Version texte de ce daf : original et traduction
Baba Batra 105a (קה.) — le Talmud en français
Baba Batra 105a (בבא בתרא קה.): Il annule la dernière formulation qu’il a dite, « mesure à la corde », qui signifie une mesure exacte, la première formulation, « qu’elle soit déficitaire ou…
Texte original — Baba Batra 105a (קה.)
בטל
הלשון האחרון שאמר,
"מדה בחבל",
שמשמעו, מידה מדויקת, את הלשון הראשון,
"הן חסר הן יתר",
שמשמעו, מידה שאינה מדויקת. ודינו כאילו אמר רק "מידה בחבל".
אלו
דברי בן ננס.
הסובר, "תפוס לשון אחרון".
כלומר, כל האומר שני לשונות הסותרים זה את זה, אזלינן אחר הלשון האחרון. משום דחזר בו תוך כדי דיבור מהלשון הראשון.
אך חכמים נחלקו עליו. כמו שיתבאר בגמרא.
גמרא:
אמר רבי אבא בר ממל, אמר רב: חולקין עליו חביריו על בן ננס.
ולא סברו "תפוס לשון אחרון", אלא מספקא להו האם "תפוס לשון ראשון" או "תפוס לשון אחרון" . כמו שיתבאר בהמשך דברי הגמרא.
אמנם, דעת רב עצמו, כבן ננס. ד"תפוס לשון אחרון". כמו שיתבאר לקמן (עמוד ב').
ומקשה הגמרא:
מאי קא משמע לן
רב בדבריו?
הלא
תנינא
(בבא מציעא קב' א),
"מעשה בציפורי, באחד ששכר מרחץ מחבירו.
ואמר לו, "הנני משכירך מרחץ זה
בשנים עשר זהובים לשנה, דינר זהב לחדש".
ונתעברה השנה, והרי יש בה שלשה עשר חדש.
יש לדון כמה ישלם לו: מצד אחד, הלשון הראשון משמעה, שיתן לו רק שנים עשר זהובים, אפילו אם תתעבר השנה.
ומאידך, הלשון האחרון משמעה, על כל חודש וחודש חייב לתת לו דינר זהב.
ובא מעשה לפני רבן שמעון בן גמליאל, ולפני רבי יוסי, ואמרו: יחלוקו את חדש העיבור".
עד כאן המשנה.
ומבואר להדיא, דלא סבירא להו כבן ננס, אלא הסתפקו האם תפסינן את הלשון הראשונה או האחרונה, וממון המוטל בספק, חולקים .
ואם כן, מה חידש רב בדבריו?
ומתרצת הגמרא:
אי
לו לא חידש לנו רב ש"חולקים עליו חביריו על בן ננס", והיינו באים ללמוד זאת
מהתם,
[מהמשנה הנ"ל, "המשכיר מרחץ"],
הוה אמינא,
דוקא
התם הוא
דאמרינן, "חולקים", משום
ד
מספקא לן מה היתה כונתו.
מחד,
איכא למימר מיהדר קא הדר ביה,
[אפשר לומר, שחזר בו בסוף דבריו ממה שאמר בתחילתן]. ובמקרה זה חייב לשלם לו על חודש השכירות.
ו
מאידך,
איכא למימר פרושי קא מפרש.
כלומר, כונתו היתה לפרש, שיתן לו את שנים עשר הזהובים בכל חודש וחודש, ולא רק בסוף השנה. וגם יוכל לחזור בו בתוך השנה, ולא יתחייב להעמיד לו דירה אחרת .
אך אין כוונתו להשכיר לו כל חודש בנפרד. ואם זו כונתו, אינו חייב לשלם עבור חודש העיבור.
ומכיון שהספק שקול, אמרינן, יחלוקו".
אבל הכא,
במשנתנו,
דודאי קא הדר ביה,
בלשון האחרון, ממה שאמר בתחילה.
אימא לא.
ואף רבנן מודים לבן ננס, דאמרינן "תפוס לשון אחרון.
לכן
קא משמע לן
רב, שגם במשנתנו נחלקו רבנן על בן ננס .
הגמרא חוזרת לדון בדברי משנתנו:
אמר רב יהודה אמר שמואל: זו דברי בן ננס. אבל חכמים אומרים,
בין אם אמר "מידה בחבל" בסוף, ובין אם אמר "הן חסר הן יתר", מספק
"הלך אחר פחות שבלשונות".
ויד המוכר שהוא המוחזק בקרקע על העליונה .
ומקשה הגמרא:
"זו" ולא סבירא ליה?!
