Version texte de ce daf : original et traduction

Avoda Zara 68a (סח.) — le Talmud en français

Avoda Zara 68a (עבודה זרה סח.): Les Sages ont déduit : tout nevila qui est propre pour un ger est appelée nevila, mais une nevila qui n'est pas propre pour un ger, par exemple qui s'est putréfiée…

Texte original — Avoda Zara 68a (סח.)

דרשו חכמים:

כל

נבלה

הראויה לגר קרויה נבילה,

אך נבילה

שאין ראויה לגר,

כגון שהסריחה,

אינה קרויה נבלה.

ומכאן למד רבי שמעון, שדבר איסור שטעמו פגום, אינו אוסר. מקשה הגמרא:

ורבי מאיר?

מה רבי מאיר דרש מפסוק זה?

מתרצת הגמרא: לדעת רבי מאיר,

ההוא למעוטי סרוחה מעיקרא.

כלומר, מהפסוק למדנו, שאם היתה בהמה מוכת שחין בחייה, ואחר כך התנבלה, לא חל עליה שם נבלה.

אך אם היתה ראויה לאכילה כשהתנבלה, ואחר כך הסריחה, לא פקע ממנה שם נבלה, אף על פי שכעת טעמה פגום. מקשה הגמרא:

ורבי שמעון

מנין לו שהפסוק בא למעט נבילה שהסריחה, שמא לא בא למעט אלא סרוחה מעיקרא, כדברי רבי מאיר?

מתרצת הגמרא: לדעת רבי שמעון, אם היתה

סרוחה מעיקרא,

ודאי מותרת, ו

לא צריכא מיעוטא,

שהרי

עפרא בעלמא הוא!

אלא ודאי, הפסוק מלמדנו שאם הסריחה אחרי שהתנבלה, מותרת. כיון שטעמה פגום.

אמר עולא, מחלוקת

רבי מאיר ורבי שמעון, אינה אלא בדבר איסור

ש

התערב בדבר היתר, ו

השביח

בתחילה,

ולבסוף פגם.

כגון טעם שמנונית הבשר, בחמאה, שבתחילה משביח, ולאחר זמן, פוגם.

אבל

אם

פגם מעיקרא, דברי הכל מותר.

איתיביה

[הקשה]

רב חגא לעולא

: שנינו בברייתא:

יין שנפל לתוך עדשים, וחומץ שנפל לתוך גריסין, אסור.

ורבי שמעון מתיר,

כיון שנתן טעם לפגם.

והא הכא, דפגם מעיקרא הוא,

שהרי היין פוגם בעדשים מיד כשנפל לתוכן,

ו

בכל זאת

פליגי

רבנן ורבי שמעון, ולדעת רבנן אסור. ואילו לפי דברי עולא, במקרה זה לכולי עלמא מותר?

אמר עולא: חגא לא מידע ידע מאי קאמרי רבנן, תיובתא קא מותיב?!

[רב חגא אינו יודע מה אמרו חכמים, ומקשה קושיות?!]

הכא במאי עסקינן, כגון שנפל לתוך גריסין צוננין והרתיחם,

ו

נעשה כמי שהשביח ולבסוף פגם ו

לכן לדעת רבנן

אסור.

כדאמרינן לעיל (סז' א').

עד כאן הגמרא עוסקת בדברי עולא.

ורב יוחנן

חלק על עולא, ו

אמר: בפוגם מעיקרא מחלוקת.

לדעת רבי מאיר, אסור. ולדעת רבי שמעון מותר.

בני הישיבה התקשו בבאור דברי רב יוחנן:

איבעיא להו

: האם לשיטתו, רק

בפוגם מעיקרא מחלוקת, אבל

אם

השביח ולבסוף פגם, דברי הכל אסור.

או דלמא,

כוונתו לומר:

בין בזו ובין בזו מחלוקת.

ונשארו ב

תיקו.

אמר רב עמרם, אפשר איתא להא דר' יוחנן,

ולא תניא לה במתניתין?!

האם יתכן לומר שרבי מאיר ורבי שמעון נחלקו גם ב"פוגם מעיקרא", כדברי רב יוחנן, ואין לכך רמז במשנה?!

נפק, דק,

דייק בדברי המשניות,

ואשכח,

ומצא לכך רמז במשנה.

דתנן

במסכת ערלה (פרק ב' משנה ט'):

שאור

[מחמצת]

של חולין, שנפל לתוך העיסה, ויש בו כדי להחמיץ, והחמיצה, ואחר כך נפל שאור של תרומה, או שאור של כלאי הכרם,

לתוך אותה עיסה,

ויש

גם

בו כדי להחמיץ,

הבצק

אסור.

כיון שהוסיף להתחמץ על ידי המחמצת האסורה.

ורבי שמעון מתיר.

