Version texte de ce daf : original et traduction
Baba Batra 121b (קכא:) — le Talmud en français
Baba Batra 121b (בבא בתרא קכא:): Comme l’a dit le Maître : tant que les morts du désert n’avaient pas disparu il n’y eut pas de parole avec Moché face à face comme au début ; mais, lorsqu’il devait…
Texte original — Baba Batra 121b (קכא:)
דאמר מר, עד שלא כלו מתי מדבר
לא היה דיבור עם משה
פה אל פה כבתחילה, אלא אם הוזקק לדבר היה מדבר על ידי מלאך, או באורים ותומים.
שנאמר, "ויהי כאשר תמו כל אנשי המלחמה למות מקרב העם", וסמיך ליה, "וידבר ה' אלי לאמר", אלי היה הדיבור
.
עולא אמר: יום שביטל בו הושע בן אלה פרדסאות
[שומרים]
שהושיב ירבעם על הדרכים שלא יעלו ישראל לרגל.
רב מתנה אמר: יום שנתנו הרוגי ביתר לקבורה.
דאמר רב מתנה: אותו היום שנתנו הרוגי ביתר לקבורה תקנו ביבנה
לומר ברכת
הטוב והמטיב
בברכת המזון.
הטוב, שלא הסריחו.
והמטיב, שנתנו לקבורה.
ולכן שמחו באותו היום, על שזכו לקבורה ולא הסריחו.
רבה ורב יוסף דאמרי תרוייהו: יום שפוסקין בו מלכרות עצים למערכה.
כדלהלן, והיו שמחים על שהשלימו מצוה חשובה זו .
הגמרא מביאה את המקור לכך שהיו פוסקים לכרות עצים למערכה בטו' באב:
תניא: רבי אליעזר הגדול אומר, כיון שהגיע חמשה עשר באב, תשש כחה של חמה
,
ו
שוב אינה מיבשת את העצים כל צרכם, ונשאר בהם לחלוחית המעלה עשן, ותולעים, ולכן שוב
לא היו כורתין עצים למערכה.
אמר רב מנשה, וקרו ליה "יום תבר מגל".
כלומר, יום שבירת הקרדומות. שאין בהם עוד צורך לחטוב עצים.
מכאן ואילך,
כיון שהיום הולך ומתקצר, מאן
דמוסיף
על לימודו בלילה,
יוסיף
להאריך ימים.
ומי
שאינו מוסיף, יסיף.
מאי יסיף?
תני רב יוסף, תקבריה אמיה.
כלומר, ימות בחצי ימיו ר"ל.
תנו רבנן
שבעה
אנשים
קפלו
[כלומר הקיפו]
את כל העולם כולו: מתושלח ראה
את
אדם
הראשון.
שם ראה
את
מתושלח.
יעקב ראה את שם.
עמרם
אבי משה
ראה את יעקב.
אחיה השילוני ראה את עמרם.
אליהו ראה את אחיה השילוני.
ועדיין קיים.
נמצא, ששבעת האנשים הללו הקיפו את העולם מתחילתו ועד סופו.
ומקשה הגמרא: וכי
אחיה השילוני ראה את עמרם?
והא כתיב
ביוצאי מצרים,
"ולא נותר מהם איש כי אם כלב בן יפונה ויהושע בן נון"
ואחיה השילוני היה מיוצאי מצרים?
אמר רב המנונא: לא נגזרה גזרה על שבטו של לוי.
דכתיב, "במדבר הזה יפלו פגריכם וכל פקודיכם לכל מספרכם מבן עשרים שנה ומע לה".
מי שפקודיו מבן עשרים. יצא שבטו של לוי שפקודיו מבן שלשים.
ומקשה הגמרא: וכי
משאר שבטים לא עייל
[האם לא נכנסו לארץ אנשים נוספים משאר השבטים מלבד יהושע וכלב]?!