כלומר, מדקאמר שמואל "זו דברי בן ננס", ולא קאמר "חלוקין עליו חביריו על בן ננס" כמו שאמר רב לעיל, משמע, דלא סבירא ליה כבן ננס, אלא כרבנן.
ו
קשה:
הא רב ושמואל דאמרי תרוייהו,
האומר לחבירו,
"כור
חיטה,
בשלשים
סלעים,
אני מוכר לך",
והתחיל למדוד לו את החיטה,
יכול לחזור בו אפילו בסאה האחרונה.
ואפילו אם משך הלוקח עשרים ותשע סאים, לא נגמר המקח, עד שיתן לו שלשים סאה.
אבל, אם אמר לו
"כור, בשלשים, סאה, בסלע. אני מוכר לך", ראשון ראשון קנה.
כיון שאמר לו "סאה בסלע", הרי כל סאה וסאה היא מכירה בפני עצמה. ומשיכת כל אחת קנאתה.
אלמא, לדעת שמואל אמרינן "תפוס לשון אחרון", כבן ננס.
ומתרצת הגמרא:
אלא, זו וסבירא ליה.
כלומר, אע"ג דאמר "זו דברי בן ננס", לאו משום שלא סבר כמותו, אלא השמיענו דעת רבנן החולקים עליו.
ומקשה הגמרא: מי סבירא ליה?!
וכי סבר שמואל דאמרינן "תפוס לשון אחרון"?!
וה
רי
אמר שמואל,
בבאור המשנה דמרחץ, דאמרינן בה "יחלוקו את חדש העיבור",
והעמיד שמואל,
בבא
לבית הדין
באמצע החדש
ואמר לו "צא מביתי או תן לי שכר החדש הזה"
עסקינן.
וכיון שאנו מסתפקים איזה לשון נתפס, אמרינן העמד ממון על חזקתו, ומה שדר בה כבר לא מוציאים ממנו, שמא יש לנו לתפוס לשון אחרון.
אבל בא בתחלת החדש, כולו למשכיר.
דאמרינן העמד קרקע בחזקת בעליה.
ו
בסוף החדש, כולו לשוכר
. דאמרינן, העמד ממון בחזקתו .
על כל פנים משמע, ששמואל מסתפק אף הוא כרבנן, והולך אחר המוחזק . ולא כבן ננס ?
Traduction française
Il annule
la dernière formulation qu’il a dite,
« mesure à la corde »,
qui signifie une mesure exacte, la première formulation,
« qu’elle soit déficitaire ou excédentaire »,
qui signifie une mesure qui n’est pas exacte. Et son הדין est comme s’il avait dit seulement : « mesure à la corde ».
Ce sont
les paroles de Ben Nanos,
qui pense : « Saisis la dernière formulation ».
C’est-à-dire : quiconque prononce deux formulations qui se contredisent l’une l’autre, nous suivons la dernière formulation, parce qu’il est revenu, dans le temps de parole, sur la première formulation.
Mais les Sages sont en désaccord avec lui, comme cela sera expliqué dans la Guemara.
Guemara : Rabbi Abba bar Memel dit au nom de Rav : ses collègues sont en désaccord avec Ben Nanos.
Et ils ne pensent pas : « Saisis la dernière formulation », mais ils ont un doute : faut-il « saisir la première formulation » ou « saisir la dernière formulation ». Comme cela sera expliqué dans la suite des paroles de la Guemara.
En vérité, l’avis de Rav lui-même est comme celui de Ben Nanos : « Saisis la dernière formulation », comme cela sera expliqué plus loin (page b).
Et la Guemara objecte :
que vient nous enseigner
Rav par ses paroles ?
N’avons-nous pas
enseigné
(Baba Metsia 102a) :
« Il arriva à Tsippori qu’un homme loua un bain à son prochain.
Et il lui dit : “Je te loue ce bain
pour douze deniers d’or par an, un dinar d’or par mois.”
Puis l’année fut embolismique, et elle compta donc treize mois.
Il faut examiner combien il devait lui payer : d’un côté, la première formulation signifie qu’il ne lui donnera que douze deniers d’or, même si l’année devient embolismique.
Mais, d’un autre côté, la dernière formulation signifie que, pour chaque mois, il doit lui donner un dinar d’or.
L’affaire fut portée devant Rabban Chimon ben Gamliel et devant Rabbi Yossi, et ils dirent : “Ils partageront le mois embolismique.” »
Telle est la Michna.
Il est explicitement établi qu’ils ne pensent pas comme Ben Nanos, mais qu’ils doutent s’il faut saisir la première formulation ou la dernière, et que, lorsqu’un bien est soumis à un doute, ils le partagent.
Dans ce cas, qu’a donc innové Rav par ses paroles ?
