Version texte de ce daf : original et traduction

Baba Batra 118a (קיח.) — le Talmud en français

Baba Batra 118a (בבא בתרא קיח.): Mais selon celui qui dit : « Pour ceux qui sont entrés dans le pays le pays a été partagé », que signifie : « À celui qui est nombreux, vous augmenterez son héritage…

Texte original — Baba Batra 118a (קיח.)

אלא למאן דאמר "לבאי הארץ

נחלקה הארץ

", מאי "לרב תרבו נחלתו",

הלא אין לפרש, למי שהוא רב עכשיו תרבו נחלתו, ולמי שמועט עכשיו תמעיטו נחלתו, דסברא היא, ולא צריכא קרא?

ק שיא.

ו

עוד

אמר ליה רב פפא לאביי: בשלמא למאן דאמר "ליוצאי מצרים", היינו דקא צווחן

בנות צלפחד

, "למה יגרע שם אבינו בתוך משפחתו", כלומר, מחלקו שזכה בארץ ישראל, "כי אין לו בן", שאם היה לו בן, היה יורש את חלקו.

אלא למאן דאמר "לבאי הארץ

נחלקה הארץ

", אמאי צווחן? הא ליתיה

[צלפחד איננו מבאי הארץ]

דלשקול

חלק בארץ?

ו

אפילו אם היה לו בן לא היה נוטל כלום בשביל אביו, ואף בשביל עצמו לא היה נוטל אילו היה פחות מבן עשרים בכניסתו לארץ?

אלא

צריך לומר, דמאן דאמר "

ל

באי הארץ נחלקה הארץ", סבר גם את דין

"חזרה",

כלומר, שמחזירים להוריהם כל מה שנטלו, וחוזרים ויורשים כמשפט. [כדברי רבי שמעון בן אלעזר דלעיל].

ו

אם כן, אף לצלפחד היה חלק בארץ, אם בני בניו של חפר היו נכנסים לארץ, ונוטלים חלק, ומחזירים אותו אל חפר זקינם, וחוזרים בני חפר ויורשים ממנו, וחולקים ביניהם בשוה. ונמצא צלפחד אף הוא נוטל חלק בארץ.

ולכן בנותיו, תבעו אף הן

ליטול בנכסי חפר

אבי אביהן, כדין בת הבן שיורשת עם האחים.

עוד מקשינן:

בשלמא למאן דאמר "ליוצאי מצרים", היינו דקא צווחן בני יוסף.

כדלהלן:

דכתיב

(יהושע יז, יד, טו),

"וידברו בני יוסף

את יהושע לאמר מדוע נתתה לי נחלה גורל אחד וחבל אחד ואני עם רב עד אשר עד כה ברכני ה':

ויאמר אליהם יהושע אם עם רב אתה עלה לך היערה ובראת לך שם בארץ הפרזי והרפאים כי אץ לך הר אפרים: ".

ולמאן דאמר "ליוצאי מצרים", אתי שפיר, שמא בזמן יציאת מצרים היו מועטים, ונתרבו בכניסתם לארץ, ונמצאת נחלתם מועטת לפי מספר נפשותיהם.

אלא למאן דאמר "לבאי הארץ" מאי קא צווחי?

הלא

כולהו שקול

חלק בארץ בזמן כניסתם ?

ומתרצת הגמרא:

משום טפלים דהוו נפישי להו.

כלומר, היו ביניהם יתומים רבים שלא היו בני עשרים בכניסתם לארץ, ולא היה להם אב שנכנס לארץ ונטל חלק. ולא שום מוריש שיצא ממצרים שיטלו ממנו על ידי חזרה .

אמר אביי: שמע מינה, לא הוה חד דלא שקיל.

[לא נמצא בכל ישראל אפילו יתום אחד שלא נטל חלק בארץ],

דאי סלקא דעתך הוה חד דלא שקיל, איבעי ליה למצווח

כבנות צלפחד ובני יוסף.

וכי תימא,

אכן היו יתומים שלא נטלו חלק בארץ, וצוחו על כך, אך לא נכתבה צווחתם בתורה, כיון

ד

רק מי ש

צווח ואהני

[הועילה לו צוחתו]

כתביה קרא,

אך מי

דצווח ולא אהני, לא כתביה קרא.