והתניא, יאיר בן מנשה, ומכיר בן מנשה, נולדו בימי יעקב, ולא מתו עד שנכנסו ישראל לארץ.
שנאמר, "ויכו מהם אנשי העי כשלשים וששה איש".
ותניא, שלשים וששה ממש דברי רבי יהודה.
אמר לו רבי נחמיה: וכי נאמר "שלשים וששה"?! והלא לא נאמר אלא "כשלשים ו ש שה"?
אלא זה יאיר בן מנשה ששקול כרובה של סנהדרין.
נמצא שיאיר בן מנשה נכנס לארץ אע"פ שנולד במדבר, ולא היה משבט לוי?
אלא אמר רב אחא בר יעקב, לא נגזרה גזירה לא על פחות מבן עשרים ולא על יתר מבן ששים.
לא על פחות מבן עשרים, דכתיב "מבן עשרים שנה ומעלה".
ולא על יתר מבן ששים, גמר "ומעלה"
הנאמר כאן, מ
"ומעלה"
הנא
מ
ר ב
ערכין.
מה להלן יתר מבן ששים כפחות מבן כ', אף כאן יתר מבן ששים כפחות מבן עשרים.
הגמרא חוזרת לדון כיצד נתחלקה הארץ:
איבעיא להו,
[הסתפקו בני הישיבה]: האם
ארץ ישראל לשבטים איפלוג,
כלומר, התחלקה ליב' חלקים שוים, ואח"כ כל שבט ושבט חילק את נחלתו לפי אנשיו,
או דלמא ל
פי
קרקף גברי איפלוג,
והיו כולם שוים בחלוקה ?
Traduction française
Comme l’a dit le Maître : tant que les morts du désert n’avaient pas disparu
il n’y eut pas de parole avec Moché
face à face comme au début ; mais, lorsqu’il devait parler, il parlait par l’intermédiaire d’un ange, ou par l’intermédiaire des Ourim ve-Toumim.
Ainsi qu’il est dit : « Et il advint, lorsque tous les hommes de guerre eurent fini de mourir du milieu du peuple », et il est juxtaposé à cela : « Et l’Éternel me parla en disant » : c’est à moi que fut adressée la parole.
Oula dit : le jour où Hochéa, fils d’Éla, supprima les pardesaot
gardiens
que Jéroboam avait installés sur les routes afin qu’Israël ne monte pas pour la fête des pèlerinages.
Rav Matana dit : le jour où les morts de Beitar furent donnés à l’ensevelissement.
Car Rav Matana a dit : le jour même où les morts de Beitar furent donnés à l’ensevelissement, on institua à Yavné
de dire la bénédiction
« le Bon et Celui qui fait le bien »
dans la bénédiction de la nourriture.
« Le Bon », parce qu’ils ne s’étaient pas décomposés.
« Et Celui qui fait le bien », parce qu’ils furent donnés à l’ensevelissement.
Et c’est pourquoi ils se réjouirent ce jour-là, d’avoir mérité l’ensevelissement et de ne pas s’être décomposés.
Rabba et Rav Yossef disent tous deux : le jour où l’on cesse d’abattre des arbres pour le bûcher.
Comme il sera exposé ci-dessous ; et ils se réjouissaient d’avoir achevé cette importante mitsva.
La Guemara apporte la source du fait que l’on cessait d’abattre des arbres pour le bûcher le quinze Av :
Il a été enseigné : Rabbi Éliézer le Grand dit : dès que le quinze Av arriva, la force du soleil s’affaiblit,
et
elle ne séchait plus les arbres suffisamment ; il y restait de l’humidité, qui produisait de la fumée, ainsi que des vers ; et c’est pourquoi, de nouveau,
on n’abattait plus d’arbres pour le bûcher.
Rav Menaché dit : et on l’appelait « le jour de la cassure des haches ».
C’est-à-dire le jour où l’on brisait les haches, car elles n’étaient plus nécessaires pour couper du bois.