כיון שהשאור הנוסף החמיץ את העיסה יותר מדי, ונפגמה.

דייק רב עמרם:

והא הכא, ד

השאור האסור

פגם מעיקרא הוא, ו

בכל זאת

פליגי.

ומכאן מצאנו מקור לדברי רב יוחנן, שמחלוקת רבי מאיר ורבי שמעון שייכת גם כשפגם מעיקרא.

אמר רב זירא,

יש לדחות:

שאני עיסה, הואיל וראויה לחמע

[להחמיץ]

בה כמה עיסות אחרות,

ולכן, אף על פי שהשאור האסור פגם בה לענין אכילה, מכל מקום השביח בה לגבי חימוץ עיסות אחרות. ובזה נחלקו התנאים, האם גם במקרה שאין כאן פגם גמור, אסור.

אך במקום שהאיסור פוגם מעיקרו, אפשר לומר שלא נחלקו, ולכולי עלמא מותר.

הגמרא מוכיחה מברייתא נוספת כדברי רב יוחנן:

תא שמע,

שנינו בברייתא:

שאור של תרומה ושל חולין, שנפלו

בבת אחת

לתוך העיסה,

ויש

בזה כדי להחמיץ ובזה כדי להחמיץ, וחימצו

את העיסה יותר מדי

, אסור.

רבי שמעון מתיר.

כיון שנתנו טעם לפגם.

ואם

נפל של

שאור של

תרומה תחלה

והחמיץ את העיסה, אף על פי שאחר כך נפל גם שאור של חולין לתוכה וביחד גרמו שניהם לפגום את העיסה,

דברי הכל אסור.

כיון שדבר איסור שהשביח ולבסוף פגם, אסור לכולי עלמא.

ואם

נפל

שאור

של חולין

לתוך העיסה וחימצה

, ואחר כך נפל

שאור

של תרומה, או של כלאי הכרם, אסור.

ורבי שמעון מתיר,

כיון שנתנו טעם לפגם.

מדייקת הגמרא:

והא הכא, ד

השאור של התרומה

פגם מעיקרא, ו

בכל זאת

פליגי.

ומכאן מוכח כדברי רב יוחנן, שמחלוקת רבי מאיר ורבי שמעון שייכת גם כשפגם מעיקרא.

Traduction française

Les Sages ont déduit :

tout

nevila

qui est propre pour un ger est appelée nevila,

mais une nevila

qui n'est pas propre pour un ger,

par exemple qui s'est putréfiée,

n'est pas appelée nevila.

Et de là Rabbi Shimon a conclu qu'une chose interdite dont le goût est défectueux n'interdit pas. La Guemara objecta :

Et Rabbi Meïr ?

Que Rabbi Meïr a-t-il déduit de ce verset ?

La Guemara apporte une solution : selon Rabbi Meïr,

il s'agit de celle qui était putréfiée dès l'origine.

C'est‑à‑dire, du verset nous apprenons que si un animal fut frappé de plaies durant sa vie et ensuite devint nevila, il n'est pas appelé là nevila.

Mais si elle était propre à la consommation au moment où elle devint nevila, et puis ensuite elle se mit à puer, le nom de nevila ne lui est pas retiré, même si désormais son goût est défectueux. La Guemara objecta :

Et Rabbi Shimon ?

De quand tient‑il (Rabbi Shimon) que le verset vient limiter à la nevila qui a pourri, car peut‑être le verset ne vient limiter qu'à la putréfaction d'emblée, comme l'affirme Rabbi Meïr ?

La Guemara tranche : selon Rabbi Shimon, si elle était

putréfiée dès l'origine,

il n'a pas besoin d'une minorité,

car

c'est une simple poussière !

Pour autant, le verset nous enseigne assurément que si elle a pourri après être devenue nevila, elle est permise, puisque son goût est défectueux.

Alors Oula déclara : la divergence

entre Rabbi Meïr et Rabbi Shimon n'est que concernant une chose d'interdit

qui

s'est mêlée à une chose permise, et

qui a amélioré

au début,

et qui finalement s'est détériorée.

Par exemple un goût beurré de chair dans du beurre, qui au début améliore (le mets) et, après un temps, le dégrade.

Mais

si

le défaut existe dès l'origine, tous disent que c'est permis.

On l'interrogea

:

Rav Haga à Oula

:

Il est enseigné dans une baraïta : du vin qui est tombé dans des lentilles, et du vinaigre qui est tombé dans des gruaux, est interdit.

Et Rabbi Shimon permet,

parce que cela a donné un goût défectueux.

Or en l'occurrence, puisque le défaut est d'emblée,

car le vin altère immédiatement les lentilles dès qu'il tombe dedans,

et

pourtant

ils divergent

entre les Rabbins et Rabbi Shimon, et selon les Rabbins c'est interdit. Selon Oula, en revanche, en ce cas tous seraient d'accord que c'est permis.