הא בני יוסף דצווחי ולא אהני,

[ומה שאמר להם יהושע "אם עם רב אתה עלה לך היערה ובראת לך שם: ", אין הכונה שנתן להם מנחלת שבט אחר, שהרי אין לו רשות לגזול מנחלת שבט אחר כלום, אלא איצטריך לדרשא, כדלקמן].

ו

בכל זאת

כתבינהו קרא!

ומוכח, שמלבד בני יוסף, לא נמצא אף יתום שלא נטל חלק בארץ, אם על ידי עצמו, או על ידי אחד מאבותיו שהוריש לו חלק על ידי חזרה, כדלעיל.

ודחינן: לעולם יש לומר כדאמרינן לעיל, דמאן דצוח ולא אהני לא כתביה קרא.

ומה שהקשנו מבני יוסף שכתבם הכתוב, אף על פי שלא הועילה להם צווחתם,

יש לומר, ד

התם עצה טובה קא משמע לן, דאיבעי ליה לאיניש לאיזדהורי מעינא בישא.

[צריך אדם להזהר מעין הרע]

והיינו דקאמר להו יהושע. דכתיב, "ויאמר אליהם יהושע אם עם רב אתה עלה לך היע רה",

אמר להו,

להוסיף לכם נחלה איני יכול, ברם, עיצה טובה יש לי אליכם, אם עם רב אתם

לכו והחבאו עצמכם ביערים שלא תשלוט בכם עין רע.

Traduction française

Mais selon celui qui dit : « Pour ceux qui sont entrés dans le pays

le pays a été partagé

», que signifie : « À celui qui est nombreux, vous augmenterez son héritage »

car on ne peut pas l’interpréter ainsi : à celui qui est nombreux maintenant, vous augmenterez son héritage, et à celui qui est peu nombreux maintenant, vous diminuerez son héritage ; c’est évident par le raisonnement et il n’est pas nécessaire qu’un verset [le] vienne enseigner

? Difficulté.

Et

de plus

Rav Papa dit à Abayé : Il est compréhensible, selon celui qui dit : « Pour ceux qui sont sortis d’Égypte », que ce soit pour cela que les

filles de Tselof’had

« Pourquoi le nom de notre père serait-il retranché du sein de sa famille ? », c’est-à-dire : de la part qu’il avait reçue dans la terre d’Israël, « car il n’a pas de fils » ; car s’il avait eu un fils, celui-ci aurait hérité de sa part.

Mais selon celui qui dit : « Pour ceux qui sont entrés dans le pays

le pays a été partagé

», pourquoi crient-elles ? Or il n’est pas là [

Tselof’had ne fait pas partie de ceux qui sont entrés dans le pays]

pour prendre

une part dans le pays ?

Et

même s’il avait eu un fils, celui-ci n’aurait rien pris au nom de son père ; et même pour lui-même, il n’aurait rien pris s’il avait eu moins de vingt ans lorsqu’il entra dans le pays

Mais

il faut dire que celui qui dit

« Pour

ceux qui sont entrés dans le pays, le pays a été partagé », pense également à la règle de

« retour »,

c’est-à-dire qu’on restitue à leurs pères tout ce qu’ils ont pris, puis qu’ils héritent de nouveau selon la règle. [Conformément aux paroles de Rabbi Chiméon ben Elazar ci-dessus]].

Et

il en résulte que Tselof’had avait lui aussi une part dans le pays : si les petits-fils de ‘Hefer étaient entrés dans le pays, avaient pris une part, l’avaient restituée à leur grand-père ‘Hefer, puis que les fils de ‘Hefer avaient de nouveau hérité de lui et s’étaient partagé [la part] à égalité, il se trouve que Tselof’had, lui aussi, prenait une part dans le pays.

C’est pourquoi ses filles, elles aussi, revendiquèrent

de prendre dans les biens de ‘Hefer,

le père de leur père, comme le veut la règle concernant la fille d’un fils, qui hérite avec les frères.

