Version texte de ce daf : original et traduction
Baba Batra 120a (קכ.) — le Talmud en français
Baba Batra 120a (בבא בתרא קכ.): : Peut‑il être était‑elle une fille de cent trente ans, et l'appelait‑on «fille» ? ?Aurait‑on dû dire : «une femme issue de la maison de Lévi» ? : Dit Rabbi Hama bar…
Texte original — Baba Batra 120a (קכ.)
ודרשינן:
אפשר
היתה
בת מאה ושלשים שנה, וקרא לה "בת"?
היה לו לומר, "אשה מבית לוי"?
ומנלן שהיתה בת מאה ושלשים שנה?
דאמר רבי חמא בר חנינא, זו יוכבד שהורתה בדרך, ונולדה בין החומות, דכתיב, "אשר ילדה אותה ללוי במצרים",
דהיינו,
לידתה
היתה
במצרים, והורתה שלא במצרים.
ואם כן, הרי גלות מצרים היתה מאתים ועשר שנים , ומשה היה ביציאת מצרים בן שמונים שנה. נמצא, שאמו, היתה בשעת לידתו בת מאה ושלשים שנה.
ואמאי קרו לה "בת"?
אמר רב יהודה בר זבידא, מלמד שנולדו בה סימני נערות, נתעדן הבשר, נתפשטו הקמטין, וחזר היופי למקומו.
ומקשה הגמרא: מדוע כתיב בה
"ויקח
את בת לוי
",
ומשמע, שלקח אשה חדשה, והרי כבר היתה אשתו, אלא שגירשה מפני גזירת "כל הבן הילוד היאורה תשליכוהו", והחזירה מפני מרים שנתנבאה לו שעתיד לצאת ממנו בן שיושיע את ישראל . ואם כן,
"ויחזור" מיבעי ליה?
אמר רב יהודה בר זבידא: מלמד שעשה לה מעשה לקוחין: הושיבה באפריון, ואהרן ומרים משוררים לפניה,
מתוך שמחה על שעתיד משה רבינו לצאת ממנה,
ומלאכי שרת אומרים אם הבנים שמחה.
הגמרא חוזרת לבאר פרשת בנות צלפחד.
וקשיא לן, מדוע כשבאו לפני משה מנאן הכתוב באופן הבא, "מחלה, נועה, חגלה, מלכה ותרצה", ואילו כשנשאו נכתבו בסדר אחר, "מחלה תרצה חגלה ומלכה ונעה"?
ומתרצת הגמרא:
להלן,
כשנשאו לבני דודיהן,
מנאן הכתוב דרך גדולתן.
דמסתבר שנשאו לפי סדר לידתן. שהרי אין הדרך להשיא את הצעירה לפני הבכירה.
וכאן,
שבאו לפני משה, נמנו
דרך חכמתן.
ותרוץ זה
מסייעא ליה ל
דברי
רבי אמי.
דאמר רבי אמי: בישיבה,
[בין כשיושבים לדין, ובין בשאר ישיבות של תורה]
הלך אחר חכמה.
ומושיבים את החכם לפני הזקן.
אך
במסיבה
של משתה, או בנישואין,
הלך אחר זקנה.
אמר רב אשי: והוא דמפליג בחכמה, והוא דמפליג בזקנה.
כלומר, אין מקדימין את החכם לזקן בישיבה, אלא אם היה החכם מופלג בכחמה מן הזקן.
וכן אין מקדימין את הזקן לחכם המופלג בבית המשתה, אלא אם היה זקן מופלג ממנו בזקנה .
הגמרא מיישבת את סתירת הפסוקים באופן אחר,
תנא דבי רבי ישמעאל: בנות צלפחד שקולות היו. שנאמר "ותהיינה",
ודרשינן,
הויה אחת לכולן.
ולכן פעמים הקדים זו לזו, ופעמים איפכא.
אמר רב יהודה אמר שמואל: בנות צלפחד הותרו להנשא לכל השבטים.
שנאמר, "לטוב בעיניהם תהיינה לנשים".
אלא מה אני מקיים "אך למשפחת מטה אביהם תהיינה לנשים"?
עצה טובה השיאן הכתוב, שלא ינשאו אלא להגון להן.
ומקשה הגמרא:
מותיב רבה,
שנינו בברייתא: נאמר בתורה (ויקרא כב, ג),
"אמור אליהם", לאותן העומדים על הר סיני, "לדורותיכם", אלו דורות הבאים.
דורשת הברייתא:
אם נאמר אבות, למה נאמר בנים, ואם נאמר בנים, למה נאמר אב ות?
