’argent, comme il est dit : “entre le nombreux et le peu”. »
Et nous nous y sommes interrogés :
« À quelle fin ? »
Dans quel cas se payaient-ils mutuellement cet argent ?
Si tu dis : pour le beau et le mauvais,
[si tu dis qu’ils partagèrent réellement le pays à parts égales, sans distinction entre une terre bonne et une terre mauvaise, et que celui qui reçut une bonne terre payait la différence au propriétaire de la terre médiocre],
on ne peut pas le dire, car
« traiterions-nous avec des fous
[comme s’il s’agissait de fous qui accepteraient de l’argent à la place d’une bonne terre] ?! »
Mais
ils partagèrent certainement le pays selon sa valeur, et celui qui reçut une terre médiocre en recevait davantage, jusqu’à atteindre la valeur de la belle terre ; mais celui dont le sort désignait une terre
proche
de
Jérusalem
payait en argent celui dont le sort avait désigné une terre
éloignée,
bien que les deux fussent de même fertilité
.
La terre éloignée était inférieure à la terre proche sous deux rapports : premièrement parce qu’elle était éloignée du Temple ; deuxièmement parce qu’elle était proche du pays des nations, et qu’il fallait se prémunir contre elles.
Et cette règle énoncée dans la baraïta est
une règle
soumise à une controverse.
[C’est-à-dire qu’elle dépend de la controverse des tannayim exposée ci-dessous] :
Rabbi Éliézer dit : “Ils l’ont élevée par l’argent.”
C’est-à-dire qu’ils payaient en argent la différence entre la terre proche et la terre éloignée.
Rabbi Yehoucha dit : “Ils l’ont élevée par la terre.”
Celui qui avait reçu une terre éloignée recevait davantage de terre.
Nous avons encore appris dans cette même baraïta :
« Et elle ne fut partagée qu’au moyen du sort, comme il est dit : “uniquement par le sort”. »
Et à ce sujet,
un tanнa
a enseigné ailleurs :
« “Uniquement par le sort” : Josué et Caleb en sont exclus,
car ils ne furent pas désignés par le sort. »
La Guemara objecte :
« À quelle fin ? »
Si tu dis qu’ils ne reçurent absolument rien, maintenant qu’ils prirent une part qui ne leur appartenait pas
[puisqu’ils reçurent les parts des explorateurs et des contestataires, comme il a été dit plus haut, 117b],
faudrait-il qu’ils ne reçoivent pas la leur ?!
Mais [cela signifie] qu’ils ne reçurent pas
leur part
par le sort, mais selon la parole de l’Éternel.
Et d’où savons-nous qu’ils ne reçurent pas leur part par le sort ?
Pour Josué, car il est écrit : “Selon la parole de l’Éternel, on lui donna la ville qu’il avait demandée, Timnath-Sérah, dans la montagne d’Éphraïm.”