Version texte de ce daf : original et traduction
Baba Batra 113b (קיג:) — le Talmud en français
Baba Batra 113b (בבא בתרא קיג:): La Gémara demande : Or certes, les filles de la sœur héritent des frères [incertain : lecture du terme 'אחי אמן' incertaine] s'il n'y a pas de fils ? Dit Rav Sheshet…
Texte original — Baba Batra 113b (קיג:)
ודנה הגמרא:
למאי הלכתא?
הרי ודאי בנות אחות יורשות את אחי אמן אם אין בנים?
אמר רב ששת
: נפקא מינה
לקדם.
דהיינו, אף בירושה שעל ידי מישמוש, כגון זו, שיורשים על ידי אמם, בכל זאת הבנים קודמים לבנות.
כמבואר במימרא דלהלן:
תני רב שמואל בר רב יצחק קמיה דרב הונא
: כתיב,
"וירש
אותה", ודרשינן: "ו" מוסיף על ענין ראשון, ללמדנו,
מקיש ירושה שניה
, דהיינו, שאר הירושות הנזכרות בפרשה ,
לירושה ראשונה,
ירושת הבן, הקודמת לכולם.
מה ירושה ראשונה, בן קודם לבת. אף ירושה שניה, בן קודם לבת.
והוא הדין ירושה עשירית.
נמצא, בן קודם לבת, ואחים קודמים לאחיות, וכן אחי האב קודמים לאחיות האב, ובני אחי האב קודמים לבנות אחי האב , וכן הלאה.
עוד בדיני ירושה:
תני רבה בר חנינא קמיה דרב נחמן
: כתיב,
"והיה ביום הנחילו את בניו".
ודרשינן:
ביום אתה מפיל נחלות. ואי אתה מפיל נחלות בלילה.
אמר ליה אביי: אלא מעתה דשכיב ביממא הוא דירתי ליה בניה, מאן דשכיב בליליא לא ירתי ליה בניה
[מי שמת ביום מוריש נכסיו לבניו, ומי שמת בלילה לא יוריש]
?!
דלמא "דין נחלות" קא אמרת,
שאין דנים אותם אלא ביום כשאר דיני ממונות ?
ומנלן שחלוקת נחלות כדיני ממונות :
דתניא
: בסוף פרשת נחלות,
"והיתה לבני ישראל לחוקת משפט", אורעה
[נסתיימה]
כל
הפרשה כולה להיות דין.
למדנו מכאן, שהנחלה צריכה להיות על ידי שלשה כדין.
וכן למדנו מכאן לכל דיני ממונות, להיות דנים תחילתן ביום. כנחלות, דכתיב בהו "והיה ביום הנחילו את בניו" .
וכדרב יהודה.
דאמר רב יהודה: שלשה שנכנסו לבקר
את החולה, רצו כותבין
את העדות כפי ששמעו מפי החולה, היאך מנחיל את נכסיו,
רצו עושין דין,
שהרי שלשה הם, ויכולים לדון ולומר, כך הדין שפלוני יטול חלק זה, ופלוני חלק זה, שדמיהם מכוונים בשוה, וכיו"ב .
וכותבים להם פסק דין שלא יוכלו עוד לערער אחד על חבירו.
אך אם היו
שנים, כותבין
עדות,
ואין עושין דין.
שאין בית דין פחות משלשה .
ואמר רב חסדא לא שנו אלא
כשנכנסו לבקרו
ביום.
Traduction française
La
Gémara demande :
Or certes, les filles de la sœur héritent des frères [incertain : lecture du terme 'אחי אמן' incertaine] s'il n'y a pas de fils ?
Dit Rav Sheshet:
nefeqa mina
: les fils ont la priorité.
C'est‑à‑dire, même pour une succession réalisée par mishmush, comme ici, où l'on hérite par leur mère, néanmoins les fils précèdent les filles.