À partir de là,
puisque le jour va en diminuant, celui
qui ajoute
à son étude durant la nuit
ajoutera
des jours à sa vie.
Et celui
qui n’ajoute pas sera retranché.
Que signifie « sera retranché » ?
Rav Yossef enseigna : « Que sa mère l’ensevelisse. »
C’est-à-dire qu’il mourra au milieu de ses jours, que le Miséricordieux nous en préserve.
Nos Maîtres ont enseigné :
sept
hommes
ont parcouru
c’est-à-dire ont entouré
le monde entier : Metouchélah vit
le
premier homme
.
Chem vit
le
Metouchélah.
Yaakov vit Chem.
Amram
le père de Moché
vit Yaakov.
A’hia le Chiloni vit Amram.
Élie vit A’hia le Chiloni.
Et il existe encore.
Il s’ensuit que ces sept hommes parcoururent le monde depuis son commencement jusqu’à sa fin.
Et la Guemara objecte : A’hia le Chiloni
a-t-il donc vu Amram ?
Or il est écrit
au sujet de ceux qui sortirent d’Égypte :
« Et il ne resta d’eux aucun homme, à l’exception de Kalev, fils de Yefouné, et de Yehoshua, fils de Noun »,
et A’hia le Chiloni faisait partie de ceux qui sortirent d’Égypte ?
Rav Hamnouna dit : le décret ne fut pas prononcé contre la tribu de Lévi.
Car il est écrit : « Dans ce désert tomberont vos cadavres, et tous vos recensés, selon tout votre nombre, depuis l’âge de vingt ans et au-dessus. »
Celui dont le recensement commence à vingt ans : la tribu de Lévi en est exclue, car son recensement commence à trente ans.
Et la Guemara objecte : les membres des autres tribus
ne sont-ils pas entrés
des hommes supplémentaires des autres tribus dans le pays, en dehors de Yehoshua et de Kalev ?!
Or il a été enseigné : Yaïr, fils de Menaché, et Makhir, fils de Menaché, étaient nés à l’époque de Yaakov, et ils ne moururent pas avant qu’Israël n’entre dans le pays.
Ainsi qu’il est dit : « Et les hommes de Aï en frappèrent environ trente-six hommes. »
Et il a été enseigné : trente-six au sens propre, telles sont les paroles de Rabbi Yehouda.
Rabbi Ne’hémia lui dit : est-il écrit « trente-six » ? N’est-il pas seulement écrit « comme trente-six » ?
Mais il s’agit de Yaïr, fils de Menaché, qui équivaut à la majorité du Sanhédrin.
Il s’ensuit que Yaïr, fils de Menaché, entra dans le pays, bien qu’il fût né dans le désert et qu’il ne fût pas de la tribu de Lévi ?
Mais Rav A’ha bar Yaakov dit : le décret ne fut prononcé ni contre celui qui avait moins de vingt ans, ni contre celui qui avait plus de soixante ans.
Ni contre celui qui avait moins de vingt ans, car il est écrit : « depuis l’âge de vingt ans et au-dessus ».
Ni contre celui qui avait plus de soixante ans : on déduit par guézéra chava « et au-dessus »
qui est dit ici de
« et au-dessus »
qui est dit
par
dans
[le traité] Arakhin.
De même que là, celui qui a plus de soixante ans est assimilé à celui qui a moins de vingt ans, ici également, celui qui a plus de soixante ans est assimilé à celui qui a moins de vingt ans.
La Guemara revient à discuter de la manière dont le pays fut partagé :
Ils ont soulevé le problème
les membres de l’académie s’interrogèrent :
la Terre d’Israël fut-elle répartie entre les tribus,
c’est-à-dire fut-elle divisée en douze parts égales, puis chaque tribu divisa-t-elle son héritage selon le nombre de ses hommes,
ou peut-être fut-elle répartie selon le
nombre de
têtes d’hommes,
et tous furent-ils égaux dans le partage ?