מפני שיש באבות מה שאין בבנים, ויש בבנים מה שאין באבות.
באבות הוא אומר
(במדבר לו, ח),
"וכל בת יורשת נחלה
ממטות בני ישראל לאחד ממשפחת מטה אביה תהיה לאשה, למען ירשו בני ישראל איש נחלת אבותיו
",
ודין זה אינו שייך בבנים, שהותרו השבטים להנשא זה לזה. כמו שיבואר לקמן.
והרבה מצות נצטוו בנים שלא נצטוו אבות,
דהיינו מצוות התלויות בארץ,
הא
מפני שיש באבות שאין בבנים, ויש בבנים מה שאין באבות, הוצרך לומר אבות, הוצרך לומר בנים.
עד כאן הברייתא.
מדייק רבה:
קתני מיהת, "באבות הוא אומר וכל בת יורשת נחלה",
כלומר, שאסור לאשה משבט אחד להנשא לשבט אחר?
ומתרצת הגמרא:
הוא מותיב לה והוא מפרק לה,
[הוא הקשה והוא תירץ],
לבר מבנות צלפחד.
ולהן הותר להנשא אףלבני שבט אחר.
הגמרא חוזרת לבאר את הברייתא שהובאה בדברי רבה:
אמר מר, "באבות הוא אומר וכל בת יורשת נח לה".
באבות אין, בבנים לא.
כלומר, בבנים לא נאמר האיסור להנשא בין השבטים.
ומקשה הגמרא:
מאי משמע?
מנלן שפסוק זה לא נאמר לדורות?
אמר רבא אמר קרא, "זה הדבר".
ודרשינן:
דבר זה לא יהא נוהג אלא בדור זה.
אמר ליה רבה זוטי לרב אשי: אלא מעתה, "זה הדבר" דשחוטי חוץ
,
הכי נמי דלא יהא נוהג אלא בדור זה?
ומתרצת הגמרא:
שאני התם דכתיב
(שם פסוק ז') "ולא יזבחו עוד את זבחיהם לשעירים אשר הם זונים אחריהם, חוקת עולם תהיה זאת להם
לדורותם".
ולכן נוהג לדורות.
Traduction française
:
Peut‑il être
était‑elle
une fille de cent trente ans, et l'appelait‑on «fille» ?
?Aurait‑on dû dire : «une femme issue de la maison de Lévi» ?
:
Dit Rabbi Hama bar Hanina : c'est Iocheved qui conçut en chemin, et qui naquit entre les murailles, comme il est écrit, "qui la mit au monde pour Lévi en Égypte",
c'est‑à‑dire
sa naissance
fut
en Égypte, et elle conçut hors d'Égypte.
, Et si tel est le cas, l'exil en Égypte dura deux cent dix ans. Et Moïse, lors de la sortie d'Égypte, avait quatre‑vingts ans. Il s'ensuit que sa mère, au temps de sa naissance, avait cent trente ans.
Et pourquoi l'appelait‑on «fille» ?
Dit Rav Yehuda bar Zevida : cela enseigne qu'en elle apparurent les signes de l'adolescence : la chair se raffermit, les rides s'effacèrent, et la beauté revint en son lieu.
"et il prit"
la fille de Lévi,
Et cela suggère qu'il prit une épouse nouvelle, alors qu'elle était déjà sa femme ; sauf qu'il l'avait chassée à cause du décret «tout enfant mâle qui naîtra vous le jetterez dans le fleuve», et il la reprit à cause de Miriam qui lui prophétisa qu'il sortirait d'elle un fils qui sauverait Israël.
Dit Rav Yehuda bar Zevida : cela enseigne qu'il lui fit un acte de kiddouchin : il la fit asseoir sur le lit nuptial, et Aaron et Miriam chantèrent devant elle,
,par joie du fait qu'il était destiné que Moïse notre maître naîtrait d'elle,
et les anges serviteurs disent : «S'il y a des fils, réjouissance».
La Guemara revient pour expliquer le cas des filles de Tsélaphhad.
Et nous avons une difficulté : pourquoi, quand elles vinrent devant Moïse, l'Écriture les énumère ainsi : «Mahla, Noa, Hogla, Milca et Tirtsa», alors que lorsqu'elles épousèrent elles sont écrites dans un autre ordre : «Mahla, Tirtsa, Hogla, Milca et Noa» ?
:
Là,
lorsqu'elles furent mariées aux fils de leurs proches,
alors l'Écriture suit l'ordre de leur grandeur.
Cela signifie qu'elles épousèrent selon l'ordre de leur naissance, car il n'est pas d'usage d'unir la plus jeune avant l'aînée.