La Guemara répond :
si
Rav ne nous avait pas enseigné que « ses collègues sont en désaccord avec Ben Nanos », et que nous étions venus l’apprendre
de là-bas, [de la Michna précitée : « celui qui loue un bain »],
j’aurais pu penser
que c’est seulement
là-bas
que nous disons : « Ils partagent », parce que
que
nous avons un doute sur son intention.
D’un côté,
on peut dire qu’il est revenu sur ses paroles, [on peut dire qu’à la fin de ses paroles il est revenu sur ce qu’il avait dit au début]. Et dans ce cas, il doit lui payer le mois de location.
Et
d’un autre côté,
on peut dire qu’il explique.
C’est-à-dire que son intention était d’expliquer qu’il lui donnerait les douze deniers d’or pour chaque mois, et non seulement à la fin de l’année. Et il pourrait également revenir sur sa décision au cours de l’année, sans être tenu de lui fournir un autre logement.
Mais son intention n’est pas de lui louer chaque mois séparément. Et si telle était son intention, il ne serait pas tenu de payer pour le mois embolismique.
Et puisque le doute est équilibré, nous disons : « Ils partageront. »
Mais ici,
dans notre Michna,
où il est certain qu’il est revenu sur ses paroles,
dans la dernière formulation, par rapport à ce qu’il avait dit au début,
dis donc que non.
Même les Sages seraient d’accord avec Ben Nanos, et nous dirions : « Saisis la dernière formulation. »
C’est pourquoi
vient nous enseigner
Rav : même dans notre Michna, les Sages sont en désaccord avec Ben Nanos.
La Guemara revient discuter des paroles de notre Michna :
Rav Yehouda dit au nom de Chmouel : ce sont les paroles de Ben Nanos. Mais les Sages disent :
que ce soit « mesure à la corde » qu’il ait dit en dernier, ou « qu’elle soit déficitaire ou excédentaire », par doute,
« suis la moindre des formulations ».
Et la main du vendeur, qui détient la terre, a l’avantage.
La Guemara objecte :
« “Ce sont” : et il ne serait pas de cet avis ?!
C’est-à-dire que, du fait que Chmouel dit : « Ce sont les paroles de Ben Nanos », et ne dit pas : « Ses collègues sont en désaccord avec Ben Nanos », comme Rav l’a dit précédemment, il ressort qu’il ne pense pas comme Ben Nanos, mais comme les Sages.
Et
une difficulté se pose :
Rav et Chmouel disent tous deux :
si quelqu’un dit à son prochain :
« Un kor
de blé
pour trente
séla,
je te le vends »,
et commence à lui mesurer le blé,
il peut revenir sur sa décision même pour la dernière séa.
Et même si l’acheteur a tiré vingt-neuf séa, la vente n’est pas achevée jusqu’à ce qu’il lui donne trente séa.
Mais s’il lui dit :
« Un kor, pour trente, une séa pour un séla, je te le vends », la première [séa] acquise est acquise.
Puisqu’il lui a dit : « Une séa pour un séla », chaque séa est une vente distincte. Et le tirage de chacune l’a acquise.
Il ressort donc que, selon Chmouel, nous disons : « Saisis la dernière formulation », comme Ben Nanos.
La Guemara répond :
« Mais : “Ce sont”, et il est de cet avis. »
C’est-à-dire que, bien qu’il ait dit : « Ce sont les paroles de Ben Nanos », ce n’est pas parce qu’il ne pense pas comme lui ; il nous a plutôt enseigné l’avis des Sages qui sont en désaccord avec lui.
La Guemara objecte : « Serait-il de cet avis ?! »
Chmouel penserait-il donc que nous disons : « Saisis la dernière formulation » ?!
Et
pourtant
Chmouel a dit,
en expliquant la Michna du bain, qu’on y dit : « Ils partageront le mois embolismique »,
et Chmouel a établi le cas
où il vient
au tribunal
au milieu du mois
et lui dit : « Sors de ma maison ou donne-moi le loyer de ce mois-ci »,
c’est de ce cas que nous parlons.
Et puisque nous doutons de la formulation qu’il faut saisir, nous disons : maintiens l’argent dans sa présomption, et ce qu’il y a déjà habité, nous ne le lui retirons pas, car il se peut que nous devions saisir la dernière formulation.
Mais s’il vient au début du mois, tout appartient au bailleur.
Car nous disons : maintiens la terre sous la présomption de ses propriétaires.
Et
à la fin du mois, tout appartient au locataire,
car nous disons : maintiens l’argent dans sa présomption.
En tout état de cause, il ressort que Chmouel aussi doute comme les Sages et suit celui qui détient le bien, et non comme Ben Nanos ?