Nous objectons encore :

Il est compréhensible, selon celui qui dit : « Pour ceux qui sont sortis d’Égypte », que ce soit pour cela que les fils de Yossef crient.

Comme suit :

car il est écrit (

Josué 17, 14-15) :

« Les fils de Yossef parlèrent

à Josué en disant : Pourquoi m’as-tu donné en héritage un seul sort et une seule part, alors que je suis un peuple nombreux, jusqu’à présent le Seigneur m’a béni :

Josué leur dit : Si tu es un peuple nombreux, monte dans la forêt et défriche pour toi là-bas, dans le pays du Perizite et des Refaïm, car la montagne d’Éphraïm est trop étroite pour toi. »].

Et selon celui qui dit : « Pour ceux qui sont sortis d’Égypte », cela s’explique bien : peut-être étaient-ils peu nombreux au moment de la sortie d’Égypte et se multiplièrent-ils lorsqu’ils entrèrent dans le pays ; leur héritage se trouvait ainsi réduit par rapport au nombre de leurs personnes.

Mais selon celui qui dit : « Pour ceux qui sont entrés dans le pays », pourquoi crient-ils ?

N’est-il pas vrai que

tous ont pris

une part dans le pays au moment de leur entrée

? La Guemara répond :

C’est à cause des enfants, qui étaient nombreux parmi eux.

C’est-à-dire qu’il y avait parmi eux de nombreux orphelins qui n’avaient pas atteint l’âge de vingt ans lorsqu’ils entrèrent dans le pays, et qui n’avaient pas de père entré dans le pays et ayant pris une part ; ni aucun ascendant sorti d’Égypte dont ils auraient pu recevoir [une part] par le moyen du retour

. Abayé dit : Déduis-en qu’il n’y en avait pas un seul qui n’eût pris [une part]. [

on ne trouva parmi tout Israël pas même un orphelin qui n’eût pris une part dans le pays],

car si tu penses qu’il y en avait un qui n’avait pas pris, il aurait dû crier

comme les filles de Tselof’had et les fils de Yossef.

Et si tu dis :

il y avait effectivement des orphelins qui n’avaient pas pris de part dans le pays et qui avaient crié à ce sujet, mais leur cri ne fut pas écrit dans la Torah, puisque

seul celui qui

seulement celui qui

cria et en tira profit [

son cri lui fut utile]

le verset l’a écrit,

mais celui

qui cria et n’en tira pas profit, le verset ne l’a pas écrit.

Or les fils de Yossef crièrent et n’en tirèrent pas profit, [

quant à ce que Josué leur dit : « Si tu es un peuple nombreux, monte dans la forêt et défriche pour toi là-bas », cela ne signifie pas qu’il leur donna de l’héritage d’une autre tribu, car il n’avait pas le droit de leur prendre quoi que ce soit de l’héritage d’une autre tribu ; cela était seulement nécessaire pour l’interprétation, comme il sera dit plus loin].

Et

malgré tout

le verset les a écrits !

Il est donc démontré qu’en dehors des fils de Yossef, il ne se trouva aucun orphelin qui n’eût pris une part dans le pays, soit par lui-même, soit par l’intermédiaire de l’un de ses ancêtres, qui lui avait transmis une part par le moyen du retour, comme ci-dessus.

Nous rejetons [cette preuve] : il faut toujours dire, comme nous l’avons dit plus haut, que celui qui cria et n’en tira pas profit, le verset ne l’a pas écrit.

Quant à l’objection tirée des fils de Yossef, que l’Écriture a mentionnés bien que leur cri ne leur eût pas été utile,

on peut dire que

là, [le verset] nous enseigne un bon conseil : l’homme doit se garder du mauvais œil. [

l’homme doit se garder du mauvais œil]

Et c’est ce que Josué leur dit. Car il est écrit : « Josué leur dit : Si tu es un peuple nombreux, monte dans la forêt »,

il leur dit :

je ne peux pas augmenter votre héritage ; toutefois, j’ai pour vous un bon conseil : puisque vous êtes un peuple nombreux,

allez vous cacher dans les forêts, afin que le mauvais œil n’ait pas de prise sur vous.

Mots de ce daf dans le dictionnaire