Mais ici,
quand elles vinrent devant Moïse, elles furent énumérées
selon leur sagesse.
Cette solution
vient en aide à
les paroles de
Rabbi Ami.
Dit Rabbi Ami : à la séance d'étude,
(que ce soit lorsqu'on siège pour juger, ou lors d'autres réunions d'étude de la Torah)
on suit la sagesse.
et l'on fait asseoir le savant avant le vieillard.
Mais
à la fête
d'un festin ou à un mariage,
on suit l'ancienneté.
Dit Rav Ashi : c'est celui qui l'emporte en sagesse, et c'est celui qui l'emporte en ancienneté.
C'est‑à‑dire : on ne place pas le sage avant le vieillard en séance d'étude, sauf si le sage le surpasse grandement en sagesse.
.De même on ne place pas le vieillard avant le sage éminent à la table d'un festin, sauf si le vieillard le surpasse grandement en ancienneté.
La Guemara résout la contradiction des versets d'une autre manière,
enseigna l'école de Rabbi Ishmaël : les filles de Tsélaphhad étaient égales. car il est dit «et elles seront»,
et nous interprétons
qu'elles formaient une seule unité.
Ainsi, parfois l'une précède l'autre, et parfois l'inverse.
Dit Rav Yehuda au nom de Shmuel : les filles de Tsélaphhad furent autorisées à épouser les membres de n'importe quelle tribu.
Car il est dit : «si cela est bon à leurs yeux, elles seront pour des femmes».
Mais comment maintenir [le verset] «mais pour la famille de la tribu de leur père elles seront pour des femmes» ?
L'Écriture a donné un bon conseil en les mariant : qu'elles n'épousent que ce qui leur convient.
:
Raba oppose une objection,
),
comme il est dit dans la Torah (Lévitique 22:3) : «Dis‑leur», à ceux qui se tinrent au mont Sinaï, «à vos générations», ce sont les générations à venir.
La baraïta demande
: si l'on dit «pères», pourquoi dit‑on «fils», et si l'on dit «fils», pourquoi dit‑on «pères» ?
Parce qu'il y a chez les pères des choses qui n'existent pas chez les fils, et chez les fils des choses qui n'existent pas chez les pères.
(
),
Dans «pères» il est dit (Nombres 36:8) «et toute fille héritant de l'héritage
de parmi les tribus des enfants d'Israël sera pour le membre d'une famille de la tribu de son père, afin que les enfants d'Israël héritent chacun de l'héritage de ses pères»,
et cette règle ne s'applique pas aux fils, car les tribus furent autorisées à s'épouser entre elles, comme il sera expliqué plus loin.
Et de nombreuses mitsvot furent prescrites aux fils et non aux pères,
c'est‑à‑dire les commandements liés à la terre,
ceci
Parce qu'il y a chez les pères ce qui n'est pas chez les fils, et chez les fils ce qui n'est pas chez les pères, il fallut dire «pères», il fallut dire «fils».
Fin de la baraïta.
Raba précise :
Il est enseigné ailleurs : «dans ‹pères› est dit ‹et toute fille héritera d'un héritage›»,
c'est‑à‑dire qu'une femme d'une tribu est interdite d'épouser dans une autre tribu ?
:
Voici une objection contre elle, et voici sa réfutation,
(il a contesté et il a expliqué),
concernant le cas des filles de Tsélaphhad.
Et pour elles il fut permis d'épouser même des membres d'une autre tribu.
La Guemara revient pour expliquer la baraïta citée dans les propos de Raba :
Dit Mar : «dans ‹pères› il est dit ‹et toute fille héritera d'un héritage›».
Dans ‹pères› non, dans ‹fils› non.
C'est‑à‑dire : dans ‹fils› il n'est pas dit l'interdiction de se marier entre les tribus.
:
Que signifie cela ?
En quoi apprend‑on que ce verset ne fut pas dit pour les générations ?
Raba dit qu'il lit : «Voici la chose».
:
Nous déduisons que cette chose ne sera en vigueur que dans cette génération.
Raba Zuti dit à Rav Ashi : mais dès lors, «voici la chose» qui concerne celui qui immole hors du camp ,
n'est‑il pas aussi à comprendre comme n'étant en vigueur que pour cette génération ?
:
(
) et la Guemara répond : car là il est écrit (verset 7) «et ils n'offriront plus leurs sacrifices aux démoniaques qui se livrent à la prostitution après eux, ce sera pour eux une loi perpétuelle»
«pour leurs générations».
Par conséquent cela demeure en vigueur pour les générations.