Comme il est expliqué dans l'énoncé ci‑dessous :
Rab Shmuel bar Rav Yitzhak enseigna en présence de Rav Huna:
Il est écrit,
"et il hérita"
celle‑ci, et nous en déduisons : le "vav" ajoute au premier cas, pour nous enseigner,
qu'on met en parallèle une seconde succession,
c'est‑à‑dire, les autres successions mentionnées dans la parasha,
au premier héritage,
l'héritage du fils, qui précède tous les autres.
Selon le Tossafot, le premier héritage est l'héritage du fils, et le second héritage est l'héritage du fils du fils et de la fille du fils, le fils de la fille et la fille de la fille, etc. Qu'est‑ce qu'un premier héritage ? Le fils avant la fille. De même pour un second héritage : le fils avant la fille.
Et il en est de même pour un dixième héritage.
Il s'ensuit que le fils précède la fille, et les frères précèdent les sœurs ; de même, les frères du père précèdent les sœurs du père, et les fils des frères du père précèdent les filles des frères du père, et ainsi de suite.
Encore sur les lois de l'héritage :
Tanya Rabba bar Hanina en présence de Rav Nachman:
Il est écrit,
"Et ce sera, au jour où il donnera ses héritages à ses fils."
Et nous en déduisons,
Que l'on attribue les héritages le jour ; on ne les attribue pas la nuit.
Abaye lui dit : au contraire, dorénavant, celui qui meurt le jour lègue ses biens à ses fils ; celui qui meurt la nuit ne lègue pas ses biens à ses fils ?
(Celui qui meurt le jour lègue ses biens à ses fils, et celui qui meurt la nuit ne lègue pas.)
Peut‑être voulais‑tu dire din nachalot,
que l'on ne juge ceux‑ci que le jour, comme les autres dinei mamonot ?
Et d'où apprend‑on que la répartition des héritages est comme les affaires de biens ?
Il est enseigné :
à la fin de la parasha des héritages,
"Et cela sera pour les enfants d'Israël pour une ordonnance de droit", arriva
(cela se termina)
toute
la parasha pour être un jugement.
De là nous apprenons que l'attribution de l'héritage doit se faire par trois, comme pour un jugement.
Et de même nous apprenons de là pour toutes les lois civiles qu'on commence à juger pendant le jour, comme pour l'héritage, où il est écrit «Et ce sera le jour où il donnera ses héritages à ses fils».
Et comme dit Rav Yehuda.
Car Rav Yehuda dit : trois personnes qui entrèrent visiter
le malade voulurent rédiger
le témoignage selon ce qu'elles avaient entendu de la bouche du malade, comment il légua ses biens ;
elles veulent rendre un jugement,
puisqu'elles sont trois, elles peuvent juger et dire ainsi est le jugement — untel prendra telle part, untel telle autre part, leurs parts semblablement égales, et ainsi de suite.
(Cela vaut seulement si elles entrèrent pour visiter : elles peuvent décider s'il faut témoigner ou juger. Mais si on les fit venir dans le but de témoigner, elles ne peuvent pas elles‑mêmes se transformer en juges ; un témoin ne devient pas juge, comme expliqué plus bas. Et si elles ont déjà écrit leur témoignage elles ne peuvent pas se transformer en juges, pour la raison susdite.) Rashbam. Mais selon les Tossafot jusqu'à ce qu'elles aient réellement témoigné, elles peuvent revenir et juger. L'exclusion «un témoin n'est pas devenu juge» ne s'applique que lorsqu'elles ont déjà témoigné en acte. Et ils leur rédigent un verdict tel qu'aucun d'eux ne puisse plus contester son compagnon.
Mais si elles étaient
deux, elles rédigent
un témoignage,
et n'agissent pas comme tribunal.
Car un tribunal ne peut être moins de trois.
Et dit Rav Ḥasdai : ce fut seulement dit
quand ils entrèrent pour visiter,
le jour.