Oula répliqua : Haga ne sait pas ce que disent les Rabbins, et c'est une tîouvta (objection) qui est soulevée ?! [Rav Haga ignore ce qu'ont dit les Sages et soulève des difficultés ?!]

Ici de quoi parlons‑nous ? Par exemple, du cas où il tomba dans des gruaux froids et qu'on les fit bouillir,

et

cela devint comme si cela avait amélioré puis enfin dégradé et

donc selon les Rabbins

c'est interdit.

. (comme nous l'avons dit plus haut).

Jusqu'ici la Guemara traite des paroles d'Oula.

Et Rav Yohanan

a divergé d'Oula, et

il déclara : sur le défaut d'emblée il y a divergence.

Selon Rabbi Meïr c'est interdit ; selon Rabbi Shimon c'est permis.

Les étudiants du collège eurent du mal à expliquer les paroles de Rav Yohanan :

Ils souhaitèrent demander :

si selon lui, seulement

il y a divergence seulement pour le défaut d'emblée, mais

si

lorsque c'est «amélioré puis altéré», tous disent que c'est interdit.

Ou peut‑être,

il entend dire :

qu'ils divergent tant pour l'un que pour l'autre.

et ils en restèrent à

TEIKU.

Rav Amram dit : il est peut‑être apporté ce que dit Rav Yohanan,

et la mishna ne l'enseigne‑t‑elle pas ?!

Peut‑on dire que Rabbi Meïr et Rabbi Shimon divergent aussi sur le «défaut dès l'origine», comme dit Rav Yohanan, alors qu'il n'y a pas de trace de cela dans la Michna ?!

Il s'ensuit, oui,

en afférant aux paroles des michnayot

et il le retint,

et il y trouva une allusion.

Car il est enseigné dans une Michna

dans la tractate Orlah (ch. 2 m. 9) :

du levain

(un agent de fermentation)

du levain profane qui tomba dans la pâte, et qui a de quoi faire fermenter, et il fit lever ; et ensuite tomba dans la même pâte un levain de terouma, ou un levain des mélanges de la vigne,

dans cette pâte

et il y a

aussi

de quoi la faire fermenter,

la pâte

est interdite.

parce qu'elle a été rendue davantage fermentée par le levain interdit.

Et Rabbi Shimon permet.

Car le levain supplémentaire a fait trop fermenter la pâte, et elle s'en est trouvée détériorée.

Rav Amram précisa :

et ici en effet, que

le levain interdit

est un défaut d'emblée, et

pourtant

ils divergent.

D'où nous avons trouvé une source aux paroles de Rav Yohanan, que la divergence entre Rabbi Meïr et Rabbi Shimon s'applique aussi lorsque le défaut existe dès l'origine.

Rav Zera déclara :

il faut repousser :

que cette pâte, dès lors qu'elle est propre à fermenter

peut servir pour plusieurs autres pâtes,

et donc, même si le levain interdit a dégradé celle‑ci pour la consommation, néanmoins il l'a améliorée en ce qui concerne la fermentation d'autres pâtes. Et là-dessus les tannaim divergeaient : est‑ce qui interdit même lorsqu'il n'y a pas ici défaut complet ? Sauf que lorsqu'un interdit dégrade dès l'origine, on peut dire qu'ils ne diffèrent pas : en tous cas c'est permis.

La Guemara prouve par une autre baraïta en faveur des paroles de Rav Yohanan :

Viens et écoute,

il est enseigné dans une baraïta :

le levain de terouma et le levain profane, qui sont tombés

ensemble

dans la pâte,

et

de l'un et de l'autre de quoi fermenter, et ils firent trop fermenter

la pâte au‑delà du raisonnable

, c'est interdit.

Rabbi Shimon permet.

Car ils ont donné un goût défectueux.

Et si

tomba

le levain de

terouma d'abord

et fit lever la pâte, même si ensuite tomba aussi le levain profane dans celle‑ci et qu'ensemble ils causèrent la détérioration de la pâte,

tous disent que c'est interdit.

Car une chose interdite qui a amélioré et finalement dégradé est interdite pour tous.

Et si

tomba

le levain

du profane

dans la pâte et la fit lever,

puis ensuite tomba

le levain de terouma, ou le levain des mélanges de vigne, c'est interdit.

Et Rabbi Shimon permet,

puisqu'ils ont donné un goût défectueux.

La Guemara précise :

or ici, que

le levain de la terouma

est défectueux dès l'origine, et

pourtant

ils divergent.

Et d'ici il est prouvé comme l'affirme Rav Yohanan que la divergence entre Rabbi Meïr et Rabbi Shimon s'applique aussi lorsque le défaut est d'emblée.

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